LE MULOT
Die AValdmaus
Mus 8TLVATICUS, Linné
D'un gris brun plus au moins roussâtre en dessus; bla$ic en dessous. Queue à peu près de la longueur du corps^ d'une aniielure grossière et toujours bicolore, OreiUe large, arrofidie et un peu plus longue que la moitié de la tête, (EU très grand. Longueur totale moyenne = 220"^.
Mus SYLVATicu!?, Linn, S. N. XII, p. 84, n. 17.
>» AGRESTis, Cresn. Quadrup. I, p. 733.
» AOROKUM, Bri88, Reg. anim. I, p. i23.
McscuLUS DICHRCRUS, Bafinesquc, Précis de dëcouv. p. 5.
En tout 16 dents, dont douze molaires à tubercules saillants et arrondis.
Crftne très développé en arrière ; la botte osseuse presque ronde et diminuant brusquement de largeur en avant, pour présenter, depuis la partie médiane des frontaux, un museau étroit et allongé. Les firontaux divisés par un sillon longitudinal et formant, avec les pariétaux, un angle assez aigu. Linterpariétal légèrement comprimé et toi;gours moins large au centre que les pariétaux vers leur suture. Arcades zygomatiques toi]gours minces, bien ouvertes et fortement surbaissées.
Plis palatins au nombre de huit ; le troisième simple, fortement recourbé en avant ; le cinquième intermolaire soutendu par la dernière dent
Pieds étroits, blancs ou blanchâtres, bien velus en dessus et entièrement nus en dessous ; les postérieurs toujours un peu plus grands que le double des antérieurs. Cette disproportion plus exagérée encore dans les diverses parties des deux membres comparés.
Oreille grande, très large, arrondie, mesurant un peu plus que la moitié de la tête et couverte, sur la moitié supérieure, de petits poils bruns ou roussàtres.
Queue très variable, quoique, en moyenne, à peu près égale à la longueur du corps, mince, faiblement conique et à peine étranglée à la base; entourée d'anneaux écailleux assez forts et distants au nombre de 150 environ, plus ou moins couverte par le poil et toijyours bicolore, d'un brun foncé ou noirâtre en dessus, blanche en dessous.
Museau allongé, comprimé depuis les joues et orné d'une moustache noire et blanche, bien fournie, dont les plus grands poils atteignent à l'extrémité de l'oreille.
Yeux très grands, mesurant même jusqu'à 4 ou ô"""*, suivant leur diamètre vertical.
Mamelles au nombre de six seulement.
Pelage long et fourré, médiocrement doux, et parsemé sur le dos, de petites soies noires, variables dans leur abondance avec les individus.
Faces supérieures, généralement, d'un gris brunâtre et plus ou moins roussâtre, plus noirâtre sur le dos, plus jaunâtre sur les joues et les flancs.
Faces inférieures blanches et marquées souvent d'une tache fauve sur la poitrine; la transition des couleurs se faisant brusquement sur les côtés du corps.
Jeunes, d'ordinaire, plus grisâtres que les adultes.
Cette espèce varie énormément dans la coloration et les dimensions, avec rage, conmie avec les saisons et les diverses conditions d'existence. D m'a semblé que les individus que je capturais dans les bois, en été, étaient plus régulièrement fauves ou roux que ceux que je prenais, durant l'arrière-saison, dans les jardins et autour des bâtiments.
L'on peut trouver des Mulots à peu près gris comme des Sou-
ris, tandis quHl en est d^autres qui sont d'un roux très brillant. La tache fauve pectorale se transforme quelquefois en un collier complet; d'autres fois elle fait totalement défaut. Les soies dor* sales peuvent être fortes et nombreuses, de manière à former une sorte de manteau, ou bien elles peuvent manquer entièrement. La queue, enfin, sera comparativement courte ou très longue, en même temps que bien velue ou presque nue. Rien ne permet, cependant, d'établir aucune distinction tranchée entre ces si^ets quelqueîfois si différents, à cause des nombreuses transitions qui les unissent sur tous les points.
La seule variété qui m'ait paru un peu plus constante, est la forme alpine toujours d'une taille plus forte, avec des teintes supérieures plus jaunâtres et plus claires, un pelage plus égal et plus raide et une queue beaucoup plus dénudée. Toutefois ces Mulots passent également, avec les saisons, du roussâtre au grisâtre, sans se rapprocher jamais autant du gris de la Souris que les individus de la plaine.
Enfin, l'on connaît aussi des variétés blanches du Mîês sylvatiens.
Plaine. Alpes,
Longueur totale 0'»,175à0",210à0",240à0",245
de la tête 0,028
de Toreille (au bord externe) 0,015
du pied ant. (avec les ongles) 0,011
du pied post. (avec, les ongles) 0,023
!0 082^ o'iOfiS ^>^^^ 0,115 0,125
Le Mulot est répandu dans toute l'Europe, depuis le nord jusqu'au midi. Il est partout commun en Suisse et s'élève jusqu'à de grandes hauteurs dans les Alpes, soit dans les forêts et les buissons, soit dans les prairies. Je l'ai trouvé, dans l'Oberland bernois, jusqu'à 1900 mètres environ, et l'ai capturé, plus haut encore dans l'Engadine, à 2500 mètres au-dessus de la mer. Un grand nombre des individus qui habitent nos vallées alpestres se retirent, pendant la mauvaise saison, dans les chalets et les caves des maisons.
Le Mus sylvaticus^ pourvu de membres postérieurs compara-
tivement très allongés, saute sur le train de derrière beaucoup plus qu'il ne court. La grosseur de ses yeux et la longueur de ses jambes lui donnent même un peu Fapparence d'une Gerbille. Il se creuse des galeries souterraines dans les bois et dans les champs et y établit des cellules distinctes, où il enmagasine d'abondantes provisions de graines et de racines. Ses canaux sont parfois tellement à fleur de terre que le sol est soulevé sur leur passage. Ce Rat, que nos paysans appellent Levrette, rejette souvent la terre en petits monticules et vient ronger par dessous les plantes potagères et d'ornement. Très adroit et bon grimpeur, il rode beaucoup la nuit, donnant la chasse aux Insectes, s'attaquant même aux nichées des petits Oiseaux.
Les femelles mettent bas, deux à trois fois l'an, dans leurs galeries, de quatre à six petits K
De nombreux débris fossiles du Mus sylvaticus ont été découverts, soit dans les graviers stratifiés des environs de Genève *, soit dans les tourbes et les restes de quelques stations humaines; dans les Palafittes, par exemple, à Robenhausen *. Je ferai remarquer que les ossements trouvés dans les graviers rappellent, par leurs dimensions un peu plus fortes que la moyenne, la foime majeure de nos Alpes.
Blasius a réuni dans une section à part, et sous le nom de KurzOhrige Matlse (Souris à courtes oreilles), deux espèces de petite taille qui se distinguent principalement des précédentes par des oreilles toujours plus courtes, ainsi que par un nombre de mamelles constanmient diffé-
* J'ai TU tuer d'an coup de fouet, dans un siUon, une femelle du Mulot, qui, surprise dans son nid par la charrue, était retenue dans sa fuite par ses petits qu'elle traînait après elle, accrochés par les pieds antérieurs et par les dents à sa queue et à ses poils. Cette observation, quoique isolée encore, puise un certain intérêt dans le rapprochement qu'elle permet de fiiire avec les mœurs de certains Phalangers d'Australie.
* Pictet, F.-J. Ossements de Mattegnin. Soc. de Phys. XI, 1846, p. 91. ' Ratimeyer, L. Pfahlbauten, 1861, p. 24.
rent. Je veux parler des Mus agrarim et M. minuiuSj que j'ai déjà dît n'avoir rencontré nulle part sur le territoire suisse.
Quelques citations m'empèchant de passer ces Souris sous silence, j'en donnerai donc une brève description pour les signaler à l'attention des naturalistes de notre pays.
LE RAT A BANDE Die Brandmaus
Mus AOBAEius, Pallas
D'nn brun roux eii dessus avec un trait dorsal noir; blanc en dessous. Queue plus courte que le corps. OreiUe égale, à peu près^ au tiers de la tête. Œil moyen. Longueur totale moyenm = 185^^.
Mus AGRARius, PoU. Nov. spec. p. 341.
» RUBEUS, Schtvetikfeld, Theriotr. p. il4.
Schinz, dans sa Fauna Helvetica, 1837, raconte, diaprés M. Schindler, que le 3fus agrarius n'était pas rare autrefois dans le Valais ; cependant, je dois dire que je Tai cherché avec soin dans le dit canton, sans jamais trouver autre chose qui lui ressemblftt, même extérieurement, que des Mulots, chez lesquels les soies dorsales formaient une sorte de bande irrégulière, ainsi que cela se rencontre souvent. Le professeur 0. Heer, dans sa Faune du canton de Claris , page 19, affirme que cette Souris a été prise, en 1813, dans la vallée près de Mollis; mais il m'écrit aussi qu'elle n'a jamais été revue depuis ce temps.
n me semble donc que cette espèce doit être considérée comme étrangère à notre faune , jusqu'à de nouveaux renseignements. Voici, en deux mots, ses principaux caractères.
Toujours seize dents, dont douze molaires à tubercules saillants et arrondis. — Crâne allongé et aminci en avant ~ Plis
palatins au nombre de hait. — Pieds effilés et blanchâtres. — Oreille petite et égale au tiers de la tête à peu près. — Queue bicolore et un peu plus courte que le corps. — Mamelles au nombre de huit. — Museau garni d\me moustache médiocre, attei'^ gnant environ à la moitié de Toreille. Yeux moyens. — Faces supérieures colorées d\m brun roux et marquées longitudinalement par un trait noir nettement accentué sur le dos, depuis la tête jusqu'à la racine de la queue. — Faces inférieures blanches.
Longueur totale, du bout du nez à Textrémité de la queue, « 180 à 190". Tête = environ 30"-. Oreffle = 11—. Ked postérieur = 21™. Queue = 80 à 85™.
Cette espèce est moins répandue que les précédentes ; elle est surtout abondante dans le nord de TAllemagne et la Russie, quoique se rencontrant parfois aussi en Lombardie, et jusque dans le midi de la France ^
Elle habite de préférence les champs cultivés.
Les femelles mettent au monde, trois ou quatre fois Tan, de quatre à huit petits.