INTRODUCTION. POISSONS. CARACTÈRES SEXUELS. LVII
une livrée beaucoup plus brillamment colorée, ainsi que la Bouvière, l’Omble et le Vairon nous en offrent de si frappants exemples. Dans les genres où des boutons épidermiques sur les écailles sont le propre de la livrée de noces, comme certains Cyprinidés et nos Corégones, les mâles sont aussi généralement plus richement parés ; dans d’autres, coimne chez les Truites et les Saumons, c’est une enflure et une sécrétion muqueuse de la peau. Les formes du museau se modifient aussi à tel point, avec la puberté, chez les mâles des Truites et des Saumons, ainsi que chez les Ombles, que l’extrémité de la mandibule se recourbe en crochet et qu’il se forme une excavation entre les intermaxillaires pour loger celui-ci (voy. part. II, pl. IV, fig. 16). Quelquefois, comme chez la Bouvière, la femelle se distingue au moment du frai de son époux plus richement paré par un prolongement en tube allongé de l’oviducte à l’extérieur.
Il n’y a pas jusqu’aux nageoires qui, dans plusieurs espèces, ne présentent des différences sexuelles plus ou moins constantes et importantes ; parfois c’est l’anale qui est plus ou moins longue, comme chez certains Barbeaux, d’autres fois c’est la caudale qui est plus ou moins droite ou échancrée, comme chez nos Truites. Les rayons des nageoires paires se gonflent aussi souvent, se courbent ou se déforment chez les mâles nubiles, en noces surtout. On avait signalé semblable cas aux ventrales de la Tanche et aux pectorales de la Loche de rivière', je l’ai observé chez bien d’autres Cyprinidés ! et d’autres Acanthopsidés. Les
1 Canestrini : voyez aux descriptions de ces espèces.
2 Voyez aux descriptions dans les parties I et II de cet ouvrage : et, Sur le développement différent des nageoires pectorales dans les deux sexes et sur... chez le Véron ( Phoxinus lævis) et quelques autres Cyprinidés > par Y. Fatio, Arcliiv. Sc. phys. et nat. Genève, 1875.
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aiguillons ventraux des Épinoches nous montrent aussi des disproportions analogues. (Voy. part. I, pl. II, fig. 7, 8, 45 et 46, et part. II, pl. IY, fig. 4, 6 et 7.)
Certains de nos poissons sont sédentaires, d’autres sont plus ou moins migrateurs, soit qu’ils remontent de la mer ou des lacs dans les cours d’eau pour y frayer, comme la Truite, soit qu’au contraire ils quittent, dans le même but, les eaux douces pour rejoindre la mer, comme l’Anguille.
Stérilité. Quelques espèces sont parfois frappées de stérilité dans certaines conditions, non seulement dans un âge avancé, comme cela arrive fréquemment, mais encore dès leurs premières années, ou plus tard, après fécondité, pendant un temps plus ou moins long, cela surtout parmi les Truites et les Ombles. Nous verrons plus loin qu’au défaut de développement des organes de la génération et des caractères extérieurs qui accompagnent d’ordinaire la puberté dans les deux sexes, correspondent souvent des modifications de formes tant du corps, de la tête ou des nageoires, que de certains os, du vomer en particulier et de sa dentition (voy. part. II, pl. III, fig. 17-23).
Variabilité. Tous les poissons varient, en sens divers, avec l’àge et l’habitat ou les conditions d’existence.
L 'âge amène toujours des modifications graduelles dans les formes et proportions qui souvent ont trompé bien des naturalistes et qui, ainsi que celles dépendant du sexe, n’ont point été jusqu’ici suffisamment étudiées. Renvoyant à cet égard non seulement aux descriptions de nos diverses espèces, mais aussi à la discussion plus détaillée des caractères de quelques-unes, Corégones et Truites principalement, que j’ai faite dans la partie II (vol. Y), je me bor-