‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 49 sur 144 · l’alose ordinaire · texte numérisé non relu

l’alose ordinaire

Alse. — Maifisch.

Alosa vulgaris, Troschel.

Corps fusiforme et comprimé, un peu voûté en avant; tète conique un peu convexe m-dessus, fortement pincée en dessous . Maxillaire supérieur assez élargi et prolongé en arrière de l’œiL Opercule très rétréci dans le las. Origine de la dorsale au-dessus de la hase des ventrales ou légèrement en arrière* Branchiospines longues, grêles, serrées et nombreuses, le plus souvent 98-126, sur le premier arc branchial, chez V adulte. Une tache latêï'ale noirâtre derrière V angle supérieur de V opercule, suivie parfois de quelques autres plus ou moins apparentes, sur le haut des flancs. — (Taille moyenne d’adidtes et de vieux : 0,'n4ô — 60 à 0m,70.)

1 Troschel : Alausa vulgaris und Finta verschiedene Arten; Archiv für Naturg. 1852, vol. I, p. 228.

D. 4-5/14-17(19), A. 3/20-24, Y. l/8-(9), P. 1/13-15, C. 19 maj.

Sq. L. trans. 20-22; L. lat. 77-80 (70) 1 *. Épines ventrales 37-42.

Vert. 57-58.

Clupea alosa, Linné , Syst. Nat. I, éd. 12, p. 523 {part). — Bloch , Fische Deutschl. I, p. 209 (part). — Hartmann , ITelv. Ichthyol. p. 169 (part). — Holandre , Faune de la Moselle, p. 258. — Jenyns , Man. p. 438. — Gilnther , Fische des Neckars, p. 121, et Catal. of Fishes, VII, p. 433. — Môbius et Heinche, Fische der Ostsee, p. 141 ( pars i).

» rupa, Lacép, V, p. 452.

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Alosa commünis, Yarrell , Brit. Fishes, 2rae édit. II, p. 213. — Schinz , Europ. Fauna, II, p. 366.

» vtjlgàris, Cuvier , Règ. Anim. II, p. 319. — Selys-Longcha?nps, Faune belge, p. 220. — Siebold , Süsswasserfische, p. 328. — Jàchel, Fische Bayeras, p. 87. — Blanchard , Poissons de France, p. 480, fig. 127. — Léuthner , Mittelrheinische Fischfauna, p. 18. — Klunsinger , Fische des Wurtemberg, p. 274. — Moreau, Poissons de France, III, p. 453. — Benecke , Naturg. und Leben der Fische, p. 168 (part)»

Alausa vulgaris, Cuv. et Val. XX, p. 391 (part). — Hechel et Kner , Süsswasserfische, p. 228, fig. 133 (part). — Troschel , Wiegm. Archiv. 1852, I, p. 228.

Nom vulgaire : à Bâle, Maifisch.

Corps fusiforme, médiocrement élevé et graduellement comprimé d’avant en arrière. Dos convexe ou un peu voûté en avant et subarrondi, quoique légèrement tectiforme devant la dorsale; ventre pincé en arête étroite et armé, sur la ligne médiane, de nombreuses épines, de la gorge à l’anus.

La hauteur maximale, devant la dorsale, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 4/s — 4 3/s chez des mâles adultes ; parfois un peu plus forte chez de grosses femelles ; . par contre, relativement bien moindre chez les jeunes, plus élancés. L’épaisseur la plus forte, entre la moitié et le bout des pectorales, chez l’adulte, généralement moindre que la moitié de la hauteur.

1 Je n’ai pas trouvé, chez nos Aloses du Rhin, le minimum 70 fourni

par Günther et par Moreau; ce chiffre me paraît devoir y être plutôt

exceptionnel.

ALOSA VULGARIS. 31

Anus ouvert un peu en avant des % de la longueur du corps sans la caudale.

Tète subconique, acuminée, convexe en dessus et fortement comprimée dans sa moitié inférieure; d’une longueur latérale de '/a à '/b plus petite que la hauteur du corps, soit volontiers, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 5 '/s — 5 7b chez l’adulte, selon le sexe; par contre égale à 1a, hauteur du corps ou un peu plus forte, dans le jeune âge. La tête en arrière de l’œil, les joues et les diverses pièces operculaires, jusqu’à l’épaule, plus ou moins recouvertes d’une sorte de peau semi-cartilagineuse, épaisse, grasse et transparente, dissimulant en partie les pores céphaliques et contribuant à former, en avant et en arrière de l’œil, comme deux paupières en demi-lune verticales.

Museau obtus, un peu renflé en dessus et en avant, chez l’adulte. Narines très réduites et composées de deux ouvertures très voisines : une petite, arrondie, du côté de l’œil, et une plus grande, fendue en croissant,' en avant de celle-ci, à peu près à 73 de la distance comprise entre l’orbite et le bout du museau.

Bouche terminale et plutôt petite; fendue à la vérité jusque vers le bord antérieur de l’œil, mais circonscrite audessous des narines par le mouvement du maxillaire, à l’ouverture. Mâchoire supérieure non protractile; le maxillaire portant un os supplémentaire double et dépassant le bord postérieur de l’œil de */a diamètre de celui-ci environ, chez l’adulte; mâchoire inférieure avec quelques pores et pourvue à l’extrémité d’un petit crochet s’enchâssant dans une échancrure adhoc des intermaxillaires. Langue épaisse et relativement courte.

Œil arrondi, avec deux pseudo-paupières verticales, d’un diamètre égal à environ l/g de la longueur céphalique latérale, chez l’adulte; relativement bien plus grand dans le jeune âge. L’espace préorbitaire, mesurant 1 V3 — 1 aA diamètre de l’œil, chez l’adulte; égal à un diamètre seulement chez le jeune. L’espace interorbitaire légèrement plus grand que le préorbitaire, chez l’adulte; bien moindre dans le jeune

Sous-orbitaires : le premier, oblong, à surface grenue, arrivant sous la moitié de P orbite et recouvrant un peu le maxillaire; le second, subovale, remontant un peu derrière l’œil ; le troisième, très développé, couvrant la joue et subtriangulaire; le quatrième, un peu moins grand, subcarré à bords assez accidentés, parfois plus ou moins subdivisé. — Opercule remontant bien au-dessus de l’œil, largement arrondi dans le haut, très rétréci dans le bas. Sous-opercule court. Préopercule largement arrondi dans le bas, avec quelques pores. — Toutes les pièces céphaliques comme striées ou vermiculées, chez l’adulte.

Ouïe fendue jusqu’à la gorge, au-dessous de l’œil. Huit rayons branchiostèges ; les antérieurs minces et plats, les deux ou trois derniers beaucoup plus forts et élargis en palette sous l’interope roule. Membrane branchiostège relativement peu développée.

Dents très petites et tombant généralement avec l’âge, sur le bord du maxillaire supérieur et de l’intermaxillaire seulement, faisant souvent complètement défaut chez l’adulte; d’autres petites dents, plus ou moins apparentes, sur les pharyngiens supérieurs et inférieurs.

Branchiospines (épines branchiales) très longues, grêles, serrées, nombreuses et finement denticulées sur les côtés, décroissant en dimension du premier au quatrième arc branchial, en nombre de plus en plus réduit du second au quatrième et souvent en quantité moindre dans le jeune âge que chez l’adulte. — Généralement, chez l’adulte : 98 — 120—126 sur le Ier arc, les plus comtes, vers les extrémités, encore assez longues en avant, pour dépasser un peu la base de la langue et montrer leurs pointes à l’ouverture de la bouche, en profil (Voy. PI. IV, tig. 8) ; 98 — 112 — 124 sur le lime arc. 74 — 92 sur le HIme; 50—73 sur le IVme; cela du moins chez la forme septentrionale qui, de la mer du Nord, parvient seule jusqu’à nous, par le Rhin, et qui correspond à VAL vidgaris de Troschel et de Siebold.

En décrivant ici l’Alose ordinaire adulte, telle qu’elle se présente dans les eaux suisses, il importe d’ajouter que, selon les données de Moreau sur l’Alose qui de l’océan

ALOSA VULGAHIS.

remonte dans les eaux douces de la France, l’espèce varierait passablement avec l’âge, quant au nombre de ses branchiospines, celles-ci étant d’ordinaire moins nombreuses chez les jeunes individus '.

Le total des épines sur chaque arc peut varier du reste, non seulement avec l’âge, mais encore chez des individus de même sexe, de même taille et de même provenance. Deux mâles adultes, du Rhin à Bâle, mesurant Om,55 à 0m,60 et semblables de tous points, comptaient, par exemple : l’un, 126 épines sur le Ier arc (77 de la langue au coude de Parc et 49 après ce coude), 124 sur le IIme arc (83-r-41), 92 en tout sur le lllme et 73 sur le IVme; l’autre, 123 épines également sur les Ier et IImo arcs, 94 sur le IIIme et 74 sur le IVme.

Le rapport de longueur de la plus grande épine au Ier arc qui la porte, vers son milieu, m’a paru, chez des adultes de grande taille, comme 1 : 3 V3— 3 */5.

Nageoires : dorsale ayant son origine un peu en avant de la moitié de la longueur du corps sans la caudale, au-dessus de la base des ventrales ou très légèrement en arrière, engagée à la base dans une gaine écailleuse et un peu plus longue que haute, parfois de */* environ, chez l’adulte, la hauteur étant à peu près égale à la moitié de la longueur de la tête; avec cela, assez déclive et légèrement concave sur la tranche. Quatre à cinq rayons simples ou non divisés, et quatorze à dix-sept divisés (jusqu’à 19 de ces derniers, selon Heckel); le grand simple un peu plus court que le premier divisé ; le dernier divisé volontiers un peu plus long que les cinq ou six précédents. — Anale naissant passablement en arrière de l’aplomb de la dorsale rabattue, engagée, comme celle-ci, dans une gaine écailleuse, et au moins 2 t/2 fois aussi longue que haute, sa longueur dépassant notablement, souvent de v4 environ, celle de la dorsale, avec une tranche légèrement

1 Moreau (Hist. Nat. (les Poissons de France, III, p. 456) a compté, chez l’Alose de l’Océan, en France : 87-118 épines sur le 1er arc et 60-74 sur le 3me, chez des sujets de 205 à 575 millimétrés; même : 72 sur le ler et 50 sur le 3lne, chez une très jeune Alose n’ayant que 150 millimètres de longueur.

FAUNE DES VEItTÉBItÉS.

concave. Trois rayons simples et vingt à vingt-quatre divisés. — Ventrales courtes et triangulaires ; leur longueur dépassant cependant notablement la hauteur de l’anale, avec une écaille axillaire mesurant plus de la moitié de la nageoire. Généralement un rayon non divisé et huit divisés '. — Pectorales petites aussi et acuminées, quoique de plus de moitié plus longues que les ventrales, avec cinq à six grandes écailles axillaires. Un rayon non divisé et treize à quinze divisés.

Caudale légèrement plus courte que la tête par le côté et profondément échancrée, avec des lobes acuminés plus ou moins inégaux et dix-neuf rayons majeurs, dont dixsept divisés, les médians au plus un quart des plus grands externes. — La base de la nageoire et la partie moyenne basilaire des deux lobes couvertes de petites écailles, entre lesquelles se font remarquer, sur le milieu de chacun des derniers, trois ou quatre squames allongées en forme de feuilles, très minces, implantées par un pédicule dans la peau, se recouvrant plus ou moins et appliquées sur les rayons presque jusque vers leur extrémité ; Taxe de l’écaille, représentant la nervure médiane d’une feuille, percé tout le long d’un canal central.

Écailles grandes, minces, caduques, très irrégulières dans leur disposition et leurs proportions, et se recouvrant au moins sur les Va de leur longueur, vers le milieu du corps. Une squame médiane latérale souvent d’une surface presque égale à celle de l’œil ; mesurant cependant quelquefois, à la même place, les V5 de l’œil seulement, chez des sujets de taille presque semblable ; de forme subcarrée ou un peu sexagonale, avec des stries transverses très tines, assez irrégulières, non concentriques et généralement séparées, de place en place, par des vagues ou stries onduleuses un peu plus fortes, quasi équidistantes. Pas de véritable nœud. La partie découverte de l’écaille peu ou pas striée et finement dentelée sur le bord, à l’extrémité de petits rayons très courts et irréguliers..

1 Selon Moreau (loc. cit. III, p. 456), ventrales 9 à 10 rayons.

ALOSA VULGARIS.

Les squames latérales antérieures sup. légèrement plus petites, mais de forme à peu près analogue ; les latérales postérieures iuf. près de moitié plus petites, de forme volontiers un peu plus allongée, avec les mêmes caractères ou à peu près. Squames caudales : voir ci-dessus, art. caudale.

Pas de ligne tubulée latérale.

Généralement 20 à 22 écailles sur une ligne transverse médiane, jusqu’à la base des ventrales (deux de plus jusque sur la ligne ventrale médiane), et 77 à 80 en long sur les flancs, de la tête à la caudale, chez quelques Aloses du Rhin à Bâle, même 70 seulement, suivant certains auteurs \ Le compte, du reste, difficile à faire d’une manière exacte, à cause de la disposition toujours assez irrégulière des squames latérales.

Épines ventrales implantées une à une entre les écailles sur la ligne médiane, dirigées en arrière, en forme de bec tranchant et aigu, et appuyées sur de petites branches latérales profondément enchâssées dans les téguments. Généralement 37 à 42 de la gorge à l’anus; le plus souvent 37 à 39 chez nos individus 1 2.

Coloration d’un gris ardoisé à reflets bleuâtres, verdâtres ou lilacés, en dessus; d’un gris un peu jaunâtre, pâle et argenté sur le haut des flancs, d’un blanc fortement argenté sur le ventre et le bas des flancs. Tête plus sombre, d’un gris bleu ou d’un gris vert foncé, en dessus et en avant, plus ou moins couverte d’un pointillé vert noirâtre sur les côtés. Iris argenté, un peu mâchuré vers le haut.

Dorsale et caudale d’iui gris noirâtre, plus foncé vers le bout ; des écailles irisées sur les rayons médians de la moitié inférieure de chaque lobe de la dernière. Anale et ventrales blanchâtres ; la première plus ou moins mâchurée en avant. Pectorales d’un gris pâle et plus ou moins mâchurées en avant, dans leur moitié inférieure principalement.

1 70 selon Giinther, Catal. of Fishes, VII, p. 434 ; 70 à 80 selon Moreau, Poissons de France, III, p. 455.

2 25 à 28 selon Benecke : Naturg. und Leben der Fisclie, 1886, p. 169; ce chiffre me paraît devoir être erroné.

D’ordinaire une, plus rarement deux taches noirâtres ou verdâtres, arrondies et plus ou moins apparentes, derrière, l’angle supérieur de l’opercule, chez l’adulte.

Le nombre comparativement réduit de ces taches, caractère spécifique pour bien des auteurs, est de peu d’importance; car, en faisant bouillir des Aloses adultes du Rhin ainsi tachées, pour préparer leur squelette, j’ai vu réapparaître jusqu’à 14, même 15 autres taches distribuées sur le haut des flancs, en arrière de ces premières.

Dimensions : l’Alose vulgaire peut mesurer jusqu’à O”, 60, voire même 0m,70 cm. de longueur totale, avec un poids de 2 à 3 kilos. La plupart des sujets que j’ai reçus du Rhin à Bâle, où l’on ne prend guère de jeunes individus, mesuraient entre 50 et 60 cm.

Vertèbres au nombre de 57 à' 58 L — Tube digestif formant deux petits replis et généralement un peu plus court que la longueur du poisson sans la caudale ; l’estomac présentant un très grand cul-de-sac et pourvu de nombreux appendices pyloriques assez allongés. — Vessie natatoire occupant toute la cavité viscérale, simple, acuminée aux deux bouts, tm peu rattachée aux côtes et aux vertèbres, et communiquant avec le cul-de-sac stomacal par un canal assez court et large. — Un rang de pseudobranchies pectinées, assez longues, derrière le quatrième sous-orbitaire. — Testicules gros, doubles et multilobés; ovaires très développés contenant des œufs très nombreux et relativement très petits.

Avant que Troschel eût signalé les caractères différentiels que présentent les branchies des Alosci vulgaris et Al. Finta, comme aussi depuis la publication de cet auteur-, les ichthyologistes ont toujours été très partagés, quant à l’importance de la distinction spécifique de ces deux Aloses. SI, en faisant abstraction du jugement de ceux qui n’ont connu que des caractères distinctifs extérieurs assez discutables, on se borne ici à comparer

1 J’ai compté 57 vertèbres sur deux squelettes préparés à cet effet.

2 Alausa vulgaris uud Finta verschiedene Arten, Archiv fur Naturgeschichte, 1852, vol. I, p. 228.

ALOSA VULGARIS.

les opinions de ceux qui, depuis Troschel, ont pu peser la valeur du caractère branchial signalé, on n’en est guère plus avancé; chaque auteur, en effet, semble s’être fait une opinion h priori, sans bien chercher d’oii pourraient provenir les divergences indiquées, et s’il n’y aurait pas, sur quelques autres points, des caractères ou des variantes capables de trancher la question d’espèce, dans un sens ou dans l’autre.

Tandis que certains ichthyologistes, comme de Siebold l, Blanchard2 3, Günther % etc., se sont bornés à accepter sans discussion l’opinion de Troschel, d’autres, méconnaissant ou récusant la valeur de la distinction, ont au contraire, comme Heckel et Kuer4, Benecke5 * et d’autres, ramené la question à son point de départ, en jetant pêle-mêle, sans discussion suffisante, dans la description d’une espèce unique, tous les caractères des diverses formes en litige. Les auteurs italiens les plus récents, comme de Bettan, Monti7, Canestrini 8 9 10 11 12 etPavesi', sans comparer peut-être de visu l’Alose vulgaire du nord avec leur Alose méridionale, sont venus à leur tour mettre le comble à l’indécision, en qualifiant tantôt A1 Alosa Finta (Cuv.), tantôt d 'Alosa vulgaris (Val.) l’Alose qu’ils décrivaient. Enfin, les ichthyologistes suisses les plus autorisés, Hartmann ,0et Schinz “, sont loin d’avoir jusqu’ici éclairé la question; le premier en identifiant à priori les Aloses du Rhin et du Tessin, sous le nom de Glupea alosa , le second en qualifiant de Clwpea alosa celles du Tessin et de C Finta celles du Rhin, à Bâle. Mœsch u, plus récemment, attribue sans preuves, Y Alosa Finta au Rhin suisse et l’identifie sans discussion avec celle du Tessin.

1 Süsswasserfische, 1863.

2 Poissons de France, 1866.

3 Catal. of Fislies, vol. VII, 1868.

4 Süsswasserfische, 185S.

5 Naturgeschichte and Leben der Fische, 1886.

8 Ittiologia Veronese, 1862.

T Pesci di Como e Sondrio e del Cantone Ticino, 1864.

8 Prospetto critico, 1865.

9 Pesci e Pesca neP Gant. Ticino, 1871-72.

10 Helv. Ichthyologie, 1827.

11 Fauna helvetica, 1837.

12 Thierreich der Schweiz, 1869.

On s’est, jusqu’ici, trop peu préoccupé des différences que l’âge peut apporter dans la caractéristique d’une espèce, et souvent, à défaut de ces importantes données, bien des auteurs ont tour à tour et à tort séparé ou rapproché des formes qu’ils ne connaissaient pas suffisamment.

En décrivant, ci-dessus, sous le nom cVAlosa vulgaris (Troschel), des sujets capturés dans le Rhin suisse de l’Alose qui, seule et à l’état adulte seulement, remonte du nord jusqu’à nous, j’ai dû me borner à signaler les caractères qui me paraissent accompagner, chez l’adulte, la présence d’un maximum d’épines sur les arcs branchiaux. Ne trouvant dans les auteurs aucune donnée sur les principaux traits distinctifs du jeune âge, il ne m’était pas possible de décider si l’Alose plus petite, dite A. Finta, avec un nombre bien moindre de branchiospines, n’était pas peut-être une forme jeune de l’Alose plus grande, dite A. vulgaris ; et, faute de documents, j’eusse penché volontiers vers l’opinion de Môbius et Heincke1 qui admettent deux variétés ou races locales dans une seule et même espèce.

Cependant, en comparant mes données avec celles de Moreau (1. c., p. 456), dont j’ai parlé plus haut, comme trahissant un accroissement du nombre des branchiospines avec l’âge chez les Aloses de France, je ne puis qu’accepter, maintenant et jusqu’à preuve du contraire, deux espèces variant avec l’âge dans des limites bien différentes, puisqu’il y a toujours, à âge égal, un grand écart entre les totaux des branchiospines de Tune et de l’autre. Chez Alosa vulgaris, adultes de 50 à 70 centimètres, sur le premier arc : 98 — 126 épines; chez A . Finta, adultes de 30 à 50 centimètres, siu* le premier arc : 35 — 54 épines. Chez des jeunes de 15 à 16 centimètres, sur le premier arc : chez A. vulgaris, 72 épines; chez .4. Finta, 31 épines.

Reste à savoir si la Finta de l’Adriatique et du nord de l’Italie est de même espèce que celle du Nord et de la Méditerranée. C’est ce que nous verrons plus loin, en comparant notre Alose du Tessin soit avec l’Alose vulgaire, soit avec la Feinte.

1 Fische fier Ostsee, 1883.

ALOSA VULGAK1S.

L’Alose vulgaire est très répandue dans l’Océan et les mers qui baignent les côtes septentrionales et occidentales de l’Europe, d’où elle remonte généralement au printemps, pour frayer, dans la plupart des fleuves et quelques-unes des principales rivières en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Allemagne et en France1 2. Ogérien, dans son Histoire naturelle du Jura, cite YAlosa communis dans le Doubs jusqu’à l’écluse de Crissey.

C’est ainsi que, de la mer du Nord, elle arrive pour frayer, depuis la fin d’avril et en mai, dans le Rhin suisse, à Bâle et jusqu’à Laufenbourg, et par la meme voie, dans le Main et le Neckar, en pays allemand. Ce ne sont que des adultes d’assez grande taille qui parviennent jusqu’à nous; on ne prend jamais de jeunes et, passé la fin de mai, il n’en reste plus un seul dans nos eaux. Les alevins disparaissent de chez nous et regagnent la mer sans que l’on observe, le plus souvent, ni quand ni comment. La remonte est, paraît-il, presque nulle1 quand le Rhin est trop fort; par contre, dans de bonnes conditions, les Aloses se montrent en grand nombre dans leRhinbâlois, jouant souvent par centaines à la fois et décrivant des cercles à la surface de l’eau, pour aller ensuite déposer leurs œufs très nombreux (1 à 200, 000) et relativement très petits (2mm environ), probablement dans les profondeurs du fleuve.

La nourriture de l’Alose consiste principalement en vers, petits crustacés et insectes de diverses sortes ; sa chair n’a rien de désagréable, elle est même assez bonne, lorsque le poisson a un peu séjourné dans les eaux douces.

On pêche l’Alose principalement au filet, à la senne ou au tramail; on peut en prendre cependant aussi à la truble et avec des nasses, même quelquefois avec la ligne de fond amorcée d’un pois cuit.

La large ouverture de ses ouïes ne lui permet pas un long séjour hors de l’eau. Elle porte un assez grand nombre de parasites, principalement Helminthes *.

1 L’espèce signalée par Steindachner (Catal. prélim. des Poissons du Portugal, 1865, p. 4), comme remontant dans les eaux douces du Portugal, doit être rapportée plutôt à VA. Finta (Cuv.), qui se montre aussi dans quelques cours d’eau de la France.

2 On a observé en divers pays, chez l’Alose vulgaire, les : Ascaris

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