‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 46 sur 91 · LE RAT NAIN · texte numérisé non relu

LE RAT NAIN

Die Zweromaus

Mus xnruTUS, Psllaa

D'un fauve roussâlre ou grisâtre eti dessus; Uanc en dessous. Queue de la longueur du corps. Oreille égale au tiers de la tête. Longueur totale moyenne = ISÔ"^.

Mus MINUTUS, PaU, Nov. spec. p. 345.

» PCNDULiNUS, M. soRiciNus, M. p/iRvuLUS, Hetm. Obs. Zool. I, p. 63, 57.

» CAJiPESTRis, Fr, Cuv, et Geoff. Mamm.

> MESSORius, Shaw, 6en. Zool. II, p. 62.

» PRATENSis, Ockskay, Acta Acad. Caes. Leop. 1831, p. i43. MiCROMTS AOiLis, Dehne, Hoflœssnitz, 1841.

* M. 0. Lnnel, conservateur ao Musée de Oenère, m'a assuré l'avoir, entre antres, prise une fois, dans le midi de la France, près de la ville de Cette, en 1854.

M. Schneider, préparateur au Musée de Bàle, m'a dit, dernièrement, avoir vu ce petit animal et ses nids suspendus dans les prairies voisines de Rheineck, dans le canton de St-GalL Voici donc, brièvement, les principaux signes distinctifis de cette espèce*.

Toujours 16 dents, dont douze molaires à tubercules saillants et émoussés. — Tête arrondie et museau pointu. — Huit plis palatins. — Pieds allongés et blanchâtres. — Oreille presque ronde, mesurant le tiers de la tête environ. — Queue bicolore, à peu près de la longueur du corps. — Mamelles au nombre de huit. — Moustaches atteignant à la moitié de Toreilla Œil moyen. — Pelage assez égal. — Faces supérieures variables, avec Tftge et les saisons, comme chez le Mulot, du gris iauve au roux jaun&tre. — Faces inférieures blanches.

Longueur totale = 130 à 140—. Tête = 21 à 22—. Oreille = 7 à 8—. Pied postérieur = 15—. Queue = 65 à 70—.

Cette espèce, la plus petite du genre, habite TEurope presque entière, au nord et au midi Elle se tient de préférence dans les champs et les jardins, vivant de grains et suspendant ses petits nids arrondis dans les céréales. Elle est très agile et se sert souvent de sa queue comme organe de suspension, pendant ses évolutions entre les tiges des graminées.

Les femelles mettent au monde, trois ou quatre fois Tan, de trois à huit petits.

^ J'ai trouvé le Rat nain 8ur le territoire firançais, non loin de nous, mais au delà du fort de TÉcluse et par conséquent en dehors de nos limites naturelles.

Tribu IL ARVICOLINS

ARVICOLINA

La tête des Arvicolins est, comparativement, courte et large (Voy. PL VI, fig. 15).

Le tronc est, chez eux, long, gros, cylindrique et couvert d'un pelage plus ou moins doux et fourré.

Les dents sont au nombre de 16; deux incisives par mâchoire et trois molaires de chaque côté en haut et en bas. Les incisives affectent moins la forme de coin que celles des Rats ; elles sont plus minces^ plus allongées et moins verticales. Les molaires s'enfoncent, la plupart du temps, béantes dans leur alvéole et ne présentent que rarement des racines; leur couronne est plate et paraît comme composée par une série de prismes juxtaposés, la lame unique d'émail étant pourvue de profonds replis et circonscrivant des espaces cémentaires nombreux (Voy. PL VI, fig. 16). La forme et la quantité constantes de ces espaces, dans une même espèce, peuvent fournir, dans cette division de très bons caractères. La formule générale de la tribu sera :

Les plaques palatines prennent naissance entre les dernières molaires.

Les membres sont courts et plus ou moins forts; les

postérieurs n'atteignent jamais tout à fait an double des antérieurs.

Les oreilles sont courtes ou moyennes et arrondies on ovales, mais rarement très saillantes.

La queue, variable en dimension, ne présente pas, comme chez les Rats, des anneaux écailleux fermés et réguliers ; elle est toujours plus ou moins couverte de poils formant à son extrémité une sorte de pinceau.

Le museau est plutôt large et orné d'une forte moustache. Les yeux sont arrondis et toujours plus petits que ceux des Murins.

Le nombre des mamelles, très différent avec les genres et les espèces, est ici souvent d'un grand secours dans la distinction des formes voisines.

Ces animaux se nourrissent principalement de substances végétales, et mènent, en général, un genre de vie souterrain, étant toujours bien meilleurs fouisseurs que grimpeurs. Us sont rarement pourvus d'un vrai sommeil hivernal, se montrent de jour et de nuit, habitent les champs et les bois et possèdent parfois un instinct de sociabilité très développé • .

Les Arvicolins sont répandus dans les diverses parties du monde, à l'exception de l'Australie. L'Europe en compte de 10 à 12 espèces *, dont 5 seulement ont été jusqu'ici observées en Suisse.

Les nombreux représentants de cette sous-famille ont été répartis dans quelques genres et sous-genres ou dans

* Quelques espèces se réunissent, en effet, pour exécuter en troopes immenses de longs voyages, fouillant et dévastant les bois et les champs sur leur passage, un peu comme les Lemmings d'une tribn Yoistne.

' n est difficile de fixer exactement le nombre des espèces européennes, par le ùài du défaut d'obsenrations et de descriptions suffisantes sur quelques-unes d*entre elles encore imparfaitement connues.

plosieiirs sections, suivant que Pou a attaché plus ou moins d'importance à tel ou tel caractère. Il est souvent bien difficile de savoir quel poids attribuer à ces subdivisions.

Toutefois, en considération de la valeur caractéristique des dents dans cette tribu, je distinguerai en un genre à part, et sous un nom différent, les Arvicolins chez les adultes desquels Nathusius a découvert des racines aux molaires, quoique ces petits Rongeurs se rapprochent beaucoup, sur d'autres points, des véritables Campagnols.

Genre 1. CAMPAGNOL MURIN

HYPUDiEUS, Illiger

Deux racines distinctes aux molaires chez les aduUes. Urantaux sans étranglement. Angles saillants des molaires inférieures arrondis et directement opposés. Toujours 4 espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure. OreiUes ovales. Fieds postérieurs mesurant presque le double des an^ teneurs. Museau plutôt acuminé. Queue allongée.

Les Campagnols murins constituent un degré transitoire entre les Campagnols et les Rats, tant par leurs formes plus sveltes et leurs dents radiculées que par quelques particularités de leurs mœurs.

Le crâne d'un Hypudœus est plus allongé et plus conique en avant que celui d'un Arvicola. La boite osseuse est arrondie ; les pariétaux sont légèrement bombés ; les frontaux ne sont jamais étranglés, et leurs parties antérieures

et postérieures demeurent distinctes ; les maxillaires et les nasaux sont constamment assez longs.

Les molaires ont, chez les adultes, deux racines ou rarement trois, ainsi que des angles saillants latéraux arrondis et presque directement opposés au maxillaire inférieur.

A la mâchoire supérieure : la première molaire compte cinq espaces cémentaires et trois angles saillants de chaque côté; la seconde possède quatre espaces bien circonscrits et deux angles internes sur trois externes ; la troisième seule est un peu variable.

A la mâchoire inférieure : la première molaire est seule variable ; la seconde ofire cinq espaces plus ou moins en communication et trois angles saillants de chaque côté ; la troisième a trois espaces et, comme la précédente, trois angles à droite et à gauche.

Les oreilles sont ovales et plutôt longues.

Les pieds sont minces, bien velus en dessus et pourvus d'ongles étroits et recourbés ; ceux de derrière atteignent presque au double des antérieurs ; la face plantaire postérieure est pubescente en arrière et munie de six tubercules arrondis.

La queue est allongée et bien velue.

Le museau est plutôt acuminé et orné d'une moustache assez longue ; l'œil est comparativement grand.

Le pelage est doux, toujours noirâtre à la base et inégal ou parsemé, sur le dos, de quelques poils foncés plus longs que Tensemble des autres.

Les femelles sont pourvues de 8 mamelles.

Ces animaux sont beaucoup moins fouisseurs et plus grimpeurs que les Campagnols; ils vivent de préférence dans les bosquets et les bois, se nourrissant presque autant de matières animales que de substances végétales.

La Suisse et l'Europe ue possèdent jusqu'ici qu'une seule espèce de ce genre.

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