LA MARTE
Der Baummarder Martbs abietuv, Albert Mag.
D'un brun plus ou moins rougeâtre, avec une grande tache jaune à lagorgCy sous le cou et jusque sur le devant de la poitrine; les extrémités noirâtres, La queue très totéffue, d'un pdage vvégcd, un peu déprimée à la base et égale environ à la moitié du corps, sans le poil. Oreille mesurant entre le tiers et la moitié de la tête. Front cofnparativement étroit. Troisième prémolaire supérieure concave ou bord externe. Longueur totale moyenne = 740^^.
MusTELA BfABTES, Linné, S. N. XII, p. 67, sp. 6.
» Martora, Ranz, Elexn. Zool. II.
VivERRA Martes, Shaw. Gen. Zool. I, 2, p. 410. Martarus abietum, Albert Magn. De Anim. lib. XXII, fol. 182. BIartes vuloaris, Griff. Anim. Kingd. V, p. 349, sp. 1.
» sylvestris^ Gessner, Quadr. vivip. p. 867^ fig. p. 866.
» ABIETUM, Ray, Synop. Quadr. p. 200.
» ABIETINA, Rzac. Auct. p. 314.
» SYLVATICA, Nilss. Sk. Faun. I, 41.
• ALTAiCA, Pallas, Zool. Ross-Asiat.
316 PAUNB DBS ySATÉBRÉS.
En tout 38 dents.
M&choire supérieure : les incisives latérales mesurant au moins le double des autres ; les quatre médianes petites et presque égales. La première prémolaire minime et légèrement pointue ; la troisième la plus grande, un peu concave au bord externe, au lieu d'être convexe comme chez la Fouine *. La carnassière aiguë, avec un talon relevé et tranchant. La tuberculeuse transverse, plus large en dedans qu'en dehors et faiblement bilobée sur le bord extérieur.
M&choire inférieure: comme dans la famille entière, les deuxième et cinquième incisives reculées par la base. Les canines fortes et recourbées en dedans. La première prémolaire très petite, arrondie et penchée en avant ; la quatrième, la plus grande, présentant un lobule surnuméraire sur la tranche postérieure. La carnassière trilobée, aiguë dans sa partie antérieure et déprimée en arrière. La tuberculeuse arrondie, déprimée et presque égale au talon de la dent précédente.
Grftne assez semblable à celui de la Fouine ; cependant, généralement plus grand ou plus allongé. Le front également passablement plus étroit que chez l'espèce suivante. La crête longitudinale supérieure aussi sensiblement plus saillante, à un âge égal.
Oreille peu proéminente et couverte sur le bord de poils jaunfttres ; mesurée, du coin inférieur au sommet, elle est plus petite que la moitié de la tête, mais beaucoup plus grande que le tiers de celle-ci.
Membres courts ; pieds arrondis, velus en dessous et armés, les antérieurs principalement, d'ongles forts et aigus; la patte postérieure égalant environ la longueur de la tête. Les extrémités d'un brun très foncé, souvent même noi* r&tres.
Queue d'un brun foncé ou noir&tre, légèrement déprimée vers la base, bien touffue, d'un pelage inégal et mesurant la moitié
' Ce caractère de dentition, signalé par Blatlua, n'est malheareasenieiit pas toigours très accentué.
du corps ou un peu plus, sans les longs poils soyeux qui la dépassent de 60 à 80»".
Museau conique et orné de fortes moustaches ; la face s'amincissant rapidement depuis Toreille. L'œil vif et grand.
Pelage très long, fourré, doux et brillant.
Faces supérieures d'un brun plus ou moins rougefttre et comme mélangées de jaun&tre et de noir&tre, par le fait de la couleur claire du duvet en dessous et de la teinte très sombre de Textrémité des longs poils. La queue et les membres, comme je Tai dit, plus foncés que le tronc
Faces inférieures brunes, à Texception d'une grande tache irrégulière d'un jaune légèrement rougefttre, s'étendant, depuis le maxillaire, sur le devant du cou, la gorge et jusqu'à la poitrine.
J'ai vu, en Suisse, des variétés de la Marte, les unes d'un joli nankin clair, les autres parfaitement blanches, Une de ces dernières fut tuée, par exemple, en 1863, dans le Prattigau (Grisons).
Longaeor totale q-,720à0«,760
delatête 0,095 0,103
de roreille (au bord externe) 0,089 0,05
du raemb. antér. (du coude au bout des ongles). 0,135 0,150
du pied postérieur (avec les ongles) 0,095 0,100
de la queue (au bout des poils) 0,260 0,300
La Marte est répandue dans l'Europe moyenne et méridionale, et se rencontre sur divers points en Suisse, particulièrement dans les localités qui possèdent des forêts de pins et de sapins. Elle se montre en plaine et dans les montagnes, jusqu'à la limite des bois, à une hauteur de 1800 mètres environ. On la trouve au nord comme au midi des Alpes, et souvent dans la chaîne du Jura.
En sonmie, je la crois aussi abondante que sa congénère, la Fouine, quoiqu'elle soit moins connue que celle-ci, à cause de l'éloignement où elle se tient généralement des habitations de l'homme. Cet animal change souvent ses quartiers de chasse et grimpe avec beaucoup d'adresse. H s'établit dans des trous d'arbres ou des fissures de rochers, et quelquefois dans de vieux nids
de Pies ou de Corbeaux. Poussé toujours par une soif de sang inextinguible, il ne cesse d^exercer de grands ravages autour de lui, souvent de jour, surtout durant la nuit. Les Souris, les Oiseaux et leurs œu&, et môme les Lièvres en grand nombre, lui doivent payer annuellement un énorme tribut.
La Marte, dont quelques restes fossiles ont été retrouvés dans les graviers stratifiés *, parait avoir été autrefois très abondante sur notre sol ; on en a découvert, en effet, de nombreux débris dans les tourbes et les Palafittes *.