INTRODUCTION. POISSONS. VISCÈRES. LI
veloppées, sur la tête, sur le clos ou sur les flancs, parfois même sur les nageoires, qui tombent après le temps du rut. Semblables tubercules épidermiques externes doivent jouer un rôle momentané dans le frottement des individus de sexes différents durant les jeux de l’amour. Ces boutons de noces, comme on les a appelés, peuvent affecter des formes très différentes : avoir l'aspect de simples granulations, comme chez bien des Cyprinidés, ou porter, sur une base arrondie, un crochet bien développé, comme chez divers Leuciscus, notre L. Pigus en particulier (voy. part. I, pl. III, fig. 40), ou encore affecter la forme de petits cubes blanchâtres rangés en séries longitudinales, parfois assez saillants et nombreux pour donner à certaines espèces, aux mâles surtout qui sont toujours plus parés que les femelles, une physionomie temporaire très particulière, ainsi qu’on le voit chez beaucoup de nos Corégones, chez la Bondelle de Neuchâtel en noces plus particulièrement, comme je l’ai figuré sur la planche coloriée Ire de la partie II de ce travail.
Ajoutons que les muscles principaux, avec des points d’attaches plus ou moins nombreux et soutenus par des stylets ou arêtes plus ou moins développés, présentent généralement, sous la peau, chez nos poissons osseux, une disposition assez régulière par faisceaux verticaux supérieurs et inférieurs volontiers en nombre à peu près égal à celui des vertèbres ; faisceaux d’ordinaire réunis sur la ligne médiane latérale et joignant, les uns la face dorsale, les autres la face ventrale du corps.
Viscères. Ne m’occupant ici de nos poissons qu’au point de vue purement zoologique, je ne traiterai des organes de circulation, de respiration, de digestion et de
reproduction, ainsi que du système nerveux, des sens et du développement qu’autant que ceux-ci peuvent nous servir quelquefois de caractères distinctifs généraux. J’ai dit que la consistance et la structure du squelette plus ou moins osseux ou cartilagineux, ainsi que la disposition des branchies et certaines particularités des téguments et des nageoires avaient fourni les éléments de quelques principales subdivisions dans la classe qui nous occupe. Nous verrons que divers auteurs ont trouvé aussi la raison de diverses distinctions dans les développements du bulbe de l'aorte, ainsi que dans la présence ou l’absence soit de branchies accessoires pseudo-branchies à la face interne de l’appareil operculaire, soit d’une vessie aérienne ou natatoire avec différentes relations, soit encore dans la présence ou l’absence de valvules spirales dans l’intestin, ou dans le fait du croisement plus ou moins complet ou du non-croisement des nerfs optiques; enfin dans la disposition et le fonctionnement des organes de la génération.
Au dernier point de vue , celui de la génération , il n’est pas inutile peut-être de rappeler que, à l’exception de quelques espèces marines, parmi les Squales et les Raies, les poissons sont généralement ovipares; qu’il n’y a pas le plus souvent d’accouplement des sexes, la fécondation de l’œuf se faisant dans l’eau par l’intermédiaire de l’élément ambiant, et que, sauf chez les Lamproies dont le petit éclot aveugle et passe par de curieuses métamorphoses, le jeune poisson, avec une grosse tête, une bouche petite, un œil relativement très grand et des nageoires impaires plus ou moins réunies, naît et se développe plus ou moins rapidement sur la vésicule vitelline qui lui sert de première nourriture.