CARAS81US
Genre CARASSIN
CÀRASSIUS, Nilsson.
Dents pharyngiennes au nombre de qtuxbre sur un seul rang de chaque côté; les trois supérieures à couronne comprimée et élargie en spatule^ avec un siUon transverse. Bonche antérieure. Pas de harhiUons. Corps ramassé et comprimé y souvent presque circulaire; parfois moins élevé. ÉcaXUes grandes; ligne latérale presque droite, d'ordinaire cofnpiète et au milieu du corps. Nageoire dorsale à hase longue et commençant aurdessus des ventrales. Anale à base courte et naissant en avant de Vexlrémité de la dorsale ; toutes deux à tranche convexe avec un grand rayon antérieur osseux et dentelé. Caudale faibletnent écha^icrée^ à lobes égaux.
Dentés submclares, 4 — 4. scalpriformes.
Bien que ce genre soit, en réalité, étranger à la Suisse, j'ai cm cependant devoir en dire ici quelques mots, soit à cause de la présence du Carassin dans quelques courants qui nous touchent de près, soit eu égard à Pimportation dans notre pays de la Dorade de Chine qui, dans quelques endroits^ a été mise en liberté dans certains lacs et courants.
Les représentants de ce groupe, très souvent domestiqués, sont assez répandus dans les régions tempérées de FEurope et de l'Asie^ où ils mènent un genre de vie assez semblable à celui de la Carpe. Les nombreuses variétés du Carassin, créées en divers pays sous l'influence de la domestication, ont reçu de plusieurs auteurs des noms spécifiques différents; toutefois, il parait bien n'y
sot FAUNE DES VERTÉBKES.
avoir, avec la Dorade importée ^ et comme l'a parfaite* ment démontré le prof, de Siebold', qa'une seule espèce autochtone, le Carassius vulgaris sous diverses formes, dans le centre de TEurope.
LE CARASSIN VULGAIRE D» Kasauschb.
Caeassxos voloaru, Kilsflon.
D'un vert olivâtre ou rembruni, en dessus; plus clair et mitre, sur les flancs; blafwhâtre ou jaunâtre, en dessous. Nageoires inférieures rougeâtres. Corps comprimé et court; tantôt très élevé et voûté ou subcirculaire, tantôt plus allongé et plus Itas ou plutôt oblong. Écailles grandes et sultarrondies. Ligne latérale presque droite, passant au milieu du corps et parfois incomplète. Tête variant en dimemion avec les hauteurs n*latives du tronc, mais généralement haute et plut/d courte. Museau obtus. Œil de moyenne grandeur, Boiuhe petite. Oper^ nile plus ou nuyins Jinanent strié. La tranche des nageoires dorsale et anale d'orditiaire convejce; le grand rayon osseux antérieur^ dans les deux, finement dentelé. Caudale Jaible^ ment écliancrce. (TaiW* moyenne d'adultes : 150 à 200^.)
Denis pharyngiennes au nombre de quatre, sur un seul rang; les trois supérieures pincées en spatule, V inférieure sult^ tonique.
Sq. 31 l ,. 35. Vert. 32. 5— «
* (lOniber (CftUl. of Fishes, vol. Vil) attribue trois espèces à ce genre : le Oir. vulgariê^ le Car. bueephalus et le Car» aurahu ; toatcfob, le C. bucephatuê de Heckel (Ann. Wien. Mus. U, 157), qai habite la Macédoine, parait se rapprocher beaucoup du C. vulgaris.
* Sunwasserfische, p. 98-106.
CAIUSSIUS VULGABIS. S03
[a) Cyprinus Carassius, Linné, Syst. Nat. I, p. 536, et éd. GmeL l, III, p. 1416. — Blochy Fische Deutschl. I, p. 60, taf. II. — Cm. et Val. XVI, p. 82, pi. 459. — HolandrCj Faune de la Moselle, p. 241. — jDe Selys, Faune belge, p. 200. — Gûntherj Fische des Neckars, p. 38. — Carassius vuLOARis, Nilssan, Prodrom. 1832, p. 52, n» 16. — Nordmann, Demid. Voy. Russ. mor. III, p. 479. — Heckel et Kner, Sûsswasserfische, p. 67, fig. 29. — Fritsch, Fische Bohmens, p. 4 ; Ceske Ryby, p. 8. — Dybowêky, Cyprin. Livlands, p. 41.— SieMd, Sûsswasserfische (var. a), p. 98, fig. 4. — Caneatrinif Prospet. cnt., p. 22. -— Gûnther^ Catal. of Fishes, VII, p. 29 (part.). — Carassius LiNNiCi, Bonap. Cat. Met., p. 27, n* 149. — Cyprocopsis Carassivs, Blanchard, Poissons de France, p. 330, fig. 67.
(bj Ctprinus 61BEI.10, Blûch^ Fische Deutschl. I, p. 71, taf. 12. — Gmel., éd. Syst. Kat. I, III, p. 1417. - Cuv. et Val.,Xyi,p.W, -^ DeSelya, Faune belge, p. 190. — Carassius Gibklio, Nilson, Prodrom., 1832. — Bonap., Cat. Met., p. 27, n* 150. — Leiblein, Fische des Main-Geb., 1853, p. 120. — Heckel et Kner, Sûsswasserfische, p. 70, fig. 30. — Fritsch, Fische Bôhmens, p. 4; Ceske Ryby, p. 9. — Jeittelea, Fische der March, p. 5U. — Car. vulgahis (var. 6), Sieboldj Sûsswasserfische, p. 99, fig. 6. — Cyproiopsis GiBEUO, Blanchard, Poissons de France, p. 340, fig. 09. — Cyprinus moi.es, Agassiz, Mém. Soc. S. N. Neuchàtel, 1835, p. 37. — Cuv. et Val.^ XVI, p. 89. -— De Selys, Faune belge, p. 200. — Carassius moles, Heckel et Kner, Sûsswasserfische, p. 71 , fig. 32. — Car. humilis, Heckel, Wien. Ann., II, p. 156, taf. 9, fig. 4. — Bonap., Cat. Met. p. 27, n* 151. - Car. oblongus, Heckel et Kner, Sûsswasserfische, p. 73, fig. 33. — Dybowsky, Cypnn. Livlands, p. 50. — Jeitteles, Fische der March, I, p. 25.
Le Carassin n'a, à ma connaissance, été trouvé jusqu'ici sous aucune forme dans les limites de notre pays ; toutefois, quelques citations semblent nous attribuer gratuitement ce poisson. De Siebold {Sûsswasserfische; tabellarische Vehersic1it,p. 396) indique le Carassius vnlgaris comme habitant les lacs suisses et le bâtard que cette espèce produit avec la Carpe comme vivant dans nos étangs. Le Carassin se trouvant dans le Rhin, en dehors de nos frontières, il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'il pût remonter, par ce fleuve et nos rivièras, dans quelques-uns de nos lacs et de nos marais; cependant, je le repète, j'attendrai encore des observations nouvelles et des données plus circonstanciées, pour admettre comme suisse un poisson que je n'ai pas encore réussi à me procurer dans le pays. Ogérien (Hist nat du Jura, III, p. 355) signale la fiMme dite Gibèle {Car. Oibelio) dans les eaux dormantes du Doubs, non loin de nos frontières. Enfin, Gûnther {Catal. of
Brit Mus., VII, p. 30) fait mention d'un Carassin adulte envoyé, de Suisse, au British Muséum par le professeur Agassiz; l'adresse de Texpéditeur n'était probablement pas celle de rhabitat du poisson expédié.
C'est en face de ces citations que j'ai cru devoir dire quelques mots du Carassin (Karausche), pour signaler cette espèce à l'attention de nos observateurs ; car cette défection dans notre faune paraît d'autant plus , étonnante que ce poisson est très répandu en Europe, depuis l'Italie jusqu'en Suède et en Norwége, et qu'il mène partout, soit libre, soit captif, un genre de vie assez semblable à celui de la Carpe si commune dans beaucoup de nos eaux.
Le Carassin, importé peut-être d'Asie, comme la Carpe, a subi, sous l'influence de la domestication, un grand nombre de modifications diverses qui, en changeant son faciès, ont fait croire à l'existence de plusieurs espèces. Les deux variétés opposées, a et 6 de notre synonymie, que le prof, de Siebold distingue dans leurs formes extrêmes sous les noms de Seekarausche et Teichkarau8che\ suivant qu'elles habitent les eaux pures des lacs et des courants, ou les eaux dormantes des étangs et des marais, se différencient de prime abord : par des formes du corps courtes et très élevées chez la première (Car. vxdgaris), plus basses et plus allongées ou oblongues, avec une tête plus forte, chez la seconde {Car. oblongus). Les fonnes dites C. humilis, C. Gibelio et C. moles paraissent comme autant de transitions entre ces deux extrêmes. Les différents caractères tirés des proportions, de la tête et du corps, des divers profils, de la bouche, de l'écaillure et des nageoires sont passablement inconstants et perdent une grande partie de leur importance, quand il s'agit d'une espèce soumise par la domestication à des conditions d'existence forcément très variées. Je pourrais répéter ici ce que j'ai déjà dit, à propos de la Carpe; il n'est pas plus étonnant de voir le dos voûté du Carassius vulgaris s'abaisser jusqu'à donner à cette espèce une forme oblongue, que de voir le dos relativement peu élevé de la Dorade (Car. anratus) se voûter jusqu'à donner à ce poisson une forme parfaitement ronde.
* Siisswasserfische, p. 98.
CARASSICS AURATUS. 20
J'ai signalé plus haut, sous le nom de Carreau un métis du Carassin avec la Carpe.