‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 47 sur 91 · LE CAMPAGNOL ROUSSATRE Die Waldwûhlmaus · texte numérisé non relu

LE CAMPAGNOL ROUSSATRE Die Waldwûhlmaus

HTPUDiBUS OLA&EOLU8, Schreber

D\m bmn marron en dessus^ gris sur les flancs et blanchâtre en dessom. Queue bicolore et à peu près égale à la moitié du corps. Oreille plus longue que large et mesuratit presque la moitié de la tête. Frontaux jamais étranglés et comme divisés par une rigole longitudhude. Sept espaces et neuf angles à la première molaire inférieure; six espaces et hfiit angles à la dernière supérieure. Longueur totale, variable de 140 à 190"^.

Mus OLAREOLUS, Schreb, Sseugeth. III, p. 680, 1. 190 B.

» RLTiLUS, VAR. PoUos, Nov. spec. GIIt. p. 247. Arvicola fulvus, Millet, Faune de Maine et Loire, 1828.

» RIPARIA, Yarell, Proc. of the Z. S. 1832, p. 109.

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Myodes Nageri, Gerbe, Rev. et Mag. de Zool. 1852.

> BicoLOR, Fatio, Rev. et Mag. de Zool. 1862.

Mftchoire supérieure : les incisives un peu plus droites que chez la majorité des Campagnols; six espaces cémentaires à la troisième molaire, les deux ou trois derniers mal fermés ; ordinairement quatre angles à cette dent de chaque côté.

Mftchoire inférieure : la première molaire comptant sept espaces, les deux ou trois premiers mal fermés ; quatre angles externes et cinq internes.

Crftne arrondi vers la base et allongé en avant. Les frontaux sans étranglement et comme divisés par une rigole longitudinale. Kinterpariétal et Toccipital légèrement comprimés et prolongés en arrière ; les pariétaux larges et sensiblement bombés ; toutes les arêtes peu saillantes ; Vangle fronto-pariétal peu profond et peu aigu.

Oreille plutôt grande et mesurant à peu près la moitié de la tête; ovale, soit plus longue que large, et pourvue sur le bord de petits poils bruns ou rougefttres.

Pieds étroits, bien velus en dessus, d'un roussfttre clair, bhinchfttres ou blancs et armés de petits ongles crochus. La plante postérieure munie de six tubercules arrondis et velue, depuis le talon, jusqu'au milieu à peu près

Queue un peu plus courte ou plus longue que la moitié du corps, bien couverte de petits poils noir&tres en dessus et blanchâtres ou blancs en dessous ; le pinceau terminal généralement long et fourni.

Museau plus acuminé que celui des Campagnols et orné d\me forte moustache blanche et noire dépassant quelquefois Textrémité de Toreille.

Œil comparativement grand.

Mamelles au nombre de huit : quatre pectorales et quatre inguinales.

Pelage souple, légèrement brillant et médiocrement fourré ; de longueur variable, suivant les régions et les saisons, et on peu inégal, sur le dos, par le fait du mélange de quelques poils noirs plus développés que les autres.

Faces supérieures d'un brun marron, rouge&tre ou jaun&tre, plus ou moins étendu sur les côtés du corps ; les flancs dHrn cendré fauve ou d\m gris bleu&tre.

Faces inférieures blanches, blanchâtres ou grisâtres, souvent aussi lavées d'une faible teinte roussâtre.

Jeunes plus sombres que les adultes; la teinte rougeâtre plus restreinte sur le dos.

Cette espèce offre, dans la coloration conune dans les proportions, de nombreuses modifications. Les individus des régions supérieures de nos Alpes, que j'avais distingués, en 1862, sous le

nom de Myodes bicolor^ présentent une taille toujours plus forte que ceux de la plaine ; la coloration des parties supérieures est chez eux plus foncée et plus étendue, et la lame d'émail forme comme un cinquième petit repli sur le côté du dernier espace cémentaire de la troisième molaire supérieure.

Plaine. Alpes.

Longueur totale 0-,138 à0»,l92

de la tête 0,028 0,032

de l'oreille (au bord externe) 0,013 0,016

du pied antérieur (avec les ongles) 0,0095 0,0115

du pied postérieur (avec les ongles) 0,018 0,021

de la queue (de l'anus au bout du pinceau) .. 0,048 0,065

Le Campagnol roussfttre est répandu en Europe depuis TOural jusque dans les Basses-Âlpes en France. 11 se trouve presque partout en Suisse, dans les vallées comme dans les montagnes, sur le Jura et très haut dans les Alpes. Je Tai toujours rencontré jusqu'à la limite supérieure des forêts, au-dessus même de 22(X) mètres dans la Haute-Engadine. Il habite quelquefois les bosquets dans les jardins, mais il semble se plaire surtout dans les broussailles et les bois, où il s'établit des galeries peu complexes, se contentant souvent de gîtes peu profonds. Son nid, construit sous des herbes ou des racines, reçoit, deux à quatre fois Tan, de quatre à huit petits. Jour et nuit il rôde à la recherche des graines et des Vers, et dévaste même parfois les couvées des petits Oiseaux bas-nicheurs. L'hiver il ne dort point et se nourrit d'écorces ou de radicules de diverses sortes.

Genre 2. CAMPAGNOL

ÀRVICOLA, Lacepède

Denis sans racines à tout âge. Angles saillants des molaires aigus et alternants. 4 ou 5 espaces cémeniaires à la

ta FAUNE DES VERTÉBRÉS.

seconde nwlaire supérieure. Pieds postérieurs toujours Unn de mesurer le double des antérieurs. Museau plutôt arrondi. OreiUes et queue de dimensions variées.

Le crâne des Campagnols proprement dits est généralement court et anguleux. Large et bombé chez les jeunes, il se déprime chez l'adulte; il devient de plus en plus étranglé vers les frontaux, et les dimensions de sa boite crânienne diminuent graduellement. Les maxillaires et les nasaux sont de médiocre dimension ; la trace qui sépare les parties antérieures et postérieures des frontaux s'eflface plus on moins avec l'âge, suivant les espèces, pendant que l'angle pariétal s'accuse toujours plus (Voy. PL VI, fig. 15).

Les molaires ne possèdent jamais de racines, et restent, durant toute la vie, béantes à leur extrémité inférieure. Les arêtes latérales que décrit la lame d'émail sont régulièrement aiguës et alternantes.

A la mftchoire supérieure : la première molaire compte cinq espaces et trois angles saillants de chaque côté ; la seconde a, suivant les cas, quatre ou cinq espaces; la troisième diffère avec les espèces.

A la mâchoire inférieure : la première molaire est très variable. La seconde présente, en réalité, cinq espaces, mais les premiers sont quelquefois si mal fermés que ce nombre peut paraître s'élever à quatre seulement ; elle a trois angles de chaque côté. La troisième offre toujours trois espaces et trois angles de droite et de gauche.

Les oreilles sont moyennes, plus ou moins longues, généralement larges et arrondies sur le bord.

Les pieds sont épais et velus à des degrés très divers. La plante des postérieurs est entièrement nue ou pubescente en arrière, et pourvue de cinq ou de six tubercules.

Le pied de derrière égale, à peu près, une fois et trois quarts la longueur de celui de devant.

La queue varie beaucoup en dimensions.

Le museau est plutôt arrondi, large et muni d'une moustache assez forte. L'œil est moyen ou petit.

Le pelage est fourré, noirâtre ou ardoisé à la base, et parsemé, sur le dos, de soies foncées qui lui donnent, suivant leur longueur et leur abondance, un brillant plus ou moins accentué et un toucher plus ou moins rude.

Les femelles sont munies de 8 ou de 4 mamelles.

Les animaux de ce genre sont grands fouisseurs, dorment rarement en hiver, habitent les champs ou les bois et se nourrissent surtout de matières végétales.

Les espèces européennes peuvent être réparties dans trois sous-genres différents, d'après la dentition, le nombre des mamelles et certaines particularités des mœurs ' .

La dernière de ces subdivisions nous fait entièrement défaut * ; les Campagnols qui la composent ne portent que quatre mamelles, et mènent un genre de vie presque exclusivement souterrain. De Selys en a fait, le premier, une section à part, sous le nom de Microtus; j'ai proposé, après lui, d'en faire un sous-genre particulier, sous le nom de Terricola^.

* Aa nombre des espèces européennes encore peu connues, je citerai : VArcicoUa Sozianus, que M. José Vicente Barbosa du Bocage signala dans le Portugal, et décrivit, en 1865, dans les Memoriaa da Acadenùa Seal das Sdendas de Liahoa. «Ty joindrai, également, VArv, sociaiis de Pallas, qui habite les contrées voisines du Volga et de la mer Caspienne.

' Le sous-genre des Ibrriodla compte, en Europe, les Arvicola Savii (De Selys), du midi, et Arv, subterranetis (De Selys), de France et d'Allemagne. Gerbe a décrit, en 1854, sous le nom de Arv. Ibericus, une troisième espèce dans ce grqupe ; cependant la description que cet auteur a relevée sur une seule peau venue d'Espagne, semble rapprocher beaucoup ce Campagnol de VArv, Satiû

' Campagnols du bamn du Lémanj par V. Fatio. Assoc. zool. 1867, p. 26. T. I. 15

Sous-GENREl. CAMPAGNOLS DES PRAIRIES •

Pratigola, Fatio*

Les Campagnols de ce sous-genre présentent toujours 4 espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure et trois angles saillants au côté externe de cette dent, sur deux au côté Jnteme.

Les mamelles sont, chez eux, au nombre de 8, également réparties sur la poitrine et le bas-ventre.

Les oreilles sont arrondies ou ovales.

Les rapports entre les pieds de derrière et de devant varient un peu suivant les individus; cependant les postérieurs mesurent, en général, à peu près une fois et trois quarts la longueur des antérieurs.

Les proportions diverses et la coloration changent beaucoup chez les différentes espèces.

Ces animaux habitent surtout les terrains découverts.

La Suisse compte trois Campagnols de ce groupe ; il lui manque les Arv. rcMiceps (Keys. et Bias.) et Arv. amh pestris (Blas.) du nord de notre continent.

' Wahlratten et en partie Feldmàuse de Blaaius.

' Camp, du Lém<m. Aasoc. zool. Ib67. Je réunis dans ce sous-genre les PaUidicoUi et une partie des Amœia de Blastus, aussi bien que les Htmwi0my9 et les Afviœla de De Seljrs.

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