‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 24 sur 144 · INTRODUCTION. POISSONS. DENTS. XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. POISSONS. DENTS. XLI

il n’est pas étonnant, par exemple, que l’Anguille, avec sa petite fente branchiale, puisse séjourner et voyager même hors de l’élément liquide, alors que la majorité de nos autres espèces périssent très vite à l’air libre.

Deux mots encore de la bouche qui présente chez nos poissons des proportions très différentes suivant leur procédé d’alimentation; elle sera : très grande chez les carnivores, comme la Perche, la Truite, le Brochet, la Lotte, etc., beaucoup plus petite chez les herbivores et insectivores, comme nos Cyprins et Corégones, ou en forme de ventouse, comme chez nos Lamproies. La bouche, inférieure, terminale, ou oblique et plus ou moins en dessus, peut-être, selon le degré de liberté ou de cohésion des pièces qui la bordent en avant, ou protractile, soit capable de se projeter en avant, ainsi que chez nos Cyprinidés, ou fixe, soit dépourvue de mouvement en avant, comme chez notre Perche ou notre Truite par exemple. Avec des lèvres plus ou moins épaisses, elle peut aussi être dépourvue ou pourvue d’appendices extérieurs dits barbillons, sortes d’organes de tact plus ou moins allongés, à la mâchoire supérieure ou à l’inférieure, comme chez la Carpe, les Barbeaux, les Loches, le Silure, etc. (voy. part. I, pl. IV, fig. 1, et part. II, pl. IV, fig. 1).

Dents. J’ai cité plus haut les os qui portent des dents chez nos poissons ; examinons encore rapidement ces organes eux-mêmes qui présentent des formes et des proportions différentes dans les divers genres et qui, selon ceux-ci, peuvent être distribuées en plus ou moins grand nombre sur diverses parties du plafond de la bouche, sur les mâchoires, sur la langue ou au gosier, faire même complètement défaut, comme chez les Esturgeons, ou être

remplacées par des cônes de substance cornée, ainsi que chez les Lamproies dont nous avons dit qu’elles n’ont pas de véritables mâchoires (voy., pour ces dernières, part. II, pl. IY, fig. 23-25 . Les dents de nos poissons sont volontiers engagées ou plus ou moins fixées dans une alvéole et susceptibles pour la plupart de renouvellement. Elles ne sont jamais ni en pavé comme celles des Raies, ni pincées, découpées et tranchantes comme celles des Requins. Elles sont généralement coniques ou acuminées, ainsi que droites ou plus ou moins courbées en arrière; sauf chez nos Cyprinidés et Acanthopsidés qui n’ont de dents qu’à l’arrièrebouche et dont l’appareil masticateur, broyeur ou lacérateur très particulier, est formé autour du gosier par les pharyngiens supérieurs et inférieurs, les premiers représentant une meule contre laquelle travaillent les seconds' (voy. part. I, p. 159 et suivantes, ainsi que pl. IY, et part. II, p. 5, 12 et 21, et pl. IY, fig. 2 et 3). Les dents, petites ou grandes, peuvent être encore plus ou moins groupées ou isolées sur différents os, parfois avec très peu d’importance, comme dans nos Corégones chez lesquels la mastication semble remplacée par une sorte de criblage à l’usage de très petites proies, opéré par les épines branchiales denticulées. Elles sont dites en velours , quand elles sont très nombreuses, très petites et serrées, comme celles de la Perche (voy. part. I, pl. II, fig. Ij; en râpe , si elles sont un peu plus fortes, ou en cardes si, bien que groupées aussi, elles sont un peu plus grandes encore et plus ou moins courbées en arrière, comme chez le Silure, ou sur le vomer et les palatins du Brochet. On donne volontiers le nom de laniaires à celles

1 Pas de véritable meule chez les Acanthopsidés.

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