INTRODUCTION. POISSONS. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. V
tent encore, en vue de leur multiplication, des voyages depuis la mer jusqu’à nous, ou vice versa ; les autres, bien que plus ou moins voyageuses, comme les Chomlrostomes, ou sédentaires, comme beaucoup de Corégones , sont actuellement confinées dans les eaux douces du continent.
Nos poissons suisses, à l’exception de l’Anguille et des Lamproies allongées comme des serpents, affectent tous plus ou moius des formes oblongues qui, bien que plus ou moins larges ou comprimées, peuvent être qualifiées d’ordinaires. Nous reviendrons un peu plus loin sur le détail de ces formes et l’anatomie de diverses parties appelées à nous servir de caractères; contentons-nous, pour le moment, de constater que nous ne rencontrons pas dans nos eaux la variété des formes et les aspects souvent si bizarres qu’affectent, en d’autres conditions, bien des espèces, marines surtout, jusque dans les mêmes sons-classes’.
1 Nous n’avons pas de poissons enveloppés dans une boîte osseuse, comme les Coffres (Ostracion), ou en boule hérissée de piquants comme le Diodon (D. HystrixJ. Nous n’en avons pas également chez lesquels les nageoires pectorales soient assez développées pour permettre, comme aux Exocets ( Dactyloptenis volitam) par exemple, de voler plus ou moins au-dessus de la surface des eaux, ou chez lesquels le museau soit étiré en forme de bec très allongé, comme le Gentriscus Scolopax. Rien, parmi nos espèces, ne rappelle l’étrange conformation des Chcvaux-demer ( Hyppocampus et Phyllopterix), ou du Pégase (Pegasus)} ni la forme amincie en ruban des Ophidii , ni surtout la structure asymétrique des Soles ( Pleuronectes ) ou des Turbots (Rhombus) qui, à l’état adulte, ont les deux yeux du môme côté de la tête. On ne rencontre pas dans nos eaux des poissons de la taille de certains Squales, le Requin entre autres, de même qu’on ne voit pas d’espèces larges et aplaties comme les Baies; on n’y voit pas non plus des têtes en marteau, comme celle du Sphyrna zygœna , ni des becs en forme de scie, comme celui du Pristis antiquorum , ni tant d’autres représentants curieux de cette classe dont nos espèces ne sauraient donner aucune idée. Enfin, ce n’est encore pas chez nous que l’on peut trouver des poissons qui, avec des nageoires paires un peu en forme de pattes et une respiration en partie aérienne (par l’intermédiaire de la vessie natatoire) semblent, comme le Protoptcrus dans
Par sa position presque au centre de l’Europe, par sa richesse hydraulique et par la grande variété des conditions d’habitat qu’elle présente, la Suisse d’aujourd’hui donne un intérêt tout particulier à l’étude comparée des Poissons qu’elle nourrit dans différents bassins, au sud comme au nord des Alpes et à différents niveaux. Source de plusieurs des grands fleuves du continent et présentant, sur le parcours supérieur de ceux-ci, des lacs étagés comme autant de tiroirs de collection superposés, jusque dans la région alpine, au-dessus même de 2500 mètres sur mer, elle se prête mieux que tout autre pays en Europe, soit aux observations concernant les influences de l’élévation et de la température, soit aux comparaisons avec d’autres contrées, les unes plus méridionales, les autres plus septentrionales.
La Suisse, sur une petite superficie, 41,390 kil. carrés environ, comprend quatre bassins principaux : celui du Rhin, tributaire de la mer du Nord, qui est de beaucoup le plus grand; celui du Rhône, tributaire de la Méditerranée; celui du Pô, tributaire de l’Adriatique, et celui du Danube, tributaire de la mer Noire ; bassins dont nous allons dire deux mots et dont il importe d’étudier et comparer la faune ichthyologique, en différentes conditions et à différents niveaux. Je néglige à dessein le bassin de VAdige qui ne touche que par un très petit point à notre sol, qui ne comporte que 0,3 de la surface du pays et qui ne possède, dans ces limites, aucune espèce qui ne se retrouve dans nos eaux tessinoises, au sud des Alpes.
Le pays entier compte, avons-nous dit, 51 espèces;
les Dipneusti , faire la transition aux Batraciens, ou qui, sans véritable squelette et présentant un peu l’aspect d’une sangsue, comme VAmpliioxus , paraissent au contraire relier les poissons aux invertébrés.