‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 44 sur 91 · LA SOURIS DU TABAC * Die Tabachaus · texte numérisé non relu

LA SOURIS DU TABAC * Die Tabachaus

Mus P08CHIAVIHU8, nobis *

(PL VH)

D'un nûirâtre foncé, avec quélqties soies rigides et brillantes en dessttë ; d'un noirâtre violacé un peu plus clair en dessous. Queue à peu près égale au corps, épaisse et d'une anndure fortement accentuée. Oreille légèrement plus longue que la moitié de la tête. Sept plis palatins. Longueur totale fnoyenne = 167"^.

En tout 16 dents, dont douze molaires à tubercules saillants et arrondis.

Cr&ne plat et, comparativement, plus grand que celui du M. Musculus^ légèrement plus fort en arrière et moins pointu en avant. L'interpariétal à peu près aussi large que les pariétaux, sur leur suture médiana Frontaux bien développés. Arcades zygomatiques médiocrement ouvertes et très épaisses.

Plis palatins au nombre de sept; trois antérieurs libres et quatre intermolaires divisés. Le troisième antérieur recourbé en arrière vers le milieu et plus ou moins profondément

* Je ne puis m'empécher de reconnaître que la couleur foncée de cette Souris parait faire, comme celle du Rat noir, une exception à la coloration brunâtre ou roussàtre qui semble uniformément dévolue au genre Rat.

* C'est, comme je l'ai dit, après beaucoup d'hésitations, et en conserrant encore bien des doutes sur sa valeur spécifique, que j'ai doté cette forme, si voisine de la Souris, d'un nom et d'un numéro d'ordre particuliers.

' J'ai attribué à ce Mus le nom de poachkmnuSj en souvenir de la localité où il lut observé.

partagé par un sillon médian. La seconde molaire ne soutendant pins qu'un seul pli, et la dernière dent se trouvant entièrement libre, par le fait de Tabsence d'une cinquième raie intermolaire (Voy. PI. VI, fig. 14).

Pieds moyens, grisâtres ou bruidltres, souvent blanchâtres sur les doigts, velus en dessus et entièrement nus en dessous. Les antérieurs un peu plus forts que chez la Souris, de manière que les postérieurs ne mesurent guère davantage que le double de ces premiers et restent ainsi avec eux dans un rapport à peu près analogue à celui qui distingue les Rats. Six tubercules plantaires postérieurs arrondis.

Oreille grisâtre, plus claire que le corps, faiblement pubescente et légèrement plus grande que la moitié de la tête.

Queue pourvue de poils courts et peu abondants, noirâtres en dessus, parfois plus clairs en dessous ; à peu près de la longueur du corps, conique, un peu étranglée vers la base et constamment plus épaisse que chez la Souris ou moins effilée dans la moitié extrême. Les cercles écailleux un peu plus forts, plus distants et surtout plus saillants que chez le M. Muscîdus^ de manière que, sur des membres égaux, Ton y compte généralement 10 à 15 anneaux de moins, soit 165 à 175 en moyenne ^

Museau médiocrement acuminé; lèvres peu épaisses ; moustache noirâtre et blanchâtre, atteignant a peine Textrémité de Toreille.

Œil moyea

Mamelles constamment au nombre de dix.

Pelage fourni, long et mélangé, sur le dos, de poils plus grands légèrement rigides et donnant de Téclat aux parties qu'ils recouvrent.

Faces supérieures d'un noirâtre foncé et un peu brillantes; quelques reflets, parfois violacés, mais le plus souvent verdâtres, sur le croupion.

* D ne faudrait pas se fier complètement à la planche VU pour Tanne- Inre de la queue. Ce membre a été, en effet, reproduit trop grossièrement ; ses anneaux écailleux n'ont point été comptés exactement par le deanna* tenr; il paraît trop hérissé et un peu trop épais.

Faces inférieures d'un noir&tre clair et légèrement violacées ou d\m brunfttre foncé; la transition s'opérant, sur les flancs, par un faible mélange de poils grisâtres.

Jeunes plus sombres que les adultes.

Je jie saurais dire si cette forme varie beaucoup dans la coloration; je répéterai seulement que les exemplaires pris dans les maisons voisines de la fabrique étaient parfaitement semblables à ceux capturés dans rétablissement même.

LoQgaeor totale .0",160 àO",178

de la tête 0,026 0,026

de l'oreille 0,013 0,014

du pied antérieur (avec les ongles) 0,0088 0,0090

du pied postérieur (avec les ongles) 0,0176 0,0186

de la queue (de l'anus au bout des poils) 0,082 0,067

Cette Souris me semble, jusquici, confinée dans les environs de la fabrique de tabac du bourg de Poschiavo, dans les Grisons. Elle parait y mener un genre de vie analogue à celui du Mus MuscvHus^ et se nourrit tout spécialement de tabac sous diverses formes. Il serait intéressant de rechercher cette Souris ailleurs, dans d'autres fabriques, pour arriver à une solution de la question d'espèce importée ou de nouvelle race nègre en train de se répandre * ; Ton pourrait de cette manière étudier la persistance et par là même la valeur de ses signes distinctifs. Quoique une nourriture mélangée d'éléments aussi anormaux ait parfaitement pu donner à notre Souris une coloration particulière, je ne m'explique pourtant pas comment la simple alimentation a pu ainsi modifier plusieurs des caractères, ceux des plis palatins par exemple. D est bien possible que cette Souris noire me fasse tomber dans une erreur semblable à celle que j'ai cherché à

* Dans deux antres fiibriqnes suisses auxquelles je me suis adressé, l'on m'a dit que ces petits Bongeurs s'établissaient, en effet, quelquefois dans les caisses de tabac et lacéraient les feuilles pour y faire leur nids; mais l'on n'avait pas remarqué qu'ils mangeassent cette substance. Les Souris que je clôturai dans ces établissements ne prés^taient pas du reste un pelage plus foncé que celles d'autres bfttiments.

à relever à propos des deux Rats ; cependant je ferai remarqaer que cette forme, évidemment de très récente création, présente déjà des traits spécifiques plus profonds que ceux qui ont jamais distingué le M. 'Battus du Mus aiexandrmus.

Toutes les femelles que j'ai prises au mois de juin, en 1864, contenaient sept petits.

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