‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 62 sur 91 · l'ours brun · texte numérisé non relu

l'ours brun

Der B^r

Ubsus Arctos, Linné

D'un brunplus ou moins jaunâtre ou noirâtre^ sur tout le corps. Queue presque nuUe et cachée sous le pelage. Plante du pied entièrement nue. Oreille à peine égale au tiers de la tête. Longueur to^ taie moyenne 17 50"^.

Ursijs ârctoS) Linné, Syst. Nat. XII, p. 69, n. 1.

» Fuscus; Urs. NIGER, Albert Magn, De Ânim. XXII, fol. 183.

• coLLARis ; Urs. pyrenaicus, Fr, Cuv. Mamm. t. IV, &sc. 42 et 45. » NORVEGicus, Fr. Cuv. Mamm. 1. 1, fasc. 7.

• FALCiGER, Reichb. Regn. anim. p. 32, n. 405.

)- CADAVERiNUS; Urs. formicarius, Eversm. Bull, de Moscou, 1840, n. I, p. 11.

Kormalement 40 dents, le plus souvent 36 seulement.

Mftchoire supérieure: la première prémolaire au pied de la canine, couchée en avant et presque égale à la troisième ; cette dernière arrondie, légèrement conique et très voisine de la carnassière ; la seconde de ces dents, très minime, distante des deux autres et presque toiyours caduque. La carnassière beaucoup plus petite que la tuberculeuse qui suit ; étroite, pourvue d'un lobe élevé et aigu en avant, élargie en arrière et munie, de ce côté, de deux tubercules plus mous, dont Texteme toujours plus haut que Tinteme. La première tuberculeuse presque carrée, avec quatre saillies ; deux externes coniques et bien séparées, et deux internes plus basses, déprimées et peu distinctes. La seconde tuberculeuse de moitié plus grande que la première, construite dans sa partie antérieure sur le même plan que la précédente, mais prolongée, en arrière, en un talon allongé et déprimé.

Mftchoire inférieure: les incisives marquées de deux sillons à la

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face interne; la seconde et la cinquième reculées par la base. La première prémolaire petite , ovale, émoussée et couchée en avant, vers le pied de la canine ; la troisième, au moins deux fois plus grande, placée contre la carnassière, allongée, conique et tranchante ; la seconde de ces dents, très petite et très distante des deux autres, tombant déjà de très bonne heure chez la grande majorité des sujets, et remplacée par un espace vide sur le maxillaire très comprimé en cet endroit. La carnassière plus développée que la supérieure et comme séparée en deux moitiés ; Tantérieure plus étroite, bilobée au côté externe et frangée au bord interne ; la postérieure déprimée en talon et pourvue de deux ou trois saillies plus ou moins émoussées. La première tuberculeuse plus grande et plus large que la carnassière, en forme de carré long, frangée en dedans et pourvue, au côté externe, de deux mamelons peu élevés; la seconde d'un tiers plus courte que la précédente, à peu près ronde et souvent presque plate.

Crftne assez allongé et voûté, atteignant sa plus grande hauteur, comme sa plus grande largeur, sur les frontaux développés en apophyses latérales retombantes et coniques. Une crête longitudinale supérieure, légèrement relevée en arrière et déprimée en avant, depuis le milieu des pariétaux environ. Les os nasaux remontant, dans les frH)ntaux, un peu plus haut que les maxillaires. Les arcades zygomatiques très ouvertes en arrière, mais très resserrées en avant et ne laissant ainsi de place, entre leurs apophyses et celles des &x)ntaux, que pour un oeil très petit.

Oreille brune, bien velue et à peine aussi longue que le tiers de la tête.

Membres forts; les postérieurs comparativement plus courts que les antérieurs. La plante entièrement nue, très càleuse et munie de pelotes sous-articulaires à la base des doigts. Ces derniers armés d'ongles puissants, longs et peu recourbés; le pouce presque égal aux autres doigts. Le pied postérieur allongé, Tantérieur arrondi

Queue très courte, cachée dans la fourrure, garnie de grands poils

doublant presque ses dimensions, et, malgré cela, dépassant à peine les proportions de Toreille.

Museau acuminé; lèvre inférieure dentelée sur le bord jusqu'au niveau des incisives ; langue douce. Œil petit et entouré par un espace nu.

Pelage long et fourré.

Faces supérieures variables du brun noif&tre au gris brun plus ou moins jaunâtre; les membres plus sombres que le tronc ; souvent un large collier de teinte plus claire.

Faces inférieures de même couleur que les supérieures.

Jeunes généralement plus foncés que les adultes.

Longueur totale 1",650 à 1",860

» de la tète 0,410 0,440

i* de l'oreHIe (au bord externe) 0,125 0,145

du roemb. antér. (du coude au bout des ongles). 0,540 0,585 > du pied postérieur (avec les ongles) . 0,200 0,320 » de la queue (avec les poils) 0,120 0,160

Un adulte mesure jusqu'à deux mètres de hauteur, quand il est debout sur les pattes de derrière, et pèse de 350 à 500 livres. Toutefois, la majorité des individus que Ton tue encore dans notre pays dépasse rarement cette limite inférieure. L'Ours brun habite une grande partie de l'Europe, depuis la Russie jusque dans les Pyrénées ; toujours dans les forêts et de préférence dans les montagnes. Il est au nombre des espèces qui tendent à disparaître de notre pays, car on ne le trouve plus guère maintenant que dans les Grisons à Test, dans le Tessin au sud et ça et là dans la chaîne du Jura. Il a presque entièrement disparu du Valais et du canton d'Uri ; cependant Ton en tuait encore deux individus dans FUrseren en 1830 •. Bâle, Luceme, Schwytz et Berne *, qui possédaient aussi des Ours au commencement de ce siècle ou vers la fin du dernier, n'en renferment plus maintenant. Abondant autrefois dans le nord et le centre de la Suisse, comme l'indique Wagner ', cet animal s'est petit à petit retiré

* Frôbel und Heer, Mittheil. a. d. Geb. d. theor. Erdkunde, p. 118.

* Cette dernière ville conserve toujours des Ours dans ses fossés. ' Wagner, J. Hist. Nat. Helv. Cur. 1680, p. 187.

dans les régions élevées de nos Alpes, où on le rencontre parfois voyageant, à travers neiges et glaces jusqu'aa-dessus de 2500 mètres d'élévation. En 1812, un individu fut tiré au Grimsel, et, en 1815, on en abattait encore deux, près de Grindelwald ' ; ce sont les derniers qui, à ma connaissance, aient été cités dans rOberland bernois. D'un autre côté, un Ours fut tué, en 1822, au mont Salève, et deux, en 1835, près de Romainmotier '.

Dans Fespace des trente dernières années, plusieurs ont été détruits ou capturés dans les pentes du Jura; en France ou dans les cantons de Vaud et de NeuchàteL En 1851, en particulier, trois individus furent tirés non loin de Genève. L'on signale encore, de temps à autre, des Ours, soit dans quelque partie de cette dernière chaîne, soit dans les montagnes voisines d'Annecy.

Lie Tessin recèle encore quelques paires de ces grands Carnassiers, dans les environs de Bellinzone ; principalement sur les monte Gamoghé et St-Jorio, et dans les vallées d'Arbedo et de la Morobbia. Le prof. Lavizzari ' donne une liste de sept individus abattus dans ces localités, entre 1852 et 1859 ; le prof. Pavesi m'écrit que, depuis ce temps, une femelle a été tuée en 1860, et un mille en 1862. C'est certainement le canton des Grisons qui renferme maintenant le plus grand nombre de ces animaux, soit dans le Missoco, soit dans les environs de Davos, soit dans le Bergell, soit surtout dans la Basse-Engadine, du côté de Zemetz. où l'on en chasse encore presque chaque année \

L'Ours se tient dans les forêts épaisses et établit sa tanière dans une grotte naturelle ou quelque fissure de rocher, se cachant, au besoin, dans des troncs évidés. Il sort surtout la nuit à la recherche de sa nourriture, venant manger les graines dans les champs, déterrant les racines et grimpant sur les arbres fruitiers. D'autres fois, il va prendre un Mouton ou même une Vache au pâturage, étouffant ces grands animaux dans ses vastes et robustes membres et les emportant souvent à d'assez

* Helvetîscher Almanach, 1819, p. 108.

' Schiii2, Faana Helvetica, 1837, p. 14.

> Lavizzari, Excan. nel Gant Ticino. 1859—1868, p. 262. ^ F. von Tschudi, Thierleben, 7* Aafl. 1865, p. 409, donne d'iotéresBâBU détails sur les mœurs et la chasse de VOun dans notre pays.

grandes distances. L'Ours, au galop, est beaucoup plus prompt que ne le font présumer ses attitudes nonchalantes ; il est lourd, mais cependant adroit et bon grimpeur. Assailli ou agresseur, il se lève presque toujours sur les pattes de derrière pour pouvoir user librement de ses bras redoutables. Il n'attaque du' reste presque jamais Thomme, à moins quil ne soit affamé ou blessé, ou encore avec ses petits.

L'accouplement de l'Ours a lieu en été ou en automne, et c'est alors, six mois après, en hiver ou au printemps que la femelle met au monde, au fond de sa tanière, deux petits à peine aussi gros que des Rats.

Des débris de l' Urstis Ardos ont été trouvés dans la plupart des Palafittes * et parmi les restes de la station terrestre de Veirier *; ainsi que dans des dépôts plus récents et certaines cavernes, comme celle de Stoss, dans le canton de Schwytz, où Ton trouva, par exemple, en 1860, six squelettes encore entiers*.

FamiUe IV. MUSTELIDES

MUSTELIDiE

La tète osseuse des Mustélidés est, dans son ensemble, à peu près ovalaire et toujours plus ou moins déprimée. La botte cr&nienne est renflée en arrière; et, malgré la présence d'un museau très souvent allongé et pointu, la

* Rûtimeyer, L. Pfahlbaaten, 1861, p. 18.

* Ossements de Veirier. RQtimeyer in Thioly, Rer. Sav. 25 avril 1868. ' Rûtimeyer, PMlbaaten, 1861, p. 18, note.

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partie de la face osseuse est comparativement large et courte (Voy. PL Vm, fig. 6).

Le total des dents peut varier de trente-quatre à trentehuit, par le fait des molaires au nombre àe-^y de -^ ou de -g~. Les seconde et cinquième incisives inférieures sont reculées par la base, en dehors de l'alignement des autres dents (Voy. PL VIII, fig. 9). Les prémolaires sont généralement acérées. Il n'y a, enfin, qu'une seule tuberculeuse de chaque côté à chaque m&choire ; mais cette dent diffère beaucoup, avec les tribus et les genres, dans ses formes et ses développements divers (Voy. PL Vin, fig. 7, 8 et 10).

Les Mustélidés sont plantigrades ou digitigrades ; leurs membres sont courts et leurs pieds pourvus de cinq doigts devant et derrière, avec des ongles, quelquefois, plus ou moins rétractiles.

Les oreilles ne sont jamais très longues, mais elles varient pourtant beaucoup, comme la queue, dans leurs dimensions.

Ces animaux, très nombreux en espèces, sont, en majeure partie, de taille plutôt petite. Ils ont un tronc allongé et souvent très souple, et sont appropriés à des genres de vie très différents; il y en a de grimpeurs, de fouisseui-s et de nageurs. Quelques-uns sont omnivores; la plupart sont carnassiers et même très sanguinaires. Ils se cachent presque tous dans des trous durant le jour, et chassent seuls ou par paires, de préférence pendant la nuit.

Les représentants de cette famille sont répandus sur tons les continents et dans tous les climats. U en est qui, comme le Blaireau, se rapprochent assez des Ours; d'autres qui, comme les Loutres, semblent, au contraire, faire la transition aux Phoques.

Beaucoup d'auteurs ont divisé ces nombreux Carnivores

en trois groupes, d'après leurs rapports arec trois formes typiques principales : le Blaireau, la Fouine et la Loutre ; d'autres ont multiplié encore le nombre des tribus; 6ray, dans sa révision des Mustélidés ' , en a établi jusqu'à huit.

Nous ne possédons du reste en Suisse, comme dans l'Europe centrale, que le^ trois tribus typiques : Mdina, Mustdina et Lutrina.

Tribu I. MÉLINS

MELINA

La boîte crânienne des Mélins est comprimée et comparativement plus petite que chez les autres représentants de la famille ; elle est étranglée en avant et munie au sommet d'une forte crête, depuis l'occipital jusque sur les frontaux. Le palais est prolongé très loin en arrière.

Les dents, tranchantes et aiguës chez les jeunes, se dépriment assez vite avec l'âge ; les molaires sont au nombre de 5 sur 6 à l'état normal. La tuberculeuse supérieure est excessivement grande et déprimée (Voy. PL Vin, fig. 7).

Les pieds sont pourvus de cinq doigts libres avec des ongles non rétractiles ; les postérieurs reposent par toute la plante sur le sol.

* Revision of the gênera and species of Mostelidœ contained in the Britiflh Muséum. By D' John-Edward Gray, F. R. S., F. L. S. Proceedings of the Scientific Meetings of the Zoological Society of London. Part I» Janoary-March 1865, p. 100.

Les oreilles sont moyennes ou petites ; la queue est toujours assez courte.

Ces animaux ont un tronc gros et allongé, avec des membres trapus. Ils sortent de préférence la nuit; leurs allures sont lourdes ; leur nourriture est d'ordinaire plus végétale qu'animale.

Cette tribu renferme plusieurs genres, dont un seul figure en Europe.

Genre BLAIREAU

MELES, Brisson

Orane comprimé et voûté , avec une forte crête occipitopariétale. -^ mdaires, dont -j- préfnolaires ; la tuberculeuse supérieure beaucoup plus développée que la carnassière. Membres trapus. Pieds allongés et nus en dessous, avec cinq doigts libres armés d'ongles non rétractiles, longs et légèrement arqués; les postérieurs reposant sur toute la plante. OreiUes moyennes. Queue courte.

Le crâne d'un Blaireau est comprimé et voûté. Les os nasaux et frontaux se trouvent sur la même ligne ascendante. Ces derniers sont relevés, vers le milieu, en deux collines trans verses qui se terminent, de droite et de gauche, en apophyses latérales de petite dimension; ces saillies réunies forment, en arrière, sur les pariétaux et jusqu'à l'occipital, une crête très saillante.

Les arcades zygomatiques sont fortes et largement ouvertes.

La plnpart des sutures sont, de bonne heure, assez intimement soudées pour devenir presque invisibles.

Les dents sont, normalement, au nombre de 38 et assez vite émoussées avec l'âge; cependant, les premières prémolaires, excessivement petites et facilement caduques, venant à manquer très souvent, en haut et en bas, le chiffre total n'atteint d'ordinaire qu'à 34 seulement. La carnassière supérieure parait très petite, en comparaison de l'immense développement de la tuberculeuse qui suit (Voy. PI. Vin, fig. 7). Les canines sont très larges à la base.

Formule dentaire :

= 38 dents.

Les oreilles sont moyennes.

La queue est courte.

Les pieds sont allongés, nus en dessous, tous également pourvus de cinq doigts et armés d'ongles grands et arqués; les postérieurs portent en entier sur le sol.

La tête est forte en arrière, amincie vers la face et terminée, en avant, par un museau à peu près en forme de groin.

Le pelage est long sans être fourré et relativement peu moelleux.

Les Blaireaux vivent au milieu des bois et des forêts, de préférence dans les terrains accidentés. Ils habitent des terriers qu'ils creusent eux-mêmes, et sortent, de nuit surtout, pour chercher, dans les champs, des graines, des fruits, des racines, des Vers et quelques petits Vertébrés qui constituent leur principale nourriture.

Une seule espèce se trouve en Suisse et en Europe.

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