‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 2 sur 144 · INTRODUCTION. POISSONS. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. POISSONS. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. III

vières qu’à celui des Truites ou des Corégones préférant des eaux plus pures et plus fraîches.

Les conditions d’habitat se dessinaient, et la sélection s’opérait en vue de l’adaptation à celles-ci; la prédominance croissante des Physostomes donnant toujours plus à la faune du pays un caractère de jeunesse relative. Toutefois, ce n’est guère qu’à la fin de l’époque diluvienne, après que les glaciers qui avaient envahi le pays se furent peu à peu retirés, alors que les bassins furent franchement délimités et que les communications avec les mers devinrent de plus en plus resserrées, que notre faune contemporaine s’établit, définitivement, et que certaines espèces, moins aptes que d’autres à la lutté contre les courants, se trouvèrent emprisonnées dans quelques-uns de nos lacs.

A l’époque des premières habitations lacustres, on pêchait déjà dans nos eaux des poissons semblables aux actuels, même dans les genres dont on n’a pas retrouvé les ancêtres dans les lacs molassiques. Bien que les restes d’alors aient été généralement mal conservés, on a cependant pu y reconnaître, entre autres, les espèces suivantes : la Perche ( Perça fluviatilis), la Lotte ( Loto, vulgaris), un Cyprin ( Cyprinus ?) ' , divers Chevaines (plus particulièrement Squalius çephahts et Sq. Leutiscus), le Rotengle ( Scarclinïus ergthropkthalmus), la Brême (Abramis Brama), le Nase ( Ohondrostoma Nasus), le Brochet {Esox lutins), le Saumon ( Salmo Salar) et deux Corégones déterminés ( Coregonus Wartmanni et Coreg. Fera)'.

1 Cyprinus Carpio , selon Kütimeyer qui a fourni les principales données sur le sujet (Fauna der Pfahlbauten, 1861). Si la détermination est exacte, cette citation du Carpio serait fort intéressante, parce que l’on admet généralement aujourd’hui que la Carpe a été importée de Chine.

* Les citations que j’ajoute ici à celles de Hiitimeyer (1. c.), relative-

Notre faillie, telle que nous l’ont faite les premiers temps post-glaciaires, est caractérisée, non seulement par une forte prédominance des Physost ornes, comme nous l’avons dit; mais encore, à part quelques espèces locales résultant d’emprisonnement, par la présence dans cet ordre d’une forte majorité de poissons à aire géographique étendue recherchant de préférence les eaux fraîches et pures des lacs ou des rivières en divers bassins.

On ne trouve plus, parmi les 5 1 espèces actuellement plus ou moins abondantes dans les eaux suisses, que 4 poissons cartilagineux , dont deux, surtout marins, ne font plus même que de rares apparitions, et, sur les 47 autres, poissons osseux, on n’en compte aujourd’hui que 5 portant des rayons non articulés et des écailles cténoïdes, soit Anarthroptérggiens, pour 42 à rayons mous ou articulés et écailles cycloïdes, 1 seul Anacantkien et 41 Phgsostomes.

Quelques espèces seulement, comme les Aloses, le Saumon, F Anguille ' , Y Esturgeon et les Lamproies, exécu-

ment à la Brême, (A . Brama J et à deux Corégones , m’ont été fournies par le prof. Th. Studer de Berne et reposent sur des déterminations d’écailles des Palafittes faites, dans le laboratoire de ce dernier, par M1Ie Dimitrenko. Les écailles auxquelles le nom de Coregonus Wartmanni a été attribué, provenaient de Robenhausen et doivent avoir revêtu une forme du Blauling de Zurich voisine du Wartmamii ; celles rapportées au Cor. Fera provenaient de Robenhausen (Zurich) et de Lüscherz (lac de Bienne) et doivent avoir appartenu, partie à une autre forme du Blauling rappelant le C. Fera , partie à la Patte ou Palchen voisine de celle-ci. Il est intéressant de voir la détermination de ces écailles, dont je n’ai eu connaissance que tout dernièrement, venir confirmer l’antiquité de mes types primordiaux Dispersus et Balleus , et corroborer en même temps la distinction que j’ai établie dans le Blauling de Zurich, entre une forme voisine du C. Wartmanni et une autre voisine par contre du C. Fera .

1 Tandis que les autres poissons montent de la mer dans les cours d’eau pour y frayer, V Anguille, au contraire, descend des cours d’eau à la mer pour multiplier.

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