‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 5)Chapitre 70 sur 91 · LE VISON · texte numérisé non relu

LE VISON

Der Nôrz Foetorius Lut&bola, Linn6

D'un beau brun en dessus et légèrement plus dair en dessous ; les extrémités plus foncées ; une tache Uanche près du menton. La queue touffue, mesurant entre le tiers et la moitié de la longueur du corps. L'oreille très petite. La tuberculeuse supérieure très développée et dépritnée dans sa partie interne. Longueur totale moyenne = 570"^.

MusTELA LuTREOLA, lÀntié, S. N. XII, p. 66, n. 3.

» Vison, Brisa, Regn. Anim. p. 246, 6.

VivERRA LuTREOLA, Linné, Faun. Suec. 2, p. 5, 13. LuTRA LuTREOLA, Show. Gen. Zool. I, 2, p. 443.

» Vison, Shaw. Gen. Zool. I, 2, p. 448.

> MINOR, Erxi. Syst. p. 451, 3.

Foetorius Lutreola, Keys, et Bios. Wirbelth. Europ. p. 69, n. 148.

Quoique Tschudi* ait signalé une capture du Vison près

* F. Yon Tschudi, Tbierleben, p. 139.

336 FAUNB DES VBRTÉBRES.

du lac de Brienz, j^eus cependant négligé de parler ici de cet animal sur cette seule citation, si le professeur A. Chayannes ne m'avait raconté que feu son père reçut, il y a quelques années, de la Broyé, près Morat, l'individu de cette espèce qui figure au Musée de Lausanne ' ; et si, tout der* nièrement, enfin, le pelletier Fontanaz, de cette ville, ne m'eut certifié, à son tour, qu'on lui apporta, il y a quinze ans environ, un beau Vison en chair, provenant de Monnaz, au-dessus de Morges, dans le même canton (Vaud). Cependant, n'ayant pas eu le bonheur de voir frais aucun de ces sujets prétendus suisses, je me contenterai de donner plus loin une brève description du Vison ; sans le considérer, toutefois, comme appartenant à notre faune, et laissant entièrement aux personnes susnommées la responsabilité de leurs assertions.

£n tout 34 dents. — La tuberculeuse supérieure très développée et déprimée dans sa partie interne. — Le crâne légèrement aplati. — L'oreille très-petite et à peine visible dans le poil environnant. — Le tronc allongé et les membres courts. — Les pieds bien velus et pourvus, entre les doigts, d'une membrane un peu plus accentuée que chez les autres espèces du genre, — La queue bien touffue et mesurant plus du tiers ou presque la moitié de la longueur du corps. — Le pelage assez égal, tourré et brillant. — Les faces supérieures d'un beau brun foncé et plus ou moins rougeâtres. — Les faces inférieures de même couleur ou un peu plus claires ; une tache blanche près du menton. — Les extrémités plus foncées que le corps.

La longueur totale est, en moyenne, de 550 à 600^, dont 170 à 200"^ sont mesurés par la queue et 70 à 80— par la tête.

L'individu du musée de Lausanne, dont j'ai parlé plus haut, compte, en tout, des proportions plus fortes que les moyennes que je donne ici ; mais je ne puis attacher aucune valeur aux dimensions d'un sujet empaillé.

Le Vison vit, de préférence, dans les marais ou près des ruisseaux, et se nourrit surtout d'animaux aquatiques.

U est presque exclusivement confiné, en Europe, dans les con-

' M. Chavannes pensait alors que le dit Vison s^était probablement échappé de quelque ménagerie.

trées froides du nord ; cependant, Blasius cite aussi la capture de quelques individus isolés, jusque dans le Harz et le Holstein '.

L'on n'a point trouvé de restes fossiles du Vison dans notre pays.

Tribu III. LOUTRINS

LUTRINA, Gray

La boite crânienne des Loutrins est très large; de plus, elle est très déprimée, comme la face, dans la partie supérieure, de manière que le crâne est entièrement plat en dessus.

Les dents sont plus ou moins tranchantes et aiguës ; les molaires sont au nombre de -g- de chaque côté. La tuberculeuse supérieure est très développée et beaucoup moins étranglée que chez les espèces de la tribu précédente (Voy . PI. Vffl, fig. 10).

Ces animaux sont plantigrades et ont les cinq doigts réunis par une membrane natatoire qui les enveloppe jusqu'aux ongles ; ces derniers ne sont jamais rétractiles.

Les oreilles sont petites et arrondies. La queue varie un peu dans la longueur, mais est cependant généralement conique et pourvue d'un pelage assez égal.

Les Loutrins ont un tronc allongé quoique comparativement épais ; leurs membres sont forts et très courts.

Us habitent le bord des eaux et déploient une grande habileté dans l'art de la natation. Leur nourriture consiste presque exclusivement en Poissons de diverses sortes.

Dy a plusieurs genres dans cette tribu. Certaines espè-

> Blasius, Nat der S&ugeth. Deutschl. 1857, p. 236.

338 FAUNE DES YERTÉBRBS.

ces marines de très grande taille font une sorte de transition à Tordre des Carnassiers aquatiques.

L'Europe ne possède que le genre Luira.

Genre LOUTRE

LUTRA, Raj.

Or âne très plat en dessus, court dans la partie faciale et très large dans la moitié postérieure; la crête occipUo-pariétak tout à fait déprimée ; les apophyses frontales peu dévdoppées.

-j- molaires, dont -j- prémolaires. La carnassière supérieure pourvue d'un talon interne très puissant ; la tuberculeuse supérieure large, forte el presque sans Hranglement. Membres courts; pieds entièrement palmés. OreiHe très petite. Queue allongée et conique.

Le cr&ne est, comparativement, court, très large et très plat. La boite céphalique est très développée et parcourue, en dessus, par une crête osseuse large, mais entièrement déprimée. Les os frontaux sont étroits, pourvus de faibles apophyses latérales et très étranglés dans la moitié antérieure de la longueur totale de la tète. Les arcades zygomatiques sont fortes et très ouvertes.

Les dents sont au nombre de 36, normalement tranchantes et aiguës, mais souvent émoussées ou déprimées par usure. Les prémolaires sont au nombre de trois sur chaque côté des maxillaires, en haut et en bas. La carnassière supérieure est pourvue, au côté interne, d*un puissant talon qui n'offre jamais un pareil développement chez les représentants des autres tribus O'^y* ^^' ^^^ fig. 7, 8 et 10). •

La tabercoleuse est forte, sans éti'aiiglement sensible et carrée ou oralaire (Voy. PL VIII, fig. 10). La formule du genre sera :

= 36 dents.

Les oreilles sont très petites et susceptibles d'être fermées par un repU de la peau.

La queue est longue, conique et d'un pelage plutôt court.

Les pieds sont entièrement nus en dessous, arrondis et palmés; les ongles sont larges, courts et peu acérés.

La tète est ramassée et très plate.

Le pelage est doux, fourré, comparativement court et égal.

Ces animaux, pourvus de sens très délicats, habitent au bord des lacs et des rivières, se cachant dans des trous et exerçant de grands ravages parmi les Poissons.

L'Europe ne possède, comme la Suisse, qu'une seule espèce de Loutre.

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