LA DORADE
DSB QoLDKABPFKEf CARA88IU8 AUKATUS. Lmn6.
Suivant les conditions, d'wn ro^ige vermilhn^ en dessus, doré mr les côtés et argenté eit dessous^ ou olivâtre sur le dos, plus clair sur les flancs et pâle en dessous; parfois aussi rouge avec des taches noires ou blanches. Corps d'ordinaire oblong et relativement assez épais ; quelquefois ranuissé et presque rond. ÊcaiUes grandes et subarrondies; ligne latérale assez élevée. Tête massive et fortement busquée en avant. Museau largement arrondi. Œil plutôt grand, opercule strié. Dorsale normale à base allongée, anale à base courte; toutes deux avec le f/rand rayon osseux antérieur fortement dentelé. Pectorales assez grandes. Caudale passablement échancrée. (Taille nuiocimum d'aduUes^jusqtt^à 300 ou 350^^.)
Dents pharyngiennes au nombre de quatre, sur un rang de rJuiqtie côté^ et assez semblables à celles du Carassin.
Sq. 25 = 28. Vert. 30—31.
CvPRiNt'S AURATUS, lÀnné^ Syst. Nat, I, 537, éd. Chnel.y I, III, p. 1418. — Bioch, Fische Deutschl., III, p. 132, taf. 93 et 94. — Cyp. lineatus, C. fjLNGSDORFn, Cuv. et Vol., XVI, p. 96 et 99. — Cyp. gibelioides, Cantm\ Ann. et Mag. N. H., 1842, IX, p. 485. — Cyp. carassoides, 0. abbre- ▼UTLs. Richards, Ichthyol. chin., p. 291 et 292. — Carassius Lanosdorfii, C. BcRGERi, C. CuviERi, C. QRANDOCULIS, Scklcgel^ Faun. Japon. Poiss., p. 192-196, fig. 1-4. — Car. pekinensis, C. C£Ruleus, C. discolor, BastteuM, Noov. Mém. Soc. Nat. Mosc., X, 1855, p. 229. Ub. 3, flg. 3 et Ub. 9, fig. 2. - C. AUKATUS, Blecker, AU. Ichthyol. Cypr.. p. 74. — GûnUter, Catal. of Fishes, VII, p. 32. — C vulgaris, var. capensis. Peters, Monatsber. Akad. Wiss. Berlin, 1864, p. 393. — Cyprinopsis auratos, Blan^
206 FAUNE DES VEKTÉBRÉS.
chard, Poissons de France, p. 343, fig. 71. — Lunel, Poissons du Léman, p. 38, etc. ^
Bien qu'importée de la Chine, la Dorade mérite cependant d'être signalée dans cette faune, sinon comme espèce autochtone, du moins comme poisson destiné à s'acclimater et se répandre dans nos eaux. Selon toute probabilité, le Cyprin doré nous est venu de France, où il est maintenant très répandu et où les premiers échantillons furent envoyés, dit-on, à M"* de Pompadour, par les directeurs de la Compagnie des Indes*. Beaucoup de personnes conservent, chez nous, dans des bocaux, comme oraement, ce qu'elles appellent clps Poissons routes; d'autres ont introduit cette espèce, comme objet de luxe ou d'agrément, dans leurs bassins ou leurs étangs. Enfin, on prend, de temps à autre, des Dorades libres dans nos eaux, dans le lac Léman et le Rhône, par exemple ; soit que ces poissons y aient été apportés, soit qu'ils aient réussi à s'échapper de leur bassin, à la faveur d'un ruisseau ou de toute autre manière. J'ai vu deux échantillons du Cyprin doré capturés dans des eaux libres, près de Genève; l'un, pris dans le lac, était rouge, l'autre, pris dans le Rhône, était d'un vert bronzé. Lunel' cite plusieurs cas de semblables rencontres dans le bassin du Léman. Ogérien ^ signale cette espèce dans la Seille et la Vallière. Blanchard ^ la dit établie dans plusieurs rivières de France, et en particulier dans la Seine. Enfin, Géhin ' affirme que la Dorade, qui se multiplie dans les étangs de la Moselle, produit, avec la Carpe^ une quantité de métis.
Le Carassin doré varie énormément sous l'influence de la
* D'autres formes domestiques et déviées ont reçu encore d'autres noms ; ainsi : Cyp. thoracatus, Cuv. et Val., (7. tékaeopw, Lacep., C. gicadrilobuSj Lacep., C. nukta^ Sykes, etc., etc.
' Selon quelques auteurs, Fintroduction des premières Dorades en Europe remonterait au commencement du XYII"** siècle; toutefois, il semblerait que ce poisson ne conunença à se répandre un peu que vers le milieu du XYIII**», et cela d'abord en Angleterre.
' Poissons du Léman, p. 40.
* Hist. nat. du Jura, III, p. 355.
' Poissons de France, p. 848.
* Révision des Poissons de la Moselle, 1868, p. 70.
CARASSIUS AURATUS. 207
domestication et de la captivité, tant dans les formes que dans la coloration. Les Chinois, très adroits dans Tart de produire et perpétuer les déformations monstrueuses des animaux et des plantes, ont réussi k fabriquer avec la Dorade plusieurs curieuses variétés. L'une d'elles, la plus frappante peut-être, est celle qui a reçu le nom de Poisson télescope. Elle est de forme arrondie, avec une caudale double très grande et pendant en large panache; l'œil, chez elle très développé, est porté, de chaque côté de la tête, sur un pédicule plus ou moins saillant. J'ai vu plusieurs beaux échantillons de cette forme, chez M. Carbonnier à Paris. J'ai vu également, chez cet habile observateur, d'autres difformités de la même espèce : des Dorades, par exemple, tellement courtes et rondes que, par suite d'un défaut d'équilibre entre la tète et la vessie natatoire, ces poissons étaient forcément maintenus la tête en bas. D'autres avaient le ventre tellement gonflé et le dos relativement si court, qu'elles avaient de la peine à se tenir debout; la vessie à air aidant, elles étaient facilement retournées et reposaient même très souvent sur le dos. D'autres étaient tantôt entièrement blanches, tantôt nues comme la Carpe à cuir. J'ai vu aussi des Dorades captives qm n'avaient point de dorsale, ou qui portaient seulement un très petit lam- ^au de cette nageoire. Quelques-unes avaient les pectorales ou '^ ventrales démesurément développées; d'autres, enfin, pré- ^^taient assez souvent une anale double comme la caudale du télescope. On comprend aisément que les formes de la bouche ^^jvent varier passablement aussi, avec les positions différentes da^<^s lesquelles l'animal est appelé à prendre sa nourriture. P*i reste , il paraît que ces formes déviées tendent, chez nous, à revenir assez vite au type, après quelques générations à l'état libre. J'ai dit, plus haut, que, suivant les conditions dans lesquelles elles vivent, les Dorades peuvent être rouges, olivâtres, '^^^Uches, jaunes ou rouges et noires ou blanches et rouges. La plupart des sujets conservés en bocaux sont rouges, avec ou sans ^^hes; un récipient plus grand ou un large bassin les fait parfois Passer au brun rougeâtre. Par contre, la plupart des individus ^^ ont échappé à la captivité et sont rentrés dans des conditions ^^turelles deviennent plus ou moins vite olivâtres pu bronzés, ^<uiUQe la Carpe ou le Carassin. Les taches paraissent et dispa-
raissent assez promptement ; le même individu , pris verd&tre dans la grande eau, reprend assez vite la livrée rouge réintéfn^ dans un bocal.
Les jeunes, pendant leur première année au moins, sont généralement bruns, noirâtres ou verdfttres.
La chair de la Dorade étant assez délicate et la reproduction de Tespèce étant facilement trës^abondante, la multiplication de ce poisson dans nos'eaux ne pourrait être, semble-t-il, qu'utile et productive.
Genre 2. TANCHE
TINCA, Cuvier.
Dents pharyngiennes un peu étranglées à la base^ renflées vers la couronne, en forme de massue tronquée obli^êement, un peu crochues au sommet et disposées sur un seul rang ; d'ordinaire au nombre de quatre d'un côté et cinq de Vautre j parfois cinq à droite et à gauche. Bouche antérieure, pUdàt petHe, pourvue de lèvres fisses et ornée vers la c(»mmis8ure d* un péta harbiUan de chaque côté. Museau large et arrondi. ŒU plutôt petit. Chrps plutôt ramassé j assea ^is et subarrondi transversalement, sur le dos comme sur le ventre. Écailles très petites et déforme allongée, mais se recouvrant beaucoup; ligne latérale complète, au milieu du corps et en majeure partie droite. Toutes les nageoires à tranche couvexe. Dorsale à base courte et commençant unpeu en arrière de V origine des ventrales. Anale à base courte et naissant un peu en arrière de la base de la dorsale; toutes deux sans gros rayon osseux. Caudale peu ou pas échancrée^ à lobes égaux.
Dentés submolares 4 — 5 (vel 5—5) davati. Ce genre européen ne compte jusqu'ici qu'une seule
TINCA VULGARIS. S09
espèce, très répandue dans le continent, la Tinca vulgaris,
Qui habite de préférence les eaux à fond vaseux, dormantes
^^ à courant paisible, et dont l'alimentation, bien que
mélangée de principes animaux variés , est cependant en
grande partie végétale.
La Tanche porte des pseudobranchies tout à fait rudimen- ^^*s. Son corps est constamment couvert d'une mucosité visqueuse. Le genre Tinca semble faire une exception, dans nos ^yPHuîdés, eu égard à certain caractère sexuel. C'est le grand l^you fies ventrales qui est gonflé chez le mâle de la Tai;iche ; '^^is que ce développement erotique, ou au moins un analogue, Contre plutôt aux nageoires pectorales, chez nos autres n^ ^^^^ntants de la famille. Voyez, à la fin de la diagnose de iv^^^^c espèce, les caractères tirés des diverses pièces de ^.^ ^^eil masticateur, du maxillaire supérieur et de l'arcade ,^^Yhitaire.
^\Vin que ce poisson présente quelques analogies avec les Y^ches, en particulier dans le prolongement supérieur du inaxillaire, dans la petitesse des écailles, dans la présence des barbillons et dans les allures ; je crois cependant devoir, comme plusieurs auteurs, laisser ce type particulier entre la Carpe et les Barbeaux, avec lesquels il possède également plusieurs <*aractères en commun *. J'attribue ainsi plus de poids aux formes de la vessie, des sous-orbitah-es et des pharyngiens qu'à ces quelques premiers traits distinctiCs.
* En mettant les Loches à la tête de ses Cyprinides, devant le Goujon et les Barbeaux et assez près de la Tanche, le prof. Blanchard parait, à première vue, suivre uu ordre phis naturel que d'autres ichtbyologistes, Ueckel et Kner et de Siebold entre autres, qui mettent la Carpe en tète, placent la Tanche entre celle-ci et les Barbeaux et renvoient les Loches bien loin en arrière du côté de rAnguille. Toutefois, ce premier arrangf'ment, qui repose surtout sur des analogies de formes extérieures, a *uMi le défaut de ne pas priser à leur valeur des différences anatoniques assez profondes. Les caractères qui ont déterminé le D' Ganther À placer la Tanche près des Leucosomes, dans ses Lenciscina, en Péloigutnt des Barbeaux soit des Cyprinina, me paraissent également d'une importance très discutable.
s 10 FAUNE DES TERTEBRES.