LE LIÈVRE COMMUN
Der GEMEINE HaSE
Lefus tixidus, Linné
lyun gris fauve ou roussâire et mâangé de noirâtre en desstis ; blanc en dessouSj sauf à la gorge et à la poitrine. Queue noire sur la face dorsale et mesurant, sans le poU^ environ les deux tiers de VoreUle. Oreille noire à V extrémité et plus grande que la tête. Le pied postérieur à peu près égal à VoreUle, Dernière molaire inférieure peu ou pas sillonnée sur la face interne et ne présentant qu^un seul angle saillant de ce côté. Os nc^aux très allonges. Fente post-palatine droite et très ouverte. Longueur totale moyenne = 690'^.
Lepus timidus, Linné, S. N. XII, I, p. 77.
» YULOARis, Linné, S. N. éd. II, p. 46.
» EUROPiEUS, PcUL Nov. spec. Glir. p. 30.
» CAAfPicoLA, Schimp. Gervais, Zool. et Pal. Franc, p. 29.
» HYBRiDUS, Desm, Mamm. note, sp. 561.
» CASPicus, Ehrenb. Symb. phys. fol. 9.
» AQUiLONius« BL Bericht. XIX, Vers. d. Naturf. p. 89.
» MEDIUS, Nilsson, Midd. Bull. d. St-Pétersb. IX, n. 14-i6.
» MEDiTERRANEUS, Wagner, Munich g. Anz. 1841, p. 439.
» MERiDiONAUS, Gfné. Gervais, Zool. et Pal. Franc, p. 29.
» GRANATENSiSy Schtmp. Regensb. Corresp. 1850, p. 111.
En tout 28 dents.
Cr&ne fortement comprimé et bombé ou arqué entre les yeux, sur les frontaux ; nasaux larges et assez allongés pour mesurer d'ordinaire à peu près la distance qui sépare l'extrémité de l'un d'eux du bord antérieur de l'occipital. L'espace vide situé en arrière des voûtes palatines, ou fente post-palatine, de même dimension environ sur toute son étendue et d'une largeur approximativement égale à deux fois le plus grand diamètre d'une molaire médiane (Voyez PI. Vm, fig. 2).
Mftehoire supérieure : les molaires ovales et allongées dans le sens
Si8 FAUNE DES VERTÉBRÉS.
transversal; la première de moitié plus petite que la seconde, n'ofrant qu'un seul segment avec un angle unique au côté interne et pénétrée en avant par deux sillons décrivant dans sa profondeur deux replis dirigés en dehors ; les quatre dents suivantes presque égales et formées, en apparence, de deux segments juxtaposés; la dernière d'un seul segment, ovale et la plus petite (Voy. PL VIU, fig. 2).
M&choire inférieure : les molaires plus épaisses et moins elliptiques que les supérieures; la première la plus grande, présentant deux rainures au côté externe et comme trois segments, dont le médian serait le plus élevé et le plus fort (Voy. PL VI, fig. 18). Les trois dents suivantes presque égales, avec un seul sillon au bord externe et, en ^>parence, composées de deux éléments; le premier de ceuxci toigours plus grand et plus élevé que le second. La dernière molaire de beaucoup la plus petite, double comme la précédente, avec un sillon et deux angles bien accentués au côté externe ; n'accusant toutefois qu'un seul angle au côté interne, par le fait que le sillon est peu accusé sur ce bord.
Oreille très grande, mesurant, depuis la base, beaucoup plus que la tête et dépassant le museau lorsqu'elle est rabattue sur le nez ; ouverte latéralement sur quatre cinquièmes de sa longueur et noire à l'extrémité, cette dernière couleur s'étendant principalement sur le bord extérieur de la face dorsale.
Membres allongés et bien velus sous chaque plante ; les doigts longs et minces ; le pied postérieur toigours à peu près égal à l'oreille.
Queue bien velue, régulièrement noire en dessus et blanche en dessous, et mesurant d'ordinaire, sans le poil, à pen près les deux tiers de l'oreille.
Museau plutôt allongé et narines largement ouvertes par dessous.
Yeux très grands et situés à peu près sur le centre de la longueur de la tête.
Pelage fourré et en partie laineux; unicolore pour la majeure partie des faces inférieures, mais composé, en dessus,
d'un mélange de poils, les uns plus raides, gris à la base, noiriitres au milieu et jaunâtres à la pointe, les autres plus clairsemés et plus longs, jaunâtres ou noirs.
Faces supérieures d'un gris jaunâtre, fauve, brunâtre, plus ou moins roussâtre ou noirâtre ; les côtés du corps moins foncés et plus roux que le dos ; le tour de Tœil plus clair, avec un léger trait blanchâtre en avant et en arrière. L'extrémité de l'oreille et le dessus de la queue d'un noir profond.
Faces inférieures blanches, à l'exception d'une large bande fauve ou rousse, étendue en travers du cou et de la poitrine.
Cette livrée est légèrement variable avec les pays et les conditions d'existence; mais elle n'est jamais régulièrement remplacée, en arrière-automne, par une robe entièrement blanche comme celle de l'espèce suivante. £n hiver, le pelage est simplement un peu plus clair, plus long et plus fourré.
Jeunes bien souvent caractérisés par une petite tache blanche sur le front.
Cette espèce subit, suivant les conditions, quelques modifications dans les proportions et la nature du pelage de ses oreilles, et surtout dans sa coloration générale. Cependant Blasius * a montré conmient l'on peut grouper tous ces aspects divers autour d'un type unique, dont il a fait dériver trois formes principales : l'une méridionale, représentée par les Lepus meridianalis^ L. mediterraneus et L. granatensis^ d'un pelage plus court et plus rougeâtre ; la seconde, la plus différente de cette première, particulière aux contrées nord-est de notre continent, et basée sur des Lièvres d'un pelage plus long, plus fourré, plus clair ou plus grisâtre, les Lepus caspicus^ L. aquUoniîis, L, médius et L. hi^dus; la troisième, enfin, de l'Europe centrale, tenant un juste milieu entre ces deux extrêmes et représentée par notre Lièvre commun, le Leptis timidm type des auteurs ou L. campicola de Schimper.
J'ai observé des variations parallèles, quoique à des degrés d'in-
* Blasius, Nat. d. S&ugeth. Deatschl. 1857.
tensité beaucoup moins accusés, chez les Lièvres de notre pays, selon qu'ils habitent assez haut dans les montagnes, ou demeurent dans la plaine. tTai également vu, en Suisse, plusieurs variétés entièrement blanches.
Longaeur totale 0-,680à0-,700
de la tète .0,116 0,180
de l'oreille (depais le crâne) 0,140 0,155
du membre ant (depuis le coude, avec les ongles). 0,205 0,210
du pied postérieur (avec les ongles) .0,145 0,160
de la queue (de l'anus au bout des longs poils). 0,180 0,150
de la queue (sans le poil) 0,090 0,100
Avec ces proportions, les Lièvres adultes pèsent de huit à douze livres ; cependant, ceux de neuf à dix passent, dans notre pays, pour de beaux sigets. Le Lièvre commun, qui se rencontre presque partout en Europe, est le plus grand des Rongeurs suisses; Q habite les bois et les champs, dans les vallées et dans les montagnes, toujours isolé ou par paire. Chaque canton en possède plus ou moins, mais ce gibier est naturellement plus abondant dans ceux où la chasse est mieux gardée K D s'élève dans les Alpes jusqu'à 1600 ou 1700 mètres, suivant les localités ; cependant le prof. Théobald m'assure qu'on a tué le Lièvre commun à 2270 mètres d'élévation dans les Grisons V C'est un animal inquiet, toujours sur le qui-vive, prompt à la course et rusé dans ses allures. Sa vue est courte, mais son ouïe exceQente. Quand le temps est calme, il se gtte indififéremment dans les hautes herbes ou dans les bois, mais dès que le vent remue les feuilles, au point de ne lui plus permettre d'entendre facilemait ce qui se passe autour de lui, il sort des lieux couverts et vient se blottir dans les terrains dénudés. Pendant le jour, il reste tranquille et se repose aussi longtemps que rien ne vient le déranger ; mais sitôt que la nuit arrive, il se met en quête de sa nourriture, pâturant dans les champs et visitant volontiers les choux des potagers. Les Lièvres ne se creusent pas des terriers comme les Lapins ; ils se choisissent des quartiers qui leur con-
* L'ArgOTÎe m'a paru, sous ce rapport, Fun des plus CiYorisés.
* Je pense qu'il ne s'élève aussi haut que lorsqu'il est pourchassé.
BONGBURS. 251
viennent et y établissent, presque journellement, de nouveaux gttes. C'est paiement dans une simple dépression du sol, sous des herbes ou des branches que les femelles mettent bas, du premier printemps jusqu'à Tautomne, trois ou quatre fois Tan, de deux à cinq petits déjà velus et les yeux grands, ouverts.
Je n'en dirai pas davantage sur un animal dont tous les traités de chasse parlent longuement J'ajouterai seulement qu'il est difficile de se rendre un compte exact de l'âge auquel ces Rongeurs peuvent arriver ; les nombreuses poursuites dont ils sont continuellement l'objet, les empêchant la plupart du temps d'atteindre à une vieillesse bien avancée. L'on admet, toutefois, généralement, qu'un Lièvre ne dépasse guère huit à dix ans de vie '.
Le Lièvre que nous connaissons, habitait déjà la Suisse à l'époque de pierre des Palafittes ; mais il semble avoir été peu prisé alors par les anciens habitants de notre sol, car les restes de son espèce n'ont été trouvés jusqu'ici qu'en fort petit nombre *.