‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 10 sur 77 · TRI6L1DÈS · texte numérisé non relu

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subcylindrique ou cylindroconique, soit plus ou moins comprimé et plus ou moins étiré en arrière. Bien que réunis par quelques caractères importants , ils diffèrent cependant passablement entre eux à plusieurs égards ; ainsi : les uns sont presqu'entièrement nus, tandis que les autres sont couverts de plaques ou d'écaillés. Il en est qui sont dépourvus de dents, d'autres ont au contraire la bouche armée de nombreuses dents en velours. Us portent rarement des canines. Le principal trait commun des Triglidés est celui qui a fait nommer par Cuvier ces poissons Acanthopiérygiens à joue cuirassée, c'est-à-dire le fait d'avoir tous également l'os orbitaire développé de manière à recouvrir plus ou moins la joue et rejoignant le préopercule \ Quelques pièces céphaliques sont armées d'épines. Les rayons branchiostèges varient en nombre de cinq à sept. On trouve. d'ordinaire, chez eux, des pseudobranchies plus ou moins développées ^ La bouche est large. Les yeux souvent assez grands, plus ou moins latéraux et mobiles, de manière à pouvoir être tournés en haut, leur donnent par-

^ Nous avons va, à propos de la famille précédente, comment d'autres Poissons, qoi ont aassi la joue plus ou moins cuirassée, ont dû être séparés dans d'autres familles, à cause de leurs structures différentes sur d'autres pt>ints d'importance au moins égale.

' Le caractère de famille tiré par GQnther de la présence ou de l'absence des psendo branchies, me parait d'une importance assez coutestabloi tant que Ton ne peut, faute d'observations assez nombreuses, ni affirmer que ces organes existent chez tous les représentants d'un groupe, ni faire usage de ce trait caractéristiqne pour beaucoup de familles, sous ce rapport encore trop mal connues. Meckel (Traité d'anatomie comparée, X, p 217) a étudié ces organes chez un assez grand nombre de Poissons; d'antres ont fait, depuis cet auteur, des recherches analogues, sans attacher, pour le moment^ dans la classification, autant d'importance que Mûller, Gflnther et antres aux branchies accessoires chargées, suivant les cas, de rôles un peu différents. J'ai cru devoir signaler cependant l'absence ou la présence et la disposition de ces organes chez nos diverses espèces, dans les différents genres.

fois un aspect assez étrange. Les nageoires sont au nombre de sept à huit, selon que les dorsales sont réunies ou distinctes ; la partie antérieure de ces dernières, ou la première dorsale, est composée de rayons non articulés plus ou moins rigides. Les pectorales affectent des formes et extensions très variées. Les ventrales sont jugulaires ou thoraciques. L'anale est grande et présente un développement généralement assez semblable à celui de la seconde dorsale. Enfin la vessie natatoire fait très souvent défaut.

Cette famille, riche en genres et en espèces^ compte à la fois de nombreux représentants dans toutes les mers et quelques membres dans les eaux douces des deux régions arctiques. Tous les Triglidés sont carnivores ; la plupai t vivent de préférence au fond des eaux. Beaucoup sont d'assez mauvais nageurs; quelques-uns, par contre , sont susceptibles de s'élever dans Tair, à Taide de peotorales très développées.

L'ensemble des Poissons, de formes souvent hétéroclites, qui constituent cette famille, a été divisé en quatre sou«<familles, d'après la nature des téguments, les proportions de l'anale et les rapports de hauteur des deux nageoires dorsales \ La tribu des (Jottina qui, parmi de nombreuses espèces marines, comprend les quelques Chabots d'eau douce de notre continent, doit seule nous occuper.

Tribu dks COTTIDES

COTTINA

Les Cottides ont, suivant les genres, la peau nue, couverte d'êcailles ordinaires ou encore incomplètement cu:-

» (îûntber, Catal. H, p. 87 et hS.

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rassée, soit munie d'une seule série d'écaillés en plaques. Ils ont tous la partie antérieure des dorsales réunies, ou la première dorsale, moins élevée que la partie postérieure molle des dites nageoires, soit que la seconde dorsale; cette partie antérieure des nageoires supérieures est en même temps, chez eux, constamment plus basse que Tanale. Le tube digestif est généralement assez court ; les appendices pyloriques sont d'ordinaire en nombre peu élevé.

La grande majorité des Cottides habite les eaux salées. Des quatre genres, principalement marins, qui représentent cette tribu en Europe, un seulement, le genre Cottus, propre à la fois aux eaux douces et aux eaux salées de notre continent, figure dans notre pays \

Genre CHABOT.

COTTUS, Linné.

Deux dorsales de hauteur moyenne et distinctes, 7nais très voisines, parfois nvême faiblement réunies par la hase ; la première composée exclusivement de rayons non articulés plus ou moins flexibles, et un peu plus basse que la seconde. Pectorales larges et subarrondies. Ventrales implantées audessous de l'insertion de celles-ci, étroites et composées de rayons articulés en petit nombre, plus un rayon antérieur osseux ou épineux plus ou moins dévdoppé. Anale assez semblable defonne à la seconde dorsale et, comme elle.

^ Sar les dix-huit genres admis par Gûnther dans cette tribu, les quatre SDÎTants peuvent être seuls considérés comme véritablement européens ; Ootiu8y Europe entière; Scelus^ côtes du Spitzberg ; Lepidotrigloy mer Méditerranée; Drigla^ mer et océan.

composée de rayons articulés. Dents en velours sur les mâchoires et les pharyngiens seulement, ou sur ceux-ci et le vomer, mais pas sur les palatins. Peau ntée; ligne laté-ak complète, quasi-médiane et presque d/roite. Corps cylindroconique et un peu comprimé en arrière. Tête large, sensiblement déprimée et plus ou nwins arrondie en avatit. Préopercule armé d'épines simples ou complexes. Généralement six rayons branckiostèges \ Pas de vessie natatoire. Des pseudobranchies.

Les représentants de ce groupe se tiennent d'ordinaire au fond des eaux, se nourrissent exclusivement de substances animales, surtout de proies vivantes, et ont généralement des allures brusques et saccadées.

Ce genre, riche en espèces, compte de nombreux représentants soit dans les mers, soit dans les lacs et les rivières de notre continent, du nord de l'Asie et de l'Amérique septentrionale. Il parait n'y avoir dans les eaux douces de l'Europe que le Cottus Gobio (Linné) très répandu sous des formes diverses ', et le Cottus pœcilopus, de Heckel, propres aux Karpathes, à la Hongrie et à la Galicie'.

Il est à remarquer que la peau nue des Chabots double les nageoires et sécrète, sur tout le corps, un mucus abondant qui donne à ces animaux un toucher visqueux et glissant. La ligne latérale est souvent embrassée plus ou moins par de fines squamules noyées dans le derme et recourbées en gouttière. La structure et la consistance des rayons de la première dorsale de

^ Heckel et Kner (Sûsswasserfische, p. 32) ont trouvé quelquefois cinq rayons branchiostèges seulement, chez le Cottus poecilopus.

' Plusieurs de ces formes ont reçu des noms spécifiques ; les C. affimSj C. nUerastomus et C, ferrugineus de Heckel, par exemple, semblent n'être que des races locales de notre Chabot de rivière.

^ Selon Gûnther (Catal. of Fishes) aussi dans les Pyrénées.

COTTUS GOBIO. 105

notre Cottus rangeraient plutôt ce poisson parmi les soi-disant pseudo-acanthoptérygiens, près des Gobies et des Blennies par exemple, que dans les véritables Acanthoptérygiens, ainsi que Ta déjà fait remarquer Kner \ si Ton ne trouvait, dans le rayon composé antérieur de ses ventrales, un rayon plus véritablement osseux ou épineux qui le rapproche, par contre, de nos Percoldes •.

Les rayons des pectorales sont, ou peu divisés, ou plus ou raoiûs profondément bifurques, avec des articulations serrées.

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