‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 48 sur 91 · LE CAMPAGNOL AMPHIBIE · texte numérisé non relu

LE CAMPAGNOL AMPHIBIE

Die Wasserratte

Aevicola akphibiub, Linné

D'tm brun terreux d^inteiisité variable en dessus ; grisâtre et plus ou moins roux en dessous et sur les flancs. Queue légèrement bicolore^ à peu près égale à la moitié du corps. Oreille petite^ arrondie et mesurant le tiers de la tête environ. Frontaux très étranglés au milieu, chez Vadtdte. Sept espaces et neuf angles à la première molaire inférieure; cinq espaces et sept angles à latroisièfm supérieure. Longueur totale moyenne = âOO à 250^

Mos AMPHisa'S, lÀnn, S. N. XII, p. 82, n. il.

» AQUATiLis, Agric, An. subst. p. 58.

1» PALUDOSi'S, Ltnn. Mantissa, pi. II, p. 522.

» AQUATicus, Bellon, Aquat. p. 35, f. 36.

» TERRESTRis, Lifin, S. N. XII, p. 82, n. 10.

» SCHERMAN, Shaw, Oeu. Zool. II, i, p. 75.

Arvicola ampuibius, AuctûTum, Lacep. Cuv, Bonap. De Selys, etc.

» ATER, MacgiUivray, Trans. W. Soc. VI, p. 424.

» PERTINAX, p. Savi, Mus. Pise.

» MvsioNANii, De Selys, Rev. Zool. Janv. 1830.

» DESTRUCTOR, Savi, Giorn. d* Lett. 102, Fév. 1839.

» TERRESTRIS, C/i. Bonap. Icon. del. F. ital. fasc. VIII, p. 40.

» AROENTORATENSis, Dcsm. Mamm. p. 280.

» MONTicoLA, De Selys, Rev. Zool. 1838.

Lemmvs aquaticus, Fréd. Cuv. Dict. S. N. VI.

» AMPHiBius, Fisch, Syn. Mamm. p. 290.

» SCHERMAOS, Fréd. Cuv. Dict S. N. VI, p. 307.

» TERRESTRIS, Fisch, Syn. Mamm. p. 291 .

MiCROTUs AMPHiBius, SchratUt^ Fauna Boica, I, p. 72.

)> TERRESTRIS, SchratUt^ Fauna Boica, I, p. 72. Htpudjeus ampibius, Sc/itnz, Synop. Mamm. II, p. 235.

» DESTRUCTOR, Schim^ Syn. Mamm. II, p. 238.

» TERRESTRES, Schitiz^ Syn. Mamm. II, p. 239.

» MONTICOLA, Schinz^ Syn. Mamm. II, p. 238.

* Ce Campagnol est assez généralement connu sous le nom de Rat

D*EAV.

Mftchoire supérieure : 5 espaces cémentaires à la troisième molaire et quatre angles saillants au côté externe, sur trois au côté interne; les deux derniers espaces rarement bien fermés et plus ou moins distincts suivant les variétés.

M&choire inférieure : 7 espaces à la première molaire et quatre angles saillants externes sur cinq internes ; les premiers espaces assez largement en communication.

Cr&ne fort, avec des arêtes très accusées. La boite osseuse dV bord grosse, arrondie et convexe chez le jeune, mais réduite ensuite, presque carrée et présentant une faible surface pariétale plane chez Padulte ; les frontaux de plus en plus comprimés avec Page et très étranglés chez les vieux sujets. Les arcades zygomatiques fortes, bien ouvertes et irrégulières dans leur courbure; les conques auditives plutôt petites (Voy. PI. VI, fig. 15).

Oreille courte, arrondie et ne mesurant guère plus du tiers de la tête; cachée souvent par le pelage environnant, et munie, sur la moitié supérieure interne, de poils brunâtres assez longs pour la dépasser souvent de 5 à 6"^.

Pieds trapus et plus ou moins couverts de petits poils grisâtres, brun&tres ou noirâtres ; les antérieurs larges et forts, les postérieurs entièrement nus en dessous et pourvus de cinq tubercules plantaires. Ongles allongés et peu crochus.

Queue très variable en dimensions avec les conditions d'existence des divers individus ; légèrement plus courte que la moitié du corps, égale à celle-ci ou passablement plus longue; grisâtre, brunâtre ou noirâtre en dessus et plus claire en dessous. Le pinceau terminal comparativement faible.

Museau arrondi et orné d'une moustache assez fournie, noire et grisâtre ou roussâtre, atteignant rarement jusqu'à ToreiUe.

Œil comparativement petit

Mamelles au nombre de huit.

Pelage long, fourré et parsemé de soies dorsales plus ou moins développées.

Faces supérieures passant du gris au brun terreux ou au brun noirâtre et mélangés à des degrés divers d\me teinte roussâtre ; les flancs totgours plus clairs que le dos.

Faces inférieures blanchâtres, grises ou d'un roux d'intensité

variable.

Jeunes totgours plus sombres en tout que leurs parents.

Ce Campagnol a donné lieu à la fabrication de nombreuses fausses espèces, gr&ce aux modifications que lui font subir les conditions d'existence auxquelles il est soumis. Deux de ses formes les plus opposées dans l'extrémité de leur divergence passent encore, aux yeux de beaucoup de zoologistes, pour deux espèces distinctes. VArviwla omphiMus^ qui mène un genre de vie surtout aquatique, est, d'ordinaire, plus grand et plus sombre de couleur, avec une queue plus allongée et de nombreuses soies dorsales ; tandis que YArvicola terrestris, dont les mœurs sont plus exclusivement souterraines, est, au contraire, généralement plus petit, plus clair et plus gris, avec une queue plus courte et un pelage plus égal Cependant leurs habitudes inhérentes à la nature du sol sont les principaux agents auxquels sont dus des &cies en apparence si différents.

tPai trouvé dans les pentes qui entourent la vallée du Hasli, en Suisse, plusieurs sujets d'une forme nouvelle de moyenne dimension caractérisée par un pelage partout égal et d'un gris terreux sans mélange de roux sur les deux faces. Chez ceux-ci les oreilles et la queue sont très courtes. Cette dernière à peu près nue, et les pieds postérieurs à peine velus, sont d'une teinte presque noire. Je donne les dimensions de ces Campagnols dans la colonne de droite du tableau ^ Enfin, j'ai rencontré çà et là dans notre pays des variétés accidentelles tantôt pariaitement blanches, tantôt entièrement noires.

Terrestre. Ampbib.Te8sin.(Var. Hasli.)

LoDg.totale 0",196 à0",228 àO-,268 — 0-,207

» de la tête 0,036 0,038 0,042 — 0,036

> de l'oreille (au bord externe

Banale poil) 0,0180 0,0180 0,0160—0,0110

> du pied ant. (avec les ongles). 0,0140 0,0165 0,0180— 0,0155

> du pied post (avec les ongles). 0,025 0,028 0,035 — 0,025

> de la qaeue (de l'anus au bout

du pinceau) . 0,067 0,080 0,105 — 0,062

^ Une plus complète description de cette Tariété se trouve, sous le nom

i30 FAUNE DES VERTÉBRÉS.

Cette espèce *, la plus grosse du genre, est répandue, sous des formes diverses, dans toute TËurope, depuis Textréme nord jusque sur les côtes de la Méditenranée. Elle se trouve presque partout en Suisse, plus ou moins abondamment, dans les plaines et les vallées; je Tai même observée jusqu'à 1400 mètres dans les Alpes et le Jura. Notre pays si accidenté ne présente qu'àunfidble degré les conditions hydrauliques qui peuvent favoriser le développement de la grande race dite plus spécialement, amphibie; aussi la plupart des Arv. amphibius qui se trouvent en Suisse, au nord des Alpes, se rapprochent-ils surtout de la race dite terrestre, ou de celle qui a été nommée montagnarde.

J'ai rencontré, dans plusieurs de nos cantons cisalpins, au bord des courants d'eau, des individus de forte taille avec une longue queue et une coloration très sombre en dessus et bien rousse en dessous ; mais je n'ai observé nulle part ailleurs que dans le Tessin ' des sujets accusant aussi nettement les formes majeures de la race dite amphibie que ceux que j'avais reçus de France, d'Allemagne et d'Italie.

Le Campagnol amphibie s'établit, suivant les localités, au bord des eaux, dans les jardins ou dans les champs. D se creuse des galeries très vastes et complexes, poussant, comme la Taupe, la terre en petits monticules et ne laissant d'ordinaire qu'une ou deux ouvertures à sa demeure. H entasse dans ses magasins un grand nombre d'oignons et de bulbes divers. Habile fouisseur et guidé par un odorat très subtil, il chemine sous terre en ligne directe d'une plante à une autre, et ruine ainsi souvent, en peu de temps, tout un potager en rongeant les racines par dessous. Egalement adroit plongeur et nageur, il poursuit dans les eaux des Insectes, des Crustacés, des Batraciens et même des Poissons. C'est dans l'une de ses poussées que la femelle met au monde, deux à quatre fois l'an, de 2 à 8 petits.

de Arv. amphihius (var. e). dans mon mémoire sur les Campagnola du ba$* sm du Léman. Assoc. zool. 1B67, p. 40 et 47.

' Nos paysans appellent, à tort, cet animal la Taupe grise.

* C'est à M. Pavesi, prof, à Lugano, que je dois le premier Campagnol bien caractérisé comme amphibie que j'aie pu constater en Suisse. Cette forme mi^^^u'e n'est, en effet, pas rare dans les environs de Lagano, près Sureggio.

Des ossements de cette espèce ont été trouvés dans les graviers stratifiés des environs de Genève'.

Page 1