‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 116 sur 144 · LOTA VULGAR1S · texte numérisé non relu

LOTA VULGAR1S

peut eu société et jouent entre elles, s’enlaçant un peu à la manière des Anguilles. Le curieux récit de Steinbuch S qui dit avoir pris deux Lottes enveloppées par un ruban mucoso-cutané et maintenues ainsi ventre contre ventre, les orifices génitaux en contact, ferait présumer un véritable accouplement et peutêtre une fécondation intérieure. Toutefois, cette observation, textuellement rapportée par de Siebold \ mérite encore constatation.

Les œufs, très nombreux, sont blanchâtres et très petits, soit d’un diamètre deOmm,8 à lmm environ, pour des œufs qnasi-mûrs, chez des Lottes de 25 à 40 centimètres; cela, suivant les années, au milieu de février ou au commencement d’avril. Lunel en a compté 56,829 chez une Lotte de 25 centimètres; de plus grandes en portent beaucoup plus encore; Molin 1 2 3 4 en donne 100,000 environ à cette espèce. Hartmann en signale 128,000, et La Blanchère A jusqu’à 198,000. Beaucoup de gens attribuent aux œufs de ce poisson, comme à ceux du Barbeau, des propriétés toxiques et purgatives ; je dois dire que je n’ai rien remarqué de pareil. Plusieurs auteurs s’accordent pour ne donner à cette espèce la faculté de sc reproduire qu’à l’âge de quatre ans ; je crois cependant qu’il peut y avoir des exceptions à cette règle, qui donnent parfois raison à l’opinion de Hartmann d’une fécondité possible dès la troisième année; car, j’ai trouvé des testicules et des ovaires bien développés chez des individus de 20 centimètres au plus, avec un poids de 48 à 150 grammes. La Lotte doit pouvoir atteindre un âge assez avancé, à en juger du moins à la lenteur de sa croissance, à la taille qu’elle peut atteindre et à la facilité avec laquelle se guérissent ses blessures. Elle est très robuste et peut vivre plusieurs heures hors de l’eau, dans un milieu tant soit peu humide, surtout si elle n’a pas la vessie natatoire trop distendue, pour avoir été trop brusquement arrachée à une forte pression. Sa peau est couverte d’un enduit muqueux qui la fait aisément glisser de la main.

1 Analecten, 1803, p. 3.

2 Süsswasserfische, p. 75.

3 Die rationelle Zucht (1er Süsswasserfische, 1864, p. 76.

4 Dictionnaire des pêches, p. 770.

Sa chair est d’un goût agréable et son foie, généralement très développé, constitue un mets fort recherché.

On pêche la Lotte de diverses manières : avec des filets de fond, avec des nasses et air hameçon, soit à la ligne, soit surtout avec les chaînes dormantes, dites fils, amorcées de petits poissons. Beaucoup des individus capturés ont, comme la Perche, çe que les pêcheurs appellent la gonfle, soit l’estomac projeté dans la bouche par une distension extraordinaire de la vessie aérienne, sans communication avec l’extérieur. Suivant les pêcheurs et les localités, ce sont les individus pris au hameçon qui présentent la goutie, ou bien ceux pris au filet. Je 11e crois pas que le fait d’avoir ou non la gonfle puisse être attribué à autre chose qu’à la profondeur différente d’où ces poissons ont été tirés, suivant les cas, et à la rapidité avec laquelle ils ont pu être ramenés à la surface. Il m’a semblé que les Lottes noires présentaient moins souvent ce développement exagéré de la vessie natatoire que les dites blanches ou pâles, et nous avons vu que la coloration dépend souvent de la profondeur de l’habitat.

Comme tous les poissons, la Lotte porte divers parasites qui, quelquefois, occasionnent chez elle de véritables maladies. Déjà en 1680, Wagner 1 avait observé que cette espèce est souvent atteinte de cécité, et il attribuait la chose, tantôt à de petits insectes (probablement Lernea Lotœ) qui, perforant le palais et atteignant l’œil, auraient desséché en le dévorant l’intérieur de celui-ci et rendu la pupille blanche ; tantôt à la présence dans le foie de vers allongés, minces et blancs.

En outre du Triœnophorus nodulosm (Rud.), qui se trouve souvent dans le foie de la Lotte, et auquel il faut probablement rapporter les vers signalés par Wagner, on a trouvé encore, sur les branchies de ce poisson et dans sa cavité viscérale, plusieurs autres parasites de l’ordre des Helminthes dont je donne en note la liste et l’habitat ordinaire; en faisant remarquer que le D1' Zschokke 2 en a trouvé treize espèces, ainsi que quelques

1 Hist. liât. Helvetiæ curiosa, p. 215.

2 Zschokke (Org. et dist. zool. des vers parasites des poissons d’eau douce, 1884) attribue aux viscères de la Lotte du Léman \eï : Tœnia

LOTA VULGAKIS.

kystes de Nématodes, chez la Lotte du Léman, et qu’il attribue en bonne partie à la présence fréquente de larves de Bothriocephales dans le foie de la Lotte, l’infection de l’homme par ce ver, assez commune dans le bassin.

ocellata (Rud.), T. torulosa (Bat s ch). — Bothriocephalus infundibuliformis (Rud.). — Cyathocephalus truncatus (Pallasi. — Telrarhynchus Lotœ (Zsehokke). — Distoma terveticole (Rud.). — IMplozoon paradoxum (Nordm.). — Echinorkynchus P rot eus (West.), Ech. angustatus (Rud.). — Ascaris capsularia (Rud.), Asc. acus (Bloch), Asc. tenuissima (Rud.). — Cucullanus elegayis (Zeder); auxquels il faut ajouter, comme observés dans des Lottes de différentes provenances, les : Ascaris mucronata (Schrank), trouvé dans le ventricule. — Agamonema bicolor (Dies.), enkysté dans le péritoine. — Echinorhynchus gîobuïosus (Rud.), dans l’intestin, Ech. tuberosus (Zeder), intestin, — Diplostomum volvens (Nordm.), dans l’œil et le cristallin. — Distomim rosaceum (Nordm.), dans le palais, Dist. appendiculatum (Rud), dans le ventricule et l’intestin. — Uibothrium rtigosum (Rud.) dans les appendices pyloriques, — Triœnophorus nodalosus (Rud.), déjà cité dans le foie. Enfin, une Hirudinée, Ichthyobdella stellata (Keller), sur les branchies ; et le petit crustacé Lernea Lotœ dont il a été question ci-dessus.

SOXJS-OLA.SSE

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