LE CAMPAGNOL AGRESTE Die Ebdmaus
Abvicola AaRKiiTXS, Lioné
VariaUe^ eti desfnis, du gris brunâtre au noirâtre au brun jaunâtre ou rougeâtre; gris, blanc ou légèrement roussâtre e>i dessous.
* Ce groupe, que j*ai nommé Syhieola {CampagnoU dm bastim dm LémoÊL Ass. zool. du Léman, 1867), correspond m aous-genre des Adttrmiuse Agricola de Blasiui (S&ogeth. DcutscU. 1857).
Queue mesurant^ en moyenne, le tiers de la longueur du corps et toujours foncée en dessus. Oreille cm moins aussi large que longue, égale au tiers de la tête et garnie de poUs épars et allongés. Frontaux étranglés en arrière et développés en éctisson en ava/ntj chez Vadulte. Neuf espaces et onze angles à la première molaire inférieure; six espaces et huit an^es à la troisième supérieure. Cinq espaces à la seconde supérieure. Longueur totale moyenne = 140 à 160'
imm
Mus AORESTis, Linn. Faun. Suec. II, p. ii, n. 30.
» OREGARius, Linn. S. N. XII, p. 84, n. 16.
ÀRVicoLA AGRESTis, De Sehjs, Bull. Âcad. Brux. 1840.
» ARVALis, Sufid. Kongl. Vet. Acad. Handi. for 1840.
» NBGLECTA, Thoms. Jenyns, Ann. and Mag. of N. Hist. 1841.
» BRiTANNicus, De Selys, Rev. Zool. Oct. n. 0, 1847. Lemxus insularis, Nilss. Œfvei-s. mars 1844.
HvPiTDiEUS AORESTIS, Schinz, Synop. Mamm. II, p. 240.
» NEGLECTi'S, Schinz, Synop. Mamm. II, p. 237.
Mftchoire supérieure: les incisives d'ordinaire plus courtes et plus droites que chez la plupart des Campagnols. 5 espaces à la seconde molaire, avec trois angles saillants de chaque côté. 6 espaces à la troisième, avec quatre angles de chaque côté, les deux derniers espaces communiquant entre eux. Quelquefois un léger repli de la lame d'émail sur le dernier segment, formant, sur un côté seulement ou sur les deux, un petit angle de plus, et portant ainsi le chiffre total de huit, à neuf ou à dix (Voy. PL VI, fig. 16).
M&choire inférieure: 9 espaces et six angles internes sur cinq externes à la première molaire ; le segment ou Fespace antérieur présentant un aspect un peu différent avec les variétés, selon que les deux suivants sont plus ou moins fermés.
Citne comparativement allongé; la boite crânienne rétrécie et en forme de carré long ; les fix>ntaux étranglés en arrière et élargis en avant com^l^ une sorte d'écusson chez Tadulte; Fangle pariétal antérieur aigu et bien circonscrit chez les vieux ; les arcades zygomatiques très ouvertes, fortes et irrégulières ; les conques auditives moyennes.
Oreille ronde et bien développée, en général plus large que Ion-
240 FAUNE DBS VERTÉBRÉS.
gue et égale environ au tiers de la tête ; pourvue sur la moitié extrême de poils gris et rouss&tres très déliés et très clairsemés, mais toujours assez longs pour la dépasser beaucoup.
Pieds noir&tres, bruns, gris ou blancs et plus ou moins velus en dessus, suivant les variétés ; les postérieurs munis de six tubercules plantaires et fortement pubescents en arrière sur un tiers ou la moitié de leur étendue ; les antérieurs, de largeur différente avec les individus et leur habitat • Ongles forts, longs et d'ordinaire assez droits chez les adultes.
Queue égale au tiers du corps, parfois un peu plus courte ou un peu plus longue ; très variable dans l'abondance de son pelage et paraissant, pour cela, tantôt droite avec un fort pinceau et tantôt conique avec un faible mouchet terminal ; en général franchement bicolore, d'un brun noi- TtAxe en dessus et grisfttre ou blanche en dessous ; quelquefois, cependant, presque unicolore chez les jeunes ou entièrement noirâtre chez certaines variétés du nord.
Museau arrondi et orné d'une moustache blanch&tre et noire, dont les plus grands poils dépassent rarement l'extrémité de l'oreille.
Œil plutôt grand.
Mamelles au nombre de huit.
Pelage excessivement variable dans ses formes ; tantôt raide, court, inégal et parsemé de soies rigides sur la face dorsale, en même temps qu'épais et brillant sous le ventre; tantôt, au contraire, long, mou, égal, sans éclat et facilement en désordre.
Faces supérieures passant du gris brun&tre au noirâtre, au brun jaunâtre et au brun rougeâtre.
Faces inférieures blanches, d'un gris légèrement roussfttre ou même noirâtres. La transition entre la couleur des deux faces souvent très brusque, quelquefois très douce, d'autres fois, enfin, marquée par une ligne claire de teinte jaunâtre.
Jeunes pourvus d'un pelage plus mou que celui des adultes, et d'une livrée beaucoup plus sombre avec des membres noi-
r&tres, sauf dans la variété Agrestis (var. c), où ils sont blanch&tres.
Cette espèce peut offirir de profondes modifications dans ses proportions, sa coloration et la nature de sa robe. Aux variétés diverses signalées de droite et de gauche sous des noms différents et rangées dans la synonymie, je tiens à joindre encore deux formes nouvelles.
tPai déjà décrit la première sous le nom à' Agrestis (var. c) dans mon mémoire sur les Campagnols du Léman. Elle présente un pelage long, très mou, très égal et des pieds blancs et étroits, avec un étranglement des frontaux moins prononcé en arrière et un repli supplémentaire de la lame d'émail sur le côté interne du dernier segment de la troisième molaire supérieure.
Les individus de cette race qui habitent les forêts des Ormonts supérieurs, à 1400 mètres, sont d'un gris brun en dessus et grisfttres en dessous; ceux qui se trouvent dans les bois de Veirier, près de Grenève, sont, par contre^ d'un brun rougefttre en dessus et blancs en dessous.
La seconde de ces formes \ plus petite que la moyenne de l'espèce, présente encore un repli surnuméraire de la lame d'émail bien accusé, à la partie postérieure de la troisième molaire supérieure. Elle est couverte de poils très longs, d'un gris noirâtre en dessus, d'un gris foncé en dessous et noirâtre sur les pieds et la queue. Je n'ai trouvé jusqu'ici cette dernière que près d'Engstlen, vers la limite de la grande végétation, à 1750 mètres dans l'Oberland bernois. Les crânes des deux seuls individus que j'aie pu me procurer semblent, il est vrai, indiquer que ces sujets ne sont pas encore pariaitement adultes. Il est possible qu'ils appartiennent à des jeunes de la variété grise précédente, que j'ai rencontrée aussi dans la même localité ; toutefois, ils paraissent plus âgés que des jeunes d'autres formes qui ont déjà en grande partie perdu la livrée de l'enfanca J'ai reçu, du Labrador, un Campagnol d'un noirâtre encore plus foncée avec des membres et
' Cette yariété noirâtre (Vcar. mgra) est la seconde espèce douteuse dont j'ai parlé dans la note de la page 73 de mon mémoire sur Les Can^agnoU du bassin du lAman, 1867.
ut FAUNE DES VERTÉBRÉS.
une queue entièrement noirs, qui appartient à la section des Sylvkola par la présence du cinquième espace à la seconde molaire supérieure et qui offre un faciès tout à fait semblable à celui de cette petite forme alpestre, avec une modification analogue, quoique plus accentuée, des mêmes caractères.
Plaine. Alpes. Huli.
Long.totale 0-,138 àO-,152 àO-,16S
» de la tête 0,030 0,031 0,032
> de Foreille (au bord externe) 0,0105 0,0118 0,0140 » du pied antérieur (avec les ongles) 0,0102 0,0110 0,0130
> du pied postérieur (avec les ongles) 0,0195 0,0200 0,0220 » de la queue (de Tanus an bout du pinceau). 0,032 0,037 0,041
Cette espèce vit, en Europe, sous des latitudes très diverses, et depuis Textréme nord jusque dans les Pyrénées ; cependant elle parait plus abondamment répandue dans les contrées septentrionales. Elle n'est pas rare en Suisse où elle habite surtout les broussailles et les bois, de préférence dans les localités un peu humides. Les galeries qu'elle se creuse sont moyennement complexes, d'ordinaire peu profondes et pourvues de plusieurs ouvertures ; sa nourriture consiste, principalement, en bulbes divers, en écorces, en graines et fleurs de bas arbustes. Son nid, souvent simplement caché sous des racines ou des débris végétaux, renferme, trois à quatre fois Tan, de quatre à huit petits. Quelquefois ce Campagnol vit aussi dans des terrains moins couverts et au bord des eaux, avec XArv. amphibius^ par exemple. Ce fut en 1863 que je découvris le Campagnol agreste dans notre pays ; je le capturai alors, pour la première fois, dans le fond de la vallée du Hasli, aux environs de Meiringeu; il se présentait là sous une forme rougefttre et de grande taille, analogue à la variété dont Thompson a fait son Arv, neglccta. Depuis lors j'ai rencontré cette espèce, sous des aspects très variés, dans la plupart de nos cantons, et dans les Alpes vaudoises, bernoises et valaisannes, jusqu'à un niveau de 1800 mètres environ ; elle est, entre autres, très commune dans le voisinage de Genève.
FamiUe IV. DUPLICIDENTÉS
DUPLICIDENTlDiË
Ces Rongeurs sont tout particulièrement caractérisés par la présence de deux petites incisives surnuméraires doublant en arrière les deux principales supérieures, et portant ainsi le chiffire de ces dents à 4 en haut.
Les molaires sont dépourvues de racines et enveloppées d'une lame d'émail simple qui, par de profonds replis, semble les diviser comme en segments différents (Voy. PL VI, fig. 18, et PI. Vm, fig. 2); leur nombre est de cinq à six en haut et constamment de cinq en bas. Le crâne, plus ou moins comprimé et allongé, présente les quelques caractères généraux suivants : les frontaux, de largeur variable, sont développés latéralement en apophyses sus-orbitaires de formes et d'étendues diverses ; les trous optiques se rejoignent; le trou sous-orbitaire est petit ; les lames palatines intermolaires sont très-courtes ; le maxillaire supérieur est largement perforé ou criblé de pertuis.
Les membres offrent des proportions souvent très opposées ; cependant les doigts sont ordinairement au nombre de 5 devant et 4 derrière. Les oreilles et la queue sont également variables. Le nombre des mamelles s'élève ^e 4 à 10 avec les genres et les espèces.
2ii FAUNE DBS YERTÉBABS.
Ces animaux sont presque exclusivement herbivores; il y en a de fouisseurs et de coureurs ; quelques-uns amassent d'abondantes provisions. Leur plus grande activité se déploie durant Tobscurité.
Les Duplicidentés peuvent être divisés en deux tribus d'après les formes du crâne, le nombre des molaires supérieures et les diverses proportions du tronc et des membres. Les Léporins sont seuls représentés en Suisse ; les Lagomys^ qui montrent quelque analogie dans leur genre de vie avec les Marmottes, appartiennent aux parties orientales de notre continent, ainsi qu'à l'Asie et à l'Amérique.
Tmbu des Léporins
LEPORINA
La tète des Léporins est comprimée et de profil arrondi ; les os nasaux sont larges ; le maxillaire supérieur est criblé et la lèvre bien fendue.
La clavicule est tout à fait rudimentaire.
Les molaires sont au nombre de 6 sur 5 et très profondément pénétrées par la lame d'émail ; les incisives supérieures sont marquées, par devant, d'un sillon longitudinal.
Les oreilles sont longues et étroites.
Les membres, bien disposés pour la course et le saut, sont toujours élancés et supportent un tronc généralement allongé.
La queue est courte.
Les yeux sont grands.
Les mamelles varient, suivant les espèces, de six à dix.
Les animaux de cette tribu ne possèdent pas de sommeil hivernal, et se nourrissent principalement d'herbes ou de racines. Quelques-uns se creusent des garennes très profondes. Ils sont répandus sur toute la surface du globe, sauf l'Australie, où l'on a cependant importé le Lapin.
Les Léporins peuvent être groupés dans les deux genres Lqms et Garpolagus, dont le premier seul est représenté en Europe.
Genre LIÈVRE
LEPUS, Linné
Crine comprimé; maxillaire supérieur criblé ; routes pa-
latines très courtes. -^ mdaires ; incisives supplémentaires arrondies. Oreilles longues. Membres minces et allongés. Queue courte. Pelage doux et laineux.
La boite crânienne des Lièvres est courte et busquée en arrière; la face est allongée. Les intennaxillaires sont grands et bien développés ; les voûtes palatines consistent en un simple pont étroit tendu entre les premières molaires (Voy. PI. Vin, fig. 2). L'interpariétal constitue une fine lame en arrière des pariétaux qui, bien sensible chez les jeunes, se joint, au contraire, intimement à l'occipital chez les adultes.
Les incisives supplémentaires sont arrondies; la dernière molaire supérieure est la plus petite. Les molaires
médianes paraissent composées comme de deux segments transverses juxtaposés (Voy. PL Vin, fig. 2).
La formule dentaire de ce genre peut être représentée comme suit :
-ê 5 ^ = 28 dents.
Les oreilles sont longues et étroites.
Le membre postérieur est beaucoup plus grand que l'antérieur ; le pouce de ce dernier est toujours très court.
Le pelage est bien fourni, laineux en dessous et parsemé, en dessus, de poils plus allongés.
L'Europe compte de nombreuses variétés de Lièvres, qui ont reçu chacune des noms différents, mais qui peuvent être toutes ramenées à trois espèces seulement. Quelques zoologistes ont voulu diviser ces animaux en deux groupes : les Lièvres {Lepus) qui ne creusent pas et les Lapins (CWniculus) véritables fouisseurs ; cependant cette subdivision me semble peu importante.
Les représentants de ce genre sont d'une taille supérieure à la moyenne de l'ordre. Soit qu'ils habitent sous la terre ou à la surface seulement, c'est toujours la nuit qu'ils se mettent en quête de leur nourriture. Ils ne dorment pas l'hiver; leur habitat, leur genre de ne et leur fécondité varient assez avec les espèces.
La Suisse ne possède réellement que deux sortes de Lièvres; cependant j'aurai à dire aussi quelques mots du Lapin {Cunîculus) à propos de son importation récente dans notre pays et de la découverte d'ossements fossiles de cette espèce sur notre sol.