LA LOCHE FRANCHE
BâRTGRUNDEL. — COBITE BARBATELLO.
Nemachilus barbatulus, Linné.
Corps subcylindrique, assez épais en avant Tète relativement large . Bouche en. dessous, avec trois barbillons de chaque côté, à la lèvre supérieure . Pas d’épine sous-orbitaire. Dents pharyngiennes coniques, acuminées ou légèrement crochues au sommet, au nombre de 6 à 10-(11). Trois rayons branchiostèges courts et franchement aplatis. Écailles très petites; ligne tabulée latérale assez apparente sur toute la longueur du corps. Caudale assez foie, légèrement convexe ou quasi-droite sur la tranche. De larges taches irrégu libres ou marbrures olivâtres ou brunes, sur le dos et les flancs. — (Taille moyenne d'adultes et de vieux : 0m,07ô — 0m,10 à 0m,128.)
D. 3/7-8, A. 3/5-6, V. 2/ 5-7, P. 1/9-12, C. 10-17 (18) maj.
Vert. 39-40.
1 Yoy. Günther, Catal. VII, p. 347, en note, et p. 361, appendice, la citation d’un certain nombre d’autres espèces en partie douteuses.
Cobitis barbatula, Linné , Syst. Nat. I, éd. 12, p. 499. — Bloch, Fische Deutschl. I, p. 224, Taf. 31, fig. 3. — Lacép. Y, p. 8. — Jurine , Poissons du Léraan, p. 156. — Hartmann, Helv. Ichthyol. p. 74. — Pallas, Zoogr. Ross. As. III, p. 164. — Steinmüller, Fische im Walensee, N. Alpina, II, p. 335. — Fleming, Brit. An. p. 189. — Nenning , Fische des Bodensees, p. 13. — Holandre, Faune de la Moselle, p. 252. — Schinz , Fauna Helvelica, p. 152, et Europ. Fauna, II, p. 332. — Selys-Longchamps , Faune belge, p. 193. — Cuv. et Val. XVIII, p. 14, pl. 520. — Nilsson , Skand. Fauna, Fisk. p. 343. — Gûnthcr, Fische des Neckars, p. 104. — Rapp, Fische des Bodensees, p. 11. — Heckelet Kner, Süss-wasserfische, p. 301, fig. 162. — Fritsch , Fische Bôhmens, p. 8. Ceske Ryby, p. 38. — De Betta, Ittiol. Veron. p. 115. — Jeitteles, Fische der March, p. 19. — Siebold , Süsswasserfische, p. 337. — Jackel, Fische Bayeras, p. 89. — Canestrini , Prosp. crit. p. 100, — Blanchard , Poissons de France, p. 280. — De la Blanchère , Dict. des Pèches, p. 449, fig. 582. — Lunel, Poissons du Léman, p. 98, Pl. XX, fig. 2, 2a, 2b, 3. — Leuthner , Mittelrheinische Fischfauna, p. 17’. — Kollbrunner , Thurgauische Fisehfauna, 1879, p. 53. — Moreau , Poissons de France, p. 432. — Klunsinger', Fische des "Wurtemberg, p. 197. — Mêla, Vert. Fennica, p. 313, fig. 163. — Môbius et Heincke, Fische der Ostsee, p. 123, fig. — Benecke, Naturg. tuid Leben der Fische, p. 139, fig. 148. » barbatula var. merga , Jeitteles, Verhand. zool. bot. Ges. "Wien, 1862, p. 311, tab. fig. 3.
Nemachilus barbatulus, Günther, Catal. of Fishes, VII, p. 354.
Noms vulgaires : (S. F.) Dormille, Baromètre, Moustache, Petit Barbot, Gremeliette , Gremiliette ou Groumelliette , Moutèle, Moutaille et Moutaille de ruisseau (Léman); Dourmille, Petite Lotte, Dartre (Neuchâtel, Bienne, Morat). — (S. A.), ScJimei'l, Schmerle, Sclmierling , Gr undel , Grundeli , Gn'undelin , Steingr undel , Moosgrundel, Bartgrundel.
Corps médiocrement allongé, relativement peu élevé et assez épais, dans sa partie antérieure surtout, où une section verticale serait presque arrondie ou subcarrée : le dos large, un peu déprimé chez de vieux sujets. Trotil supérieur légèrement convexe du museau à la dorsale, avec une légère dépression à rocciput; ventre relativement plat, en dehors du moment de la reproduction. La hauteur maximale, entre le bout des pectorales et la dorsale, à la longueur totale du poisson = 1:6 73 — 9 % selon le sexe et l’âge. Ce diamètre vertical réduit de !/3 à Va à peu près sur le pédicule caudal.
NEMACH1LUS BARBÀTULUS.
Épaisseur d’ordinaire un peu moindre que la hauteur, en avant, parfois de '/8 chez de gros sujets, réduite de près de 2/3 en arrière. — Anus plus ou moins proéminent selon la saison, légèrement en avant des Va de la longueur totale.
Tête relativement forte, volontiers un peu plus large sur l’opercule que le corps entre les pectorales, et subconvexe. Sa longueur latérale, à la longueur totale = 1:5 Va — 6 ‘A selon l’âge et les individus. Museau assez épais et largement arrondi, avec des narines doubles : un orifice ovale devant et près de l’œil, et un tube nasal assez proéminent aux V5 environ de la distance comprise entre l’œil et le bout du museau. Opercule plutôt petit et subtriangulaire, recouvert par la peau du corps.
Bouche inférieure, assez large, disposée transversalement en croissant très ouvert, arrivant dessous les narines antérieures et garnie de lèvres épaisses, dont la supérieure ornée de 6 barbillons, trois de chaque côté : un premier antérieur quasi-terminal, petit, un second latéral assez rapproché, un peu plus long, un troisième plus écarté, généralement le plus grand, sur l’angle des mâchoires, mesurant à peu près Va ou Va de la tête. (Le barbillon médian parfois exceptionnellement le plus grand.)
Membrane branchiostège assez développée, fermant l’ouïe à la base des pectorales et soutenue par trois rayons arqués, relativement courts et franchement aplatis.
Œil subarrondi, petit et placé haut vers le profil frontal, à peu près au milieu de la longueur latérale de la tête ; d’un diamètre, à celle-ci, comme 1 : 4 7* — 5 3/4 — ' 7V3 selon l’âge moins ou plus avancé; l’espace interorbitaire mesurant, selon l’âge , 1 l/& — 1 */6 diamètre de l’œil.
Arcade zygomatique incomplète ; le suborbitaire simple et entièrement recouvert par la peau, sous laquelle il ne forme pas de véritable aiguillon, mais seulement une petite protubérance arrondie en avant et dessous l’œil.
Pharyngiens inférieurs petits, grêles, eu croissant, acuminés dans le haut, tronqués et rapprochés dans le bas en avant, un peu renflés au centre, avec une petite corne quasi-médiane tournée vers le bas et 6 à 10 plus rarement IJ dents sur
un rang, acuminées ou légèrement crochues au sommet; les plus grandes généralement en face de l’origine de la corne latérale. Ces dents, caduques, souvent en majorité absentes chez de vieux sujets.
Nageoires : Dorsale naissant un peu en avant de la moitié de la longueur totale, subcarrée, médiocrement décroissante, légèrement convexe sur la tranche, et d’une hauteur un peu moindre que r élévation du corps, avec une longueur basilaire variant de V2 à* */3 de sa hauteur; trois rayons simples ou non divisés et sept à huit divisés. — Anale naissant un peu en arrière de la dorsale couchée, subcarrée, peu déclive et sensiblement convexe sur la tranche, mesurant en hauteur et largeur de % à a/4 de la dorsale; trois rayons simples et cinq à six divisés. — Ventrales implantées sous les premiers rayons de la dorsale, ou un peu en arrière, subarrondies, convexes, assez peu déclives et généralement un peu plus courtes que l’anale; deux rayons simples et cinq à six divisés, plus rarement sept.
Pectorales plus ou moins largement arrondies, à peu près égales à la hauteur de la dorsale, chez la femelle, volontiers un peu plus fortes, chez le mâle; un rayon simple et dix ou onze, plus rarement neuf ou douze divisés. Cette nageoire, chez le mâle, d’ordinaire plus charnue à la base, au côté interne, avec les premiers rayons généralement plus gonflés que chez la femelle; les cinq ou six premiers étant plus ou moins empâtés, dans leur moitié basilaire.
Caudale d’une longueur moindre que celle de la tête, souvent de peu de chose chez certains jeunes, de près de */5 par contre chez des adultes, et presque droite ou un peu convexe sur la tranche, parfois avec une légère dépression médiane, chez de vieux sujets; seize à dix-sept (exceptionnellement dix-huit) rayons principaux, dont un grand simple de chaque côté, plus quelques petits décroissants.
Écailles très petites, plus ou moins noyées dans la peau, subarrondies, pas imbriquées, ou se recouvrant quelquefois légèrement par places seulement, plus ou moins en désordre ou clairsemées ; peu ou point sur le dos en avant de la dorsale et sous le ventre, point sur la tête et sur la poitrine.
NEMACHILUS BAKBATULUS.
Une des premières squames, en arrière de la dorsale sur le milieu des flancs, arrondie, avec un large nœud vague plus ou moins central, de grosses stries circulaires autour de celui-ci et de larges rayons divergents espacés; d’une surface à peu près égale à l/b ou \/6 de celle de la pupille, chez des sujets de taille moyenne.
Ligne latérale, presque droite et un peu en dessus du milieu du corps, présentant, dans sa partie antérieure un peu ascendante, quelques tubules en partie squameux, en partie membraneux, plus ou moins gonflés et percés d’un large pore; plus loin, en arrière des pectorales, plus étroite et partiellement enveloppée seulement de petites plaques semisquameuses retroussées en gouttière, quatre à cinq fois plus longues qu’une écaille et de moins en moins apparentes vers la caudale. La ligne latérale se continuant d’une manière bien évidente sur le côté de la tête, sous l’œil et jusque sur le museau.
Coloration fondamentale blonde, d’un gl*is verdâtre, jaunâtre ou olivâtre et plus ou moins foncée, jusque vers le bas des flancs où elle devient de plus en plus pâle, avec des taches irrégulières olives, brunes ou noirâtres plus ou moins accentuées, parfois éparses ou simulant des marbrures, ou plus voisines et formant comme des bandes transversales, ou encore plus ou moins confluentes sur les faces dorsales et latérales, si bien qu’il semble que la teinte fondamentale soit brune avec des dessins clairs grisâtres ou jaunâtres. Souvent un trait délié grisâtre sur la ligne latérale, vers le haut des flancs. — La tète pointillée ou marbrée dans les mêmes couleurs, souvent avec un trait noirâtre entre l’œil et le nez et une macule foncée sur l’opercule. — Les faces inférieures sans tache, suivant la saison rougeâtres, rosâtres ou d’un jaunâtre plus ou moins pâle, parfois presque blanchâtres. — Dorsale et caudale grisâtres ou jaunâtres, marquées de macules noirâtres formant plus ou moins des lignes ou des bandes transversales, surtout sur la seconde, où ces macules se réunissent souvent pour composer une tache plus grande vers la base du lobe inférieur, ou un peu avant le bout de chaque lobe. — Pectorales jaunâtres, plus ou moins tache-
tées, eu avant surtout. Ventrales et anale immaculées ou un peu tachetées chez l’adulte.
Dimensions variant passablement avec les conditions. La plupart des individus adultes que j’ai récoltés dans les petits cours d’eau des bassins du Rhône et du Rhin, en Suisse, mesurent de 0m,070 à 0°‘,100 de longueur totale. J’ai même capturé souvent des sujets, des mâles surtout, plus petits encore, quoique déjà, avec des organes très développés et parfaitement aptes à la reproduction; cependant j’ai trouvé dans nos plus grands courants, dans le Rhône et le Rhin en particulier, des sujets notablement plus grands mesurant jusqu’à 120 et 128 millimètres. L’espèce ne paraît pas du reste atteindre, dans nos eaux froides, les dimensions qu’elle acquiert dans d’autres pays, jusqu’à 5 pouces, selon Heckel et Ivner, en Autriche, par exemple.
Mâles volontiers plus petits et plus trapus que les femelles, avec des pectorales plus grandes et plus épaisses dans leur partie antérieure.
Vertèbres au nombre de 39 à 40. — Tube digestif assez large et quasi-droit, sauf la double courbure de l’estomac, chez l’adulte; par contre présentant parfois une troisième courbure, sur le milieu de sa longueur au-dessous, chez de jeunes sujets. — Une houppe très petite de pseudobranchies, comme un éventail de feuillets lobulés ou grossièrement pectinés, derrière l’œil, vers le haut du préopercule. — Vessie aérienne petite, divisée eu deux parties réunies par un très petit canal, transversale et enveloppée d’une double capsule osseuse qui, fixée aux deuxième et troisième vertèbres, vient s’ouvrir sous la peau du corps, par une fente ovale allongée, sous la partie antérieure de la ligne mucifère latérale, entre les faisceaux musculaires, au-dessus du quart basilaire des pectorales (Voy. Pl. IV, fig. I)1. — Ovaire simple, bilobé dans le haut. Testicules doubles.
1 Rosentlial (Ichthyotomische Tafeln, 1812-25, Taf. X, fig. 8) a donné, «ans autre, une bonne image des capsules osseuses de la vessie de la Cobitis barbatula , avec leur fenêtre latérale. Ayant retrouvé une disposition à peu près analogue, quoique d’un peu moindre importance, chez nos
NEMACHILUS BARBATULUS.
Bien que variant assez clans sa livrée et ses proportions, cette espèce ira cependant guère donné lieu à la création de fausses espèces. Pâle ou foiifcée, simplement maculée, ou comme envahie par les taches, ainsi que petite ou grande, elle est toujours assez facilement reconnaissable.
J’ai trouvé dans le Rhône, près Genève, des individus adultes d’un olivâtre plus ou moins clair ou foncé, uniforme et presque sans taches sur toutes les faces dorsales et latérales.
La Loche franche ou Moutèle est très répandue en Europe, depuis l’Italie septentrionale jusqu’assez avant vers le nord, sur les côtes de la Baltique et en Finlande. Elle se rencontre partout dans les eaux suisses, au nord des Alpes, dans le bassin du Rhin, ainsi que dans celui du Rhône et dans le Doubs, dans les ruisseaux et les rivières, et sur les rives de la plupart des lacs. Elle paraît manquer par contre à l’Inn supérieur dans PEngadine, ainsi qu’à nos eaux tessinqises, dans lesquelles Pavesi ne l’a pas trouvée plus que moi, tandis qu’elle est commune dans divers cours d’eau de l’Italie septentrionale, selon de Betta et Cancstrini. Je ne l’ai jamais rencontrée aussi haut que le Chabot et le Vairon; cependant elle semble remonter quelquefois jusque dans les eaux froides de la région alpine. Le Dr Killias me signale une note des chroniques grisonnes qui raconte la capture, en, 1620, près de Langvies (Schalfik), à 1370ra, d’un poisson avec barbillons. Était-ce un Barbeau ou une Loche qui avait ainsi, du Rhin, remonté toute la rivière Plessur. M. le prof. Bruggor, dans une lettre de janvier 1884, m’avise du
autres Acanthopsidés, j’ai cru devoir attirer l’attention des ichthyologistes sur cette disposition spéciale de l’enveloppe vésicale qui, en facilitant l’action des agents physiques extérieurs sur la vessie aérienne très vasculaire, pourrait peut-être, non-seulement donner lieu à une sorte de respiration, soit oxygénation du sang en dehors des branchies, mais encore faire jouer jusqu’à un certain point à ladite vessie dans sa capsule le rôle de boule thermobarométrique. La fenêtre, de chaque côté, comprend une fente ovale allongée horizontalement et un trou rond en avant, les deux entourés par un bourrelet osseux et mesurant, chez un adulte de taille moyenne, environ trois millimètres, soit à peu près le diamètre de l’œil.
reste qu’on a trouvé la Coibitis barbatula dans les Grisons : au
lac Lai-lung, dans l’alpe Durnaun, à 1820 mètres, et au lac Lai
Tavons, à 1950 mètres, entre Schlams et Rkeinwalde, avec le
Phoxinus.
Bien qu’elle recherche de préférence les eaux claires et courantes à fond graveleux, on la trouve cependant aussi çà et là dans des flaques relativement vaseuses et dans quelques localités marécageuses. Elle vit généralement isolée et semble déployer sa plus grande activité durant la nuit. Elle se tient volontiers blottie de jour sous quelque pierre. Ses mouvements sont vifs et saccadés. On voit parfois sa tôte immobile, les barbillons étendus, sur un caillou; d’autre fois elle repose tranquille sur le fond ou saute entre les pierres, ou encore change brusquement de place, filant comme un éclair, pour s’enfouir dans quelque nouvelle cachette. Sa nourriture consiste principalement envers, larves, petits insectes et crustacés; elle absorberait môme de la vase contenant des débris végétaux et animaux.
La saison des amours paraît varier un peu avec les conditions ; cependant c’est, dans la majorité des cas, en avril et mai, avril surtout, que l'on rencontre le plus de Loches pleines. Les œufs jaunâtres et plutôt petits, de ïmm de diamètre environ, mais assez nombreux et distendant énormément les parois abdominales de la femelle, paraissent être, suivant les circonstances, déposés entre les pierres, sur le sable ou entre les herbes.
De Siebold 1 signale chez cette espèce la même faculté de respiration intestinale (pie chez nos deux autres représentants de la famille ; cependant, quoique j’aie remarqué qu’elle émettait de temps à autre des bulles gazeuses par l’anus, j’ai souvent vu la Loche franche, jeune surtout, mourir assez rapidement en captivité dans un bocal, si celui-ci n’était pas assez vaste, ou si l’eau n’y était pas fréquemment renouvelée.
On prend ce petit poisson avec la trahie, dans les nasses, à la fourchette et à la main entre les pierres ; il n’en est pas du reste fait une pêche spéciale dans le pays, bien que sa chair soit assez bonne.
Süsswasserfische, p. 340.
CLUl’ElDÉS. 27
La Moutèle est, comme les autres poissons, affectée de quelques vers parasites de l’ordre des Helminthes1.
Famille III. CLUPEIDÉS
CLUPEIDÆ
Les Clupeiclés ont le corps couvert d’écailles et plus ou moins comprimé, le ventre généralement pincé en arête tranchante. La tête est nue et la bouche dépourvue de barbillons. Le bord de la mâchoire supérieure est formé par l’interm axillaire et- le maxillaire composé de trois pièces. Les dents sont généralement faibles. L’ouverture branchiale est fendue jusque sous la gorge. Pas de rayons épineux, ni à la dorsale, ni à l’anale. Les nageoires ventrales sont abdominales. Pas d’adipeuse. L'estomac forme un cul-de-sac et porte des appendices pyloriques plus ou moins nombreux. La vessie aérienne est grande et simple. Généralement des pseudobranchies bien développées.
Les nombreux représentants de cette famille, dont le Hareng est pour ainsi dire le type, habitent les mers des cinq parties du monde, d’où quelques-uns remontent plus ou moins dans les eaux douces.
1 On a trouvé chez la Loche franche, en divers pays, les : Ascaris dentata (Rud.), dans l’intestin; A. trigonura (Dies.), dans le péritoine; A. Barbatulœ (Rud.), intestin; — Ecliinorliynchusclavaceps (Zeder), intestin; Ech. Proteus (Westr.), intestin; — Gyrodactylus elegans (Nordm.), sur les branchies et les nageoires. — Cysticercus? Gobitidis Barbatulœ (Bellingham), enkysté dans le foie et l’intestin. — Bothryocephalus Barbatulœ (Rud.), dans l’intestin. — Caryophyllœus mutabilis (Rud.), intestin.
Parmi les genres que l’on peut distinguer à leur dentition, dans ce vaste ensemble, deux seulement, les dits Clupea et Alosa, si l’on sépare génériquement les Harengs des Aloses, peuvent être considérés comme vraiment européens ; encore, des huit ou neuf espèces qui les représentent sur les côtes de notre continent1, deux, du genre Alosa, s’aventurent-elles seules dans nos fleuves et rivières.
Genre I. ALOSE
ALOSA, Cuvier.
Intermaxillaires séparés par une profonde échancrure. De très petites dents caduques sur les intermaxillaires, le maxillaire supérieur et les pharyngiens supérieurs et inférieurs. Mâchoire supérieure ne dépassant pas l’inférieure. Corps comprimé ; ligne ventrale pincée en arête et armée de petites pointes simulant des dents de- scie. Écailles généralement grandes et minces; pas de ligne tabulée latérale; des squames en forme de feuille allongée de chaque côté de la caudale. Œil pourvu, en avant et en arrière, de pseudo-paupières dépendant d’un revêtement semi-cartilagineux des parties latérales postérieures cle la tête.
Des quelques espèces de ce riche genre qui habitent l’océan Atlantique et les mers d’Europe, deux seulement, comme nous l’avons dit, les Alosa vulgaris et A. Finta,
1 On peut citer : Glupea harengus (Europe, Asie, Amérique) ; G. caspia (M. Casp.); G. sprattus (Atlant. et côtes Eur.); G. aurita (Médit.); C.latula (Atlant. côtes de France); G. alosa (Eur.); G. Finta (Eur.) ; C. pil- ■chardus (Atlant. et Médit.); C. maderensis (Médit.).
ALOSA VULGARIS.
remontent du nord et du midi, pour frayer dans les eaux douces de l’Europe et jusqu’en Suisse. Ces deux espèces ont été longtemps discutées et souvent confondues, jusqu’à ce que Troscliel ait signalé, en 1852 ', les développements différents de leurs épines branchiales (branchiosjrines) ; leurs droits à la distinction spécifique ont même été plus récemment contestés ou méconnus par quelques auteurs, connue nous le verrons plus loin.
La constatation de divers caractères distinctifs corollaires du précédent m’engage, quant à moi, à séparer spécifiquement, avec Troscliel, l’Alose et la Feinte; et, si je rapporte à cette dernière les Cheppie et Agoni du Tessin et de l’Italie, bien qu’ils en diffèrent un peu, c’est que je leur trouve plus de rapports avec cette seconde qu’avec la première.