INTRODUCTION. POISSONS. NAGEOIRES. XL11I
beaucoup plus fortes et espacées, droites ou inclinées, qui sont distribuées en séries sur le bord des mâchoires, dans la bouche ou sur la langue, de la Truite ou du Saumon. A part notre Gobie fluviatile, qui porte en avant des dents assez longues (voy. part. I, pl. II, hg. 12), nous n’avons pas de poissons qui présentent de grosses incisives comme l’Acanthurus, ou des canines saillant sur les côtés, comme certains Blennies.
Nageoires. Les nageoires impaires qui, sur la ligne médiane, entourent l’extrémité caudale du corps, en se prolongeant plus ou moins avant, en dessus sur le dos, ou en dessous jusqu’à l’anus, peuvent être ou réunies et continues, comme chez l’Anguille, ou plus ou moins franchement séparées en parties dorsale, caudale et anale, comme chez la presque totalité de nos espèces. La dorsale, généralement représentée par la lettre I), peut être plus ou ou moins divisée ; elle est en particulier double chez divers Anartliroptérygiens (Perche, Chabot, Gobie) et chez la Lotte, tandis qu’elle est simple chez les Cyprinidés, les Loches et le Brochet, etc., ainsi que chez notre Silure où elle est excessivement réduite. Les Épinoches portent en guise de dorsales antérieures des épines plus ou moins nombreuses. Le petit appendice graisseux dépourvu de rayons, dit adipeuse, que portent les Salmonidés sur le pédicule caudal, ne peut guère être considéré comme une véritable nageoire (voy. part. Il, pl. I). La caudale proprement dite, plus ou moins détachée des voisines et représentée par la lettre C, est, suivant nos genres et nos espèces, lancéolée comme chez la Lotte ou les Lamproies, convexe ou subarrondie, comme chez nos Loches et le Chabot, ou encore plus ou moins droite ou échancrée, avec lobes égaux ou
sub-égaux, comme chez la Perche, nos Cyprinidés et beaucoup de Salmonidés. L 'anale, figurée par la lettre A, peut être à son tour, cliez nos poissons, plus ou moins étendue, comme chez la Lotte ou le Silure où elle joint le caudale, ou plus ramassée, comme chez la majorité de nos espèces.
Les nageoires paires, pectorales et ventrales, qui représentent jusqu’à un certain point les membres des vertébrés supérieurs, et que nous avons dit manquer aux Lamproies, sont, ou rapprochées sur la région jugulaire ou thoracique, ou beaucoup plus séparées, les secondes se trouvant alors normalement sur la région ventrale, du côté de l’anus. Les ventrales , suivant qu’elles sont en avant, comme chez la Lotte, la Perche ou le Chabot, ou reculées, comme chez la plupart de nos poissons, Cyprinidés, Salmonidés, etc., seront dites jugulaires, thoraciques ou abdominales et toujours représentées par la lettre Y. Elles prennent aussi des développements très différents, ou manquent complètement comme chez l’Anguille; parfois elles sont représentées par de puissants aiguillons appuyés sur un fort bouclier pelvien, ainsi que chez nos Épjnoches (voy. part. I, pl. II. fig. 7 et 8); dans d’autres cas elles sont soudées par leur bord interne en un disque ou pied unique, comme chez notre Gobie (voy. part. I, pl. I, fig. 2). Les pectorales, qui figurent les membres antérieurs et sont représentées par la lettre P, n’offrent jamais chez nos espèces le développement extraordinaire qu’elles acquièrent chez certains poissons volants, Exocets et autres; cependant, elles affectent aussi des formes ou des proportions assez variées, et sont parfois tout particulièrement réversibles, comme chez la Tanche ou l’Épinoche. On en trouve d’assez grandes et arrondies, chez le Chabot, et de plus petites et plus acuminées, chez les Cyprinidés et les Salmonidés par exemple.