ÉPINOCHES D'EUROPE
A*. Oasterosteus acileatls, Linné, Syst. Nat., éd. XII. I, p. 489 et éd. XIU^ (Ctir. GmeL), p. 1323 (pari.).* B/ocA, Fische Deutschl., Il, p. 79, Taf. 53, fig. 3. ^Cuvier, Règne Anim., II, p. 3S0 (part,). — Hartmann, Helv. Ichthyol., p. 70 {falae pro G» gymnurus), — • Hoiandre, Faune de la Moselle, p. 337. — Kroyer, Danmark» Fishe, 1838-40, p. 109. — Bonaparte, Cai. Met., p. 71, n* 663 (part,). — Ileckel et Kner, Sùsswasfterfische, p. 38, fig. 16. — D^ Bella, Ittiol. Veron., p. 50. — Siebotd, Susswasserfische, p. 66. — Blanchard, Poissons de France, p. 314, fig. 30. — * Gûnther, Catal. of Fibhes, I, var. D, p. 3 et 4. — Jdckel, Fische Bayems, p. 13. — Canentrini, Prospetto critico, p. 111 (pai*t,) — Sauvc^e, Kévisiorv des Êpinoches, 1874, Nouv. Archiv. du Mus., X, l, p. 9. » TR.\riiURr9, Cuv. et Val, Hist. Nat, IV, p. 481, PI. 98, fig, 4. — Holandre, Faune de la Moselle, B, p. 337. — ScAtn:, Europ» Fauna, II, p. 133. — Gûnther, Catal. var. D, I, p. '4. — ( = G. aculeatuê, ^ec, Axtct.)
B*. Gasterosteis semiahmatus, Cuv, et T'ai., IV, p. 493. — Yarrell, Briu Fishes, I, p. 94. — Schinz, Europ. Fauna, II, p. 133. — Blanchard, Poissons de France, p. 334, fig. 31. — Sautnige, Rev. des Êpinoches, Nouv. Arch. du Mus., X, 1874,1, p. 15. ( ^ G. aculeatus, var, éec. Thompson, Ann. of NnC Hist, VII, 1841, p. 99. — Gûnther, CaUl. var. B, I, p. 3. — Z>e Selys, Pèche fluviale, 1807, p. 8.)
* A. ÉraiocHn nnÈRiiiBarr cciRASsftn = G, (rac^Nfiis veU aeukatu», Det plaques osseuses latérales, sans interniptton, depuis l'baméral jusqu*à la caudale; les dernières formant de chaque côté une carèoe bien prononci'^e. Trois épines dorsales plat6t longues; la première aa-dessos de la base des pectorales ; la seconde la pins grande. Bonclier pelvien de forme coniqne . et relativement grand. ^ Eaux voisines des c6les océaniques de T Europe moyenne et septentrionale : France sept., Belgique, Allemagne sept., Angle* terre, Suède, Norwége et nord de rAroériqae sons le nom de Goêt, noteboToeennê (Cuv. et Val., et Dekay, New- York Fauna). C'est de cette première forme entièrement cuirassée qu'il faut rapprocher les deux espèces limitrophes suivantes : le Goêt, ponticus (Nordm.) des bords de la mer Noire, et le Gosf. mger (Cuv. et Val.) à la fois d'Islande et de Terre-Neove. ' B. ÊrraocH» onu-ABHtn » G, $emiarwuUu$, Des plaquas osseos4S jusqu'au-dessous de la première partie de la nageoire dorsale, puis une partie des flancs nue, enfin, de potites plaques avant la caudale. Troia épines dorsales assez fortes; la seconde généralement la plus grande. Bouclier pelvien à peu près comme chea PÉpinocbe entièrement cuirassée — France, Belgique, Angleterre.
GASTEROSTEUS. 69
<7ASTCROSTEUS SEMiLORiCATUS *, Cuv. et Val., IV, p. 494. — Yarrell, Brit. Fishes, I, p. 90. — Schinz, Europ. Fauna, II, p. 123. — Blanchard, Poissons de France, p. !îi2, fig. 30. — Sauvage, Rev. des Épinoches, p. 15. — (= G. actileatus, var., sec. Thompson, Ann. of N. H., VU, p. 96. — Gûnther, Catal. var. C. — De Selys, Pèche fluv. p. 8).
• NEttSTRiANUS', Blanchard, Poissons de France, p. %iO, (ig. 28. —
Sauvage, Rev. des Épinoches, p. 14. — ( = G. aculeattts, var,, sec. Bonizzi, Sulle varietà délia specie Gast. aculeatus.)
€*. Gasterosteus oymnurus, Cuvier, Règne Anim. Illust., Poissons, 76.
41) > LEiURis, Cuv. et Val., IV, p. 481, pi. 98, fig. i. — Yarrell, Brit. Fishes. I, p. 95. — Schinz, Europ Fauna, p. liS. — De Selys, Faune belge, 1, p. 223. — Gûnther, Fische des Neckar, p. 29. — Blanchard, Poissons de France, p. 225, fig. 32. — Sauvage, Rev. des Épinoches, p. 16. — ( = G. aculeatus, var., sec. Holandre, var. A. — Thompson, l. c, p. 99. — Heckel et Kner, 1. c. De Siebold, 1. c, Gûnther, l. c, Catal. Var. A. — Canestrini, etc. » argiropomus^, Cuv. et Val., IV, p. 498. — Schinz, Europ. Fauna, II, p. 123. — Oùnther, Catal. of fishes, I, p. 4. — Sauvage, Rev. des Épinoches, p. 23, PI. I, fig. 6. — ( = G. aculeattts^ var., sec. Thompson (?) et Canestrini^ l. c.)
• BAiLLONi*, Blanchard^ Poissons de France, p. 231. — Sauvage, Rev.
des Épinoches, p. 17. — ( •=? G. aculeatus var., sec. Bonizzi.) » AROEXT.\TissiMUS«, Blanchard^ Poissons de France, p. 232, fig. 35. —
* G. semihricatus. Comme U forme précédente, à demi cuirassé. Épines plus longues. Bouclier pelvien plus étroit. — France, Irlande, Allemagne 4tL Nord.
' G. neuatrianus. Demi-cuirassé, avec des épines plus petites, mais très larges à la base, et un bouclier très effilé. — France.
' C. Épinochks a qubub Lissis = G. gymnurus veL leiwus (a). Des pla- 4iues latérales ne s'étendant guère au delà du bout des nageoires pectoralt*s ; le reste des flancs et do la queue lisse et nu. Trois épines dorsales moyennes; la seconde d'ordinaire la plus grande ; la première au-dessus de la base des pectorales ou très légèrement eu arrière. Bouclier pelvieu de forme subconique et de largeur variable. — Angleterre, Irlande, Belgique, France, Allemagne ct^ntrale et méridionale, Suisse, Italie (Le prétendu Ga$i. algeriemis (Sauvage) de l'Algérie, parait se rapprocher beaucoup de notre G. leiurun),
* G. ar^yropomus. De forme élancée. Flancs en grande partie nus. Queue lisse. Plaques dorsales grandes. Épines plutôt courtes. Opercule très brillant. — Italie.
* G. BcttUoni. Comme le 6r. leiurus, mais un peu plus fort peut-être, av* c des épines dorsales plus finement dentelées et des épines ventrales, par contre, plus longues et mieux dentées. — France.
* G, argentatissimus. De forme élancée. Dénudé depuis la branche montante du bassin. Queue lisse. Épines dorsales et ventrales plutôt petites. Faces inférieures et latérales argentées. — France.
Sauvage, Rev. des Ëpinoches, p. 10. *- ( = 6f. aculealus^ var.^ sec.
Boni:u.) (fASTEKOsTKCS ELEGANs ', Bianchardf Poissons de Francef p. 23i.-> Sauvage,
Kev. des IripinocheS) p. 30. > (= G. acuiealus, var., sec. Bonizzi.) 6) » BltiCiiYCENTRUS », Cuv. Ci Ta/., IV, p. 499. — Yarrelt, Brit. Fish., i,
p. 96. — Schinz, Europ. Fauna, II, p. i23. — Thompson^ Ann. and
Mag. of Nat. Hist., VU, 1841, p. 100. — Bonaparte, Cal. Met, p. 71.
— Heckel et Kner^ Sùsswasserlische, p. 41 , (ig. 17. — Gûnther, Cat.,
I, p. 5. — De Betta, Ittiol. Veron., p. 54. — Steindavhtter, Catal. des poissons du Portugal, II, 1865, p. 3. — Sauvage, Hev. desKpi> nochcs, p. %\y pi. I, Ûg 9.— (= G. aculeatu8, var., sec, Canestrini, Prospetto, 114.)
c*) > iCTRAC^NTiiOS *, Ctiv. et Va/., IV, p. 490. — Schinz, Kurop. Fauna,
II, p. 124. — GùntheTf Catal., I, p. 5. — Sauvage, Rev. des Épino* ches, p. 24, pi. I, fig. 7. — ( =r 6r. aculeatus, var., sec. Canestrini^ Prospetto, p. 110).
• sPisuLosrs^, Yarreil^ Brit Fiilies, I, p. 97. — Gûuther, Catal., I, p. 5, ^Sauvage, Rev. des Ëpinoches, p. 25. — ( = G. tetracanthun, pro Schinz, Europ. Fauna, =» G. aculeatus, var., sec. Thomftsony 1. c, p. 102. — De Selys, Pèche fluv., p. 8.)
Plusieurs auteurs s'accordent à reconnaître dans les Gast. aculeatus, Gast. nemiarmalus et Gast. leiurus, trois formes d'une mt^me es|>è('e. Les prétendues espèces groupées sous le titre C, autour de«» trois letti^es a, b et c, ne me paraissent pas différer beaucoup plus entre elle»».
* G. eîegans. Assez semblable à la forme précédente, avec des épines dorsales et ventrales plus grêles et plus allongées. — France.
* 0> brackycentrus. De forme assez trapue. Tôte forte. Plaques pectorales peu nombreuses. Queue lisse. Épines dorsales petites et accoropagnées jusqu*au haut par la membrane ; la première souvent la plus grande. Bouclier pelvien obtus. Épines ventrales relativement très courtes. — Italie et Portugal; Irlande (?)
* G, tetracaMhuê. Queue lisse. Flancs en grande partie nus. Quatre épines dorsales courtes. Bouclier pelvien large. — Italie.
* (/. âpinidosM, Flancs en grande partie nus. Queue lisse. Quatre petites épines dorsales. — Angleterre et Irlande.
* Kn ne tenant compte que des prindpaux caractères et en faisant abstraction de quelques traits censés distinctifs que nous aurons à discuter, on obtiendrait, pour ces diverses prétendues espèces, à peu près la diagnos^ siiéciBque et générale suivante :
D^un gris verdàtre on bleuâtre plus ou moins rembruni, en dessus, avec des taches brunes plus ou moins apparentes. Faces latérales et iufe-
GAST. GYMNURUS. 71
3. C. (a). L'ÉPIXOCHE A QUEUE LISSE Der Stichlinq. — Spinarello
GaSTEROSTEUS (aCULEATUS) GYMNURUS, Cuv.
D'un gris olit^âtre, verdâtre ou bleuâtre, en dessus, arec de petites taches ou nmrhrures brunes, parfois réunies en bandes iransverses. Faces latérales et inférieures, suivant les conditions et les circonstances, d'un blanc argenté, bleuâtres, verdâtres^ jaunâtres ou rouges. Nageoires d' un jaunâtre ou verdâtre très pâle. Corps fusif orme, médiocrement allongé et sensiblement comprimé. Tète plutôt grande, subtriangulaire, vue par le côté, et notablement pincée latéralement, dans lu partie antérieure surtout. Six, plus rarement cinq, plaques dorsales dont les deux médianes rabattues plus ou inoins bas sur les flancs. Oénéralement trois épines dorsales de proportions im peu variables; d'ordinaire la seconde la plus haute. De quatre à neuj, le plus souvent cinq à sept, lames osseuses latérales Inissant à nu une partie des flancs et la queue en son entier. Un bouclier pelvien triangulaire, suivant les iïidindus, large ou effilé. De chaque côté îine épine ventrale de longueur variable, ain»i que plus ou nwins granuleuse et denticulée, avec un petit rayon nwu postérieur. Une petite épine recourbée devant V anale; cette nageoire naissant à peu près au-dessous du premier tiers de la dorsale. Ladite nageoire dorsale ayant son origine au-dessus de Vextrémité du bouclier pelvien ou un peu
rieurcs, suivant les conditions, d'un blanc argenté et brillant, ou jaunâtres, 00 rouges. Nageoires transparentes ou peu colorées. Corps naviculaire et médiocrement allongé. Tète forte. Nageoire anale prenant naissance passablement en arrière de l'origine de la dorsale. Des lames osseuses formant, entre l'épaule et la caudale, une cuirasse latérale plus ou moins étendue. Cinq à six plaques sur le dos, entre l'occiput et la nageoire dorsale. Bassin prolongé sur le ventre en un bouclier triangulaire. Ëpioes ventrales et dorsales de proi)ortions variables et plus moins rugueuses ou denticulées sur lo bord. Les épines dorsales d'ordinaire au nombre de trois, plus rarement de deux ou de quatre. Taille moyenne de vieux sujets : 60-75 millimètres.
D. i:i (IMV)(H) 10—13 (15); A. 1/8—10; V. I/l; P. 9—11; C. (U) 12.
Vert. (.^0) 31—33.
en arrière et s*étendant, du coté de la caudale, aussi loin que Vanale ou très légèrernent plu^ loin (Taille moyenne : 50 à
D. m/lO— 12, A. 1/8, V. I/l, P. 10-11, C. 12. Vert 31-33.
Gasterosteus gym.v'urus, Cmu., g. leiuhus Cuv. et Val.^ G. arcyropomus» Cuv. et Val.^ G. BAiLLONi, Blanchard^ G. argentatissimus, Blanchard, G. ELEGANS, Blanchard^— probab.quoque: G. brachycentrls, Cuv. et Va/., G. TETRACANTHUS, Cuv. et Val., G. spinulosus, YarrelL Voyez plus haut synonymie générale et notes, p. 69 et 70.
Noms vulo. En dehors du mot Stichling, je ne connais pas à cette espèce de nom vulgaire propre à la Suisse, dans les environs de Bàle.
Corps fusiforme, médiocrement allongé, assez élevé, sensiblement comprimé et passablement atténué dans la partie postérieure ; les femelles adultes souvent un peu plus fortes ou un peu plus voûtées que les mâles. Le profil supérieur assez régulièrement convexe du museau à la queue, bien que, suivant les individus, plus ou moins arrondi en arrière de la nuque. Le profil inférieur, tantôt semblable au supérieur ou même un peu moins convexe ; tantôt, au contraire, au moment des amours surtout, brusquement renflé depuis la gorge jusqu'à l'anus. Le dos un peu carré ; le ventre arrondi.
La hauteur maximale, au niveau à peu près de la seconde épine dorsale, à la longueur totale, comme 1 : 4 'A—^ 'A? selon les individus, femelles adultes et à large bassin, ou mâles et jeunes à bassin étroit, jusqu'à 5 Vr6 chez de très jeunes sujets; cette même élévation, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 3 Va — 4 Va- La hauteur minimale, vers l'origine de la caudale, à l'élévation la plus grande, comme 1 : 5—6. L'épaisseur la plus forte, un peu en avant de la branche montante du bassin, à la hauteur maximale, comme 1 : 1 Vs— 1 V4» abstraction faite de la dilatation des parois abdominales pendant l'époque du rut. Une section verticale d'un ovale assez allongé et volontiers un peu plus étroite dans le haut que dans le bas.
Anus légèrement saillant et situé aux deux tiers environ de la longueur totale, chez les femelles pleines, mais un peu plus en avant chez les mâles et les femelles délivrées.
GAST. GYMNURUS. 73
Tête grande, subtriangulaire vue par le côté, notablement comprimée, la partie antérieure surtout, et passablement accuminée. Le profil supérieur en grande partie assez régulièrement convexe, un peu retroussé en avant ; le profil inférieur, plutôt droit en arrière et assez brusquement relevé en avant, depuis l'angle de la mâchoire. La longueur céphalique latérale à peu près égale à la hauteiu* maximale du corps, chez les vieilles femelles, soit à peu près dans les mêmes rapports vis-à-vis de la longueur totale, mais, d'ordinaire, notablement plus forte chez les mâles et les jeunes à bassin étroit, soit en regard de l'élévation du corps, soit vis-à-vis de la long, totale; par rapport à cette dernière, selon l'âge et le sexe, comme l : 3 '/s — ^ Va» La longueur sup. mesurant, suivant les individus, Vio ^ Vio de la long. lat. La hauteur vers l'occiput égale, selon les sujets, aux Va ou aux 'A de la long, lat. L'épaisseur à peu près égale à la moitié de la longueur, ou un peu moindre, chez les mâles principalement.
Os frontaux, pariétaux et occipitaux finement granuleux et marqués de stries rayonnantes. Un espace mou, étroit et allongé, s'étendant, en prolongation de la ligne latérale, sur les côtés de la tête, au-dessus de l'opercule et jusqu'aux sousorbitaires.
Museau un peu relevé, plus ou moins pincé, souvent un peu plus allongé chez les mâles que chez les femelles.
Bouche un peu protractile, franchement oblique et fendue à peu près jusqu'au-dessous de la narine. La mâchoire inférieure dépassant légèrement la supérieure. Les lèvres assez épaisses ou saillantes. La langue lisse. Un orifice nasal de chaque côté, de moyenne dimension, subarrondi, bordé d'une valvule et situé à peu près au tiers de la distance entre l'œil et le museau, ou un peu plus près de ce dernier. Œil grand, un peu saillant, arrondi et franchement latéral, bien que placé assez haut pour entamer légèrement le profil frontal; d'un diamètre, à la longueur céphalique latérale, comme 1 ' '^ Vs— 3 Va, chez des sujets d'âge moyen ou adultes. Souvent 2 '/a seulement chez de très jeunes individus.
L'espace préorbitaire un peu plus grand que l'oeil ou seulement à peu près égal à celui-ci, suivant les sexes et les
74 FAUNE DES VEHTEBRES.
individus ; soit, entrant 3-3 Va fois dans la longueur de la tête. (Il m'a paru qu'une diflférence très sensible dans la taille ne s'accuse pas, chez cette espèce, par des dimensions de l'œil aussi différentes, par rapport à la tète et à l'espace préorbitaire, que chez la plupart de nos poissons, de nos Cyprinides en particulier.)
L'espace interorbitaire, suivant les individus, égal aux '/j ou aux Vs de Tœil, soit, à la longueur céphalique latérale, comme 1 : 4 '/s — 5.
Opercule assez grand, régulièrement arrondi en arrière et en dessous et marqué de stries rayonnantes très déliées, ainsi que finement pointillée sur toute la surface.
Sous-opercule décrivant un arc étroit sous le pourtour de l'opercule. Interopercule formant un petit coin allongé entre l'opercule et le préopercule. Préopercule composé de deux branches étroites, à peu près rectilignes et formant à leur réunion un angle presque droit. Membrane branchiostège bordant largement l'appareil operculaire.
Arcade sous-orbitaire formée de trois os : le second ou médian à peu près carré et très petit; le premier au moins double ou triple de celui-ci, de forme allongée et pointu en avant ; le troisième de beaucoup le plus grand, recouvrant une bonne partie de la joue, finement strié et articulé par le bas avec le préopercule.
Maxillaire supérieur de forme allongée, relativement étroit, ceintré, la concavité en avant et un peu renflé à l'extrémité.
Dents en cardes sur l'intermaxillaire et le maxillaire inférieur; d'ordinaire aussi d'autres dents, un peu plus petites ou plutôt en velours, distribuées en deux groupes, de chaque côté, sur les pharyngiens. Les tubercules antérieurs du premier arc branchial portant également des dents coniques, assez longues et légèrement courbées.
Scapulaire formant, de chaque côté de l'occiput sur la nuque, une saillie conique et verticale, prolongée en arrière, audessus de la base de la nageoire pectorale, en une corne pointue à peu près horizontale.
De chaque côté de la poitrine, en dessous, une autre plaque osseuse plus grande, subtriangulaire et allongée, s'éten-
GAST. GYMNURUS. 75
dant depuis la gorge au-dessous de l'angle inférieur de l'opercule jusqu'au bassin ; pièce, comme toutes les précédentes, finement striée et pointillée.
Bassin développé, sur le ventre, en un large bouclier conique ou subtriangulaire en arrière, et relevé, sur les côtés, jusqu'aux '.'5 environ de la hauteur du corps, en une branche montante, d'épaisseur un peu variable, striée, pointillée et indifféremment, dans les deux sexes, conique et acuminée ou élargie et fourchue, voire môme trilobée à l'extrémité.
Bouclier pelvien à surface plus ou moins granuleuse et marqué sur le centre d'une arête sutiu-ale longitudinale, d'où partent des stries obliques plus ou moins divergeantes. Avec cela, ,très variable dans les formes et les proportions, non seulement avec l'âge, mais encore selon le sexe et même parfois selon les individus, sans raison apparente ; ainsi, dans la majorité des cas, plus étroit, de forme plutôt lancéolée, soit un peu étranglé vers la base, et plus rugueux chez les mâles, mais, par contre, le plus souvent plus large, plus dilaté à la base, ou plus franchement conique, et plus lisse chez les femelles adultes (Voy. PL II, tig. 7 et 8). (A côté de ces variantes de formes, je trouve, au point de vue de la coloration du bassin, chez mes Épinoches des canaux du Rhin, un trait caractéristique sexuel qui m'a paru assez constant : je veux parler d'une teinte rougeâtre de la base du bouclier qui se trouve chez tous les mâles capturés durant la belle saison. Cette couleur, résultat probablement de la livrée de noces, m'a paru demeurer assez longtemps et persister après un long séjour dans l'alcool 0-
Cette pièce servant de point d'appui, de chaque côté, à une épine ventrale articulée sur sa base et s'étendant, chez Tadulte, h peu près jusqu'au-dessous de la troisième épine dorsale. légèrement plus loin ou, au contraire, un peu moins loin, suivant l'âge plus ou moins avancé.
* Certaines femelles d'âge moyen présentent parfois un bouclier étroit comme celui desmàlcs; toutefois, cette pièce est, malgré ce rapport, plus allongée, moins )>incéi' dans le lias et dépourvue de la coloration rougeâtre que nous avons signalée \ers la hase du bouclier des mâles. Chez de très jeun**» individus, le bouclier n'est souvent pas plus large que les épines latérales ; il est parfais même bien plus mince encore et beaucoup plus court.
Lames latérales osseuses, verticales, juxtaposées ou partiellement imbriquées, de forme et dimensions différentes, et distribuées sur le tronc seulement, au nombre de 4 à 9 smvant les individus ; tantôt en quantités égales à droite et à gauche, tantôt en nombre inégaux sur les deux côtés du corps, et cela aussi bien chez les sujets de petite taille que chez les grands individus. Dans le cas maximum de neuf lames : une première très petite, souvent rudimentaire ou presque imperceptible, au-dessous de la seconde petite plaque dorsale ; puis trois autres croissant graduellement en extension, d'avant en arrière, et situées au-dessous de la troisième ou première grande plaque dorsale armée ; après elles, encore trois autres des plus grandes, au-dessous de la seconde plaque dorsale armée, les deux dernières placées généralement après la branche montante du bassin, de manière à correspondre à peu près avec l'extrémité des pectorales; enfin, deux autres encore, tantôt grandes et régulières comme les précédentes, tantôt, au contraire, petites, décroissantes et plus ou moins séparées, la huitième située au-dessous de la cinquième petite plaque dorsale non armée, la neuvième entre celle-ci et la sixième dorsale ou quelquefois au-dessous de cette dernière. Dans la majorité des cas, cinq à sept lames seulement, soit par l'absence assez fréquente de la première petite rudimentaire, soit par inconstance des deux et même parfois des trois dernières. Sur quarante individus des environs de Bâle, j'ai compté, en faisant abstraction de la première petite rudimentaire, tantôt absente, tantôt présente : deux fois quatre lames à gauche et cinq à droite, soit Vsi quatre fois Vs, quatre fois '/g, dix-huit fois Vs (soit V? si la première petite existe), quatre fois Vti deux fois Vs et six fois Vs (soit encore '/g, par addition de la petite antérieure inconstante). L'irrégularité sur les deux faces et les maxima se trouvaient aussi bien chez les adultes ou gi*ands sujets que chez des jeunes ou des individus de taille relativement très petite. Notons seulement que les lames, parfois rudimentaires, ont toujours moins d'extension et de rigidité dans le bas âge.
Plaques dorsales développées aux dépens des os interépineux, pointillées et striées comme les autres pièces de l'armure et,
GAST. GYMNURUS. 77
le plus souvent, au nombre de six, quelquefois de cinq seulement, par soudure de la seconde petite antérieure avec la première grande. La première, après la corne de l'occiput, très petite, étroite et allongée ; la seconde, petite aussi, mais de forme plutôt triangulaire ; la troisième et la quatrième relativement très grandes, la dernière siu-tout, polygonales, anguleuses et rabattues plus ou moins bas sur les côtés du dos; la cinquième et la sixième de nouveau petites et de forme plutôt ovale (Dans le cas de cinq plaques, ou de soudure complète des seconde et troisième, cette dernière paraît munie d'un prolongement antérieur). Les deux grandes médianes et la sixième armées sur le centre d'une épine mobile. Épines dorsales généralement au nombre de trois, mais très variables en dimensions ; la seconde ou médiane, le plus souvent la plus grande, variant en hauteur, suivant les individus, de la moitié environ, au cinquième seulement de l'élévation du corps (Bien que se montrant, parfois, indiii'éremment dans les deux sexes, ces deux rapports extrêmes m'ont paru cependant plus fréquents, le premier, chez les mâles et les jeunes à bassin étroit, le second chez les femelles à dos voûté et à large bassin). La première épine, d'ordinaire un peu plus basse que la seconde, parfois de même hauteur, plus rarement légèrement plus longue, située audessus de la base des pectorales ou très légèrement en arrière ; la seconde, dans la majorité des cas la plus haute, implantée en face de l'épine ventrale; la troisième, toujours la plus petite, insérée devant l'origine de la nageoire dorsale et mesurant, selon les individus, de un quart à la moitié de la plus grande.
Ces épines osseuses fortement assises sur les plaques dorsales et articulées avec elles, de manière à pouvoir être dressées ou couchées à volonté, larges h la base, coniques, un peu recourbées en arrière, plus ou moins épaisses suivant les individus, très aiguës au sommet, striées, rugueuses, plus ou moins dentelées sur les bords et marquées, à la face postérieure, d'une rainure longitudinale. Une fine membrane, fixée dans la rainure médiane, joignant le dos, sous forme de petite voile triangulaire, et remontant plus ou moins haut
le lonî? de Tépine ; cette membrane, semblant de na<:eoire, ne dépassant quelquefois pas la moitié de la plus <a*ande épine, ou atteignant, au contraire, d'autre fois à peu près le sommet de celle-ci.
Najîeoire dorsale naissant de suite après la troisième éi)ine. soit presijue au-dessus de la pointe du bouclier i)elvien, ou un peu en arrière, et s'étendant, du côté de la caudale, k peu près à la même distance que Tanale, soit sur un espace é}i;al environ à la longueur de la tcte, chez les femelles, mais relativement un peu plus réduit, chez les mftles et les jeunes à bassin étroit, grâce surtout aux différences de proportions de la tête. Cette nageoire, d'une élévation maximale, suivant les cas au premier ou au second rayon, éjzale environ aux V» ou à la Va de la hauteur du corps, selon les individus, femelles adultes ou mâles et jeunes, soit, généralement un ptni plus élevée que la seconde épine. La tranche s'abaissant graduellement, en ligne presque dmite ou léizèn^meut convexe, jusqu'à la queue.
Dix à douze ravons mous, souvent tous divisés ou fourchus à l'extrémité: parfois les premiers seuls fourchus ouïes derni(»rs seuls simples.
Anîile, comme la dorsale, précédée d'une petite* épine isolée de dinK'nsion un peu moindre que la correspondante dorsale. L'éjïine amile, toutefois, plus couchée sur la nageoire et moins dentelée; en ce sens, plus véritablement pn»mier rayon de ladite natîeoin». L'anale naissant au-d(»ss(>us du premier tiei*s envin)n de la dorsale et s'étendunt, en arrière, â peu prè^ii la même distance que celle-ci; de hauteur et de forme à p<*u près semblable à la dorsale, bien que p(»ut-étre un peu plus convexe sur la tranche.
D'ordinaire huit ravons tous mous. Ces ravons souvent tous fourchus ; parfois quelques-uns simi)les.
Yentr.ih*s ctmiposées d'une fortt»éj)ine articulée, de chaque côté, sur la ba'^e du Ixmclier pelvien et d'un très petit rayon mou embra«*sé dans la fine membrane sout(»ndue par l'épine. La dite éjiiue faiblement rec^ourbtV en arrière, a|»|)uyée, au côté externe, par un fort talon plus ou mtûus pmlonué. striée et ruiru«*use, plus on nioiu< dentt»lée. sur les bords principah*-
GAST. GYMNURCS. 79
ment, et, bien que de longueur très variable, assez généralement, chez les divers individus, un peu plus grande que la dorsale majeure. La membrane natatoire s' élevant, plus ou moins haut, dans une rainure postérieure de l'épine; parfois presque jusqu'au sommet de celle-ci, chez certains mâles. Dans le bas âge, l'épine d'ordinaire sensiblement plus longue que le bouclier. Chez la plupart des mâles adultes, l'épine un peu plus courte seulement que le bouclier et mesurant environ la moitié de la hauteur du corps en dessus d'elle. Chez beaucoup de femelles, enfin, cette épine volontiei-s plus faible (quoique encore très variable, il est vrai, selon l'âge plus ou moins avancé, parfois même aussi forte que chez certains mâles), soit par rapport au bouclier, soit vis-à-vis de la hauteur du corps ; variant, par exemple, de la moitié au tiers et môme au quart de ladite élévation (Voy. PI. II, fig. 7, la femelle, et fig. 8, le mâle, adultes).
Pectorales naissant au-dessous de la première épine dorsale, ou léj^èrement plus en avant, sur une base large et charnue, très facilement réversibles, s'étendant rabattues un peu plus loin que la branche montante du bassin, affectant à peu près la forme d'un éventail et faiblement convexes sur la tranche, par le fait de la petite différence de proportion des rayons externes et médians. Généralement dix ou onze ravons mous non rameux.
Caudale plutôt petite, étroite à la base et à peu près rectiligne, soit sans échancrure, lorsqu'elle n'est pas endommagée '. D'une longueur, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 7 à 8 '/„ selon l'âge et les individus. Douze rayons mous principaux, parfois en majorité simples, le plus souvent, au contraire, tous plus ou moins divisés, à Texception toutefois des externes un peu plus courts et appuyés par de très petits ravons basilaires en nombre assez variable.
IV.iu nue sur toutes les parties dégagées de la cuirasse : une
' La caiulate très délicate de c^lte espèce est, en effet, souvent plus ou moins (ndommagée, principalement chez les mâles à Tépoque des amours; peut-être par le fait de Thabittide qu'ont ces petits querelleurs de se mordre volontiers entre eux sur la queue.
partie des flancs, la base des nageoires pectorales, la queue, le bas ventre, le triangle pectoral, etc.
Ligne latérale suivant, à peu près au tiers supérieur de l'élévation maximale du corps, une direction presque droite, depuis Tangle supérieur du coracoldien, jusqu'au milieu de la base de la caudale. Cette ligne indiquée sur les lames latérales, entre la moitié et les deux tiers de leur hauteur, par une carène un peu prolongée en arrière, et marquée par un léger sillon sur les parties nues du corps.
Cïoloration de faces supérieures d'un gris olivâtre, plus ou moins rembruni, ou verte, ou bleue, d'ordinaire avec de petites taches ou comme des marbrures brunes, ou encore avec des bandes irrégulières brunâtres, plus ou moins accentuées, sur le haut des flancs et sur le pédicule caudal. Les côtés de la tête, ainsi que le bas des flancs et le ventre, d'un blanc argenté, parfois très brillant, d'autrefois légèrement jaunâtres avec des reflets verdâtres ou bleuâtres, ou encore finement pointillés de brun. Les nageoires d'un jaunâtre ou d'un verdâtre pâle et transparentes ; souvent de très petits points bruns sur le côté des rayons. Iris d'un blanc argenté, parfois jaunâtre et lavé plus ou moins, dans le haut surtout, de noirâtre, de vert ou de bleu.
Au moment des amours : le bord des joues, la gorge, la poitrine et même une partie plus ou moins grande du ventre et des côtés d'un rouge de sang d'intensité variable; cela chez les mâles surtout et plus particulièrement chez les vieux sujets. J'ai vu des mâles orangés sous la gorge et la poitrine : d'autres seraient, selon de Selys, mélangés sur les mêmes parties de bleu et de jaunâtre. Au reste, la couleur varie, chez les Ëpinoches comme chez beaucoup de poissons nus, très rapidement sous l'influence des impresions internes ou externes. Les femelles, ainsi que les jeunes, moins variables et volontiers plus pâles en dessous.
Dimensions très variables, non seulement avec Tâge. mais encore selon le sexe et les conditions d'existence. Chez la race continentale, dite Oynmura, généralement un peu plus petite que la race littorale, soit Trachura, le maximun de la longueur totale ne s*élève guère au-dessus de 75 millimètres. Mes
GAST. 6YMNURUS. 81
femelles adultes des environs de Bftle, un peu plus fortes que les mâles, ne dépassaient guère, pour la plupart, 60 ou 65 millimètres, tandis que j'ai reçu, de M. Covelle, à Genève, deux femelles d'origine française qui, bien que de même forme, avec peu de plaques Vs et Vs et âgées de deux ans seulement, avaient déjà pondu et étaient arrivées, dans un aquarium, avec une riche et abondante nourriture, à une taille de 70 à 72 millimètres.
Mâles généralement plus petits, à âge égal, et plus brillamment colorés, dans la livrée de noces, que les femelles ; en outre, moins voûtés sur le dos, avec une tête relativement plus forte. Le bouclier pelvien, chez eux, d'ordinaire plus allongé ou plus étroit et plus pincé à la base, ainsi que plus rugueux à la surface et souvent teinté de rougeâtre. Les épines ventrales et souvent aussi les dorsales, plus longues, par rapport à l'élévation du corps et à la longueur du bouclier.
Jeunes généralement plus effilés que les adultes, avec le dos moins voûté, la tête comparativement plus grande et l'œil plus gros. Le bouclier pelvien, dans les deux sexes, relativement très étroit et plus court par rapport aux épines. Les lames latérales plus courtes ou moins développées que chez les vieux et s' ossifiant d'abord, la plupart du temps, le long de l'arête représentant la ligne latérale. La coloration des fiaces supérieures plus terne, soit plus généralement olivâtre ; les faces inférieures assez constamment blanches et argentées.
Vertèbres au nombre de (30) 31-33.
Vessie aérienne libre, irrégulière, mais simple et reliée à la face dorsale de l'estomac. Tube digestif notablement plus court que l'animal, presque droit et pi^sentant, près du pylore, deux petits renflements latéraux ; l'estomac grand, de forme ovale et bien délimité. Ovaire gros et double ou profondément bilobé. Testicule énormément développé au moment des amours et, bien que double comme l'ovaire, alors franchement réuni par le bas, ou d'apparence bilobée comme ce dernier.
Quelques lamelles pseudo-branchiales quasi-digitiformes, disposées sur un rang vers le haut de la cavité branchiale.
Cette espèce, si multiple dans les formes, varie, comme nous Tavons dit, non seulement d'une manière plus ou moins constante, avec l'habitat et les conditions, mais encore, dans un même mUieu, selon Tâge, le sexe, les individus et l'état de ces derniers. L'inconstance chez une seule race, souvent même sur les deux côtés du corps d'un même sujet, de plusieurs des caractères invoqués pour séparer spécifiquement les formes les plus opposées en apparence, semble réduire passablement la valeur de la plupart des traits considérés comme distinctifs et, en étendant les limites de la variabilité dans une même localité, devoir faire attribuer naturellement aux influences prolongées de milieux différents une importance modificatrice bien plus grande encore. Bien que l'on ait rencontré quelquefois les Oast. iradnirus et Qast. gymnurus fortuitement réunis dans le même cours d'eau, plus ou moins près de la mer, et quoique je sois loin de croire qu'un même individu puisse être successivement un Trachiirus parfait et un vrai Oymnurus, ou\1ce versa, par le seul effet de l'âge ou des conditions, je ne m'en joins pas moins à Thompson, Heckel et Kner, Gûnther, de Siebold, Canestrini et d'autres, pour ne voir dans ces deux formes extrêmes que des races dérivées d'une même espèce, entre lesquelles le O. semiarmaius vient se placer, comme degré transitoire. Les différences de milieu ou de distribution géographique me paraissent suffisantes pour expliquer les dissemblances extérieiu'es, il est vrai, très importantes au premier aspect, qui doivent, selon beaucoup d'ichthyologistes, distinguer spécifiquement les Épinoches de divers pays.
L'extension des lames latérales paraît, en particulier, entre les extrêmes Qymnurus et Trachurus, assez variable dans chaque forme intermédiaire, pour avoir permis à plusieurs ichthyologistes de rapprocher les Q, semiarmatus et O. sefniloricatus de Cuvier et Valenciennes, d'un côté del'Épinoche entièrement cuirassée ou O. trachurus, de l'autre de TÉpinoche à queue lisse ou (?. leiurus (soit Oymnnrus) de ces auteurs. Je crois devoir faire rentrer dans le même cadre, et au même titre de variété, le O. iieustrianus de Blanchard, qui ne me paraît reposer que sur des différences de fort peu d'importance \
* Voyez notes de ma synonymie, page 69.
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Ceci dit, on se trouve en face d'une série de prétendues espèces d'eau douce qui, toutes à queue lisse, comme notre Épinoche de Bâle, ne se diflférentient plus que par des caractères d'une autre nature et plus ou moins discutables. Il ne sera pas inutile, je pense, de profiter ici de T examen que je viens de faire de la forme habitant les canaux du Rhin, en Suisse, pour peser, jusqu'à un certain point et en quelques mots, la plupart de ces nouveaux traits censés distinctifs ou spécifiques. En effet, en comparant la description que je viens de donner, soit àladiagnose commune, soit aux diagnoses plus brèves de chaque prétendue forme que j'ai données, en notes, à la suite de la synonymie générale, on verra assez vite, non seulement à quel petit nombre se réduisent les principaux traits distinctifs que Ton peut attribuer, en tant que propres, aux diverses espèces réunies sous le titre commun d'Épinoches à queue lisse ; mais encore comment la plupart des dites formes rangées sous la même lettre C partagent avec notre O. gymnurns C (a) tantôt Tun, tantôt l'autre de ses caractères, en même temps qu'elles présentent, comme lui, des variations analogues sur tel ou tel point de leur structure censée particulière.
Les proportions plus fortes de la tête, le moindre développement des épines en général, de la seconde dorsale en particuf lier, la plus grande extension des membranes natatoires soutendues par les dites épines, le nombre réduit des lames latérales etr les dimensions plus faibles des plaques dorsales, enfin, la courbe un peu différente du dos qui devraient servir, selon divers auteurs, à caractériser le Q. hrachycentrus de Cu\ier et Valenciennes, ont été sérieusement étudiées par le professeur Canestrini, en Italie ^ ; le résultat des nombreuses comparaisons de cet auteur est que le dit G. hrachycentrus du Midi n'est, de fait, qu'utfe' variété de notre O. gymnuriis. L'inconstance que j'ai moi-même remarquée chez l' Épinoche de Bâle, sur tous les points précités, ainsi que la variabilité que j'ai constatée, dans plusieurs des caractères censés distinctifs, chez quelques Épinoches à queue lisse provenant de Vichy, au centre de la France, Kpinoches dont quelques-unes répondaient cependant presqu'en-
* Prospet. crit., p. 114.
tièrement à la description du O. brachycentrus par Heckel et Kner, m'ont engagé à partager ici l'opinion de Téminent ichthyologiste italien. Le O. brachycentrus^ C {b\ ne me paraît donc qu'une variété, suivant les localités plus ou moins accentuée, du O. gymnuruSy C (a). L'Épinoche d'Irlande, à laquelle Thompson ' attribue le nom de Q. brachycentrus, semble différer un peu de la forme méridionale connue sous ce nom, mais doit probablement, comme elle, rentrer aussi dans la synonymie de notre O. gymnurus ou leiuriis.
La présence de quatre épines dorsales a paru à Thompson ', en Irlande, comme à Canestrini',en Italie, un cas plutôt excep* tionnel, et du reste un caractère assez peu appuyé, pour que les rares individus qui en sont porteurs, C(c), G, tetracanthus (Cuv. et Val.) et O. «pinti{o«(tô( YarrelDpuissent être considérés comme de simples variétés du G. gymnurus de Cuvier. Il est vrai que Gûnther *, qui maintient ces espèces distinctes, attribue à la première quinze et à la seconde seulement huit rayons mous à la dorsale ; mais ces extrêmes au-dessus et en dessous des chiffres moyens 10-12 de notre Ëpinoche à queue lisse, pourraient bien n'être aussi qu'accidentels, car ni Canestrini, ni Thompson n'ont constaté à ce point de vue de différences importantes chez les individus de ces deux formes qu'ils ont étudiés dans le pays même où la prétendue espèce avait été primitivement signalée. Sauvage donne quatorze rayons mous à la dorsale de son (?. tetracanthus.
Les formes élancées, la coloration argentée et brillante, et les proportions censfVs caractéristiques des plaques dorsales et des épines des G. argyro})omus (('uv. et Val.) et G, argnitatis- /timfi/» (Blanchard), se retrouvent, dans des conditions différentes, chez beaucoup de véritables G. gymnurus rel leiurus. Encore ici, je suis d'accord avec le professeur Canestrini *, du
* On the specîei of Sticklcback {(raêteroêteus, Linné) foond in Irelaod. Ry Wm. Thompson, Ann. and Mag. of Nat. History, ?oL VU, 1841, p. lOo.
" Thonpaon, 1. c, p. 102.
* Canestrini, 1. c, p. 116.
* Caul. of Fithet, I, p. 6.
* Protpet. crit., p. Un.
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moins pour la première de ces prétendues espèces, la secondé étant de plus récente création, et je considère ces deux formes comme de simples variétés. Enfin, la grande variabilité que j'ai constatée, selon le sexe et Tâge, parfois même sans raison apparente, chez les Épinoches C (a) des canaux du Rhin à Bâle, nous montre combien peu d'importance Ton doit attacher souvent, soit aux proportions comparées de la tête et du tronc, ou aux formes plus ou moins voûtées ou élancées du corps, soit à r extension des plaques dorsales et des lames latérales, ou à la coloration, soit, enfin, aux dimensions et à l'apparence plus ou moins denticulée des épines, ainsi qu'aux développements divers du bassin qui, suivant Blanchard S devraient servii' à caractériser la plupart de ses Ëpinoches françaises, les Q. Bailloni (Blanchard) et O. el^ans (Blanchard), par exemple, pour ne citer que les dernières, les seules dont nous n'ayons point encore parlé. Le docteur P. Bonizzi ^ qui a réfuté déjà les huit espèces nouvelles de Blanchard, en s' attachant surtout aux formes des épines, tfe semble pas s'être aperçu que c'est à une différence d*âge et surtout de sexe qu'il faut attribuer, la plupart du temps, les variantes considérées comme caractéristiques par l'auteur du volume sur les Poissons de la France.
M. Sauvage, dans sa Révision des Épinoches, me paraît s'être reposé beaucoup sur les déterminations des auteurs antérieurs et, dans le but de donner un catalogue complet, avoir peut-être un peu trop négligé la discussion de bien des formes.
Si Ton admet l'unité de l'espèce et que l'on se demande quel a pu être le point de départ de tant de formes variées, il semble naturel de chercher plutôt le type dans l'une des formes extrêmes que dans les races d'apparence intermédiaire, et d'emblée TÉpinoche entièrement cuirassée paraît devoir prendre place au premier rang. Sans recourir aux données orographiques et hydrographiques des temps anciens, en se basant simplement sur la distribution géographique actuelle des formes plus ou moins cui-
' Poissons des eaox douces de la France.
' SoUe varieta délia specie Giuteroateus aeukatua. Nota del Doit. Paolo fioojui; con tavola. (Axchlv. per la Zool. e la Fisiologia, série II, vol. I, 1869.)
rassées, il semble, comme je viens de le dire, que ce soit l'Épi- Doche complètement année et plutôt littorale qui ait dû d'abord prédominer. En effet, bien que cette opinion paraisse à première vue contraire à l'idée du perfectionnement graduel, on ne peut pas ne pas attacher une certaine importance aux récits de quelques auteurs qui nous montrent : que les individus les mieux cuirassés et les plus forts, soit O. trachurua, se trouvent généralement dans les eaux saumâtres ou près des côtes maritimes ; que les eaux des pays relativement septentrionaux paraissent tout particulièrement propices au développement et à la multiplication de rÉpinoche*; enfin, que les formes les moins protégées, le G. brachycentrus entre autres, prospèrent surtout, de nos jours, dans les petits courants où elles rencontrent beaucoup moins d'ennemis -.
L'Épinoche est très répandue en Europe, depuis l'Italie au sud, jusqu'au nord de la Suède et de la Norwége; elle se trouve même jusque sur les côtes septentrionales de l'Amérique^. La forme à queue lisse, la plus répandue dans le continent, est la seule que l'on trouve dans notre pays *. On ne la rencontre, du reste, à l'état libre, en Suisse, que dans les environs de Bâle, dans les canaux du Rhin, dans quelques petites rivières du voisinage, la Wiese et la Birs en particulier*, et,
* Voy. par exemple : Schonevelde, Ichthyologia et nomenclaturse anîmalium marinorum, ânviatilium, etc., 1624, p. 11. — Ekatrôm, Die Fische in den Scheeren von MôrkO, 1835, p. 159. — Yarrell, Hist. of Brit. Fishes, l, 1836, p. 92.
' Thompson, On the species of Stickleback, 1. c, p. 100. ' Voyez, pour le détail de la distribution géographique, plus haut, aux notes de la synonymie générale, p. 68-70.
* Schinz (Fauna Helvetica, p. 152) signale, dans le Rhin et la Birse près de B&le, le (7. ptm^ia'iM auquel il attribue le nom d'Épinoche, tandis que Puff^'titiA signifie, de fait, Épinochette; il ajoute: les trois espèces G. irachurus^gymnurus et pungitius habitant le bassin in Rhin, il est probable qu'elles se trouvent aussi dans les rivières et ruisseaux tributaires de ce fleuve. Toutefois, cet auteur me paraît avoir été induit en erreur par la description peu claire de Hartmann et n'avoir eu lui-même entre les mains aucune Épinoche de provenance suisse.
* Hartman (Helvet. Ichthyol., p. 70-73), qui le premier a signalé TÉiii-
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selon le D' F. Leuthner*, dans les ruisseaux des Langen Erlen. Bien que TÉpinoche m'ait été signalée près de Lucerne, les recherches que j'ai faites à ce propos me pennettent de supposer qu'il y a eu erreur, que ce poisson ne remonte guère dans nos principaux affluents du Rhin et que l'espèce est à peu près limitée, chez nous, aux places que je viens de lui assigner. Le professeur Pavesi * a montré également que les citations, par Boniforti ' et Lavizzari *, du G. aciileatus dans les eaux du canton du Tessin devaient être erronées. Le frère Ogérien * attribue l'Épinoche aux versants français du Jura arrosés par l'Ain et le Doubs tributaires du Rhône ; toutefois, cette espèce manque complètement, comme plusieurs autres des mêmes contrées, aux divers affluents de ce fleuve au-dessus de la perte.
Le docteur Mayor a importé, en 1872, dans sa campagne d'Hermance, non loin de Genève, une variété de l'Épinoche à queue lisse ((r. leiurus) se rapprochant un peu de ladite Odst. brachycentrus, provenant d'un petit ruisseau dit Seillon, non loin de Vichy, au centre de la France. Ces Épinoches introduites dans un petit étang, sur les côtés d'un cours d'eau gagnant le lac Léman, non seulement ont niché et se sont reproduites chaque année, mais encore se sont répandues déjà jusque dans un bassin plus grand situé au-dessous et à une certaine distance du premier. D est donc permis de supposer que cette espèce s'acclimatera parfaitement sur ce nouveau point, peut-être même pourra-t-elle, avec le temps, gagner par le lac de nouveaux ruisseaux dans notre bassin.
L'Épinoche à queue lisse habite volontiers les petites rivières, les ruisseaux, les fossés, les lacs et les étangs, et semble préférer
ooche dans la Birse, donne une description si confuse du Gast. aculeatus, qnMl attribue à la Suisse, quMl est très difficile de savoir à quelle espèce ou à quelle forme rapporter les sujets dont il parle et qu'il me semble foit n'avoir va de ses yeux que peu, si ce n'est aucun exemplaire, de ce petit poisson des environs de Bâle.
' F. Leuthner, Mitteirheinische Fiscbfauna, 1877, p. 43.
* Pcsci et Pesca, p. 74.
' Il lago Maggiore e dintorni, p. 84.
* Ëscarsioni nel cantone Ticino, p. 850. ' Hist. Nat. du Jura, III, p. 352.
88 FAl'NE DES VERTÉBRÉS.
les petits courants ou les bassins relativement réduits, à fond herbeux ou vaseux, aux fleuves et aux grands lacs à fonds pierreux ou graveleux.
Le caractère remuant et colérique, ainsi que la voracité étonnante de ce petit poisson en font, malgré la petitesse de sa taille, un très dangereux voisin. Trahissant son agitation par un mouvement presque continuel des pectorales et de la caudale, TÉpinoche paraît toujours préoccupée de chercher querelle à quelqu'un ou de défendre son honneur contre les agressions de plus puissants animaux. Souvent on la voit s'élancer brusquement en avant, puis tout à coup s'arrêter franc, en battant en arrière. A la moindre alerte, elle redresse ses formidables épines et, prompte comme T éclair, se jette à la rencontre de Têtre assez insolent pour provoquer sa colère.
Les mAles, plus turbulents que les femelles, se li^Tent volontiers entre eux des combats à outrance, cherchant à se mordre la queue ou à s'ouvrir les flancs avec leurs épines. Bien que rÊpinoche séné de pAture à quelques carnivores et que Ton se serve avec succès de ce poisson comme amorce, quand on a le soin de lui arracher les piquants, il est à remarquer, cependant, que ce petit taquin réussit souvent à se faire respecter par des êtres beaucoup plus grands que lui, qui craignent d'avaler un personnage si bien armé.
Il est rare que des l<]pinoches vivent isolées ; elles abondent assez \1te dans les loi*alités qui conviennent à leur nature, et c'(*st généralement par bandes nombreuses qu'on les voit voyager, durant la belle saison, entre les plantes près du bord. Leurs mouvements sont brusques, saccadés et rapides ; souvent elles piquent à la surface, parfois même elles sautent jusque sur les herbes de la rive. L'alimentation, punnnent animale, de cette espèce consiste principalement en vers, petits mollusques, insect(*s, œufs de poissons et menu fretin. L'Ëpinoche t*st douée d'une telle gloutonnerie qu'elle s'attaque parfois à des proies aussi gn)sses tju'elle, et c|ue les phalanges affamées de ce petit être sufhsi'ut souvent à dépeupler les ruisseaux ou les étangs qu'elles honorent de leur présence. Uaeker raconte qu'un seul individu avala, en cinq heures, jusqu'à soixante-quatre petits Cyprins.
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Peu de poissons offrent, à Tépoque'de Tamour et au point de Mie de la reproduction, autant de particularités intéressantes que rÊpinoche qui, ainsi que nousTavons dit, construit, comme les oiseaux, un véritable nid pour ses œufs et ses petits. Remarquons, en passant, que les observations qui vont suivre, bien que faites la plupart du temps sur la race qui est représentée dans > notre pays, s'appliquent cependant aussi aux autres formes ou races de TÉpinoche plus ou moins cuirassée. A part quelques légères différences dans la position^ou la forme du nid. provenant la plupart du temps des diversités de conditions , on peut dire que le mode de nidification est à peu près partout le même , et cette identité n'est pas sans avoir aussi une certaine importance dans la question de Tunité de l'espèce.
Le D' Major, de Genève, qui a importé chez lui le Oast. leiariis, m'a raconté avoir vu, dans le bassin de son jardin, des nids de cette Êpinoche plus ou moins dissimulés , tantôt sphériques, tantôt au contraii*e allongés. Il y en avait également, parmi ceux de forme arrondie, fabriqués avec la mousse tapissant les parois du bassin, qui présentaient, les uns une, les autres plusieurs ouvei*tures. La plupart étaient cachés dans la vase du fond ; un cependant se trouvait perché au haut d'une pierre.
Chose plus remarquable : M. Carbonnier, de Paris, m'a rapporté avoir vu, dans ses aquariums, des femelles d'Épinoches pondre une grappe d'oeufs à côté du nid non terminé, puis mourir après, dans l'espace d'un mois. Le mâle aurait porté les œufs dans le nid à l'état de plancher, puis terminé ensuite sa bâtisse.
Évidemment, l'Épinoche ne rencontre pas toujours, en captivité surtout, le fond vaseux et les matériaux divers qu'elle recherche de préférence, à l'état libre, pour construire son nid, et elle est souvent forcée de modifier un peu ses plans habituels, pour se soumettre aux circonstances. Peut-être l'observation de M. Carbonnier, si différente du dire d'un grand nombre d'observateurs, doit-elle être attribuée à un retard dans la fabrication du nid et, par ce fait, à un trouble dans la ponte, amenés par des conditions anormales ou le défaut de matériaux assez abondants pour la construction rapide du ber-
ceau. La femelle, ne pouvant plus attendre, aurait pondu à côté du nid seulement commencé , et il n'y aurait rien d'impossible à ce que, dans ce cas, la femelle soit morte, comme cela se voit quelquefois chez nos Cyprins, des suites d'une inflammation de l'ovaire trop longtemps surchargé.
M. Emile Bruck* raconte à son tour de récentes observations faites siu* une paire de Oast pungitius, qui concordent, jusqu'à un certain point, avec le dire de M. Carbonnier. La femelle aurait déposé ses œufs au dehors du nid ; le mâle aurait porté un à un dans sa bouche les dits œufs jusque dans le nid. Enfin, la mère aurait été, après quelques jours, mise à mort par son fougueux époux. Dans les deux cas, ces petits poissons étaient, il est vrai, enfermés dans des aquariums et probablement dans des conditions plus ou moins anormales. Le nid n'avait pas pu être construit exactement comme dans un milieu plus naturel ; et l'on peut, semble-t-il, expliquer le sacrifice de la mère par un excès de prévoyance de la part du père qui, par amour pour ses petits, devait redouter le voisinage de tout être vivant , à plus forte raison d'un glouton du genre de sa paresseuse épouse.
Faisant ici abstraction des cas qui me paraissent anormaux ou accidentels, je raconterai la nidification de l'Épinoche comme je l'ai vue et telle que l'ont observée bon nombre de naturalistes en différents pays. ^
C'est, suivant les localités, les conditions de milieu et la température, ainsi que selon l'âge des individus, plus ou moins tôt ou tard, entre la fin d'avril et la mi-août que les diverses Épinoches travaillent à leur reproduction ^; c'est, en particulier, le plus souvent dans le courant de mai ou de juin pour les contrées, comme la nôtre, moyennes dans le continent.
Le moment venu, le mâle commence à s'occuper de la construction de l'édifice qui doit abriter sa progéniture. Il choisit, à cet effet, de préférence des ruisseaux ou des étangs, en un mot, une place où l'eau présente un fond limoneux ou sablon-
* Die Zucht junger Stichlinge in Siisswasser-Âquarium, vonEmil Bnicle; der Zoologische Garten, 1875, n^ 7, p. 251.
' Je parle ici des Épinochcs libres, car en captivité la ponte commence parfois déjà avant la fin de mars, dans une eau à 10 degrés environ.
GAST. GYMNURUS. 9l
neux. L'emplacement déterminé à son goût, il fouille d'abord avec le museau dans là vase ou le sable, puis, après s'y être introduit, il s'agite de telle manière qu'il réussit à creuser autour de lui une sorte de cavité de quatre à huit centimètres environ, suivant sa taille. Bientôt après, il part en quête de petites racines, de mousse ou de brins d'herbe * qu'il choisit assez pesants pour ne pas être emportés par le courant, et qu'il apporte dans sa gueule pour en garnir le fond de sa bâtisse, en les fixant dans le sable. Quelques heures suffisent pour faire ainsi le plancher du nid, mais il faudra souvent plusieurs jours pour terminer cette importante construction ; habituellement 3 à 4 jours dans des conditions ordinaires. Le mâle apporte donc sans relâche de nouveaux matériaux, herbes ou radicules, qu'il plante de manière à élever les parois de son édifice et qu'il enchevêtre avec le museau, en même temps qu'il les enduit, pour les faire adhérer et demeurer unis, avec un mucus gluant sortant, sous forme de ruban blanchâtre, de son ouverture anale. Après cela, de nouveaux éléments de même nature sont amenés pour couvrir le berceau de la famille future.
Industrieux et infatigable, ce petit poisson livré à ses seules forces essaye à maintes reprises la solidité de sa bâtisse, tantôt en se frottant contre les parois de celle-ci, tantôt en produisant contre elle des courants avec ses nageoires. Les pièces qui ne paraissent pas solides sont enlevées et remplacées. Peu à peu, à force d'entre-croiser les extrémités des radicules qu'il enduit de mucus et recouvre de sable ou de vase, notre petit architecte avance son admirable ouvrage. Il a ménagé une entrée spacieuse, bien arrondie et bien lisse ; souvent aussi il prépare, pour la sortie, un second orifice directement opposé au premier. D'autrefois il se borne seulement à indiquer cette seconde voie, laissant à la femelle d'en ouvrir pour ainsi dire la porte, en perçant la trame pour fuir après la ponte*. Souvent les derniers brins placés en rond autour de l'ouverture servent, en retombant, à refermer la porte du nid, alors que le mâle cesse, pour quelques instants, de
* En captivité, volontiers aussi dos crins ou des poils.
* On trouve, comme je l'ai dit plus haut, assez souvent, on des nids sans sortie, ou des nids, par contre, percés de plusieurs ouvertures.
9i FAUNE DES VERTÉBRÉS.
produire contre celle-ci un courant d'eau avec ses nageoires pectorales. Enfin, le nid est terminé; c'est dne petite masse subarrondie ou ovale, de sept h dix centimètres environ, bien que de grosseur un peu variable suivant la nature des matériaux à portée et l'âge de Tindividu, masse qui présente à l'intérieur la forme d'un tube et, est généralement assez couverte à l'extérieur de sable ou de limon pour ne paraître au fond de l'eau que comme une petite éminence difficile à découvrii-, d^oîi sortent au plus quelques bouts d'herbes ou de radicules *.
Ce travail terminé, fier de son ouvrage et paré alors des plus brillantes couleurs, le mâle s'élance à la recherche d'une femelle. Il choisit, parmi les nombreuses Épinoches du voisinage, celle dont la grossesse lui paraît la plus avancée, poiu* lui présenter ses hommages et lui déclarer son amour ; il tourne autour de celle-ci, passant et repassant, jusqu'à ce qu'elle se décidé à le suivre. De retour vei-s son domicile, il s'empresse de faû'e à sa compagne les honneurs de chez lui, entrant lui-même dans le nid et ressoitant pour engager sa belle à entrer à son toui*. Si la femelle hésite, il la presse d'abord avec douceur, puis il s'excite, se fâche bientôt, en vient même parfois jusqu'aux coups et finit souvent par abandonner la cruelle pour aller quérir une autre moitié moins intraitable. Le nid n'est, du reste, pas destiné à une seule femelle. L'Épinoche est polygame et amène successivement dans sa demeure plusieurs épouses pour y déposer leui-s œufs, jusqu'à ce que la chambre soit remplie. Enfin, une femelle est entrée, les mouvements de sa queue, que seule on voit encore, trahissent les efforts qu'elle fait pendant quelques instants, jusqu'au moment oii, délivrée du plus pressant, quelques œufs des plus mûrs, parfois seulement deux ou trois, elle perce droit devant elle, par l'autre bout du nid et s'enfuit pour faire place à d'autres. Le mâle qui n'a cessé, durant ces quelques minutes, de s'agiter en dehors et de se démener autour du nid, peut maintenant entrer à son toui* pour se frotter avec bonheur contre ces premiers œufs confiés à son amour et féconder ceux-ci de sa laitance. Plusieurs femelles sont ainsi successive-
' Suivant la nature du fond, le nid sera naturellement plus ou moina enfoui ou dissimulé.
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ment amenées dans le même nid, qui, toutes coquettes et avares de leurs avantages, ne concèdent toujours au même mâle qu'une partie de leur précieux fardeau. A la suite de semblables manœuvres plusieurs fois répétées, le tube interne du nid se trouve enfin rempli d' œufs, et le mâle ferme définitivement la sortie en ramenant des brins et de la terre par-dessus.Le professeur de Siebold rapporte que des nids censés pleins renfermaient 60 à 80 œufs seulement^ Les mâles étant généralement moins nombreux que les femelles, il semble difficile d'expliquer qu'un nid ne contienne pas normalement au moins autant d'œufs qu'en peut produire une seule femelle, 100 au moins. Toutefois, il est bien possible que la contenance des nids varie, soit selon la taille des mâles ou l'âge des femelles, soit selon les éppques et les conditions. Le docteur Mayor aurait rarement vu, chez lui, plus de vingt à trente petits groupés autour du nid, après leur première sortie. M. Covelle assure en avoir vu, par contre, de 60 à 100.
Quelques auteurs, Hartmann entre autres ', en considération de la prompte multiplication de cette espèce, du nombre réduit des œufs et de la durée souvent très longue de la saison des amours, ont supposé deux pontes annuelles chez ce petit poisson. Or, cette hypothèse a été prouvée en partie vraie par des observations faites sur des Épinoches privées, en particulier par celle de M. E. Covelle, à Genève. Le même mâle peut construire jusqu'à 3 nids dans l'espace de 2 à 3 mois, et y élever chaque fois une nouvelle famille ; cependant, il faut reconnaître aussi que, suivant leur âge, les mâles s'occupent plus ou moins vite de la construction du berceau de leurs amours et que, dans les mêmes conditions, les femelles, jeunes ou vieilles, ne pondent pas toujours au même moment. Il arrive aussi d'ordinaire qu'une même mère pond à intervalles inégaux, et dans des nids différents, diverses proportions de ses œufs qui, examinés tous à un moment donné présentent des états de développement très différents.
Enfin, le nid est définitivement rempli. C'est alors que commence, pour l'ardent époux, une tâche nouvelle et difficile, le soin et la défense de sa progéniture. Le mâle dont le nid est
* Isia, 1834, p. 227.
• HcIt. Ichthyol., p. 71.
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plein exerce, en effet, une surveillance incessante sur tous les environs, ne laissant approcher de son trésor ni insectes ni poissons, se jetant même avec fureur à la rencontre de tout intrus et chassant jusqu'aux femelles de son espèce, convaincu qu'il est que celles-ci ne se gêneraient pas, pour gruger à belles dents les œufs ou les petits de leui*s propres sœurs. Il répare au besoin le nid et se tient continuellement près de l'entrée de celui-ci, pour y renouveler l'eau, en produisant des courants au moyen de ses nageoires pectorales tout particulièrement mobiles et réversibles. 10 à 15, parfois 25 jours après la ponte, suivant la température de l'eau, les petits poissons éclosent, et le père infatigable n'en est que plus surchargé de soins vigilants, pour empêcher ses petits rejetons d'aller trop tôt s'exposer à la gueule de l'ennemi. Warington raconte que le mâle court après les petits fuyards, les gobe, et retourne avec eux à la demeure, pour les vomir ou les cracher plutôt dans leur berceau. La même observation a été faite par d'autres, et j'ai vu souvent le fait se produire sous mes yeux dans les aquariums de M. C!ovelle. Ce n'est, enfin, que lorsque les jeunes Épinoches sont assez avancées dans l'art de nager et de manger que leur père leur permet de prendre définitivement la volée. Parfois, cinq ou six jours après réclosion, le mâle défait le nid ; il étend les matériaux, et les petits se tiennent groupés sur ceux-ci ; ils mesurent alors 3 à 4 millimètres , et sont armés d'une membrane natatoire qui les enveloppe tout autour, sur la ligne médiane, depuis la nuque jusqu'à la poitrine au-dessous.
Dix à douze jours après l'éclosion, cette nageoire temporaire s'atrophie par place et l'on commence à distinguer la forme des nageoires définitives, sur des individus de 5 à 6 millimètres de long.
Les œufs de l'Épinoche sont gros, mais peu nombreux. Gttnther en a compté jusqu'à 90, dans un seul des lobes de l'ovaire d'une femelle ; Blanchard en a trouvé en tout 100 à 120 mûrs à la fois, chez des individus adultes. J'en ai compté moi-même, une fois, 75 à peu près mûrs, de 1 Vi millimètre de diamèti-e, avec au moins autant d'autres beaucoup plus petits, mais de grosseur variée, chez une femelle jeune encore de 46 millimètres de longueur totale; une autre fois, j'en ai trouvé 179 mûrs, de 1 '/,
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millimètre environ, avec un nombre relativement très réduit de plus petits, chez une femelle plus âgée, de 54 millimètres de longueur, prise au même endroit que la première et au même moment.
Pour être peu nombreux, ces germes, grâce à leur taille, n'en arrivent pas moins à distendre énormément les parois abdominales de Têtre qui les porte. Mais, ce ne sont pas les femelles seulement qui présentent à cette époque un développement particulier des parois abdominales ; les mâles, polygames, comme nous l'avons dit, et ^d' ordinaire bien moins nombreux que les épouses qu'ils ont à servir, portent alors, comme je l'ai constaté, des testicules énormément développés qui remplissent une grande partie de leur cavité viscérale.
Bien que la ponte de l'Épinoche soit relativement peu abondante, il est à remarquer cependant que ce petit poisson se multiplie assez rapidement, dans certaines conditions, pour se rendi*e quelquefois mattre presque exclusif des ruisseaux qu'il habite. Voici, je crois, les principales raisons de cette contradiction plus apparente que réelle :
On sait que les œufs et les petits de cette espèce, protégés d'abord par les soins attentifs du père et abandonnés à euxmêmes alors seulement qu'ils sont suffisamment armés pour pouvoir fuir ou se défendre, échappent, ainsi, bien plus que d'autres, h la voracité des poissons carnivores qui détruisent si souvent une bonne partie du menu fretin d'autres espèces. H est connu également que notre petit tyran dépeuple volontiers, à son profit, les eaux qu'il a choisies; qu'il prend soin de détruire dans le bas âge un grand nombre d'êtres qui auraient pu devenir, soit des ennemis, soit des commensaux gênants, et qu'en se faisant ainsi de la place, l'Épinoche adulte échappe, aussi bien que ses enfants, à mille dangers qui déciment continuellement d'autres poissons. Enfin, raisons excellentes aussi, la faculté de reproduire déjà depuis l'âge d'un an et la répétition des pontes doivent compenser encore jusqu'à un certain point l'infériorité du nombre des œufs chez une seule femelle.
M. E. Covelle a remarqué, dans son aquarium, qu'un jeune mâle, dans sa seconde année, avait mené à bien trois familles, dans trois nids différents, entre le 1" avril, où il commença la
coDstnwtion du premier édifice, et le 30 juin, jour ob les petits sortirent du troisième berceau. Cet observateur a constaté que la durée du développement des œufs pouvait varier de 12 à 15 jours selon la température plus ou moins basse ou élevée de Teau de son réservoir.
Les Épinoches grandissent donc assez vite et arrivent promptement à pouvoir se reproduire ; beaucoup pondent déjà, nous Tavons dit, un an après leur naissance. Par contre, plusieurs auteurs leur refusent une longue vie ; quelque-uns même ne leur attribuent que trois ou au plus quatre années d'existence.
Ce petit poisson passant facilement au travers des mailles de la plupart des filets et n'étant pas d'ordinaire considéré comme un objet de consommation alimentaire, on ne le pêche guère que par curiosité ou pour en faire des amorces, après lui avoir arraché les piquants. La pêche se fait à la ligne ou à la trouble ou, plus simplement encore, avec une épuisette, voir même avec une coiffe à papillons. Cependant, quelques auteurs nous rapportent que, dans certaines localités où l'espèce pullulait, on a utilisé autrefois l'abondance des Épinoches que l'on prenait le soin de désarmer, soit pour engraisser les volailles, soit pour nourrir . des pourceaux, soit encore pour fertiliser les terres.
Le Saumon, la Truite, le Brochet, la Perche et quelques autres poissons happent souvent l'Épinoche et lui font volontiers la guerre ; toutefois, il arrive quelquefois que ces grands carnivores ont le palais percé par les épines d'une proie qu'ils ont imprudemment prise par le mauvais bout, et qu'ils ont bien du mal à se débarasser de ce petit être qui se défend jusqu'à la mort et dont la devise serait, à si juste titre, qui s'y frotte s'y pique. Plus d'un Brochet s'est trouvé ainsi puni de sa gloutonnerie et condamné à rester longtemps la gueule forcément ouverte. A côté de ces grands ennemis, l'Épinoche a encore à craindre d'autres animaux qui, pour être plus petits, n'en sont pas moins incommodes et plus ou moins dangereux. Je veux parler des parasites, de bon nombre d'Helminthes * et d'un petit crustacé
' Ascaris GasterosUi (Rud.); dans les intestins. — CucuUanus elegans (Zeder) ; dans les intestins. — Fïlaria bkohr (Greplln) = Agamonema bicolar (Dies.) ; enkysté dans le péritoine. — FUaria papiïUgera (Creplin);
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SyphoDOStome S ainsi que de la Sangiie qui s'attache volontiers à son corps, lorsqu'elle se frotte sur la vase, et dont elle est quelquefois difficilement mattresse.
SOUS-GENRE. ÉPINOCHETTES PuNGITIUs^nobis.
Les Ëpinochettes ont un corps fusiforme, plus effilé dans la partie postérieure que celui des représentants du sousgenre précédent Elles portent, sur le dos, de huit à onze petites épines lisses et insérées sur autant de plaques osseuses non rabattues sur les côtés et de beaucoup moindre dimension que celles des véritables Épinoches. Les côtés du corps sont, ou entièrement nus, ou armés de très petites plaques disposées le long de la ligne latérale, sur une étendue plus ou moins grande à partir de la caudale '. La na-
dâas le péritoioe.— Echinorhynchus tuberosus (Zeder); dans les intestins. Eekin. anguskUus (Rud.); dans les intestins. EcMn, clavœceps (D\i}&rdm)] (sec. Ganther). — Monostomum caryophylUnum (Zeder); dans les intestins. — Distomum appendicukUum (Rud.); dans l'estomac et les intestins. — Gyrodaetfflus f7fpait8(Nordm.); sur les branchies. — Ttenia filiœllis (Rud.); dans les intestins. — Ligula éUgramina (Creplin) = Lig, abdominalis; intestins. (Sec. Hartmann). — Schistocephalus dimorphus (Creplin) ; dans la ca?ité abdominale. — Trùenophorus nodulosus (Rud.); enkysté dans le foie et le mesenter ainsi que dans les intestins.
* ArguluB foliaceus (Jurine) ; à Textérienr.
* J'ai déjà dit plus haut que le nom de GasierosteOj proposé par M. Sauvage poor désigner ce sous-genre, parait trop voisin du mot Gasteroateus et, par là, d'un usage difficile, tu l'impossibilité des abréviations. J'ai préféré prendre, pour ce groupe, le nom de l'espèce type, soit PungiHus, Dans le cas ou ee soos-genre devrait prendre le rang de genre, j'appellerais alors vulgtKrùy l'Épinochette très répandue dont j'ai emprunté le nom.
* M. Guichenot a décrit, dans les Nouv. Archiv. du Muséum (t. V, p. 201, pi. XII, fig. 4), une nouvelle Épinochette de Chine (GasU sinensis) ches laquelle les petites plaques accompagnent la ligne latérale dans toute sa longueur.
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geoire dorsale est généralement assez recalée pour avoir son origine à peu près au-dessus de la naissance de ranale\
Je séparerai, dans la synonymie de l'espèce qui suit, par les lettres A et B, les variétés qui ont de petites plaques sur le pédicule caudal de celles qui sont entièrement nues.
L'ÉPmOCHETTE PIQUANTE Du KLim Sticbuho
Gastbbostecs punoitics. Linné.
D'un vert tirant plu^ ou moins sur le bleu ou sur le brun et plus ou moins mâchuré, en dessus; les cotes du corps, dans la partie supérieure, d'un verdâtre phis pale et plus ou moins tachetés ou traversés souvent par des bandes verticales tioiràtres; le bas des flancs d'un blanc argenté ou doré et semé rolontiers de petits points foncés; les faces inférieures, selon les saisons, d'un beau blanc argenté^ jaunâtres^ orangées ou rouges. Nageoires transparentes. Corps passablement effilé en arrière. Côtés du tronc entièrement nus. Ligne latérale indiquée, sur toute sa lotigueur, par un simple sillon, ou couverte, sur le pédicule caudal seulement, dv très petites plaques saillantes. Huit à onze petites épines dorsales, lisses, à peu près égales entre elles et articulées sur autant de petites plaques osseuses. Vn bouclier pelvien triangulaire plus ou moins large, portant, à droite et à gauche, une épine ventrale j)lus ou moins granuleuse sur le bord. Une petite épine recourbée devant Vanale, Anale
* M. Saavage, dans sa Révision des Éptnoches, établit trois sections dans c« gronpe, selon qne les Épinochettes ont la queue entièrement lisse iLaevi)^ quelques petites plaques sur le pédicule caudal (Pungitii), on la It^c latérale entièrement carénée (groupe du éSinensis). Cet auteur recon* naît 12 espèces dans ce 8ous*genre : 5 européennes, les Gast. pumfitia^ (r. burgundiana^ O. laevù. G, lotharinga et G, bremctjis; 6 américaines, les G, ocridenialis, G, Dekayi^ G, Blanchardi^ G. Mainenm^ G. cofieiniM et O. glûlncfps, enfin, une asiatique, la Cr. sinensis.
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missant presque au-dessous de Vorigine de la dorsale, ou très légèrement en arrière, et s' étendant à peu près aussi loin que celk<i du côté de la caudale (Taille moyenne : 45-60^).
D. vm-xi/io-ii, A. 1/9— n, V. i/i,P. 8-ii,C. a (i3)Tn^j.
A. OASTEROSTEUS PUNGITIUS, Linné, Syst. Nat., p. 491, éd. XIII, I, III, p.i328., — Bloch, Fische Deutschlands, II, p. 82, Taf. 53, fig. 4. — Cuv. et la/., {\\ p. 506. — Thotnpson, Species of Sickleback, p. 103. — Xte SelySy Faune belge, p. 224. — Gûnlher, Catal. of Fishes, 1, p. 6.— i)e Siebold, Sùsswasserfische, p. 72. — Blanchard, Poissons de France, p. 238, fig. 38 et 39. — SauvagCj Rev. des Ëpinoches, p. 29. » Gast. burgundianus, Blanchardf Poissons de France, p. 240, fig, 40. — Sauvage, Rev. des Ëpinoches, p. 30.
B. Gasterosteus laevis, Cuviet\ Règne anim., 2"« édit, II, 1829. — Blanchard, Poissons de France, p. 242, fig. 41. — Sauvage, Rev. des Épinoclieâ, p. 34. — Gast. loth.aringus, JB/anc/iaix/, Poissons de France, p. 244, fig. 42. — Sauvage, Rev. des Épinoches, p. 34. — Gast. bre\'iceps, JB/anchard. Poissons de France, p. 245, fig 43. — Sauvage, Rev. des Ëpinoches, p. 'M.
L'Épinochette piquante, propre surtout à la France, à la Grande-Bretagne et au nord de rAlIemague, n'a pas, que je sache, été trouvée jusqu'ici dans les limites de notre pays. Toutefois, j'ai cru devoir dire en passant quelques mots de cette espèce, pour la signaler à l'attention de nos observateurs, et dans le but de relever l'erreur de Schinz.En effet, cet auteur {Fauna Helvetica, p. 152) attribue, à tort, l'Épinochette à la Suisse, quand, malgré le dire de Hartmann qui avait déjà relevé une semblable erreur dans la Faunula de Coxe, il donne, sans raisons, le nom de Pungitius au Gasterosteus qui se trouve près de Bâle. II est probable que, si Schinz avait eu en mains des Épinoches de cette provenance suisse, après avoir dit : Hdufig im Rhein und in der Birs hei Basel, il n'eût pas ajouté : aher oft dièses der Pungitius sei, ist nicht ganz mit Sicherheit (Tiriesefî.
J'ai déjà dit plus haut, à propos de l'espèce précédente, que rKpinochette niche aussi bien que ses congénères les Épinoches, mais qu'elle suspend d'ordinaire son nid à une certaine hauteur dans les herbes aquatiques. Le mâle parait avoir deux livrées de
noces et changer souvent de parure au moment de Téclosion dans le nid.
La variabilité que j'ai constatée, chez un certain nombred'indi\idus de rl<]pinochette à queue carénée' (G. pungitius\ m'a montré que plusieurs des caractères invoqués par M. Blanchard pour rétablissement de ses diverses espèces, n'ont certainement pas une fixité et une importance suffisante pour soutenir une distinction spécifique. Bien que groupant autour de deux lettn^ (liflFérentes les diverses Épinochettes européennes, suivant qu'elles portent ou non de petites plaques sur la ligne latérale du pédicule caudal, je n'hésite pas à réunir toutes ces formes sous uu même nom, à titre de variétés. Les proportions comparées de la tête et du corps, le nombre des épines et des rayons des nageoires, les formes des branches montante et abdominale du bassin, enfin, les dimensions et la structure denticulée ou non des épines ventrales m'ont paru varier énormément avec l'Age et les individus. Quant au fait de la présence ou de l'absence d'une carène écailleuse, soit de petites plaques sur le côté de la partie prêttiudale ou étranglée du corps, il me semble, comme à plusieurs auteurs, qu'il est d'assez moindre importance, surtout depuis que j'ai été à même de constater la grande variabilité de la cuirasse chez les véritables Épinoches.
Famille IIL TRIGLIDÉS
TRKUJD.E '
Les Poissons de ce grand groupe ont le corps oblon<ç
* M. G. Lanel m'a foarni plusieurs Épinochettes des environs de Lyon. Je profite de cette occasion pour remercier l'auteur du bel ouvra^ sur lea Poissons du Léman de la complaisance qn*il m*a montrée en diverses drconstances.
> Ganther; Catal. of Fishes, vol. II, 1860, p. 67.