LE MUSCARDIN Die Haselmaus
Mtoxca AVELLA5AEIUS, Linné
Roux eii dessus; roussâtre et blanchâtre en dessous. Queue touffue, à peu près de la longueur du corps et pourvue de poils moyens, divergents et croissant en longueur de la base de ce ip^embre au sommet. Oreille arrondie et un pet^ plus courte que la moitié de la tête. Molaires nwdianes marquées de 5 à 7 raies iransverses. Longueur totale moyenne = lôJ^"^.
Mus A'VELLANARius, lÀnné, s. N. Xn, p. 83, n. 14.
» coRmiNUii, Schrdf. Sœugeth. III, p. 835, n. 4. SCRJRUS AVELLANARius, Erxl. Syst. reg. anim.
Glis avelianârids, Blumenbach, Natui^. X.
Myoxus iiuscarointjs, Albert, Magn. De Ânim. lib. XXII, f. 182.
» SPECiosus, Dehne, Âllg. d. nat. Zeit. 1855, p. 180. MuscARDiNUS AYELLANARius, Wagner, A, Mém. Âcad. de Munich, m, 1, 1840.
En tout 20 dents.
Mâchoire supérieure : les molaires arrondies ou carrées, aplanies à la surface et sillonnées par des raies en nombres différents. La première, la plus petite, arrondie et traversée d^ordinaire par deux raies seulement ; la seconde, la plus forte, pourvue de cinq ou six raies suivant T≥ la troisième marquée de sept raies ou lignes saillantes ; la dernière un peu allongée en arrière et présentant, en général, une ligne de moins que la précédente.
M&choire inférieure: la première molaire arrondie et petite, traversée par trois raies, chez Tadulte ; des trois suivantes, munies de six raies, la dernière est la moins forte.
Pieds couverts de poils roussfttres ; la patte postérieure égale, avec les ongles, aux deux tiers de la tête environ, et légèrement velue en dessous, près du talon.
Oreille arrondie, un peu plus petite que la moitié de la tête et couverte de poils roux qui la dépassent sensiblement.
Queue à peu près de la longueur du corps, rousse sur les deux faces, touffue et garnie de poils moyens d'autant plus grands qu'ils sont plus voisins de Textrémité.
Museau orné d'une moustache noirâtre dont les plus grands poils atteignent à Fépaule. Les yeux agréablement entourés de paupières noirâtres.
Pelage doux, très foimré et sans éclat
Faces supérieures d\Ln roux plus ou moins brunâtre et moins foncées sur la tête que sur le dos.
Faces inférieures d'un roux plus clair et plus ou moins grisâtres; la gorge et la poitrine, la plupart du temps, blanches on blanchâtres.
Jeunes très semblables à leurs parents.
Longueur totale 0^,146 à 0-, 160
delatête 0,025 0,026
de Poreille (an bord externe) 0,011 0,012
dn pied antérieur (avec les ongles) 0,0100 0,0105
du pied postérieur (avec les ongles) 0,017 0,018
de la queue (de l'anus au bout des poils). 0,075 0,082
Le Muscardin habite surtout l'Europe moyenne et méridionale. D est plus abondant en Suisse que ses deux congénères. L'on rencontre souvent dans nos broussailles ses petits nids dlierbes sèches accrochés dans les branches, à peine à hauteur d'homme, ou les restes de ses repas, le plus souvent des noisettes perforées et vidées. Il se trouve dans nos divers cantons, mais est surtout commun dans le sud et l'ouest de notre pays. Je l'ai observé plusieurs fois jusqu'à 1500 mètres d'élévation dans les buissons de nos Alpes.
Ce gracieux petit animal, vif et adroit, se nourrit presque exclusivement de graines et de fruits. Déjà de bonne heure, en automne, il se retire dans quelque trou d'arbre, \)out s'y rouler dans un lit moelleux et y dormir à côté des provisions qu'il y a entassées pour le cas de réveil prolongé.
FamiUe HI. MURIDÉS
MURID.E
Les représentants de cette nombreuse famille sont, en général, de petite taUle et clavicules. Le crâne est, chez eux, plus ou moins allongé et faiblement bombé; les firon-
* C'est ranimai que Ton nomme, cliez nous, Malagnou, et que beaucoup de personnes se plaisent à conserver en captivité.
taux sont étroits et sans apophyses latérales ; le trou sousorbitaire est toujours grand et bien ouvert (Voy. PI. VI, fig. 10, 11 et 15).
Le nombre des dents s'élève de 12 à 20; les incisives étant constamment au nombre de deux en haut et en bas. Les molaires, variant de 2 à 4 sur chaque côté des maxillaires, sont béantes par le bas ou bien munies de racines, et enveloppées toujours par une lame d'émail unique, quoique souvent profondément repliée (Voy, PI. VI, fig. 1 2 et 1 6) . Le pelage des Muridés peut être doux ou raide et pourvu parfois de piquants. La tète, les yeux, les oreilles, la queue et les membres peuvent présenter des développements très divers, suivant les mœurs et les allures des différentes espèces. Les pieds antérieurs portent, dans la grande majorité des genres, quatre doigts et un petit tubercule en guise de pouce; les postérieurs en comptent régulièrement cinq.
Ces animaux sont en partie crépusculaires ou nocturnes et plus ou moins fouisseurs ; ils sont rarement doués d'un sommeil hivernal bien profond. Quoique parfois omnivores, ils se nourrissent principalement de substances végétales.
Les Muridés constituent la famille la plus riche dans Tordre des Rongeurs, et sont répandus sur toute la surface de la terre.
Malgré des mœurs très différentes et d'importantes modifications dans les formes des dents et des diverses parties du cr&ne, la répartition en tribus bien définies des genres multipliés de cette famille a toujours été rendue très difficile par la présence de nombreuses formes transitoires. L'on peut les grouper de plusieurs manières, suivant que Ton choisit, comme point de départ, tel ou tel caractère. Néanmoins, les représentants des Muridés, en Suisse,
186 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
peavent être répartis dans deux sous-familles différentes. Les Lemmings du nord et les Gricets d'Allemagne, ainsi que les Sminthes et les Mériones de l'orient, manquent à notre pays ^
Tribu I. MURINS
MURINA
La tête des Murins est droite, allongée et comparativement pointue; le tronc est, chez eux, élancé et couvert d'un pelage plus ou moins souple ou parsemé quelquefois de piquants.
Les molaires sont, le plus souvent, au nombre de trois en haut et en bas, rarement à celui de quatre sur trois. Elles sont pourvues de racines, munies de tubercules plus ou moins saillants et peu profondément pénétrées par la lame d'émail.
Les plaques palatines prennent naissance en arrière des dernières molaires.
Les membres postérieurs sont toujours bien plus allongés que les antérieurs.
Les oreilles sont ovales et plus ou moins proéminentes.
La queue est toujours assez longue.
Le museau est acuminé.
* Toutefois^ il est possible que nous ayons possédé aussi des Lemnings durant Tépoqne glaciaire ; car quelques débris fossiles des Myodes lemmui et M. torquatuê ont été retrouvés dans le bassin du Rhin, quoique en dehors de nos frontières. Voy. Heer, Urwelt der Schweii, 1865, p. 546.
Les yeux sont grands.
Ces animaux sont parfois omnivores, mais surtout graniTores on fragivores; ils sont fouisseurs, souvent adroits grimpeurs et vivent volontiers en nombreuse compagnie. On peut les diviser en plusieurs genres, d'après la dentition, les formes des divers membres et la nature du pelage.
Les Murins sont répandus dans les divers continents.
Genre RAT
MUS, Linné
Orâne allongé; frontaux étroits , aplatis et peu comprimes. -j- molaires à tubercules mousses plus ou moins saillants. Incisives supérieures qpaisses^ verticales et lisses par devant. OreiUes ovales. Museau pointu. Queue cerclée d'anneaux écaïBeux et à peu près de la longueur du corps.
Le crâne des Rats est long, aplati et acuminé. Les os maxillaires et nasaux sont allongés. Les frontaux sont étroits, déprimés et peu comprimés vers la face supérieure; leur suture pariétale décrit une courbe douce et régulière. Les pariétaux offrent une surface plane ou légèrement convexe (Voy. PL VI, fig. 10 et 11). Les plaques palatines prennent naissance assez loin en arrière des dernières molaires.
Les dents sont au nombre de 16 : 3 molaires et 1 incisive de chaque côté et à chaque mâchoire.
Les incisives supérieures sont épaisses, courtes, verticales, toiyours lisses et jaunes à la face antérieure.
Les incisives inférieures sont obliques, étroites et jaunes par devant.
Les molaires sont, en haut comme en bas, petites et ovales ou arrondies; la première étant constamment la plus grande et la troisième la moins forte. Elles sont pourvues de tubercules mousses plus ou moins saillants et traversées par des collines que l'usure fait paraître, avec r&ge, comme autant d'îlots entourés par l'émail. Le nombre de ces faux segments varie suivant que Ton tient compte des parties qui s'élèvent sur la ligne médiane, ou de celles qui font saillie sur l'un ou l'autre des côtés. Cependant, l'on trouvera toujours trois collines plus ou moins distinctes sur le bord interne ; le premier tubercule de la seconde et de la troisième dent étant arrondi, le troisième de la dernière molaire étant souvent presque effacé (Voj. PI. VI, fig. 12). Cette forme de dentition est si constante chez les diverses espèces, et présente, en même temps, des aspects si différents suivant l'usure plus ou moins profonde, que les dents ne peuvent guère, dans ce genre, servir de caractère spécifique.
La fon^ule sera toujours :
= 16 dents.
Les membres postérieurs des Rats sont généralement plus allongés que les antérieurs; les ongles sont moyens, comprimés et acérés.
Les oreilles sont ovales et toujours bien proéminentes.
La queue est longue et entourée d'amieaux écailleux entre lesquels sont implantés des poils plus ou moins abondants qui forment rarement un vrai pinceau terminal. Elle est un peu prenante chez quelques espèces.
Le museau est pointu, nu à l'extrémité, orné d'une forte moustache et perforé de narines grandes et toujours séparées par un sillon médian.
Les yeux sont grands.
Le pelage est long, fourré et dépassé, sur le dos, par des soies plus ou moins rigides.
Les femelles, pourvues de six à douze mamelles, font plusieurs portées, du premier printemps jusqu'en arrièreautomne.
Les Rats vivent dans les bois, les champs et les maisons, y construisant des galeries et se réunissant souvent en troupes nombreuses. Us grimpent bien et butinent volontiers en plein jour, quoique déployant leur plus grande activité durant la nuit. Ce sont des êtres très voraces qui s'attaquent à de petits animaux, lorsqu'ils n'ont pas à satiété de la graine ou des fruits. Us ne dorment guère en hiver, et ont soin d'amasser des provisions pour la mauvaise saison.
n y a des Rats sur presque toute la surface de la terre. Notre continent en compte dix espèces, dont trois sont spéciales à l'extrême orient et sept sont répandues dans une grande partie de l'Europe centrale. De ces dernières deux seulement semblent nous faire défaut jusqu'ici, les Mus agrarius et 3Ius minidus ' .
L'on peut diviser nos représentants de ce genre en deux sections, les Rats proprement dits et les Souris, d'après quelques modifications constantes dans le détail de certains caractères.
' J*ai déjà dit plus haut que ces deux espèces m'ont été signalées comme suisses; mais que je n'ai pourtant pu, jusqu'ici, les trouver nulle part dans notre pays.
«90 FAUNE DES TBRTBBRÊS.
section. RATS PROPREMENT DITS
Rattbn, Blasius Rattus, Ztmra.
Ces espèces ont un crâne long, étroit et déprimé. Les frontaux sont, chez elles, pourvus de petites crêtes longitudinales sur les côtés. Toute trace de séparation interorbitaire, entre les parties antérieures et postérieures de ces derniers, s'efface de bonne heure (Voy. PL VI, fig. 10 et 11). Les huit raies palatines sont repliées sans être séparées en chevrons.
Les pieds postérieurs sont, au plus, égaux à deux fois les antérieurs ; le sixième tubercule plantaire est allongé et convexe au côté intérieur.
La queue, épaisse, très longue et peu velue, compte toujours au moins 200 anneaux bien accentués.
Les mamelles sont au nombre de douze.
Ces animaux sont d'une taille au-dessus de la moyenne du genre, forts, turbulents et volontiers carnassiers.
La Suisse et l'Europe n'en possèdent que deux espèces.