‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 4)Chapitre 92 sur 144 · FERA · texte numérisé non relu

FERA

Cor. Schlnzii, Fera, Jurine.

Corps assez élevé, médiocrement ou relativement peu allongé; pédicule caudal assez ramassé. Tête assez forte et élevée; museau subarrondi, plus ou moins pv'oéminent. Bouche inférieure ou préinférieure. Intermaxillaire élevé, plus ou moins incliné en arriére et en dessous. Maxillaire supérieur un peu arqué , arrivant rare ment sous le bord de Væïl. Opercule moyen. Œil plutôt petit . Écailles relativement assez grandes et plutôt peu nombreuses. Caudale assez profondément échancrée , d’ordinaire légèrement plus longue que la tête. Dorsale moyenne et médiocrement déclive . Ventrales plutôt comtes ; pectorales assez grandes. — Oris-olivâr tre, olive, verte ou d’un vert bleu, en dessus ; anale et nageoires paires mâchurées de noir bleu. ( Taille moyenne d’adultes et de vieux : O*, 37— 42 à O^.ôô.)

Brchsp. I, 21-28 = 1 : 5,35-5,90. — IV, 17-20.

D. 4-5/10-11, A. 4/11-12, V. 2/(9)10-11, P. 1/15-18, C. 19 maj.

(9) — io — il

Squ. 74 — 82. — Vert. (60) 61-62(63).

Salmo Lavaretus, Linné, loc. cit. ( partim ).

» Maræna, Bloch, 1. c. (part.). — Hartmann, 1. c. (part.).

1 Fana ou Ferra selon Rondelet, part. 2, répété par Gessner, Fisclibuch , f. 188. Confondue aussi autrefois, sous le nom de Bezole , avec la Gravenche.

COR. SCHINZII, FERA.

Ooregonus Fera, J urine ( Corregonus ), Poissons du lac Léman, 1825, p. 190, PL VII. — Cuv. et Val., XXI, p. 472. — Heckel et Kner , 1. c. (part.). — Siebold , 1. c. (part. J* — Blanchard , Poissons de la France, p. 429. — Lunel, Poissons du bassin du Léman, 1874, p. 106, PL XI. — Moreau , Hist. nat. des Poissons de France, 1881, p. 549.

» Maræna, Schinz , 1. c. (part.).

» Lavaretus, Griinther , l.c. (part.).

» Schinzii, Fera, Fatio , 1. c. p. 18 et tab. I, II, B, 6.

Noms vulgaires : Fera ou Ferra , Fera blanche, Fera verte. Fera noire , Fera bleue , Léman ; Fèra du Travers , Genève ; Bezole ou Besule (vieux, rare aujourd’hui), surtout Savoie; juv. Zouland (Vaud)L

Corps oblong, relativement peu allongé, médiocrement épais et assez élevé, quoique d’ordinaire faiblement voûté ou graduellement convexe en dessus du museau à la dorsale, avec un profil inférieur, selon les circonstances, quasi semblable ou passablement plus droit ; la hauteur maximale, à la longueur du poisson sans la caudale, souvent comme 1 : 3,55—3,90 chez des adultes, jusqu’à 1 : 5,10 chez de très jeunes individus. — Pédicule caudal assez ramassé, quoique médiocrement épais. — Les mâles souvent de formes plus élancées que les femelles.

Tête relativement forte, assez haute et épaisse, volontiers légèrement aplatie sur le front et un peu convexe en avant, d’une longueur latérale, au poisson sans la caudale, souvent comme 1 : 4,65 — 5,15 chez des adultes. — Museau un peu charnu, subarrondi et un peu proéminent. — Bouche généralement plus ou moins inférieure (voy. PL II, fig. 2), parfois presque subterminale. — Intermaxillaire élevé, d’ordinaire un peu incliné en arrière et en dessous. — Maxillaire supérieur un peu arqué, faiblement retroussé, n’atteignant que rarement au bord de l’œil, chez l’adulte (voy. PL II, fig. 22 et 23). — Opercule moyen. — Œil relativement petit, à la longueur latérale de la tête, volontiers comme 1 : 4,20 —

1 Selon E. Frossard de Saugy : Étude de la pêche dans le lac Léman, Lausanne, 1884.

5,50 chez des adultes, notablement plus grand chez le jeune. — Espace préorbitaire volontiers de V6 à, 7» de l’œil plus grand que celui-ci, chez des adultes.

Branchiospinea peu ou médiocrement nombreuses, trapues et bien écartées, généralement au nombre de 21 à 28 sur le premier arc ; les plus longues, vis-à-vis de celui-ci, comme 1 : 5,35 — 5,90, avec des denticules latéraux plutôt faibles ou médiocrement allongés, espacés et peu nombreux, souvent 10 — 15. En général 17 à 20 épines sur le quatrième arc.

Nageoires : caudale assez profondément échancrée, à lobes acuminés égaux ou sub-égaux, d’ordinaire légèrement plus longue que la tête ou quasi-égale, chez l’adulte. — Dorsale moyennement grande, médiocrement déclive et assez anguleuse, généralement de 7g à 7S moins haute que la longueur latérale de la tête. — Anale assez déclive, un peu concave, généralement de l/3 moins haute que la dorsale et le plus souvent un peu plus large que haute, quoique assez variable à cet égard. — Ventrales subarrondies et peu ou médiocrement allongées, demeurant, couchées, distantes de l’anus de '2/5 à s/5 de leur longueur. — Pectorales triangulaires, subacuminées, souvent plus longues et plus larges chez les mâles que chez les femelles, atteignant, renversées, suivant l’âge et le sexe, presque au bout du museau ou à la narine, voire même au bord antérieur de l’œil seulement. — Adipeuse assez grande et arrondie, plus ou moins recourbée ou crochue.

Écailles médiocrement solides, quoique assez épaisses et plutôt grandes, subovales dans le sens vertical et en nombre relativement assez réduit. Une squame médiane sur la ligne latérale généralement conique et assez découpée au bord fixe, volontiers légèrement sinueuse au bord libre et d’une surface souvent près de V3 de celle de l’œil, chez l’adulte, comme toujours, beaucoup plus petite chez le jeune, souvent en particulier de 7« ou 710 de la surface de l’œil seulement, chez des jeunes de 12 centimètres; avec des stries concentriques médiocrement déliées, plus ou moins serrées et un nœud plus ou moins reculé vers le bord libre, selon l’âge plus ou moins avancé (voy. PI. II, lig. 30 et 31). Le tubule

COR. SCHINZII, FERA. 247

muqueux assez large et médiocrement allongé, volontiers plus fortement courbé à l’extrémité chez Je mâle. Le plus souvent dix écailles vers la plus grande hauteur en dessus de la ligne latérale.

Coloration, selon l’âge et les circonstances, d’un gris olivâtre, d’un vert olive ou d’un vert bleu en dessus, d’un argenté plus ou moins lavé de jaunâtre sur les côtés, blanchâtre en

• dessous. Les faces supérieures et le haut des flancs généralement avec un pointillé pigmentaire noirâtre sur le bord des écailles et plus ou moins sur le museau. Le dessus de la tête d’ordinaire plus foncé que le dos, parfois un peu violacé ; volontiers des reflets métalliques et comme des taches vertes ou dorées sur la joue et les pièces oper cul aires. Nageoires généralement jaunâtres, verdâtres ou d’un gris jaunâtre et plus ou moins rosées à la base en livrée de noces ; la dorsale et la caudale plus ou moins mâchurées de noirâtre dans la partie extrême, la première volontiers avec quelques macules de la même couleur; l’anale et la ventrale fortement lavées de bleu ou d’un noir bleu ou violacé sur le tiers ou la moitié extrême ; les pectorales plus pâles plus ou moins mâchurées aussi vers l’extrémité chez l’adulte, peu ou pas chez le jeune.

Taille relativement grande : la plupart des individus capturés mesurent 0m,360 à 0m,415 et pèsent un peu moins ou un peu plus d’une livre (400 à 650 gr.). La Féra dépasse cependant ce poids moyen, comme les autres sous-espèces voisines dans nos autres lacs, car on prend assez souvent des individus de 2 à 2 l/a livres, parfois même des sujets de 4 à 4 1/2 livres (2 kilos), avec une taille de 0m,500 à 0,550 et plus. On aurait pris même, dit-on, autrefois des Féras de six livres \ L’augmentation de poids se traduit généralement avec l’âge plutôt par l’élévation et l’épaississement du corps que par un allongement proportionnel 2.

1 Dans les rubriques qui accompagnent une carte du Léman dressée en 1588 par Jean Du Villard , la Féra (sous les anciens noms de Bezole ou F erra) est censée atteindre le poids énorme de dix livres. S’il n’y a pas erreur, ce doit être, croyons-nous, tout à fait exceptionnellement.

* Le tableau des dimensions donné par Lunel , dans son bel ouvrage

Vertèbres au nombre ordinaire de 61 à 62, exceptionnellement de 60 ou 63, dont 36 à 37 (exceptionnellement 38) costales ; le plus souvent, 2 à 4 bagues semi-osseuses terminales ou fausses vertèbres, au delà de celle qui porte la dernière grande plaque caudale.

La variabilité que présente la Féra, comme la majorité de nos Corégones, aussi bien dans ses diverses proportions que dans sa livrée, soit avec l’âge et le sexe, soit avec les conditions, lui a valu de la part des pêcheurs des noms différents que justifie plus ou moins l’aspect extérieur du poisson. Jurine1 çite les qualifications de Féra Manche * pour les individus d’un habitat plus profond, qui se tiennent de préférence sur le sable et deviennent les plus gros, de Féra verte pour ceux qui se rencontrent plus près de la surface, et de Féra noire pour ceux qui se tiennent de préférence sur les herbes à une profondeur moyenne. A celles-ci je dois ajouter le nom de Féra Meue attribué par quelques pêcheurs à des individus d’un vert quasibleu en dessus, de taille eu dessous de la moyenne, par conséquent relativement jeunes encore, et qui, par le fait même de leur âge, paraissent de formes plus élancées et voyagent encore en nombreuse compagnie, souvent non loin de la surface.

Rappelons aussi que certains mâles adultes, avec des nageoires pectorales parfois bien plus larges et plus longues que celles des femelles de même taille, semblent se rapprocher à cet égard un peu de la Gravenche du même lac; eu ajoutant cependant que cette différence sexuelle n’est pas toujours constante à différents âges. Cette remarque a son importance, en ce sens que les données de certains auteurs qui ont parlé de la Féra du Léman attribuent à ces nageoires des proportions plus constantes et bien plus réduites. Lunel dit, en particulier, que les pectorales renversées en avant atteignent seulement au bord antérieur de l’œil, tandis que je les ai vues arriver jusque vers le bout du

sur les poissons du Léman, doit être rapporté à un individu au-dessous de la moyenne et relativement jeune encore.

1 Poissons du Léman, p. 194.

2 Ce même nom s’applique aussi à la Gravenche.

COR. SCHINZII, FERA. 249

museau chez bien des mâles et même, bien que plus rarement il est vrai, chez quelques femelles aussi.

La Féï'a du Léman, contrairement à la majorité des formes voisines dans l’espèce, est un Corégone qui fraie en même temps profondément et tardivement; c’est même celui qui fraie de beaucoup le plus tard dans les eaux du pays. Après avoir erré et chassé pendant la belle saison, suivant les circonstances plus ou moins près de la surface ou des rives, les jeunes alors volontiers en nombreuse compagnie, elle gagne peu à peu, à l’approche de l’hiver, les profondeurs où sa ponte s’opérera quelques semaines plus tard. Sa nourriture semble consister principalement en mollusques, vers, insectes et larves de diverses sortes, ainsi qu’en petits crustacés. Elle saute volontiers à la surface après les moucherons, et, comme l’ont déjà fait remarquer Jurine et Lunel, elle happe parfois aussi des insectes plus durs et relativement assez gros. On a trouvé quelquefois dans son estomac de petits fragments des végétaux qui garnissent les flancs du Mont ou la croupe des hauts-monts ; je doute cependant que ceux-ci contribuent normalement à son alimentation.

C’est, en général, entre le 12 février et le 10 mars que s’opère la ponte de la Féra dans le grand lac, principalement du côté de la rive savoyarde ; parfois sur les herbes les plus profondes du mont, le plus souvent sur* le sable ouïe limon du fond, assez souvent sous cent, voire même deux cents mètres d’eau. Suivant la température et les années, l’époque du frai peut être plus ou moins avancée ou reculée. J’ai vu, par exemple, des mâles provenant de Meillerie ornés déjà de leurs boutons de noces dans la première semaine de janvier, et j’ai trouvé, vers la fin du même mois, des œufs de Féras dans le tube digestif de petites Lotes capturées au grand fond ; tandis que j’ai rencontré des femelles portant encore leurs œufs entre le 15 et le 20 mars. Les tubercules ou boutons épidermiques qui, sur 6 à 7 rangées longitudinales, ornent les flancs, des mâles surtout, durant le temps des amours, n’apparaissent guère que peu de temps avant l’époque du rut, en même temps que les écailles des bords du ventre, entre les pectorales et les ventrales, deviennent plus rudes ou dures au toucher.

Les œufs de la Féra, d’un jaunâtre pâle, sont de moyenne dimension et médiocrement nombreux. J’en ai mesuré de 2ram,20 2mm,40et 2mm,60; Lunel en a compté de 5,992 à 11,808 chez des femelles de tailles différentes et affirme que 25 à 30 jours d’incubation suffisent à leur éclosion. Les alevins, qui se nourrissent principalement de divers petits crustacés branchiopodes, abondent souvent aux environs des herbes sous-lacustres et grandissent assez vite pour mesurer déjà, après 12 à 18 mois de vie, 15 à 16 centimètres de longueur totale.

Chaque année, vers le milieu de mai, les Féras apparaissent soit en Berne le long des rives plates, soit sur le banc de sable transversal dit le Travers qui, sous peu d’eau, barre le lac à quelques cents mètres en avant du port de Genève, banc sur lequel elles n’ont pas frayé, faute de profondeur suffisante, mais oü elles viennent donner la chasse aux Phryganides qui voltigent alors en abondance à la surface. La Féra est un poisson délicat d’un goût très agréable; celle prise sur le Banc du Travers passe pour la meilleure, probablement parce qu’y trouvant plus de nourriture elle s’y engraisse plus vite ; les pécheurs genevois la vendent alors sous le nom bien connu de Féra du Travers.

Jamais la Féra ne se laisse entraîner dans le courant du Rhône; elle reste dans le lac exclusivement et, après avoir fait une station de deux mois environ dans la partie occidentale inférieure, plus étroite et moins profonde du bassin, dite petit lac, elle remonte vers la mi-juillet du côté du grand lac, se répandant généralement plus sur la rive savoyarde que vers la côte vaudoise. La pêche devient alors plus générale et très productive, principalement dans les nuits sombres, pendant près de trois mois, jusque dans le courant d’octobre. On cite des captures de 3000 Féras d’un seul coup de filet et des pécheurs qui ont pris jusqu’à 80 à 100 kilos de ce poisson dans une seule nuit.

La pêche se pratique principalement avec la Senne dite Grand-filet ou Monte suivant ses dimensions, ou avec un filet dormant nommé Méni, que l’on dispose sur le fond plus ou moins près du bord et laisse séjourner une ou deux nuits. La manœuvre du grand filet, qui mesure 100 mètres et plus sur 7 à 8 de haut, se fait, suivant les circonstances, avec un seul bateau, quand le fond permet d’amarrer fixement un des bouts

COR. SCHINZII. FERA.

de la corde, ou avec deux bateaux sur des eaux trop profondes. On prendrait, paraît-il, au commencement de la pêche (en temps de frai), d’abord des femelles surtout, puis peu après des mâles principalement.

La Féra survit plus ou moins à sa capture, selon qu’elle est prise plus ou moins près de la surface; celles qui sont pêchées en hiver ou à l’époque du frai périssent généralement assez rapidement, parce que, arrachées alors à d’assez grandes profondeurs, elles sont presque toujours ramenées très gonflées par le filet. Il n’y a du reste rien là de propre à la Féra et rien sur quoi on puisse se baser pour une distinction spécifique, comme Jurine a cru pouvoir le faire. La différence qui existe à cet égard entre la Fera frayant sous une assez forte colonne d’eau et la Oravenche frayant dans le même lac au ras du bord, réside simplement, comme nous avons déjà eu maintes occasions de le remarquer, non pas dans une rusticité plus ou moins grande de l’espèce, mais bien seulement dans une question de pêche à des profondeurs et sous des pressions très differentes.

La Féra porte diverses espèces de vers parasites, particulièrement Cestodes et Nématodes \ Elle est, entre autres, fréquemment affectée d’une maladie particulière, due au développement de P$orospermies dans des kystes saillants entre les muscles, sous les téguments et jusque sur la muqueuse des branchies. Cette affection, généralement fatale, se traduit extérieurement par un soulèvement de la peau en diverses places sur des tumeurs où les écailles ne tardent pas à tomber. Jurine1 2 * * * * * 8 avait déjà signalé la chose, sans y reconnaître la présence d’un parasite, et nommait cette maladie petite vérole des poissons.

1 Dans une étude spéciale des vers parasites des poissons du Léman

intitulée : Recherche sur l'organisation et la distribution zoologique des

vers parasites des poissons d'eau douce , en 1884, le D r Fritz Zschokke a reconnu sept espèces différentes chez la Fera à diverses époques; ce

sont les Tœnia longicollis (Rud), appendices pyloriques et intestin grêle.

Tœnia ocellata (Rud.), intestins. Tœnia torulosa (Batsch.), intestins. —

Gyathocephalus truncatus (Pallas), appendices pyloriques. — Bothrioceplialus infundibuliformis (Rud.), intestins. — Des kystes de Nématodes ,

sur la face externe des viscères — et des Psorospermies , dans des kystes sous la peau.

8 Histoire abrégée des poissons du lac Léman, 1825, p. 194.

Depuis lors, Lunel ayant soumis des Féras ainsi affectées à l’examen microscopique de feu Claparède, a donné d’après celui-ci une description exacte de ces kystes et de leur contenu l'.

31 (4). BLAULING (pars).

Cor. Schinzh, duplex a.

Corps moyennement élancé et médiocrement comprimé; pédicide caudal plutôt court Tête de moyenne longueur, assez plane; museau conique carrément tronqué ou subcarré . Bouche préinférieure ou quasi-terminale. IntermaœïUaire assez élevé, quasi-ve)'tical. Maxillaire un peu arqué et allongé, atteignant souvent jusque sous le bord de l’œil. Opercule plutôt petit. Œil moyen. Écailles moyennes. Caudale bien éch ancrée, plus longue que la tête. Dorsale assez grande, médiocrement déclive. Ventrales moyennes. Pectorales plutôt grandes. — Vert-bleuâtre, vert ou d’un brun olivâtre, en dessus; anale et nageoires paires bien mâchurées de noir bleu. — (Taille moyenne d’adultes et de vieux : 0^,38 à 0U\42.J

Brchsp. I, 26-29 = 1 : 4,70-4,80. — IV, 20-21.

D. 5/9-11, A. 4/11-12, Y. 2/10-11, P. 1/14-15, C. 19 maj.

Squ. SI n 88(90). — Vert. 60-61.

Salmo Maræna, Hartmann , loc. cit. p. 139 ( partim ).

Coregonus Maræna, Schinz, 1. c. {part.).

» Wartmanni, Siebolcl, 1. c. {part.).

» Fera et Wartmanni, Schoch, Fischfauna des Cantons Zurich, p. 18 {part.).

Noms vulgaires : Bratfisch (part.), Blaalig, Blaiolig ou Blauling (part.), h Zurich.

' Hist. nat. des poissons du bassin du Léman, 1S74, p. 112.

2 J’ai qualifié ce poisson de Duplex pour rappeler les differentes appréciations auxquelles ses formes trompeuses ont donné lieu.

COR. SCHINZII, DUPLEX. 253

Pour ne pas répéter les détails de la description de ce poisson, jusqu’ici confondu sous les noms de Bratfisch et de Blanling avec notre Asperi marœnoides plus commun, je me bornerai à renvoyer ici aux données y relatives déjà fournies, entre parenthèses, comparativement et simultanément dans l’exposé des caractères du dit Marœnoides , pages 204 à 207 ; en faisant observer que les divers rapports de proportions de la tête, du corps, etc. peuvent varier un peu au-dessus et au-dessous des chiffres indiqués.

La diagnose ci-dessus suffit à dénoter : soit d’importantes divergences entre différents Bratffsche ou Blaulinge, entre Marœnoides et Duplex ; soit de grandes analogies entre Duplex et Palea dans le C. Schinzii , du côté des formes du museau, de la disposition de la bouche et des dimensions du maxillaire en particulier, analogies qui attribuent au dit Duplex la représentation dans le lac de Zurich du groupe des Felchen, Balchen , etc... abondant dans la plupart de nos autres bassins.

Ajoutons que l’examen d’un plus grand nombre d’individus de notre Duplex , souvent assez difficile à discerner à première vue entre les nombreuses formes mixtes ou intermédiaires qui encombrent l’espèce dans le lac de Zurich, pourrait étendre probablement les limites de la variabilité des branchiospines , peut-être du côté du minimum.

B y a donc, sous le nom commun de Blauling, trois Corégones distincts dans le lac de Zurich :

a . Les adultes grande taille dudit Albeli , atteignant à peu près

aux dimensions moyennes du Bratfisch, avec 34 — 39 branchiospines et 61 ou 62 vertèbres ; ceux que j’ai rapprochés du C . Wartmanni , sous le nom de Dolosus.

b. Ceux que j’ai plus spécialement désignés comme type de

V Asperi, avec le plus souvent 30-32 branchiospines et 57 ou 58 vertèbres, le véritable Bratfisch , notre Marœnoides.

c. Ceux que nous séparons ici du Bratfisch , pour les rappro-

cher plutôt de la Palée , dans notre C. Schinzii, avec 26-29 branchiospines et 60-61 vertèbres, notre Duplex.

Ce n’est pas tout, et la confusion ne s’arrête pas là dans le lac en question, car, ainsi que je l’ai déjà signalé plus haut, on

trouve entre a et &, comme entre b et c, un très grand nombre de formes bâtardes résultant d’une similitude de lieu et d’époque de frai. Avec un nombre de branchiospines plus ou moins réduit ou élevé, ces nombreux individus intermédiaires présentent aussi des vertèbres plus ou moins nombreuses, un maxillaire plus ou moins prolongé en arrière et une bouche plus ou moins inférieure. Il n’en faut pas davantage pour expliquer l’indécision et les erreurs des naturalistes qui, tour à tour, ont rapproché le Blauling de Zurich du C. Wartmanni, du (7. Maræna ou du C. Fera .

Ce sera bien autre chose quand, dans ce chaos déjà presque inextricable, de nouveaux éléments de confusion auront été encore apportés par la récente introduction dans les eaux zurichoises, du White-Fisch ( C . albus ?) d’Amérique, de la grande Maræne ( C . Marœna ) de Prusse, de la Balche du lac de Zoug, du Sandfelchen et du Oangfisch du lac de Constance. Il est donc intéressant de constater ici qu’avec le Hagling et les trois espèces plus ou moins confondues sous le nom de Blauling , le lac de Zurich possède actuellement, comme celui de Constance, quatre Corégones autochthones, alors que les plus favorisés des autres bassins n’en comptent que trois, dans le pays.

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