‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 50 sur 91 · LE CAMPAGNOL DES CHAMPS Die Feldmaus · texte numérisé non relu

LE CAMPAGNOL DES CHAMPS Die Feldmaus

Abvicola arvalis, Pallas

Variable j en dessus^ du fauve jaunâtre au gris brun et an gris noirâtre; blanc glacé de jaune ou gris en dessous. Queue un peu plus longue que le tiers du corps et plus ou moins bicolore. Oreille arrondie^ sensibJefnent plus grande que le tiers de la tête et bien vdue sur le bord. Frontaux UgèranefU étranglés chez Tadùltfi. Neuf espaces et onze angles à la première nidaire {inférieure; six espaces et huit angles à la troisibm supérieure. Longueur totale moyenne ^ de 120 à 160^.

Ml' s ARVALis, Pallas, Nov. Spec. Glir. p. 78, n. 14.

» CAMPESTRis MINOR, BvisH. Regn. anira. p. 176, sp. ii. Arvicola ARVALIS, Locep. GriiT. Anim. Kingd. V, p. 534, sp. 2.

» vi'LOARis, DcMm. Mamra. p. 282, sp. 439.

» ARVKXsis, Schinz, Fauna, I, p. 60.

» FLLVis, Destn. Mamm. — IJe Sehjs, Micromamm. p. 99.

» AGRESTis, Jetiifils, Brit. Veitch.

n m'ODECiM-cosTATUS, DeScbjs, Micmmamm. p. HO.

» ARKNKOLA, De Seltjn, Rev. Zool. oct. 1847.

» Baiixonii, I)e Schjft, Congrès de Turin, 1840, paii.

MYODES ARVALIS, Pollos, Zoogl*. I.

Kemmi's ARVALIS, Frt'xi. Cuv. Hist. Nat. Mamin.

MirRorrs uKEciARiis, Schrankt Fauna Boica, I, p. 73, sp. 32.

HYPUD.t:i s ARVALIS, Jllig. Brantz. Muiz. p. 82, sp. 22.

» RI FEscENTE-nscrs, H. RIFO-Fiscvs, Schinz, Svnop. Mamm. II, 240.

Mâchoire supérieure : 6 espaces cémentaires à la troisième mo* laire et quatre angles saillants de chaque cdté ; les deux derniers espaces communiquant entre eux.

Mâchoire inférieure : 9 espaces à la première molaire et cinq angles au côté externe sur six au côté interne ; les trois premiers espaces toujours plus ou moins en communication.

Grftne large en arrière; la surface de la botte osseuse de forme presque carrée et nettement délimitée, chez les vieux sujets, par des arêtes bien accentuées ; les pariétaux larges chez les jeunes et rétrécis chez les adultes ; les frontaux plus ou moins étranglés avec Tftge ; Tangle pariétal antérieur en général peu profond ; les arcades zygomatiques irrégulières, assez fortes et ouvertes; les conques auditives plutôt petites.

Oreille arrondie, quoique légèrement plus longue que large, mesurant un peu plus que le tiers de la tête et paraissant plus ou moins au-dessus du pelage environnant; couverte, enfin, depuis le milieu, de petits poils gris&tres ou jaunâtres qui la dépassent faiblement.

Pieds diversement velus et colorés suivant les individus ; tantôt blanchâtres, tantôt fauves ou noirâtres. Les antérieurs assez larges. La face plantaire des postérieurs munie de six tubercules et pubescente en arrière sur un tiers de son étendue. Ongles moyens.

Queue d'ordinaire très peu plus longue que le tiers du corps, assez fourrée, brunâtre ou d'un gris roussâtre en dessus, grisâtre, jaunâtre ou blanchâtre en dessous.

Museau arrondi et orné d'une moustache assez fournie, les poils les plus forts ne dépassant guère la moitié de Toreille.

Œil comparativement grand.

Mamelles au nombre de huit, pectorales et inguinales.

Pelage doux, serré, légèrement inégal en dessus et plus ou moins long, suivant l'altitude et les saisons ; parfois épais et raide sous le ventre et présentant alors un certain éclat.

Faces supérieures variant du fauve jaunâtre clair au gris brun nuancé de noirâtre, ou même un peu rougeâtres; les flancs d'une même teinte dégradée.

Faces inférieures, passant du blanc légèrement glacé de jaune à un gris souvent assez foncé.

Jeunes plus sombres et moins fauves que les adultes ; les pattes presque constamment noir&tres.

Cette espèce varie beaucoup dans la coloration et dans les proportions, non-seulement de la plaine à la montagne, mais encore dans une même localité. Les sujets de nos vallées, généralement plus petits que ceux des Alpes, sont indifféremment d'un fauve jaun&tre clair ou d'un gris brunâtre ou noirâtre. Les individus qui habitent les régions supérieures, déjà depuis UOO mètres d'élévation, présentent, avec une taille plus forte, un pelage beaucoup plus long qui recouvre souvent complètement les oreilles. Leur livrée est plus régulièrement d'un gris brunâtre et leur queue plus franchement bicolore. Malgré ce faciès particulier, qui leur a fait attribuer par Schinz le nom de Uyp. rufescaUefuscuSy ils ont exactement toutes les mêmes habitudes que leurs confrères de la plaine. Je ne crois pas que Ton ait signalé jusqu'ici, dans la race alpine, une forme fauve ou jaunâtre clair, parallèle à celle de la plaine ; elle me semble cependant exister aussi, quoique plus rarement, dans les régions élevées. J'ai trouvé, en effet, en 18G2, dans un pâturage voisin du haut de la Furka, à 2300 mètres environ, un Campagnol d'un fauve très clair eu dessus et blanc en dessous, d'une taille supérieure à la moyenne,, avec des arcades zygomatiques très ouvertes et des incisives supérieures d'un bon tiers plus longues que celles de tous mes Art\ ruf. fuscus. Longtemps j'ai considéré cet animal comme appartenant à une espèce particulières et je l'ai laissé de côté en attendant de pouvoir m'en procurer de nouveaux exemplaires ; mais, n'ayant plus rien découvert de pareil, je crois maintenant devoir le rapporter à YArv. arvalis^ comme Var. fulva, en le rapprochant de la forme que De Selys a décrite sous le nom d'Arv. BaUlonii.

Je signalerai encore dans les environs de Luccme et dans quelques autres vallées voisines des Alpes, une variété qui fiût la transition entre les sujets de la plaine et ceux de la montagne. La taille de ce Campagnol est moyenne, les faces supérieures sont, chez lui, plus brunes et la queue plus franchement bicolore.

* Cette forme particulière est une des espèces en expectatÎTe dont j^ai parlé daus mon mémoire sur les Campagnok du has9in du Lèman^ dans la not de la page 73.

Enfin, j'ai rencontré, assez souvent, des variétés accidentelles, les unes albines et souvent parfaitement blanches, les autres entièrement noires.

Plaine. Alpes.

Long.totale 0«,113 àO»,136 àO-,170

» delatéte 0,0250 0,0276 0,0310

» de Toreille (au bord externe) 0,0116 0,0120

> da pied antérieur (avec les ongles) 0,0095 0,0106 0,0115

* du pied postérieur (avec les ongles) 0,014 0,017 0,019

> de la queue (de l'anus an bout du pinceau). 0,030 0,037 0,040

Le Campagnol des champs est abondant dans toute l'Europe centrale; mais il est en grande partie remplacé dans le midi par une espèce de la troisième section, VArv. Savii, qui lui ressemble un peu extérieurement. VArv. arvcHiSj sous diverses formes, se trouve partout en Suisse, et souvent jusqu'à 2350 mètres dans les Alpes ; il est, par exemple, commun dans la Haute-Engadine. n se creuse, dans les champs et les prés, des galeries très complexes munies de nombreuses ouvertures, et court volontiers entre neige et terre pendant la mauvaise saison. Sa nourriture consiste principalement en herbes, graines et racines diverses qu'il emmagasine pour rhiver dans sa demeure. H ne refoule pas la terre en monticules comme le Campagnol amphibie, et moins souterrain que lui, s'attaque aux plantes par l'extérieur et en dessus, au lieu de les ronger par dessous. Les petits animaux de cette espèce se réunissent parfois en troupes immenses pour exécuter de grands voyages dans les pays plats. Notre sol est trop accidenté pour que l'on ait pu observer jusqu'ici, chez nous, des déplacements bien importants de ces armées dévastatrices ; l'on a seulement remarqué dans quelques endroits, près de Bàle par exemple, qu'il s'y montre dans certaines années en beaucoup plus grande quantité que dans d'autres.

Les femelles mettent bas, cinq à sept fois l'an, suivant les conditions extérieures, de quatre à huit petits, dans un nid caché sous terre au miUeu de nombreux labyrinthes.

Des ossements fossiles de VArvicda arvdis ont été trouvés dans les graviers stratifiés des environs de Genève '.

* Pictet, F.-J. Ossements de Mattegnin. Soc. de Phys. XI, 1846, p. 91.

Sous-GEXRE 2. CAMPAGNOLS DES BOIS

Sylvicola, Fatio*

Les représentants de ce sous-genre comptent toujours 5 espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure; ce caractère possède une grande valeur à cause de Finvariabilité de cette dent dans les autres divisions.

Les mameUes sont au nombre de huit, quatre sur la poitrine et quatre sur le bas ventre.

Les oreilles, bien développées, sont, en général, au moins aussi larges que longues.

Les pieds postérieurs mesurent, à peu près, une fois et trois quarts la longueur des antérieurs.

La queue atteint environ au tiers des dimensions du corps.

Ces animaux habitent surtout les broussaiUes et les bois, et de -préférence les lieux humides.

L'on ne connaît encore qu'une seule espèce de ce groupe, en Suisse et en Europe.

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