‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 52 sur 144 · OO · texte numérisé non relu

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Aldus- WUliamsoni (White-Fish) d’Amérique. — Le nom de alpinm a été enlevé aux Balchen, pour l’attribuer au Albock qui le méritait plutôt, et remplacé, chez les premières plus répandues en Suisse, par celui d 'Helveticus. — Le Gonfusus a été enlevé de l’espèce Annectus et rapproché, à plus juste titre, du Wartmanm. — Le Nfmlinii , de ma précédente classification, a été ici subdivisé en : Nüsslinii , Heglingus et Albéllus. — Les signes a et g distinguent des espèces et sous-espèces simples ou plus ou moins composées. — * et ** distinguent des sous-espèces plutôt de plaine , ou relativement alpines. — -f indique la création de formes bâtardes (voir aux articles y relatifs).

Vertèbres : Le total des vertèbres varie, chez nos Corégones suisses, entre les extrêmes 57 et 63, parfois 64 chez notre C. Suidteri , accidentellement 55 chez notre Wartmanni confusus, d’ordinaire donc de sept, entre les deux extrêmes normaux, ceux-ci y compris. Le nombre des côtes ou des vertèbres costales varie un peu moins, soit de six, entre les extrêmes 33 et 38 (accidentellement 32) ; celui des caudales, de cinq seulement, le plus souvent entre 20 et 24. Seul, le nombre 2 des cervicales m’a paru invariable.

Bien que les totaux les plus élevés soient plus fréquents chez les espèces ici groupées sous le titre de Balleus , les écarts entre minima et maxima m’ont paru à peu près les mêmes chez ces dernières que chez celles appartenant au type Dispersas. Le nombre des vertèbres peut varier d’ordinaire de 2 à 3, au maximum de 4, entre divers représentants d’une même espèce; le plus souvent de 2 seulement, exceptionnellement de 3, à moins de croisement, chez une même forme ou sous-espèce locale.

Les vertèbres sont ici comptées jusqu’à celle, dernière vraie, qui, assez généralement biseautée, porte la dernière grande plaque caudale supérieure. — Je fais donc abstraction, pour rendre mes données plus facilement comparables avec celles d’autres auteurs, des quelques bagues semi-osseuses ou vertèbres rudimentaires qui, au nombre de 1 à 3, enveloppent plus ou moins, après celle-ci, l’extrémité de la Chorda dor salis, du côté du lobe supérieur de la caudale; fausses vertèbres dont j’avais essayé de tenir compte dans une publication antérieure sur les Corégones de la Suisse \

Rayons branchiostèges : Le nombre de ces arcs osseux ne peut guère servir de caractère spécifique chez les Corégones suisses, car il ne varie d’ordinaire que de 8 à 9 (exceptionnellement 7) chez nos diverses espèces et sous-espèces, et cela jusque chez ime de ces dernières, voire même sim les deux côtés d’un même animal.

Appendices pyloriques : Le nombre de ces appendices vermiformes, au-dessus ou au-dessous de lôO , m’a paru perdre ici de son importance spécifique, non seulement à cause de son élévation, mais encore par le fait de sa constante et large varia-

1 Les Corégones de la Suisse, Recueil zoologique suisse, II, n° 4, 1885.

CORÈGONES. CARACTÈRES.

bilité, jusque dans une seule et même espèce ou sous-espèce. Je n’ai pas davantage cru devoir prendre en considération les dimensions comparées de ces organes, souvent assez différentes, remarquant qu’elles dépendent beaucoup de l’état temporaire de l’inclividu. — On peut en dire autant de la longueur du tube digestif oscillant, le plus souvent, entre un quart en plus et un quart en moins de la longueur du poisson, parfois même davantage dans les deux sens. Bien que les moindres dimensions m’aient paru plus fréquentes chez certaines espèces de notre Balleus , à branchiospines peu nombreuses, comme les Balchen et Felchen , tandis que les plus grandes se trouvent souvent chez certains représentants de notre Exiguus, à branchiospines nombreuses, la Bondelle en particulier, ces rapports m’ont semblé dépendre trop, chez une même sous-espèce locale, soit de l’âge des individus, soit des circonstances et des conditions d’alimentation.

Branchiospines : Le nombre et les dimensions des appendices épineux qui garnissent le bord antérieur des arcs branchiaux, que Troschel 1 avait invoqués comme caractères distinctifs des Aloses, ont été plus récemment appelés à servir de critérium spécifique entre Corégoues divers, à la fois par Nüsslin 2, pour les espèces du Bodensee et quelques formes voisines, et par Jordan et Gilbert3 pour beaucoup de Corégones du nord de l’Amérique. L’étude que j’ai faite moi-même, depuis plusieurs années, de ces organes que j’ai baptisés branchiospines, chez diverses espèces de Suisse, d’Europe, d’Asie et d’Amérique, m’a prouvé qu’il y a là véritablement des différences de développement, corollaires d’autres caractères, à prendre en très sérieuse considération ; mais qu’il serait dangereux d’exagérer, jusque dans les moindres détails, l’importance spécifique de ces organes en relation plus ou moins directe avec les procédés d’alimentation. Les quantités et dimensions des branchiospines, bien qu’indépendantes de l’âge, n’en sont pas moins soumises plus

1 Alausa vulgaris und Al. Finta verschiedene Arten : Archiv fur Naturg. 1852, 1, p. 228.

2 Beitrâge zur Kenntniss der Coregonus- Arten des Bodensees, etc... : Zool. Anzeiger, 1882, n° 104.

3 Synopsis of the Fishes of North America : Smithsonian Miscell. Coll. 1882, XXIV, p. 296.

ou moins aux influences de milieu et variables par conséquent dans d'assez larges limites, jusque chez une même sous-espèce, dans des conditions différentes. Ces épines, plus ou moins nombreuses, peuvent être aussi plus ou moins allongées, grêles et serrées, ou ramassées et plus séparées, avec de petits denticules latéraux, suivant le cas, plus ou moins nombreux et déliés (voyez PI. Il, tig. 3 et 4).

Elles présentent quelquefois des déformations accidentelles qui m’ont paru provenir de la succion d’un petit Crustacé parasite que j’ai souvent trouvé sur les branchies de nos Corégones, particulièrement des lacs de l’est, et que je crois devoir rapprocher de Y Ergasilius Sieboldii; elles sont alors plus ou moins partagées en deux ou trois pointes (Voy. PI. Il, iig. 5 et 6).

Les rapports de proportions entre les épines et l’arc branchial, ainsi que le degré d’écartement des premières, dépendent non seulement du nombre et des dimensions de ces appendices, mais encore des longueurs relatives ou de l’amplitude différente de l’arc qui les porte. Le degré d’ouverture de l’appareil branchial en avant, ou au premier arc, varie en effet passablement chez nos divers Corégones; bien qu’avec quelques exceptions, il est assez généralement : plus grand chez les espèces à bouche plus inférieure et branchiospines moins nombreuses et moins longues, plus resserré chez celles à bouche plus terminale et branchiospines allongées plus nombreuses. Les dimensions comparées des épines extrêmes et médianes sur un arc, donnant à la courbe décrite parla pointe de ces organes des formes souvent assez différentes, m’ont paru trop variables, dans une même espèce, pour pouvoir servir beaucoup dans la caractéristique de nos divers Corégones. Quant aux denticules latéraux des branchiospines, à part quelques exceptions, leur nombre et leur forme plus ou moins déliée paraissent dépendre surtout de la longueur ou de la largeur comparée de l’épine elle-même. J’ai trouvé le minimum de 5 denticules latéraux sur la plus grande épine chez le Cor . acronius, le maximum 25 chez YExiguus.

Le nombre et les dimensions des branchiospines vont généralement en décroissant du second arc branchial au quatrième. Le premier arc, soit l'antérieur, porte d’ordinaire quelques épines de moins que le second, souvent 1 à 4, parfois jusqu’à 6 ou 7 chez des espèces à branchiospines très nombreuses ; cependant il arrive aussi de trouver quelquefois nombre égal

sur les deux premiers arcs, exceptionnellement même une ou deux épines de plus à P antérieur, jusque dans une sous-espèce, ou sur les deux côtés d’un seul individu. Je m’attacherai donc surtout au nombre des épines sur le premier arc et à leurs dimensions vis-à-vis de la longueur de celui-ci, me bornant à ajouter, poulies espèces qui nous intéressent plus spécialement, le chiffre correspondant sur le quatrième arc1.

Les branchiospines sur le premier arc varient, dans nos Corégones suisses, entre le minimum 17, trouvé quelquefois chez le C. acronius, et le maximum 44 rencontré parfois chez Y Exiguus Nüsslinii , avec des longueurs maximales, vis-à-vis de l’amplitude de l’arc, comme 1 : 6,60 — 3,40 (plus rarement 3,25) ; les épines sur le quatrième varient à leur tour en nombre, dans les mêmes espèces, de 12 à 34.

Voici, en passant et comme point de comparaison, les données que j’ai relevées sur quelques Corégones étrangers à la Suisse que j’ai pu me procurer à l’état frais ou que j’ai pu étudier à ce point de vue sur les types de Valenciennes conservés au Muséum de Paris, aimablement mis à ma disposition par M. le prof. Vaillant auquel je témoigne ici toute ma reconnaissance.

J’ai compté sur le premier arc :

Cor. albula (Linné), reçu frais de Prusse. . . I arc. 47-49=1 : 3,45—3,50 » albus ? (Val. Museum)=probab]ement Hcir en-

gus (Bich.) Amérique ♦ ....... * 46-47=1 : 3.

» oxyrhynchus (Linné), reçu frais de Hollande . 35-37=1:4,30 — 4,38 » Nilssonii (Val. Muséum), Europe septentr. . . . 41-43=1 : 4 — 4,15

» Muksun (Pallas. Muséum), 'Sibérie, Asie 40 =1 : 3,50

» generosus (Peters), reçu frais de Prusse 40-43=1 : 3,45—3,50

» lavaretus (Cuvier), frais, du lac du Bourget,

Savoie 34-39=1 : 3,50—4,50

» Bezola (Fatio), frais, du lac du Bourget, Savoie 26-33=1 : 5 —6

» Lavaretus (Linné), reçu frais de la mer du Nord 22-23=1 : 6 » Maraena (Bloch), reçu frais de Prusse. . . 26-30(33)=l : 5,60 — 6 » albus? (Val. Museum)=probableinent Gouesi

(Milner), Amérique 26-27=1 : 5,30 — 5,80

» Sikus (Val. Muséum), cap Nord 22-23=1 : 6,80

1 Pour bien étudier les branchiospines sur les différents arcs, il est préférable d’enlever tout l’appareil branchial et, après l’avoir fendu longitudinalement à sa suture supérieure ou crânienne, de l’ouvrir en développant à droite et à gauche les arcs branchiaux, comme les ailes d’un papillon. Voyez PI. II, fig. 3 et 4.

Cor. albus ? import., élevé à Genève=probable-

ment Williamsoni (Girard), Amérique .... 22-26=1 : 6— -6,30

» Polcur (Pallas. Muséum) Russie septentr. . . . 23-26=1 : 8

Il est évident que, pour quelques-unes de ces espèces dont je n’ai pu examiner qu’un ou deux individus, les limites de la variabilité peuvent s’étendre au delà des limites ci-dessus indiquées.

Dents : Les Corégones portent en général des dents très petites : sur le bord de l’intermaxillaire, où elles tombent souvent en majorité avec l’âge; sur la langue, où elles paraissent plus ou moins en quinconce ou rangées par séries longitudinales, et sui* les pharyngiens supérieurs et inférieurs, où elles forment deux assez grands groupes juxtaposés sur le plancher de l’arrière-bouche, ainsi que deux autres groupes opposés aux premiers, plus petits et plus ou moins apparents, de chaque côté, vers l’extrémité supérieure des troisième et quatrième arcs branchiaux (voy. PL II, fig. 3 et 4).

Nos représentants du genre m’ont paru mieux pourvus à cet égard que quelques autres de régions plus septentrionales en Europe, en Asie et en Amérique; il ne m’a pas été possible toutefois de trouver un caractère spécifique dans les développements un peu différents de ces organes. Le nombre de lignes et fractions de lignes dentées sur la langue m’a paru généralement de cinq à six chez la plupart de nos espèces et sous-espèces; cependant, j’en ai trouvé parfois quatre seulement chez des Balchen de nos lacs centraux, et souvent sept chez des Pâtées de nos lacs jurassiques, jusqu’à huit même chez la Bondelle de Bienne et de Neuchâtel.

Bouche : La position de la bouche dépend à la fois, de la disposition plus ou moins oblique de la mandibule, des longueurs relatives des deux mâchoires et de la hauteur ainsi que de l’inclinaison assez variable del’intermaxillaire, ou vertical, ou plus ou moins incliné en avant du haut en bas, ou encore en arrière et en dessous. Nous n’avons pas en Suisse de Corégone à bouche oblique quasi-supérieure, comme le C. albula (Linné) d’Allemagne; cependant l’ouverture buccale peut être, suivant les espèces et sous-espèces, plus ou moins antérieure ou inférieure : terminale, subterminale, préinférieure ou inférieure (voy. PL II, fig. 1 et 2).

Intermaxillaire : Nous avons dit qu’aux inclinaisons difté-

rentes de cet os, en avant ou en arrière, correspondaient des positions de la bouche plus ou moins antérieures ou inférieures ; ajoutons que son élévation contribue pour beaucoup aussi à déterminer la forme du museau, plus ou moins acuminé, tronqué, carré, obtus, convexe ou proéminent. Faute d’avoir pu établir des rapports comparés assez fixes entre Pinte-maxillaire, le maxillaire, P œil, le sous-orbitaire ou les écailles, à cause de leur constante variabilité à divers âges et dans des conditions différentes, j’ai préféré déterminer seulement par un mot les élévations comparées du premier, tantôt bas , comme chez le Blaufelchen (C. Waiimanni cœruleus) et quelques formes de VExiguus , tantôt haut, comme chez le Kilchen ou la Féra (C. acronim et C. Schinzii Fera), tantôt encore assez ou moyennement élevé , comme chez la Palée ou la Gravenche (C. Sch. Palea et C. hiemalis ), ou chez certaines formes alpines de notre Wartmanni .

Maxillaire : Cet os est relativement allongé ou ramassé, droit ou arqué et plus ou moins retroussé, avec un coude inférieur plus ou moins avancé du côté de la tête articulaire ou reculé vers le milieu de l’os, selon les formes plus ou moins acuminées du museau. A quelques exceptions près, la règle générale est, chez nos Corégones, que le maxillaire, plus droit et plus allongé, parvient, chez les espèces à branchiospines nombreuses, jusque sous le bord antérieur de l’œil ou même un peu au delà; tandis que, plus arqué et plus ramassé, il n’atteint pas, le plus souvent, jusqu’à l’œil, chez les espèces à branchiospines peu nombreuses.

Le C. aïbula (Linné) d’Allemagne, avec sa bouche oblique quasi supérieure, présente une forme très particulière du maxillaire, à tète tordue et coude très en avant (voy. PL II, fig. 7). Le Lavaret, de mer ( C Lavaretus, L.), type de nos espèces à branchiospines peu nombreuses et bouche plutôt inférieure, porte par contre un maxillaire plus court, plus arqué et à large tête, avec un coude beaucoup plus reculé (voy. PL II, fig. 17).

On peut, avec cela, remarquer encore bien des formes d’importances différentes, non seulement chez les divers représentants de notre Balleus , mais encore entre différentes espèces de notre Dispersas à branchiospines nombreuses.

Les représentants de VExiguus ont volontiers le maxillaire plus arqué que les jeunes, à même taille, des Wartmanni et Schinzii dans le même lac. Cependant, les traits de famille ou

de parenté semblent parfois s’effacer plus ou moins devant l’action de conditions locales particulières ; les Corégones qui habitent le lac de Zurich, quelle que soit leur espèce, ont, par exemple, d’ordinaire un maxillaire plus arqué que ceux d’autres lacs, du lac des Quatre-Cantons entre autres (voy. PI. II, fig. 11 et 18, 9 et 21). La courbure si accentuée du maxillaire, chez le G Sulzeri de Pfâffikon, semble à cet égard trahir une parenté assez rapprochée avec le C.marœnoides de Zurich (voy. PI. Il, iig. 18 et 19).

Les formes et proportions du maxillaire varient constamment avec l’âge. Cet os est généralement plus droit ou moins arqué, plus étroit et relativement plus long chez le jeune que chez l’adulte, dans chaque espèce (voy. PI. II, ffg. 11 et 12, 22 et 23); il parvient aussi, par le fait des formes plus courtes ou ramassées du museau dans le bas âge, plus avant sous l’orbite oculaire que chez l’adulte, ou plus près de l’œil, selon les espèces. Il varie, du reste, dans une certaine limite, jusque chez différents individus d’une même, sous-espèce locale; si bien qu’il ne faut pas chercher de caractères spécifiques jusque dans le moindre détail de ses formes. On peut cependant, en dehors des proportions générales et des formes extrêmes, trouver dans l’étude comparée du maxillaire à divers âges, des tendances ou des affinités susceptibles de corroborer utilement divers autres caractères.

Je n’eu dirai pas autant de l’os siqjplémentaire qui double la partie postérieure de la face externe du maxillaire, dont les formes dépendent surtout de celles de ce dernier et qui m’a paru, à tout âge, encore plus variable que lui.

Mandibule : La mâchoire inférieure m’a paru présenter, chez nos Corégones, à la fois trop peu de différence d’une espèce à une autre et trop de variabilité d’individu à individu, pour qu’on puisse trouver ici, dans l’étude de ses proportions comparées, l’utilité qu’on y a rencontré dans d’autres cas. Nous verrons cependant qu’elle présente quelquefois chez certaines de nos espèces, chez notre Blaufelchen ( Wartmanni cœruleus) du lac de Constance surtout, une forme pincée en dessous assez caractéristique, qui rappelle un peu celle de cet os chez le C. Muksuu de Sibérie.

Sous-orbitaires : généralement au nombre de six, parfois de cinq par suture des troisième et quatrième, et comme partagés

C0RÉG0>iES. CARACTÈRES.

au milieu par un canal muqueux ; souvent assez différents d’une espèce à l’autre, mais toujours si inconstants dans leurs formes et dimensions, jusque chez les représentants d’une même sous-espèce, qu’il est presque inutile d’y chercher un caractère spécifique de quelque importance.

Opercule : Cette pièce majeure est peut-être, parmi celles qui recouvrent les côtés de la tête, la seule qui, malgré une constante variabilité, pourrait être de quelque utilité dans une détermination spécifique. L’opercule, suivant qu’il est plus ou moins long en hauteur vis-à-vis de l’élévation de la tête, peut être, en effet, grand, comme chez le Blaufélchen , ou moyen, comme chez la Féra (voy. PI. Il, tig. 1 et 2), ou petit, comme chez la Bondelle , sans qu’il soit possible de fixer autrement ses proportions relatives. Il est aussi plus ou moins large, si bien que son bord inférieur arrive quelquefois à égaler l’antérieur d’ordinaire notablement plus grand, comme cela se voit exceptionnellement chez quelques-unes de nos espèces, fréquemment chez notre Albock deZoug ( Waiim. compactas ), ainsi que chez le C. generosus (Peters) de Prusse, dont ce devrait être un des caractères distinctifs. Il peut être, enfin, plus ou moins arrondi ou anguleux en haut, comme en arrière et en bas, chez des individus d’une même espèce autrement tout semblables. Les sous-opercule^ interopercule et préopercule, plus ou moins larges ou plus ou moins anguleux, m’ont paru se prêter encore moins à l’établissement de caractères distinctifs entre nos divers Corégones.

Corps : Les formes et diverses proportions du corps varient pareillement, non seulement entre différentes espèces, mais encore selon l’âge, le sexe, les circonstances, les conditions d’existence et même d’individu à individu, dans une même sous-espèce locale. Les Corégones à bouche terminale ou quasi terminale et branchiospines nombreuses, parmi nos espèces suisses, ont d’ordinaire le corps plus allongé et le pédicule caudal plus effilé que ceux à bouche inférieure et branchiospines peu nombreuses ; cependant on rencontre, dans des conditions différentes, de flagrantes exceptions à cette première donnée générale, dans l’un comme dans l’autre de nos types principaux : des Corégones à branchiospines peu nombreuses, plus élancés, par exemple, comme la Palée de Neuchâtel, que d’autres à branchiospines nombreuses, le Albock de Thoune en particulier.

Si l’on considère en outre que les mâles sont généralement plus élancés que les femelles, et que les jeunes sont plus effilés que les adultes, on se trouvera à tous égards en face d’une telle variabilité, qu’il deviendra très difficile de fixer une limite spécifique aux divers rapports de longueur, hauteur et épaisseur soit du corps, soit du pédicule caudal.

Bien que nous n’ayons pas de Corégones élevés et comprimés, comme le Cyprinoides d’Asie ou le Tullibee d’Amérique, à bouche oblique, le rapport de la hauteur maximale , devant la dorsale, à la longueur du corps (du museau à la base de la caudale), peut varier cependant, chez nos divers représentants du genre, abstraction faite des individus gonflés ou des femelles pleines, entre — 1 : 3,55, chez quelques femelles adultes de la Féra et = 1 : 5, chez certains mâles adultes du Blmfelchen , sans que, grâce à la variabilité individuelle, on puisse déterminer exactement la place de chaque espèce ou sous-espèce entre ces deux extrêmes. Certain Corégone à branchiospines nombreuses, le Confusus de Morat, nous présentera, par exemple, accidentellement le rapport exagéré = 1 : 3,30, tandis que de jeunes Féras nous donneront, pour les mêmes dimensions comparées, comme 1 : 5,10, chez une espèce pourtant à branchiospines peu nombreuses.

L 'épaisseur la plus grande du corps, d’ordinaire plus ou moins avant entre les pectorales, varie aussi un peu suivant l’âge, le sexe, les conditions d’existence, les circonstances et les individus; elle oscille généralement entre un peu plus ou un peu moins de la moitié de la hauteur maximale. Cependant on trouve quelquefois, dans des conditions particulières, des exagérations dans un sens ou dans l’autre : des individus à la fois élevés et amaigris, chez lesquels l’épaisseur ne dépasse guère V3 de la hauteur, ou, au contraire, des poissons très gras, d’une épaisseur égale à peu près aux a/3 de leur hauteur, surtout dans la saison qui suit immédiatement la ponte, comme chez YAlbeli de Pfæffikon (GT. Sulzeri ), sans qu’il y ait lieu d’y attacher toujours grande importance.

Les courtes dorsale et ventrale varient beaucoup aussi, avec les conditions locales, le sexe, les circonstances et l’âge des individus, abstraction faite des femelles pleines et des sujets gonflés par leur vessie natatoire distendue, sans qu’il soit possible d’y trouver un caractère spécifique quelque peu constant. On trouvera, parmi les divers représentants aussi bien du Wart-

manni que de notre Schinzii, tantôt un profil supérieur plus voûté en avant, avec une ligne ventrale plus droite ou aplatie, comme chez le Blaufelchen et la Palée de Neuchâtel, tantôt des courbes supérieure et inférieure plus semblables, comme chez le Albock de Thoune et les Balchen de divers lacs. — Les jeunes et les femelles sont souvent moins voûtés en avant en dessus que les adultes et les mâles ; cependant divers individus d’une même sous-espèce locale, de même sexe et à taille égale, présenteront encore à cet égard de notables différences.

Pédicule caudal : Le rapport entre la hauteur minimale du pédicule caudal et l’élévation maximale du corps dépend naturellement beaucoup des dimensions de cette dernière, si bien qu’il variera, comme celle-ci, dans chaque espèce, avec les conditions et les circonstances. Quoique généralement plus bas ou plus effilé chez nos espèces à branchiospines nombreuses que chez celles à épines peu nombreuses, le pédicule caudal n’en sera pas moins relativement plus haut ou plus bas, dans une même espèce, selon qu’un individu sera par hasard plus élancé ou au contraire plus élevé ; oscillant d’ordinaire, vis-à-vis de l’élévation du tronc, pour nos Corégones, entre les rapports 1 : 2,90 et 1 : 3,75. On voit des Blaufelchen très élancés chez lesquels Indifférence entre les deux diamètres comparés est moindre que chez bien des Balchen et Felchen , tandis que l’on rencontre des Palées et même des Feras, Féras de fortne élevée, chez lesquelles elle est au contraire parfois très voisine du maximum. On peut en dire autant de l’épaisseur du pédicule, souvent en rapport avec celle du corps, ainsi que de son étranglement plus ou moins accusé, soit dans les diverses variétés locales d’une même espèce, soit à des âges différents, ainsi que dans des conditions et circonstances différentes.

Ces diverses proportions ne peuvent donner une idée exacte de la forme plus ou moins ramassée de cette partie postérieure ou caudale du corps, que si l’on y joint quelques données sur la longueur comparée de celle-ci, entre les derniers rayons de l'anale et les premiers de la caudale. L’espace compris entre ces deux nageoires varie en effet passablement, suivant les formes de nos Corégones, au-dessus et au-dessous d’une moyenne de l/io environ de la longueur du poisson sans la caudale ; souvent de Vu chez nos Balchen et Felchen, voire même parfois seulement de Vu chez quelques Kïlchen , il mesure par contre

FAUNE DES VEKTÉBKÉS.

près de V9 chez quelques Blaufelchen et Bondelles, jusqu’à '/8 chez certains Edelfische . Cependant, là encore, il y a trop de variabilité d’individu à individu, pour que l’on puisse exprimer ces différences par des chiffre? et autrement que par des mots : allongé ou effilé, court et élevé ou ramassé, conique ou étranglé, etc.

Tête : plus ou moins allongée ou ramassée, plus ou moins conique, comprimée et acuminée ou obtuse et épaisse, avec un profil plane ou convexe et plus ou moins déclive. Bien que certaines proportions paraissent plutôt le propre de telle ou telle espèce, il est impossible de fixer des limites spécifiques bien tranchées aux rapports que soutient la tête soit vis-à-vis du corps, soit quant à ses hauteur et longueur comparées. Elle paraît volontiers plus haute ou ramassée chez nos espèces à branchiospines peu nombreuses, comme les Balchen, le Eilchen et la Féra entre autres, ou plus allongée chez celles à branchiospines nombreuses, comme le Gangfisch, la Bondëlle et le Blaufeîçhen par exemple ; cependant ici encore, et comme pour les proportions comparées du corps, la règle générale peut souffrir de nombreuses exceptions : certaines formes alpines du C. Wartmanni, comme VAlbock et VEdelfisch, ont en particulier la tête plus haute ou trapue que nos autres représentants de l’espèce; taudis que quelques formes de notre C. Schinzii , comme les Palées, ont au con traître la tête plus basse ou effilée que leurs voisines.

Tous les rapports de proportions peuvent varier du reste constamment soit avec l’âge et le sexe, soit d’individu à indvidu, dans une même sous-espèce locale. La longueur latérale de la tête (jusqu’au bord post. de l’opercule), comparée à la longueur du poisson sans la caudale, varie il est vrai normalement, chez nos Corégones suisses à l’état adulte, entre les rapports = 1 : 4,20 chez YExiguus et = 1 : 5,50, chez le Schinzii, selon les sous-espèces ; mais on peut rencontrer entre ces extrêmes des écarts relativement- très forts chez une seule variété : ainsi l’on trouvera, chez la Féra, 1 : 4,30 chez de très jeunes sujets, 1 : 4,65 — 4,90 chez des mâles adultes, et jusqu’à 1 : 5 — 5,15 chez certaines vieilles femelles. En comparant la même longueur latérale de la tête avec la hauteur maximale du corps, on se trouve de nouveau en face d’une variabilité constante et d’autant plus grande que les proportions des deux points de comparaison varient en

sens inverse, non seulement dans les deux sexes, mais surtout avec l’âge plus ou moins avancé, abstraction faite toujours des individus gonflés et des femelles pleines. La longueur de la tête comparée à la hauteur du corps, chez nos divers Corégones, à l’état adulte, offrira normalement, suivant le sexe et l’espèce, les rapports extrêmes suivants = 1 : 0,95 (90) chez quelques mâles de Y Exigims ( Gangjiscli ou Bondelle) et 1 : 1,40 chez certaines femelles du Scliinzii (Balchen ou Féru), moyenne 1:1,18. La majorité des adultes, chez nos espèces à branchiospines nombreuses, affectent le plus souvent des rapports entre cette moyenne et notre terme minimum: la plupart, dans nos espèces à branchiospines peu nombreuses, offrent par contre des rapports entre la dite moyenne et notre terme maximum. Il est cependant impossible de déterminer un rapport véritablement spécifique, car il y a trop de variabilité entre différentes sousespèces locales, ainsi qu’entre mâles et femelles, ou entre jeunes et adultes passant successivement par les divers degrés de l’échelle proportionnelle.

Les rapports de hauteur et, longueur comparées de la tête peuvent à leur tour paraître assez caractéristiques dans leurs divergences extrêmes ; cependant, ils sont aussi toujours variables dans une seule espèce, soit selon les conditions d’habitat, soit avec l’âge ouïe sexe et d’individu à individu entre adultes. A côté de certaines tonnes prédominantes plus ou moins caractérisées, on trouvera, dans une même sous-espèce locale, des sujets accusant des rapports tour à tour plus voisins de l’un ou de l’autre des termes de comparaison suivants : haut, à long. = 1 : 1,70, chez quelques formes de VExiguus, à 1 : 1,30 chez quelques Scliinzii; j’ai même trouvé certains individus des Aïbeli de Zurich qui, en dehors d’une moyenne de 1 : 1,48—1,60, fournissaient les rapports anormaux opposés = 1 : 1,77 et 1 : 1,35. On peut dire à peu près la même chose de l’inclinaison et de la courbe de la tête, plus ou moins rapidement déclive et plus ou moins plane ou convexe en dessus (voy. PI. II, fig. 1 et 2). On trouvera peutêtre plus souvent des profils convexes chez nos Corégones h branchiospines peu nombreuses que chez les autres; de même, une déclivité différente, faisant paraître la tête plus ou moins baissée ou relevée, pourra quelquefois donner un faciès caractéristique à certaines espèces et sous-espèces locales ; cependant la constante variabilité de ces formes ne permet pas d’employer autre chose que des mots pour les déterminer et signaler d’une manière

approximative. Tantôt la courbe de la tête fera suite à celle du dos, tantôt elle tranchera sur celle-ci, en se relevant un peu et donnant au dernier un aspect plus ou moins voûté sur la nuque ; sans qu’il y ait rien là de bien constant.

Museau : Les formes et proportions du museau, en avant de l’œil, varient aussi, comme celles de la tête, non seulement entre espèces et sous-espèces dans des conditions différentes, mais encore avec l’âge et les individus. Nous n’avons pas en Suisse de Corégone qui présente un museau ni aussi retroussé que VAlbula d’Europe sept., ni aussi conique et prolongé que YOxyrhynchus d’Eur. sept., ni aussi pincé que le Muksiin de Sibérie, ni aussi épais et charnu que le Polcur de Russie d’Asie, ni aussi busqué que les Wülmnsoni et Quadrilateralis d’Amérique chez lesquels le nez tombe en tout ou en majeure partie au-dessous de l’œil ; toutefois, nous aurons l’occasion de constater, à un bien moindre degré, soit des formes relativement acuminées et pincées, comme chez notre Blaufelchen , soit des formes relativement larges, plus ou moins carrées et proéminentes comme chez nos Balchen, Fera, Kilchen et Albeli de Pfaffikon , ou plus ou moins obtuses et arrondies comme chez nos Gangfisçh, Weissfisch et Bondelle ; tout en remarquant que le museau, de l’œil à T intermaxillaire, est toujours relativement plus court et plus épais chez les jeunes que chez les vieux.

Œil : à pupille anguleuse en avant1, de proportions souvent très différentes dans diverses espèces et sous-espèces, mais toujours assez variable, jusque dans une variété, soit avec l’âge, soit d'individu à individu, pour que les dimensions relatives de son diamètre vis-à-vis de la tête ou du museau ne puissent pas être d’un grand secours, prises isolément. L’œil est toujours beaucoup plus grand chez les jeunes que chez les vieux; et cependant, V espace préorbital croissant généralement avec l’âge, ainsi que Y inter orbital, la différence est autant affaire de- relation que réelle ou effective. Ajoutons que, l’orbite croissant bien moins que la tête, la disproportion s’accentuera d’autant plus avec l’âge que la tête atteindra, dans l’espèce ou dans les conditions d’habitat, de plus grandes dimensions. Nous aurons l’oc-

1 De là le nom de Coregonus = x opyj, pupille, et pour angle.

casion de voir divers exemples de ces différences apparentes dans le diamètre de l’œil dues surtout aux dimensions relatives de la tête, non seulement entre espèces de Corégones, mais encore jusque chez les diverses formes de l’une d’elles, dans des milieux différents.

Le rapport de l’œil à la longueur latérale de la tête varie généralement, chez nos Corégones suisses adultes, entre les extrêmes = 1 : 3,45 chez VExiguus Bondella , et — 1 : 5,50 chez le Schinzii Fera . Les représentants de notre Dispersas ont, à quelques exceptions près, l’œil généralement plus grand que ceux du Balleus. Cependant, il faut toujours comparer à cet égard des sujets de même âge ou à peu près, pour 11e pas tomber dans les plus grossières erreurs ; puisque chez une seule espèce, la Fera par exemple, on peut trouver, pour le rapport de l’œil à la tête, =1 : 3,28 chez des jeunes de 11 à 12 centimètres, 1 : 4 chez des sujets de la taille de VExiguus Bondella adulte, et 1 : 4,40 — 5 chez des adultes ordinaires des deux sexes, même jusqu’à 1 : 5,50 chez certains vieux sujets.

Quelques Corégones de teille relativement petite, comme le Gangfisch de Constance, le Weiss fisch de Lucerne, la Bondélle de Neuchâtel et autres, semblent avoir conservé à l’état adulte les dimensions de l’œil propres au jeune âge chez d’autres espèces plus grandes (1 : 3,45 à 4,20 environ); et il serait difficile de trouver dans ce rapport un caractère véritablement spécifique, si l’on n’y joignait au moins quelques données sur les proportions comparées du museau ou de V espace pn'éorbitaire, généralement plus court que le diamètre de l’œil ou au plus égal chez les jeunes, souvent de y4 ou près de Va plus grand chez les adultes ou les vieux. De petites différences sous ce rapport, à taille égale, peuvent acquérir ainsi ime certaine importance. La quasi-égalité de l’orbite et de l’espace préorbitaire, les dimensions souvent même un peu supérieures du dernier, chez la plupart de nos représentants de VExiguus adulte en divers lacs, tire en effet une certaine valeur du fait que le museau est relativement plus court chez des jeunes d’espèces plus fortes, à taille égale. Il ne faudrait cependant pas exagérer la portée de ce caractère jusque dans les moindres différences, car il y a, encore ici, passablement de variabilité d’individu à individu.

Nageoires : Les différentes nageoires varient aussi bien dans

leurs formes et proportions que dans le nombre de leurs rayons, non seulement avec l’âge et le sexe, ainsi que dans diverses conditions, mais encore d’individu à individu dans une même variété locale; de telle sorte qu’il est difficile de tirer de ces organes, tant pairs qu’impairs, des caractères de bien grande importance.

La longueur de la caudale, mesurée sur le plus grand rayon, varie vis-à-vis de la longueur totale du poisson, chez nos divers Corégones suisses à l’état adulte, entre les rapports = 1 : 4,60 chez certaines Balclien de Thun, à '5,60 chez certains Blau- Jelchm du lac de Constance, à 5,80 chez des Feras du Léman, à 6,30, même exceptionnellement 6,90, chez certaines Ballen du lac de Sempach. Elle est, avec cela, le plus souvent un peu plus grande que la tête, parfois égale à celle-ci ou légèrement plus courte. Les rapports de la caudale à la longueur latérale de la tête m’ont paru varier, dans nos eaux, entre 1 : 0,76 chez quelques Mbeli du lac de Greffe n et Balclien de Thun, et 1 : 1,05 chez certains Ganfffische de Constance, certaines Bondelles de Neuchâtel et des Férus du Léman, même 1 : 1,10 chez certaines Ballen de Sempach. Les limites en dessus et en dessous d’une certaine moyenne sont difficiles à établir pour une espèce, à cause de la constante variabilité des rapports à tout âge, jusque dans une même sous-espèce locale. La caudale peut être, en outre, plus ou moins échancrée, selon les dimensions relatives de ses rayons médians et externes; nous la dirons, par exemple, profondément échancrée quand les médians ne dépassent pas l/3 du plus grand, restant même parfois légèrement en dessous, comme chez la majorité de nos Corégones à branchiospines longues et nombreuses, ou assez profondément échancrée, quand les dits médians dépassent un peu cette moyenne de un tiers, comme chez beaucoup de nos Corégones à branchiospines courtes et peu nombreuses. Elle est aussi plus ou moins acuminée aux deux extrémités ; souvent d’autant plus qu’elle est plus échancrée chez nos espèces, mais sans règle générale à cet égard, car certains Corégones d’Amérique, le C. Wïlliamoni entre autres, présentent une caudale à la fois très profondément échancrée et à lobes subarrondis. Enfin, les deux lobes, généralement égaux ou quasi égaux, peuvent être quelquefois de dimensions passablement différentes, comme nous le verrons chez bien des individus de notre C. dispeur , Albeli du lac de Greifen. — Elle compte 19 grands rayons, dont un grand simple de chaque côté.

G0RÉG0NES , CARACTÈRES. 83

La dorsale, généralement implantée sur le milieu du poisson sans la caudalé ou à peu près, varie beaucoup soit dans ses hauteur et largeur, soit dans ses formes plus ou moins acuminées, soit encore dans le nombre de ses rayons. Son élévation, au sommet du plus grand rayon, vis-à-vis de la longueur latérale de la tête, peut varier, par exemple, chez nos Corégones suisses, entre les rapports = 1 : 1,00 chez certaines Balchm, même exceptionnellement 1 : 0,95 chez quelques Gravemhes du Léman, et 1 : 1,45 chez la Bondelle de Neuchâtel et certains Gangfische de Constance, même 1 : 1,50 chez certains sujets de la Balle de Sempach. Les plus grandes dimensions de cette nageoire se trouvent d’ordinaire chez nos espèces à branchiospines courtes et peu nombreuses ; tandis que les hauteurs moindres se rencontreraient le plus souvent chez celles à branchiospines longues et nombreuses ; cependant, il y a passablement de diflérences à cet égard soit avec Page, soit entre individus adultes d’une même variété locale.

La largeur basilaire de la même nageoire, vis-à-vis de la hauteur du plus grand rayon, varie aussi chez nos Corégones, suivant les espèces et les individus, autour du rapport moyen

1 : 1,50, entre les extrêmes 1 : 1,25 et 1 : 1,75, sans qu’il soit possible de fixer des limites véritablement spécifiques, à cause des variations amenées par l’âge, aussi bien dans la hauteur que dans la largeur généralement croissante. Avec une tranche presque rectiligne, très légèrement concave ou convexe, la dorsale est aussi plus ou moins droite ou verticale, ainsi que plus ou moins rapidement déclive et acuminée. Les maxima d’inclinaison et d’acuité se montrent surtout chez nos espèces à branchiospines nombreuses; la Bondelle de Neuchâtel se distinguera par exemple, à première vue, de la jeune Palée du même lac, par sa dorsale plus droite, plus étroite, plus pointue et plus déclive. Chez quelques-uns, cette nageoire peut être encore exceptionnellement développée du côté de la tranche, soit comparativement beaucoup plus large le long de cette dernière qu’à la base, chez la Grmenche du Léman en particulier. Enfin les rayons, non divisés et divisés, peuvent varier de 3—5 pour les premiers, de 9 — 12 pour les seconds* sans qu’il y ait rien là de spécifiquement très important ‘.

h' anale, bien en arrière de la dorsale, varie, quant à sa hau-

Le premier petit rayon non divisé souvent noyé dans les téguments.

teur, entre les 3/5, les 2/3 et les 3/4. au plus de l’élévation de cette dernière, chez nos Corégones suisses, aussi bien dans l’un des types que dans l’autre. Son étendue basilaire dépasse plus ou moins sa hauteur dans la majorité des cas, parfois de l/4 à peu près; cependant elle est aussi fréquemment quasi égale, et cela jusque chez des individus de divers âges d’une seule sous-espèce. Elle peut être même légèrement plus haute que longue, comme cela se voit assez souvent chez la G ravenelle , ou parfois chez la Palée et le Kïlchen . Cette nageoire est en outre rectiligne ou un peu concave sur la tranche et plus ou moins réduite en arrière, sans qu’il y ait là rien de bien constant, dans une seule espèce. Ses rayons, non divisés et divisés, varient de 3 — 5 et de 10 — 14, les derniers même souvent de 11—13 chez une seule sous-espèce locale.

Les pectorales sont, à leur tour, plus ou moins longues et larges, selon l’âge, le sexe et les individus, dans les 'différentes espèces et sous-espèces; mesurant, dans les deux types, un peu plus ou un peu moins que la hauteur de la dorsale, elles atteignent suivant les cas, renversées en avant, au bord antérieur de l’œil seulement, ou aux narines, ou à la bouche, ou même un peu au delà du museau, sans qu’il y ait rien de très constant au point de vue spécifique. Quoiqu’elles soient volontiers un peu moins développées chez nos Corégones à branchiospines nombreuses que chez les autres, et que certains extrêmes puissent paraître le propre de quelques espèces ou sous-espèces : des pectorales longues et larges le propre par exemple de la Gravenche , ou des pectorales courtes et étroites celui du Gangfisch ou de la Bondelle , il ne faut cependant pas exagérer l’importance de ces différences, au premier abord très frappantes. On trouvera, en effet, jusque dans une même sous-espèce, la Palée ou la Fém en particulier, des pectorales qui, renversées, parviendront au bord antérieur de l’œil chez des jeunes, à la narine chez des femelles adultes, et même parfois jusqu’au bout du museau chez des mâles, avec volontiers plus de largeur chez ces derniers, sans qu’il y ait cependant rien là de très constant, quant au sexe du moins. Généralement, un grand rayon non divisé et 14 à 17, plus rarement 13 ou 18 divisés, exceptionnellement 10 seulement.

Les ventrales , plus ou moins longues et larges, sont implantées sous la dorsale, plus ou moins en avant ou en arrière de son milieu : sous les premiers rayons divisés, ainsi que chez cer-

tailles Balchen et la Fera , ou jusque sous les avant- derniers, comme cela se voit assez souvent chez la Gravenche ; cependant la position moyenne, sous les rayons médians de la dorsale, peut se trouver plus ou moins dans toutes les espèces et variétés locales. Leur longueur relative, vis-à-vis de la hauteur de la dorsale, dépend beaucoup des proportions de cette dernière, dans différentes espèces et conditions d’habitat; elles seront, par exemple, quasi-égales à la dorsale chez divers Exiguus , Gangfisch et Bondelle entre autres, ou passablement plus courtes, parfois de près de % chez différents Schinzii : Palée, Balchen, Felchen , etc. ; elles sont avec cela généralement un peu plus courtes que les pectorales. Plus ou moins reculées et plus ou moins longues, elles demeurent, étant couchées, plus ou moins distantes de l’anus par leur extrémité; l’intervalle compris entre l’ouverture anale et le sommet de leur plus grand rayon peut varier, en effet, de zéro (0) ou peu de chose, comme chez bien des Gra venelles ( G hiemalis ) et même des Kitôhen ((7. aeronius), à presque égalité dudit rayon, ll/12 par exemple, chez quelques Balchen deZoug. Bien que nos différents représentants du C. Schinzii présentent d’ordinaire des ventrales relativement courtes, il est difficile de rien préciser à cet égard, au point de vue spécifique, entre des intervalles de l/b à ‘/5 du rayon, aussi bien chez ce dernier que chez nos WaHmanni et Exiguus. Comme les pectorales, les ventrales varient aussi un peu. quant à leur largeur, selon l’âge et le sexe, dans les diverses sous-espèces. Le nombre des rayons non divisés est généralement dé 2, celui des divisés varie, dans nos eaux, de 9 à 12; le minimum et le maximum aussi bien chez le Dispersus que chez le Balleus .

L’ adipeuse, au-dessus de l’anale, varie beaucoup avec l’âge et les circonstances, dans ses formes et proportions. Elle oscille volontiers, quant à sa longueur, entre un peu moins et beaucoup plus que l’espace préorbitaire, avec une largeur ou hauteur de V3 à 2/3 de sa longueur; elle est en même temps plus ou moins recourbée, arrondie, conique ou crochue à l’extrémité, ainsi que plus ou moins épaisse et écailleuse à la base. Celle du Blaafelchen sera d’ordinaire plus petite et plus basse que celle des Weiss- et Sandfelchen dans le même lac, surtout moins élevée que celle souvent si haute et crochue de bien des Küehen des mêmes eaux. Les Palée , Fera et Balchen se rapprocheront plus ou moins sous ce rapport du Sandfelchen, leur proche ; tandis que la plupart des véritables Albeli en divers lacs se rapproche-

roiit plutôt du Blaufélchen , leur allié. On trouve toutefois, des deux côtés, trop de variabilité d’individu à individu et même d’exceptions flagrantes chez des poissons de même espèce, dans des conditions différentes, pour qu’on puisse attacher une bien grande importance à ces divergences, parfois pourtant si accentuées dans leurs extrêmes.

Écailles : les écailles varient beaucoup dans leurs nombre, formes et. proportions, avec l’âge et les conditions, voire même d’individu à individu, dans une même sous-espèce et un même lac, et il n’est guère possible d’v trouver quelque caractère bien stable, eu dehors de certaines données générales ressortant de la. comparaison d’un grand nombre d’individus de différents âges et de provenances diverses dans une même espèce. Il est difficile de trouver, pour leurs dimensions relatives, un terme de comparaison assez commode et invariable. Si on compare, comme je l’ai fait, leur surface à celle de l’œil ', on doit toujours tenir compte du fait que celui-ci varie beaucoup, quant à ses dimensions, avec l’âge et les conditions, dans les différentes espèces et variétés. Les rapports de surface de l’écaille et de l’œil ne peuvent donc acquérir quelque valeur qu’à la condition de comparer autant que possible des sujets de même âge et de prendre simultanément en considération les rapports, à divers âges, de l’œil à la tête et de la tête à la longueur du poisson ; même avec cela, on trouvera encore de très notables variations, jusque dans une même sous-espèce “.

Si l’on compare successivement la surface de l’œil avec celle des squames latérales sup. antérieur1 2 3, médiane sur la ligne tabulée4 et post. inférieure \ on trouve que la surface de celles-ci

1 Je dis surface et non pas diamètre , parce que, la' forme de l’écaille variant, son diamètre ne peut suffire à représenter sa surface. Je place l’écaille sur la pupille, pour apprécier sa surface vis-à-vis de celle de l’orbite.

2 On pourrait aussi comparer l’écaille au sous-orbitaire, peut-être un peu moins variable que l’œil avec l’âge, c’est moins facile, cependant.

3 Je prends la squame latérale antérieure- supérieure à égale distance de l’opercule et de la dorsale, et à peu près à demi-bauteur au-dessus de la ligne latérale.

4 L’écaille médiane ou centrale est prise sur la ligne tubulée latérale,

sous le milieu de la dorsale. v

h La squame lat . postérieur e-infêr leur e est prise à demi-hauteur, entre l’avant, de l’anale et la ligne latérale.

va généralement en grandissant d’avant en arrière, et qu’à cette augmentation correspondent d’ordinaire des formes plus ou moins différentes: les lat. antérieures sup., plus petites, sont en même temps de forme plus arrondie, avec un nœud plus central; les post. inférieures lat., plus grandes, sont relativement plus hautes ou plus ovales et volontiers plus anguleuses, avec un nœud souvent plus reculé vers le bord libre (voy. PL II, lig. 2G et 29); les médianes sur la ligne latérale, avec des proportions le plus souvent moyennes, parfois à peu près égales à celles des postérieures, sont d’ordinaire plus carrées et plus découpées, avec un nœud généralement d’autant plus reculé vers le bord libre que les écailles sont plus nombreuses et se recouvrent par le fait davantage, quoique là encore on puisse trouver pas mal d’exceptions (voy. PI. II, tig. 25, 27, 28 et 30) \

La surface des écailles latérales qui, avons-nous dit, grandit le plus souvent d’avant en arrière, m’a paru mesurer, chez nos Corégones adultes, selon les espèces et sous— espèces, V 1 2 à V4 de celle de l’œil pour ladite sup. antérieure, et de 7? à 3/5 pour ladite post. inférieure les- minima de surface relative se trouvant le plus souvent chez nos représentants du Dispersus (à branchiospines longues et nombreuses), les maxima chez ceux du Balleus (h branchiospines courtes et relativement peu nombreuses), et la squame médiane tenant d’ordinaire le milieu entre ces deux proportions. Cependant, il 11’y a rien de bien constant dans ces rapports, car ils sortent parfois des limites ordinaires ci-dessus et varient constamment dans celles-ci, non seulement beaucoup avec l’âge, mais encore un peu entre individus de mêmes dimensions. La surface de la squame médiane, comparée à celle de l’œil, peut par exemple, dans l’un de nos types comme dans l’autre, être, avec l’âge croissant, successivement représentée, chez une seule sous-espèce locale, par les fractions l */i0 — lU — Ve — V* — /s- II faut donc, je le répète, tenir compte autant que possible de l’âge des individus examinés, pour pouvoir tirer de la comparaison de leurs écailles avec l’œil quelques données caractéristiques utiles. Citons, en particulier, l’exemple de la Bondelle de Neuchâtel, dont beaucoup d’adultes auront leurs squames laté-

1 II suffira de comparer à cet égard les Blaufelclien et Kilchen du lac

de Constance, abstraction faite de l’écartement des squames résultant

*du gonflement de la vessie.

raies sup. ant., médiane et post. inférieure représentées par les fractions x/w — V8 et */7 ; tandis que Ton trouve, le plus souvent, V6 ou 7* pour la médiane chez des jeunes, taille de Bondelle, de la Palée du même lac, aussi bien que chez VAlbock de Thun, YEdelfisch de Lucerne, et même chez certains Albeli de Zurich. Ce ne sont pas de fait les dimensions comparées des diverses écailles que représentent ces fractions, mais bien seulement les rapports différents que soutiennent, à divers âges, les squames vis-à-vis de l’œil, dans différentes espèces.

Les écailles peuvent présenter, en outre, autour d’un nœud plus ou moins central, des stries concentriques plus ou moins nombreuses, ainsi que plus ou moins serrées et déliées, suivant l’âge plus ou moins avancé (voy. PL II, fig. 30 et 31). Avec l’âge apparaissent aussi plus ou moins quelques traces de très faibles rayons divergents, s’accentuant à des degrés divers dans des conditions différentes, chez une même espèce.

Sous les mêmes influences d’âge et de conditions, on voit enfin l’écaille, de plus en plus découpée, être aussi de plus en plus épaisse, solide et pigmentée.

Ligne latérale recouverte d’écailles tubulées, partant de l’angle sup. post. de l’opercule, pour joindre le centre de la caudale et passant généralement un peu au-dessus du milieu du corps, vers l’élévation maximale de-celui-ci; avec cela quasidroite sur toute sa longueur, ou plus ou moins descendante dans la première partie de son parcours, selon les proportions relatives de la tête et du corps. Je n’ai pas trouvé une accentuation assez constante de cette courbe à divers âges, pour lui accorder l’importance spécifique qu’ont voulu lui attribuer certains auteurs chez quelques-uns de nos Corégones. Quant au tubule saillant qui traverse longitudinalement les écailles de la ligne latérale, sur une partie plus ou moins grande de leur surface, je l’ai trouvé également très variable avec l’âge, le sexe, les circonstances et les conditions, jusque dans une même espèce. Comme il va d’ordinaire en s’amincissant, s’allongeant et se recourbant plus ou moins vers le bas à l’extrémité libre, de l’ avant à l’arrière du corps sur cette ligne, il est indispensable, pour toute comparaison, de prendre toujours une écaille au même endroit 1 ; puis, étant donné que le tubule est généra-

1 Je prends, comme je l’ai dit, cette écaille médiane sous le milieu de la dorsale.

C0RÈG0NES, CARACTÈRES. 89

lement plus court et plus large, ainsi que moins recourbé chez les jeunes que chez l'adulte, il faudra nécessairement aussi comparer toujours sous ce rapport des sujets, sinon de même taille au moins de même âge ou à peu près.

Quelques-uns de nos Corégoues à brchsp. nombreuses d’entre les formes du Warimanni m’ont paru avoir volontiers un tubule latéral plus grêle et plus allongé que la majorité de ceux à brchsp. peu nombreuses (voy. Pl. II, fig. 25, 28, 30 et 31):

11 y a cependant, à cet égard encore, trop de variabilité d’individu à individu, ainsi qu’avec l’âge et selon le sexe, pour que l’on puisse attacher à semblables différences une bien grande importance spécifique. Le tubule en question, généralement plus court et relativement plus large chez le jeune que chez l’adulte (Pl. II, fig. 30 et 31), sera aussi souvent, particulièrement à l’époque du frai, un peu plus allongé et recourbé chez le mâle que chez la femelle.

Le nombre des écailles varie, chez nos espèces suisses, entre 73 et 99, plus rarement 70 et 100, sur la ligne latérale, entre 9 et 11, plus rarement 8 à 12, eu dessus de celle-ci, devant la dorsale, et 7 et 9 exceptionnellement 10, en dessous, jusqu’à la base des ventrales. Les* maxima en ligne latérale se trouvent chez nos Schtnzii : helveticus et Palea ; les minima chez les Fera et C . hiemalis du Léman. Le nombre de 11 squames en dessus de la ligne est relativement rare chez le Wartmanni, plus fréquent chez VExiguus et assez commun chez le ScMnzii;

12 se rencontre quelquefois chez notre Asperi maraenoides ; 8 en dessus se voit de temps à autre dans le Wartmanni et VExiguus, Wart . (ompadus et Ex. Heglingus en particulier. Le minimum 7 en dessous de la ligne, rare chez les Wartmanni et Schinzii, est par contre assez fréquent soit chez le Kilchen ( G acronins), soit chez le Hdglig de Zurich (C. Ex. Heglingus) et quel (lues Gangfische . En dehors de ces remarques générales, il est difficile de rien préciser quant aux limites exactes d’une espèce, car, jusque chez une seule variété locale, les totaux peuvent différer de 10 à 12 squames, voire même 17 chez la Palée , sur la ligne latérale, et de 3 en dessus comme en dessous. La 40me écaille à partir de l’opercule, sur la ligne latérale, peut se trouver sous les premiers rayons de la dorsale, sous les médians ou sous les derniers, ou même plus un arrière encore, sans qu’il y ait rien là de très important au point de vue spécifique; car cela dépend beaucoup, chez différents individus, dans une même espèce, du total plus ou moins élevé des squames sur la ligne en question.

Boutons de noces : Les boutons ou tubercules assez durs, saillants et blanchâtres qui, généralement, par un sur une squame (exceptionnellement par deux), ornent à l’époque du rut les écailles latérales de nos Corégones, peuvent présenter aussi quelquefois des différences intéressantes entre espèces et sous-espèces, dans différentes conditions; sans cependant qu’on puisse attacher une importance spécifique à des concrétions épidermiques temporaires toujours très variables d’individu à individu. On sait que ces boutons pâles, subovales ou carrélongs, apparaissent peu avant l’époque de la reproduction, qu’ils jouent probablement un rôle dans le frottement des sexes durant les jeux de Pamour et qu’ils tombent très vite après le moment du rut; ils forment des séries longitudinales parallèles plus ou moins nombreuses, en dessus comme en dessous de la ligne latérale, et sont généralement plus développés chez les mâles que chez les femelles, parfois même à peine perceptibles chez quelques-unes de ces dernières.

Nos différents Corégones 11e sont pas sous ce rapport tous aussi richement parés. La Bondelle du lac de Neuchâtel m’a paru de beaucoup la plus privilégiée; j’ai trouvé, en effet, beaucoup de mâles de celle-ci qui, sur chaque côté du corps, portaient jusqu’à 13 même 15 raies superposées de boutons blanchâtres carré-longs (7 sur 6, ou 8 sur 7) et prenaient, avec cette armure, un faciès très particulier (voy. PI. I). Des mâles de Blaufelchen , d’ Edetfisch, de Gimgfisch, de Palée, de Féru, de BaMien, etc., m’ont présenté, suivant le moment et les individus, 5 (3 sur 2), 7 (4 sur 3), et 8 ou 9 (5 sur 3 ou 4), séries de petits boutons subovales ou subcarrés; d’autres du Schinzii , surtout parmi les trois derniers ci-dessus, portaient à la même époque des boutons à peine perceptibles, quelques femelles n’en montraient pas trace.

Livrée : Les couleurs varient chez nos Corégones, pour les faces supérieures, du bleu, au vert, à l’olive, au bronzé, au fauve et même au blond et au gris, entre espèces et, à un certain point, jusque dans celles-ci, avec l’âge, les conditions d’habitat et les circonstances; les flancs sont d’un blanc argenté plus ou moins pur ou mâchuré, comme les faces dorsales, de granulations pigmentaires, avec des reflets bleus, verts ou jaunâtres; le ventre est généralement d’un blanc mat. Les nageoires sont aussi, suivant les conditions et les circonstances, plus ou moins pâles

ou mâçhurées, quasi-incolores, blanchâtres, grisâtres, bleuâtres verdâtres ou jaunâtres, les inférieures immaculées ou lavées de noirâtre, de noir-bleu ou violacé, sur une plus ou moins grande étendue à partir de leur sommet, en livrée de noces surtout. La dorsale porte souvent des macules noirâtres, dans le bas principalement. Les nageoires paires, les pectorales surtout, sont généralement les dernières à se mâchurer avec l’âge.

Les jeunes, avec des nageoires plus pâles que les adultes, sont également moins pigmentés et ornés de teintes plus claires sur tout le corps. — Les divers petits Corégones que j’ai rangés sous le titre de C. exiguus portent aussi d’ordinaire, à l’état adulte, une robe peu pigmentée et des nageoires peu mâçhurées; il y a toutefois, sous ce rapport, des différences assez constantes entre un Exiguus adulte et un jeune à même taille de l’ime de nos plus grandes espèces, aussi bien chez le Wcuimanni que chez le Schinzii et jusque dans les mêmes eaux. Une jeune Palée, taille de la Bondelle , dans le lac de Neuchâtel, présentera par exemple une. livrée notablement plus foncée et pigmentée en dessus et des nageoires inférieures déjà plus mâçhurées que cette dernière adulte ; la peau même, après l’ablation des écailles, est différemment colorée : d’un blond pâle chez la Bondelle, d’un bleu d’acier chez la jeune Palée. On peut faire du reste des remarques analogues, quant à la livrée plus ou moins pigmentée, entre Gaugjisch et jeune Blaufelchen du lac de Constance.

La plupart des Corégones alliés au Wwrtmanni portent de préférence un manteau bleu ou vert-bleu; la majorité de ceux qui se rattachent à notre Schinzii sont plutôt verdâtres ou olivâtres en dessus; cependant l’âge et les conditions d’habitat apportent encore ici assez d’exceptions dans les deux groupes, pour qu’il soit impossible de trouver dans la livrée prédominante un caractère spécifique tant soit peu stable.

Quelques-uns de nos Corégones qui se tiennent de préférence à de grandes profondeurs, Y Eddjisch, le Kilchen et la Bondelle par exemple, affichent souvent une livrée pâle, d’un fauve olivâtre ou blonde ; c’est même sous cet aspect qu’ils sont le plus généralement connus. Remarquons à ce propos que cette coloration blonde, résultant d’un défaut de pigment, ne se déclare guère qu’ après la mort, par suite de l’altération à l’air et à la lumière d’une teinte délicate bleue ou verte pâle qui est celle de l’animal intact et vivant. Toutes les Rondelles que j’ai vu ramener par le filet, en temps de frai, des profondeurs du lac de Neuchâtel étaient par exemple d’un vert tendre en dessus

au sortir de l’eau, comme je l’ai représenté sur la PI. I, tandis qu’elles arrivèrent blondes déjà pour la plupart à la rive, une heure ou deux après.

Je donnerai, dans mes diagnoses et articles descriptifs, la description de la livrée de l’adulte en robe de noces, autant que possible.

Accroissement. Alimentation : les dimensions et le poids auxquels un poisson peut atteindre dans un temps donné et les limites de ces proportions dépendent en partie de la grandeur du vase, mais surtout des conditions de température et d’alimentation plus ou moins favorables dans lesquelles il se trouve placé; delà richesse, en particulier, de la microfaune lacustre locale, de l’abondance relative des Vers : Turbellariés, Nématodes et Cliaetopodes divers, des petits Mollusques : Lymnaea, Planorbis, Pisidiuni, etc., des Insectes et de leurs larves : Plxryganides, Éphémérides , etc., et tout particulièrement des petits Crustacés, Branchiopodes et Entomostracés divers : Cydops, Cypris, Sida, Daphnia, Bythotrephes, Daphnella, Leptodora, Bosmina, Diaptomus , etc., qui se multiplient plus ou moins dans les eaux de nos différents lacs, jusque dans les Alpes1.

Les pécheurs, en général, semblent attribuer, au point de vue de la multiplication des Corégones, une très grande importance au développement de la flore sous-lacustre, aux végétaux de différentes espèces généralement connus sous le nom commun de Kreb qui garnissent plus ou moins les pentes du Mont ou la surface des Hauts-Monts, souvent jusqu’à d’assez grandes profondeurs, dans la plupart de nos lacs, inférieurs surtout ( jusqu’à 1"5 ou 25 mètres, suivant les cas, except. un peu plus bas). Pour les uns ces plantes : Cl tara diverses, Thamnium, Niiella, Lemna, Typhu ou Potamogeton, etc., devraient servir de première nourriture aux jeunes alevins; pour les autres, elles seraient indispensables au développement des animalcules nécessaires à l’alimentation de nos Corégones ; c’est dans cette idée que presque tous les qualifient du nom de Fkcli-brod (pain de poisson), qui ne paraît pas très justifié, du moins pour ce qui est de senir directement de nourriture, dans le cas particulier.

11 est incontestable que semblables végétations doivent con-

1 Les récents travaux de F.-A. Ford, de G. Asper et de P. Pavesi sur la faune profonde des lacs suisses, fournissent à l’égard de ces vers, mollusques, insectes et crustacés d’intéressants détails.

tribuer à fournir Foxigène nécessaire à la vie des êtres de toutes sortes qui habitent, les eaux, qu’elles peuvent offrir abri et refuge à des poissons, jeunes surtout, la nourriture même à des espèces moins exclusivement insectivores que nos Corégones; elles peuvent être directement ou indirectement fort utiles, mais il ne me paraît pas prouvé qu’elles soient toujours indispensables à la multiplication de beaucoup des petits êtres dont se repaissent nos Féra, Balchen, Felchen, etc.

A certains moments, on rencontre il est vrai beaucoup de petits Crustacés dans les herbes aquatiques, et les jeunes Corégones y trouveront des conditions favorables de respiration, protection et nutrition; cependant le végétal, prétendu Fisch-brod, ne sert alors directement d’aliment ni à ces poissons, ni à beaucoup des animalcules absorbés par eux. Certaines algues que l’on trouve plus profondément, dans la vase : Oscillaria, Fieu rococcus , etc., semblent devoir servir plutôt de nourriture aux petits Crustacés en question, et la nature même de la vase paraît, jusqu’à un certain point, être plus ou moins favorable au développement du poisson et de l’animalcule qu’il absorbe, selon qu’elle renferme plus ou moins de chaux dans sa composition1. Les herbes plus ou moins grandes peuvent même, parfois trop serrées, entraver au contraire le développement de la microfaune dans la vase ou défendre l’accès de celle-ci.

J’ai rencontré assez souvent des vases ou des limons excessivement riches en éléments animaux nutritifs de toutes sortes dans des bassins d’où l’on écartait systématiquement toutes les plantes aquatiques, et l’on a vu quelquefois l’irruption accidentelle d’eaux trop froides, trop pauvres ou seulement trop chargées d’alluvion ou de gravier, suffire à contrarier pour longtemps la multiplication des animalcules dans la vase* du fond, et ralentir par là le développement des Corégones dans certains lacs. Le rôle du végétai varie donc beaucoup non seulement avec l’espèce du poisson, mais encore avec les circonstances et les conditions d’habitat, et ce n’est pas de lui seul qu’il faut faire dépendre l’abondance ou la taille des Corégones dans nos différents lacs. La qualité du fond, ainsi que la nature et la

1 Le Prof.-Dr W. Weitli de Zurich a publié à cet égard d’intéressantes analyses, dans une note intitulée : Chemische Untersuchungen schiveizerischer Geivdsser , mit JRüclcsicht auf deren Fauna (Internat. Fisch-Ausstellung zu Berlin, 1880, p.96 à 120).

température des eaux, influent aussi beaucoup sur la réussite de la ponte, sur le développement des œufs et des petits alevins, et sur la taille de P espèce ou de l’individu.

Taille : Les Corégones atteignent dans nos diverses eaux, suivant les espèces, des dimensions souvent très différentes dans leurs extrêmes : ceux à branchiospines courtes et peu nombreuses de notre C. Schinzii : Baldien, SandfelcJten, Palée et Fera en particulier, deviennent les plus grands, avec une taille maximale de 0m,60 ou 65 centimètres environ et un poids rare de 2 à 3 kilos au plus. Ceux à branchiospines longues et nombreuses restent plus ou moins en dessous ; encore faut-il distinguer entre eux : les sous-espèces qui appartiennent à notre Exiguus , avec une taille petite, Om25, à 32 au plus et un poids rare de 250 à 300 gram., et celles qui se rattachent au Warlmanni, avec une taille moyenne ou intermédiaire de 0m,45 à 55 au maximum, avec un poids de 750 gr. à 1 l/a kilo au plus.

Les dimensions extrêmes que peuvent atteindre les espèces de nos deux types, Dispersas et Balleus, dans les conditions les plus favorables du pays, n’ont cependant pas grande importance comme caractère spécifique, car les limites de taille et de poids varient, pour chaque espèce, dans des milieux différents. La Balche qui, dans le lac de Thun, mesure volontiers à l’état adulte 0m,34 à 38, avec un poids moyen de 350 à 500 grammes et un maximum de 1 kilo à peu près, dépassera par exemple rarement la moitié de ce poids moyen dans le lac de Brienz, pourtant tout proche et sur la même rivière, mais dont les eaux, plus voisines de leur source glaciaire, sont plus crues, plus froides et plus pauvres; tandis que le Sandfelchen de Constance, variété locale de la même espèce (. Schinzii helveticus), dans des eaux plus riches, 160 mètres plus bas et plus loin des influences alpines, mesurera en moyenne chez l’adulte 0U\42 à 50 et plus, avec un poids de 600 à 850 grammes et un maximum de 2 à 2 l/j kilos. Plus loin et plus bas, hors du pays, dans un milieu plus favorable encore, la Grandc-Maraene, très voisine, arrivera jusqu’à mesurer, dans les lacs de Prusse, un mètre et plus de longueur, avec un poids de 6, 8 et même 10 kilos. Semblable observation peut être faite aussi entre représentants divers de notre Dispersas, du Wartmanni par exemple, dans nos différents lacs; dans aucun ils n’atteignent les dimensions qu’acquiert le Blaufelchen dans le lac de Constance. Nous verrons encore les mêmes disproportions entre représentants de notre

Annedus bàlleoides dans les lacs si voisins et en apparence si semblables de Baldegg et de Halhvyl.

Dans un même milieu ou un même lac, peut-être par suite d’exigences de nutrition différentes, les Corégones de deux types ou de deux espèces pourront aussi ne pas prendre le même accroissement. L ' Mleli-Blmling de Zurich, dont l’ensemble des caractères fait une forme locale du Wartmcmm, atteindra par exemple plus lentement ou plus difficilement la taille de 0m,40 et le poids de 500 à G00 grammes qu’il peut acquérir avec l’âge, pour se présenter le plus souvent, comme adulte ou déjà capable de reproduction, avec une longueur de 24 à 30 centimètres et un poids de 180 à 250 grammes; alors que le Bratfisch du même lac, en apparence dans les mêmes conditions, arrivera facilement au poids ordinaire et bien supérieur de nos plus grandes espèces. La même disproportion se retrouve du reste entre Albébi-AlbocJc et Balche du lac de Zoug, ou entre Edelfisch et Balchen de Lucerne.

Quelles dimensions atteindront, dans nos conditions diverses, les alevins importés en ces dernières années de la Grande- Maraene (C. Maraena Bloch) de Prusse et du White-Fish (Cor. Albusf) d’Amérique qui acquièrent dans leur pays d’origine des poids triples au moins des maxirna de nos plus grandes espèces ?

Œufs : Le diamètre des œufs, parfois assez différent, pourrait peut-être dans certains cas aider à la distinction de deux espèces ; cependant, il y a là encore passablement de variabilité entre les diamètres extrêmes de ces germes, 2 à 3 millimètres, chez nos Corégones, non seulement avec l’âge des femelles et les conditions locales, mais encore d’individu à individu dans le même état; il n’est en outre pas toujours facile de comparer, pour nos diverses sous-espèces, des œufs au même point de développement, au moment de leur émission, à pleine maturité par exemple, ou après fécondation.

Quelques-uns de nos petits Corégones, la Bondelle et le Cangfisch dans VExiguus entre autres, semblent avoir des œufs relativement plus gros, soit que les formes plus grandes du Wartmanni , soit que quelques-unes, plus fortes encore, appartenant à notre Schinzii . Des diamètres de 2mm,65 à 2mra,90 ne sont pas rares chez les deux premiers (même jusqu’à 3UUU après fécondation chez le Gangfisch selon Nüssliu); tandis que les divers Felchen et Balchm, la Palée, la Féra et même le Bratfisch

demeurent le plus souvent à cet égard entre 2mra,20 à 2mm,60. Mais il y a beaucoup d’irrégularité et, de part et d’autre, les limites ordinaires sont fréquemment dépassées, soit par des individus différents dans une seule variété et un même lac, soit par des représentants d’une même sous-espèce dans des conditions de milieu différentes; la Balclie de Zoug nous offre un exemple de ce dernier cas, ses œufs plus gros que ceux de ses sœurs en d’autres lacs, mesurant, mûrs, 2mm,60 à 2mm,80 (même jusqu’à 3mm après fécondation, selon Asper).

Le diamètre de l’œuf ne paraît pas en relation constante avec les conditions de la ponte, au fond sous forte pression ou au bord sous peu d’eau. On trouve en effet, chez nos Corégones frayant au fond, des œufs tantôt petits, 2mm à 2mm,2ü comme chez le Kïlclim du lac de Constance, tantôt relativement gros 2mra,60 à 2,um,70 comme chez la Bondélle de Neuchâtel ; de même que l’on rencontre, chez nos Corégones frayant au bord, des œufs ou petits 2mm à 2mm,25 comme chez la Gravenche du Léman, ou plutôt gros 2mm,7o comme chez la Balle de Baldegg. Encore une fois, on ne peut accorder ni fixité dans une espèce, ni grande importance caractéristique dans une sous-espèce à la plupart de ces chiffres toujours très variables ; et il n’y a rien là de bien étonnant, quand on sait que les œufs plus gros de notre Truite peuvent varier, d’individu à individu, non plus d’une fraction de millimètre, mais de 1 à 2mm au même point de développement.

Chair : Quelques personnes ont attaché une certaine importance à la qualité différente de la chair de nos divers Corégones. C’est à peine s’il est besoin de dire qu’en face d’une question d’appréciation personnelle il est difficile de rien préciser à cet égard. J’ai remarqué pourtant que les espèces qui passent pour les meilleures sont généralement celles qui portent des branchiospines longues et nombreuses, que la Bondelle par exemple a la chair plus fine que la Bolée, à Neuchâtel, ou que le Blaufelchen de Constance est plus apprécié que le Samlfelchen du même lac. Il est probable qu’à une trame plus serrée du crible branchial correspond dans l’ alimentation du poisson une prédominance de proies plus petites et plus délicates; cependant, il est incontestable que la nature et la température des eaux doivent avoir aussi leur influence dans différents bassins. Du reste : de gustïbus, non est disputandim.

Caractères biologiques : Les caractères tirés de l’étude comparée des allures de nos divers Corégoiies pourraient enfin entrer en ligne de compte, s’ils n’étaient à leur tour, le plus souvent, sous la dépendance des conditions de milieu dans lesquelles le poisson se trouve forcément confiné.

Migrations : Nos Corégones vivent généralement en troupes plus ou moins nombreuses, surtout à l’époque des amours, et sont avec cela plus ou moins remuants ou sédentaires. Beaucoup exécutent des déplacements périodiques d’une partie d’un lac à une autre ; quelques-uns s’engagent même plus ou moins dans l’eau courante, comme le Oangfisch de Constance qui vient frayer jusque dans le Rliiu, ou comme VAlbock de Tliun qui passe facilement de ce lac à celui de Brienz ou vice versa et s’égare parfois plus bas dans les eaux de l’Àar, jusque dans les environs de Berne. Il semble que nos espèces à branchiospines courtes et peu nombreuses soient, comme les Fdchen, Balchen, Féra, Gravenche et Küchen, pour la plupart plus sédentaires; cependant ce reste d’instinct de migration, hérité des ancêtres préhistoriques, n’est pas le propre exclusif de quelques-uns des représentants actuels de notre Dispersais, car la Palée, dans notre Balleus, exécute aussi annuellement des pérégrinations assez lointaines du lac de Bienne à celui de Neuchâtel par la Thièle et, depuis la correction de la Broyé, de ce dernier à celui de Morat. — Les jeunes, dans les deux types, sont généralement plus sociables et plus remuants que les adultes.

Reproduction : Ce n’est pas avant leur troisième année d’existence que les Corégones sont aptes à la reproduction dans nos eaux. — La plupart de ceux qui portent des branchiospiues nombreuses déposent leurs œufs à une plus ou moins grande profondeur, sur le fond de nos lacs; ceux qui ont des branchiospines peu nombreuses viennent par contre frayer en majorité à la rive sous très peu d’eau. Toutefois, ici encore on trouve des exceptions dans les deux types : dans le Dispersus, notre Batteoides deBaldegg et Hallwyl en particulier, qui a reçu à tort le même nom que les Ballen , parce qu’il fraie au bord comme elles; ou, en dehors de nos frontières, le Lavaret du Bourget qui, bien que très voisin de notre Wcwi. cœruleus, vient cependant à la rive pour y déposer ses œufs ; dans le Balleus, le Bratfisch de Zurich qui fraie loin du bord à une certaine profondeur, ou la Féra du Léman qui pond toujours dans les

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