‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 26 sur 144 · INTRODUCTION. POISSONS. NAGEOIRES. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. POISSONS. NAGEOIRES. XLV

Les rayons qui soutiennent les diverses nageoires présentent des structures très différentes qui permettent de les utiliser dans la classification des divers poissons * . D’une manière générale et faisant abstraction de certaines formes étrangères à nos espèces, on peut distinguer des rayons articulés et des rayons non articulés, le plus souvent composés de deux branches plus ou moins intimement unies, plus rarement de une ou de trois, et plus ou moins séparées dans le bas. — Les rayons articulés peuvent être plus ou moins divisés ou non divisés !, en même temps que mous, comme chez notre Lotte (voy. part. I, pl. II, fig. 16 et 17) ou plus ou moins rigides ou flexibles, comme chez notre Perche ou chez nos divers Cyprinidés par exemple (voy. part. I, pl. II, fig. 3, ainsi que fig. 37 et 46). Leur base est généralement moins fermée ou plus ouverte, par écartement des deux branches constituantes, que dans les rayons non articulés (voy. part. I, pl. II, fig. 17, 22 à 27, et 38). Les articulations peuvent être plus ou moins espacées ou serrées, non seulement dans différentes espèces et diverses nageoires , mais encore suivant l’état de développement du rayon. Les rayons simples antérieurs sont en effet généralement appuyés en avant par de petits rayons décroissants plus ou moins rudimentaires qui, quoique n’étant pas épineux, ne présentent cependant pas encore d’articulations bien apparentes (voy. part. I, pl. Il, fig. 3, 9, 16, 17, 23 à 27, 37 et 46). Aux articulations des rayons non divisés, alors souvent plus ou moins ossifiés, se montrent quelquefois des crochets qui donnent à ceux-ci l’aspect dentelé d’une scie ;

1 Voyez quelques mots sur le sujet, part. I, p, 2 et p. 5-7.

* Le titre de simples a été tour à tour attribué à des rayons articulés non divisés ou à des rayons non articulés.

c’est le cas, par exemple, pour le premier grand dorsal de notre Barbeau ou pour le premier pectoral du Silure (voy. part. I, pl. II, fig. 22). Il est rare que la même espèce porte des rayons non articulés épineux et des rayons articulés mous ; tandis que le mélange d’épines non articulées et de rayons divisés flexibles se rencontre très fréquemment chez beaucoup de poissons. Les rayons simples, articulés ou non, se trouvent d’ordinaire devant les divisés. Enfin, nous verrons que dans quelques familles, Cyprinidés et Acanthopsidés surtout, les rayons articulés, divisés ou non, ont la propriété de se gonfler et déformer plus ou moins, chez les mâles principalement, depuis l’âge de puberté et tout particulièrement à l’époque des amours.

Les rayons non articulés , simples et plus ou moins rigides, qui caractérisent nos Anartbroptérygiens, peuvent être distingués en piquants ou rayons épineux et faux piquants ou rayons pseudo-épineux, selon qu’ils sont : très rigides, acuminés, plus ou moins creusés d’un canal médian et fermés à la base autour du ligament moteur, ou plus ou moins flexibles, sans véritable canal interne et moins franchement fermés dans le bas ' (voy. part, I, pl. II, fig. 4, 5, 6, 11, 13, 14 et 15). Les rayons épineux rigides ou piquants affectent quelquefois des formes très particulières et, véritables aiguillons, deviennent alors des armes terribles, ainsi qu’on peut en voir sur nos Épinoclies, par exemple, chez lesquelles ceux-ci, très robustes et pointus, sur le dos comme nageoires dorsales antérieures, et sur le ventre en guise de ventrales, s’articulent sur des plaques osseuses spéciales (voy. part. I, pl. II, fig. 7 et 8).

1 Le développement du canal interne n’a pas toujours l’importance qu’on lui a souvent accordée; voyez en particulier, à ce sujet, part. 1, p. 5 et 6.

Page 1