‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 63 sur 91 · LE BLAIREAU D'EUROPE Der Dachs · texte numérisé non relu

LE BLAIREAU D'EUROPE Der Dachs

Melsb Taxus, Scbreb.

D*un gris noirâtre en dessus^ plus clair sur les flancs et fiaircître en dessous; la tête Ua^iclie^ avec une large hande noire de choque côté. Museau en forme de groin. Queue courte et bien velue. Plante du pied nue; ongles longs et arqués. Oreille égale environ au tiers de la tête, Za tiéerculeuse supérieure beaucoup pitis gramle que la carnassière. Longueur totale moyenne = 946"^.

Ursus Mêles, Unné, S. N. XII, p. 70, n. 2.

D Taxvs, Schreb. Sœugeth. III, t. 142.

Taxus vuloaris, Tiedem. Zool. I, p. 376.

Mêles europ^eus, Destnar. Nouv. Dict. III, p. 465.

» vuLOARis, Destnar, Mamm. p. 173, 266.

Taxidea levcurls, Hodg$, Journ. of the As. Soc. XVI, 2, p. 763.

En tout 38 dents sur une mâchoire complète; le plus souvent 34 seulement.

M&choire supérieure: incisives latérales de beaucoup les plus fortes. La première prémolaire très petite, au pied de la canine et constamment caduque ; la seconde unilobée et légèrement couchée en avant ; la troisième, unilobée aussi, mais un peu plus grande. La carnassière comparativement beaucoup plus faible que chez toutes les autres espèces de la famille, triangulaire, large en avant et étroite en arrière, à peine bilobée, la pointe médiane seule forte et tranchante. La tuberculeuse au moins de moitié plus longue que la carnassière, presque carrée, relevée au bord externe, munie, enfin, de quatre tubercules en dehors et de deux ou trois en dedans ; ces diverses saillies toiqours plus ou moins émoussécs avec Tàge.

L'immense disproportion qui existe chez cette espèce.

entre ces deux dernières dents, suffit à prouver son régime omnivore (Voy. PL Vffl, fig. 7).

Mâchoire inférieure: toujours les deuxième et cinquième incisives reculées par la base, en arrière de la ligne dentaire. La canine très large au niveau du maxillaire. La première prémolaire très petite et caduque à tout ftge. Les trois prémolaires suivantes unilobées, plus ou moins aiguës et croissant en dimension d^avant en arriéra La carnassière longue et plus large dans la partie postérieure que dans Tantérieure ; cette dernière faisant face à la carnassière opposée et armée de trois pointes ; Tautre moitié, correspondant à une partie de la tuberculeuse supérieure et munie, sur le pourtour, de plusieurs petites saillies diversement accentuées. La tuberculeuse arrondie, moins grande que la moitié de la dent précédente, pourvue d'une petite pointe en avant et relevée en arrière, mais la plupart du temps très déprimée.

Crâne comprimé et de profil plutôt bombé; le plus grand étranglement se trouvant à peu près au milieu de la longueur totale. Une forte crête occipito-pariétale subdivisée en avant, sur les frontaux, jusqu'aux apophyses latérales ; celles-ci peu développées. Les arcades zygomatiques fortes, larges et mesurant leur plus grande ouverture très en arrière. Le condyle du maxillaire inférieur grand, en partie enveloppé par les bords recourbés de Tarticulation temporale et ainsi fortement enchâssé dans cette dernière.

Oreille ovale, bien velue et mesurant, avec le poil, à peu près le tiers de la longueur de la tête ; noirâtre en dedans et par derrière vers la base, blanche ou blanchâtre vers la pointe en avant et sur le bord postérieur.

Membres trapus, supportant un tronc lourd et croissant régulièrement en largeur depuis la poitrine. La plante des pieds allongée, nue et garnie à chaque doigt de tubercules sousarticulaires, disposés autour d'une forte pelote médiane. Les ongles longs et arqués; les antérieurs mesurant jusqu'à deux ou trois centimètres.

Queue brunâtre, noirâtre ou roussâtre, courte, bien velue, terminée par de grands poils et mesurant, avec ces derniers,

un peu plus que la tête, ou à peu près le quart de la longueur du tronc ; pourvue, enfin, à la base, d'une glande odorante.

Museau étiré et développé à Textrémité en une sorte de groin ovale et nu.

Pelage assez rude, peu fourré et plutôt long ; devant la poitrine un épi de poil envoyant, vers les membres antérieurs et jusqu'à la partie postérieure du corps, deux prolongements assez accentués.

Faces supérieures, de la nuque à la racine de la queue d'un gris noirâtre produit par le mélange des grands poils diversement colorés; ceux-ci jaunâtres vers la base et à l'extrême pointe, et noirâtres vers leur moitié supérieure. Les côtés du corps plus clairs. La tête blanche ou blanchâtre en dessus et sur les côtés, avec une large bande noire, depuis la lèvre supérieure, sur l'œil et l'oreille, jusqu'à la nuque.

Faces inférieures noirâtres, à partir de la mâchoire. Les membres noirsw

Jeunes très vite assez semblables à leurs parents, quoique avec des teintes moins franchement délimitées

Longueur totale 0",940 à 0-,955

de la tète 0,162 0,168

de roreille (avec le poil, au bord externe) 0,052 0,057

du memb. antér. (du coude au bout des ongles). 0,198 0,2<H du pied postérieur (avec les ongles) . 0,120 0,1S0

de la queue (avec les poils) 0,150 0,1^5

Le Blaireau habite presque toute l'Europe et une partie de l'Asie. Il se rencontre partout en Suisse, depuis la plaine jusque dans le bas de la région alpine, sans être nulle part très abondant. Toutefois, c'est principalement dans la zone moyenne ou montagneuse qu'il se montre le plus souvent. D est commun dans le Tessin, au sud, et n'est pas rare dans la plupart de nos cantons et de nos vallées alpestres.

n s'élève assez haut dans la chaîne du Pilate, près de Luceme, et arrive, dans le canton dlJri, jusqu'à Réalp, à 1550 mètres environ au-dessus de la mer. On le voit aussi, à la même hauteur à

peu près, dans l'Engadine ; il se trouvait même dans la moitié supérieure de cette vallée, il y a vingt-cinq ou trente années seulement. Enfin, il n'est pas rare non plus dans la chaîne du Jura, jusqu'à Bftle.

C'est un animal paresseux et défiant, qui passe une bonne partie de la journée dans sa demeure souterraine, se réservant de rôder durant la nuit entière à la recherche de sa nourriture. Il mange avec plaisir les graines et les firuits, mais il attrape aussi volontiers sur son passage un Serpent, une Souris ou même la nichée d'un Oiseau. Il partage, au dire de plusieurs auteurs, avec le Hérisson, le Putois et le Cochon, la propriété de ne pas souffrir du venin de la Vipère. Il n'est pas grimpeur et sa course est, comparativement, peu prompte; son terrier est vaste, propre et muni de plusieurs issues. Tschudi *, qui donne d'intéressants détails sur les mœurs de cet animal, affirme que les deux individus d'une paire ont chacun leur retraite particulière. Le Blaireau s'accouple au commencement de l'hiver et, vers la fin de celui-ci, la femelle met au monde de 3 à 5 petits. Durant la mauvaise saison, il se roule sur de la mousse au fond de son trou, moitié dormant, moitié veillant; ce n'est pas, chez lui, une profonde léthargie hivernale, car il sort de temps à autre pour manger ou pour boire. Nos paysans distinguent un Blaireau chien et un Blaireau cochon ; mais cette prétendue différence spécifique ne repose que sur la comparaison d'individus maigres ou gras. En effet, presque tous les Chiens sont devenus Cochons en automne, quand ils se sont bien engraissés.

De nombreux débris du Blaireau ont été trouvés, soit dans les graviers, les cavernes et les tufis *, soit dans les restes des stations terrestres, comme à Veirier *, soit encore dans les tourbes et les Palafittcs \

■ F. Ton Tschadi, Thierleben der Alpenwelt, 1865, 7* Aufi. p. 198.

* Ratimeyer, L. Herkunft anserer Thierwelt, 1667, p. 50.

' Favre, A. Station de Iliomme à Veirier. Archiy. Se. Phys. et Nat 15 mars 1868, p. 252. — Thioly, F. L'époqae da Renne an pied da mont Salève. Rey. Sav. 25 mars 1868.

* Rûtimeyer, L. Untersochungen, 1860, p. 8— 32. — Pfahlbauten, 1861,

Tribu IL MUSTÉLINS

MUSTELINA

La boite crânienne des Mustélins est forte et plus ou moins allongée ; elle est comprimée en avant et généralement assez large en arrière. Par contre, la partie faciale est comparativement courte et toujours assez busquée, quoique le museau soit d'ordinaire acuminé. La crête occipito-pariétale est constamment déprimée.

Les dents sont régulièrement tranchantes et aiguës ; les molaires varient en nombre, avec les genres, de -5- à -^, de chaque côté. Le développement de la tuberculeuse supérieure ne dépasse guère celui de la carnassière (Voyez PI. Vm, fig. 8).

Ces animaux sont digitigrades ou semi-plantigrades; leurs membres sont courts ; leurs pieds arrondis sont armés d'ongles plus ou moins rétractiles. Une peau velue réunit faiblement leurs doigts vers la base.

Les oreiller sont moyennes et bien visibles. La queue est toujours assez longue et pour\iie à la base d'une glande odorante.

Les Mustélins ont un corps étroit et allongé ; leurs allures sont lestes et dégagées. Beaucoup grimpent facilement; les uns habitent des trous d'arbres, les autres demeurent sous terre ou dans des fentes de rochers : tous sont également très carnassiers et exercent de grands ra-

vages parmi les Oiseaux et les petits Mammifères. La plupart s'accouplent vers la fin de l'hiver ou au premier printemps ; les femelles portent neuf semaines environ et mettent au monde de trois à huit petits.

Cette tribu est très répandue et riche en espèces variées, dans notre continent, comme en Amérique, en Afrique et en Asie. La Suisse ne possède que deux genres, dans cette division. Le Glouton (Gulo), représente, dans le nord de TEurope, un troisième genre de forme très différente.

Genre 1. MARTE

MARTES, Cuvier

Crâne allongé, droite élargi en arrière, busqué en avant et muni d'une crête occipito-pariétale très déprimée. -^ fnolaires dont -j- prémdaires ; la tuberculeuse supériewre transverse et à peu près égale en développement à la carnassière. Pieds arrondis et velus en dessous ; les postérieurs ne reposant, généralemetit, que par les doigts sur le sol ; ongles acérés. Oreilles triangulaires et moyennes. Queue longue et touffue.

Le crâne est plutôt allongé, droit en dessus, renflé en arrière et busqué sur la face ; il est comprimé, un peu en avant de son centre, directement en arrière des apophyses latérales médiocrement développées en forme d'angle saillant plus ou moins aigu. Les frontaux sont élargis en écusson. La crête médiane, plus ou moins accentuée avec Tàge, est divisée en avant, large et fortement déprimée sur le

centre des pariétaux. Les arcades zygomatiques sont arquées et moyennes (Voy. PI. Vin, fig. 6).

Les dents sont an nombre de 38 ; une tuberculeuse transverse et forte en haut, une même dent moindre et arrondie en bas ; trois sur quatre prémolaires, dont la première de beaucoup la plus petite (Voyez PI. VIE, fig. 8 et 9). La formule sera :

'•'' ' ' ' '•*-^=38deiit8.

Les oreilles sont à peu près triangulaires, assez larges et de moyenne hauteur.

La queue est longue, bien fournie et munie à la base d'une glande anale répandant une odeur musquée.

Les pieds sont arrondis et velus en dessous, avec des ongles recourbés et très acérés. La patte postérieure repose indifféremment par les doigts seulement ou sur la plante entière, suivant la position de Tanimal, et porte régulièrement neuf pelotes à la face inférieure ; la patte antérieure compte, en général, dix pelotes bien \isibles, et souvent une onzième très petite, sur le côté interne, en arrière du tubercule majeur unique.

La tête est en forme de cône dirigé en avant ; large en arrière et acuminéc vers le museau. Le cou est allongé et presque aussi fort que la partie postérieure de la tète.

Le pelage est long, fourré et moelleux.

Les diverses Alartes vivent de préférence dans les forêts, habitant les arbres, les vieux murs et les combles des bâtiments. Elles s'attaquent surtout aux petits Vertébrés à sang chaud, mais se nourrissent aussi dlnsectes et de fruits. Très rusées et très sanguinaires, elles causent souvent de grands dégâts, en tuant et saignant impitoyable-

ment beaucoup plus de proies qu'elles n'en sauraient manger.

L'accouplement a lieu, en général, vers le milieu de l'hiver. Les femelles^ après avoir porté neuf semaines environ, mettent au monde, en avril ou en mai, de deux à cinq petits, d'abord aveugles, mais très vite assez développés pour suivre leurs parents dans toutes leurs évolutions.

L'Europe centrale, comme la Suisse, ne possède que deux espèces de ce genre. La Zibeline (Martes ZïbeUina), spéciale au nord, nous fait naturellement défaut.

Page 1