LE BARBEAU COMMUN
Dis Flussbasbk.
Barbus fluviatius, Axassiz.
Olivâtre ou Jauve verdâtre et sablé de points noirâtres avec des reflets, bleuâtres ou dorés en dessus; plus clair sur les flancs; blanchâtre en desso^is. Dorsale et caudale mouchetées; anale et ventrale lavées d'orangé ou de rougeâtre. Corps aWmgé et subcylindrique. Écailles moyennes, plus longues que hautes, sensiblement pincées au bord libre et au plus égales à Vœih Tète longue, légèrement déprimée sur le museau; celui-ci passablement prolongé. Deux barbillons de chaque côté; V angulaire un peu plus long que Vantérieur. Nageoire dorsale assez élevée, acuminée et concave sur la tranche, avec un grand rayon simple fortement dentelé. Anale haute d'ordinaire auplus comme la dorsale, subarrondie ou subacuminée vers le sommet et subconvexe en arriére. Caudale plutôt grande, profondément échancrée et à lobes subégaux, le supérieur généralement acuminé. (Taille moyenne des vieux sujets = 70 à 85 centimètres.)
Cinq sous-orbitaires : le premier en lame étroite et au moins deux fois au>ssi long que Vœil chez Vadulte, le dernier étroit et très petit. Maxillaire supérieur prolongé^ dans le haut, Jort au-dessus de l'articulation, et développé au-dessous du milieu en un coude concave par-dessous. Aile des pharyngiens faible-
* Je repète que si je oe fais pas entrer ces nouveaux caractères dans les dîafnoaes fénériqoes, c'est uniquement faute d'avoir pu en établir riaporiaiice dans toutes les espèces du genre.
tSt FAUNE DBS YERTÉBRBS.
ment dèvehpfée. Meule nwlle^ triafigulaire et muUilobèe. Le$ principales dents dans chaque ratig passablement recmirbèes au sommet et creusées au côté supérieur.
D. 4-6/8-9, A. 3/5, V. «/7— 8, P. 1/15-17, C. 19, nuq.
Sq. 55 -ij^^^Q- 64 -(70). \ ert. 46-47.
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Noms vuuiaires suissks : (S. F.) Barbeau.^ {S, A.) j., BorMin, ad.« Borben^ Barbet, Barbe, Flusibarbe, Set-barbe et Steinbarbe,
Corps plutôt allongé, relativement peu élevé, assez épais dans la moitié antérieure et graduellement comprimé du c6té de la queue ; le dos et le ventre subarrondis transversalement. Lie profil supérieur très légèrement voûté depuis la nuque, relevé vers la base de la dorsale et à peu près droit en arrière
BARBUS FLUVIATILIS. f33
de celle-ci; le profil inférieur d'une courbe douce et à peu près régulière, sauf à la base de F anale où elle est plus ou moins brusquement relevée.
La hauteur maximale, devant la dorsale, à la longeur totale, comme 1 : 5 — ôVi» parfois même 6, selon le sexe, Tétat et la taille des individus ; à la longueur sans la caudale, comme 1 : 4V4 — 4 Vi- L'élévation minimale, avant la caudale, à la hauteur la plus grande, comme 1 : 2 — 2 V4. L'épaisseur la plus forte, suivant les sujets plus ou moins près de la dorsale ou des pectorales, à la hauteur maximale, comme 1 : 1 Vs à 1 Vs9 selon Tâge plus ou moins avancé. Ces divers rapports donnant une section verticale d'un ovale assez court et large.
L'espace compris entre l'anus et la base delà caudale à la longueur du poisson, sans cette nageoire, comme 1 : 3 Vs — 4- Tète de forme subconique, et notablement plus longue que haute, avec un museau un peu prolongé en avant, en forme de groin et arrondi à l'extrémité. Le profil supérieur assez régulièrement incliné, bien que d'ordinaire un peu déprimé sur le museau, sensiblement relevé au-dessus des narines et très légèrement convexe sur le front. Le profil inférieur moins incliné ou plus horizontal. La longueur, au bord de l'opercule, à la longueur totale du poisson, comme 1 : 4 Vs — 57s9 selon les individus petits ou grands'; à la même longueur sans la caudale, comme 1 : 3 Vs — ^Va- ^^ plus grande dimension de la tète, par là, à peu près égale à la hauteur du corps, ou légèrement plus forte chez de vieux sujets; mais, par contre, d'un quart environ plus grande que celle-ci chez de jeunes individus. La longueur de la tète, en dessus, le plus souvent de Vs ^ V» plus courte que la longueur latérale. La hauteur, à l'occiput, égale à peu près aux Vi ou aux Vft de la longueur par le côté. L'épaisseur, sur l'opercule, égale environ à l'espace compris entre l'œil et le bout du museau, et correspondant à peu près à la hauteur de la tête derrière l'orbite.
* Steindachner (Ueber Barbua Mayori Val., und Loia vii^arw, Cuv.) domie pour le rapport de la tète à la longueur totale */«— */5.
FAUNE DBS TEUTÉBHBS.
Deux barbillons charnus et de longueurs un peu difiérentes, de chaque c6té de la bouche. Le premier ou antérieur, suspendu près de Textrémité du museau, mesurant d'ordinaire de 1 Vs & 1 '/« au plus 2 diamètres de Tœil et arrivant, rabattu en arrière, au plus jusqu'au bord postérieur des narines; le second pendant à Tangle du maxillaire supérieur, mesurant volontiers un peu plus que deux diamètres oculaires et atteignant rabattu, suivant les individus, au milieu de Tœil ou jusqu'au bord postérieur de Torbite.
Bouche petite, en demi-lune et inférieure, mais passablement dilatable ; Tangle de celle-ci parvenant à peine audessous des narines. Lèvres très épaisses et formant un fort bourrelet; la supérieure, très protractile, dépassant l'inférieure d'une quantité ordinairement un peu plus grande que le diamètre de l'œil. Menton peu apparent. Langue courte. Palais épais, plissé, finement granuleux et assez dur dans la partie postérieure.
Narines doubles, de moyennes dimensions et ouvertes beaucoup plus près de l'œil que du bout du museau, soit en arrière du tiers ou à peu près au quart de la distance séparant ces deux points.
Pores céphaliques bien moins apparents que chez l'espèce du genre précédent, soit en dessus, soit sur les cAtés de la tète ; ces orifices assez visibles toutefois le long du préopercule en dessous, sur le troisième sous-orbitaire et sur le museau entre le groin et les narines.
Oeil relativement petit, subovale et franchement latéral, bien que situé assez haut près du front. Le diamètre oculaire à la longueur céphalique latérale, comme 1:5 — 9, selon les sujets petits ou grands.
L'espace préorbitaire variant en longueur, suivant les individus jeunes ou vieux, de 2 à 3 Vs diamètres de l'œil, et. selon les cas, égal seulement au Vi de la longueur céphalique ou presque égal à la V« de celle-ci.
L'espace postorbitaire à peu près égal à l'espace préorbitaire, soit un peu plus petit ou plus grand, suivant l'âge plus ou moins avancé.
L'espace interorbitaire mesurant 1 Vs ^ ^ Vi diamèlra de
BARBUS FLUVIATILIS. t35
rœil, selon les sujets jeunes ou vieux, et égal à peu près à Vt de la longueur de la tète en dessus.
Arcade sous-orbitaire composée de cinq os juxtaposés: lepremier, de beaucoup le plus développé, de forme allongée et prolongé en lame aplatie et un peu incurvée, depuis Toeil jusque sur les côtés du groin, qu'il est destiné à soutenir ; cette pièce plus de deux fois aussi longue que Tœil chez Tadulte, relativement plus courte chez le jeune. Le second très petit et à peu près deux fois aussi long que haut ; le troisième encadrant Tœil par-dessous, environ trois fois plus grand que le précédent et en forme de demi-croissant ; le quatrième, subovale et égal à peu près à la moitié du troisième ; le cinquième, enfin, de nouveau très petit, étroit et allongé, et de dimension à peu près semblable à celle du second ou un peu plus long.
La voûte susorbitaire un peu proéminente au-dessus de Tœil en avant.
Maxillaire supérieur relativement grand et fort, prolongé dans le haut bien au-dessus de Tarticulation supérieure, développé en arrière et au-dessous du centre en un coude moyen subarrondi et concave en dessous, un peu rétréci et tordu ainsi que courbé en avant au-dessous du dit coude, enfin, élargi de nouveau en palette vers l'extrémité (Voy. pi. II, fig. 21).
Opercule plutôt grand, trapézoïdal, notablement plus haut que large, et à surface généralement lisse. Le côté supérieur horizontal, presque droit ou faiblement concave et à peu près égal au côté postérieur; celui-ci, un peu creusé au milieu, mesurant environ les deux tiers du bord inférieur. Ce dernier relativement long, presque rectiligne ou très légèrement concave, fortement oblique, de manière à présenter en bas et en avant un angle très aigu , et formant avec le côté postérieur un angle légèrement plus ouvert que Tangle droit.
Sous-opercule grand, légèrement convexe au bord inférieur et présentant sa plus grande largeur à peu près au milieu.
Interopercule formant un faible coin entre les pièces pré-
t36 PAUME Dt8 YERTÉBIIB8.
cédentes et le préopercule, et en majorité dissimulé sous le bord de ce dernier.
Préopercule grand, très légèrement convexe ou presque droit sur les bords postérieur et inférieur, et formant, à la rencontre de ces deux côtés, un angle un peu plus ouvert que Tangle droit et très largement arrondi. — La joue très charnue.
Bordure branchiostège assez large et épaisse.
Os pharyngiens assez grands, avec une aile relativement peu développée formant , sur le corps de Tos , un angle subarrondi faiblement accentué, en face de la seconde grande dent supérieure. La corne supérieure médiocrement recourbée, plutôt allongée, assez large et souvent un peu renflée près de Textrémité. La branche inférieure assez épaisse à la base, un peu cintrée et volontiers pointue vers le bout.
Dents pharyngiennes généralement au nombre de dix sur chaque os : cinq principales sur une ligne postérieure, trois plus petites sur un rang en avant de celle-ci, et deux plus petites encore sur un troisième rang antérieur. Toutes ces dent^ présentant une base assez élevée, ainsi qu'une couronne subconique assez élargie, plus ou moins recourbée en crochet au sommet et un peu creusée en cuiller au côté supérieur. Les dents du haut à chaque rang un peu tordues, inclinées vers le bas et plus crochues que les autres. La seconde ou la troisième du rang postérieur la plus grande. La dent inférieure volontiers la plus petite, peu recourbée et penchée contre la suivante; celle-ci, soit la seconde en bas, d'ordinaire la plus épaisse.
J'ai trouvé une fois, chez un jeune Barbeau commun de 26 centimètres, onze dents de chaque côté. Une petite dent supplémentaire, solide, recourbée et creusée au sommet, formait un quatrième rang en avant des deux petites de la troisième lignée, avec une hauteur presque égale à celle de celles-ci; la formule était par conséquent 1, 2, 3, 5 — 5, 3, 2, 1.
Meule difficilement isolable et pas pierreuse comme dans les genres précédents, mais simplement semi-cartilagineuse et d'une consistance à peu près analogue à celle du recouvrement de l'os qui supporte la meule dure d'autres Cypri-
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nidés. Cette pièce composée de trois lobes disposés en triangle : un lobe médian postérieur attaché par le bout à la base du crflne dont il embrasse la saillie à droite et à gauche, et deux lobes antérieurs latéraux appliqués sur la muqueuse palatine à laquelle ils adhèrent fortement; ces derniers eux-mêmes trilobés, soit découpés le plus souvent en trois palettes subarrondies sur le côté externe* (Voy. pi. IV, fig. 10). Cette plaque de frottement, qui mérite à peine le nom de meule, rapproche assez, par sa consistance molle et souple, le Barbeau du GfOujon, en Téloignant des autres Cyprinidés à barbillons qui précèdent. Elle paraît indiquer qu'il n'y a guère de mastication pharyngienne chez ce poisson, et que les aliments sont plutôt cardés ou divisés que triturés. La structure de cette pièce m'a paru, d'ordinaire, en rapport constant avec le genre d'alimentation *. Dorsale naissant un peu en avant du milieu du corps sans la caudale, soit très légèrement en avant de l'origine des ventrales, beaucoup plus haute que longue, à base un peu rehaussée, pointue au sommet, anguleuse en arrière, fortement décroissante et franchement concave sur la tranche. La hauteur maximale, au sommet du rayon dentelé ou du premier divisé, d'ordinaire un peu plus courte que la caudale et que l'élévation du corps, soit, selon le sexe, l'état des individus et l'âge plus ou moins avancé, mesurant de Va ^ V») parfois à Ve même de cette dernière. La longueur basilaire de cette nageoire à peu près égale h la moitié de la tète ou un peu plus courte ; avec cela, un peu plus forte que la moitié de l'élévation du tronc, chez les adultes, relativement plus grande encore chez Iqs jeunes, et souvent, par rapport au tronc, comme 1 : 1 Vio — 1 Va* La même longueur égale à peu près aux Vi de la hauteur du plus grand rayon.
' Parfois Vnn ou Taotre de ces lobes antérieurs divisé en deux parties teolenent.
* Gûnther qai, dans ses Fiaehe des Neckars, décrit brièvement la meule de quelque i Cyprinidés, me parait ne pas avoir attaché assez d'import;ince à la structure de cette pièce qu^il nomme Plaiie et, en particulier, n'aroir pas été frappé de la différence de nature existant entre la meule dure de la plupart de nos Cyprins et la plaque molle des Barbeaux et des Goujon*.
138 PAU^K DES VERTBBRÉS.
Douze k quatorze rayoas : quatre k cioq non divisés et huit h neuf rameux. Les deux, ou selon tes cas, les trois simples antérieuiB, sans articulations apparentes; le premier de ceux-ci parfois complètement dissimulé boub les té;;uments, le suivant un peu plus grand, l' avant-dernier, troisième ou quatrième suivant les sujets, osseux en partie, mou et flexible dans la moitié extrême, un peu articulé vers le sommet et mesurant de la moitié aux deux tiers du dernier ou grand dentelé. Ce plus grand rayon non divisé, assez fort et épais, bien que composé de deux parties accotées assez facilement séparables, tégèranent arqué en arrière, osseux en bonne partie, mais flexible et franchement articulé dans le tiers on le quart extrême; aveccela,aasezfortementdentelé.soitanDé. de chaque côté en arrière, de dente assez longues, plutAt étroites, nombreuses, serrées, inclinées vers le bas et distribuées sur toute la longueur ou sur les trois quarts seulement de la longueur, à partir du sommet (Voy. pi. II, fig. 22, 24, 25. 26 et 27). Après celui-ci huit ou neuf rayons divisés : le premier, de même hauteur que le grand dentelé ou un peu plus lonv (Voy. pi. II, fig. 23) ; le dernier égal environ aux */» du plus haut et profondément bifurqué jusqu'à la base. Anale prenant naissance très près de l'ouverture urogénitale, soit à peu près au-dessous de l'extrémité de la dorsale couchée ouplut&t un peu en arrière, et arrivant, rabattue, suivant le sexe et les individus, plue ou moins près de l'oriKine de la caudale : parvenant, par exemple, assez souvent jusque sur la basA des première rayons de celle-ci, chez certaines femelles. ou demeurant au contraire à une distance de la caudale égale presqueaucinquièmede sa longueur, chez certains inAles-sans qu'il y ait, dans ces différences, une règle bien constante. Avec cela, beaucoup plus haute que longue, plus ou mnns subacuroinée ou subarrondie au sommet, selon les si^ets, et fortement décroissante en arrière. La hauteur de cette na* geoire au plus égale A celle de la dorsale, généralement même un peu plus faible, et cela d'une quantité variable suivant Ir sexe et les indiviilus, La base ou la longueur à peu près égale à ', , ou '/. de l'élévation maximale du corps, mais dans un rapport assez variable vis-à-vis de la hauteur du plu^
BARBUS FLUVIATILIS. tZ9
grand rayon, selon les individus et le sexe, soit mesurant, suivant les cas, les Vs ou près des Va ^^ ^^^ hauteur.
Le plus souvent huit rayons : trois simples et cinq à six divisés, selon que Ton compte pour un ou pour deux le dernier profondément bifurqué jusqu'à la base. Le premier simple très petit, le second égal à peu près à la moitié ou aux deux tiers du troisième ; ce dernier légèrement arqué, non dentelé, rigide sur les */, ou les Vi de sa longueur et flexible vers l'extrémité de mieux en mieux articulée. Le premier divisé légèrement plus long que le précédent et le plus grand de tous ; le dernier égal environ aux V» du plus long.
Ventrales implantées très légèrement en arrière de Torigine de la dorsale ou presque au-dessous de celui-ci, avec une forme subtriangulaire, le bord postérieur convexe et le sommet subarrondi. La hauteur du plus grand rayon mesurant, suivant Pftge plus ou moins avancé, des Va aux */, de l'élévation du corps et, selon les sujets et le sexe, égale à la hauteur de r anale, très légèrement plus forte ou passablement moindre, souvent, par exemple, de 7« ou même de Vs plus courte que celle-ci '. Ces nageoires rabattues demeurant, par le fait, suivant les individus et leur état à une distance de Tanus variable de Y» à V» de leur longueur.
D'ordinaire dix rayons, plus rarement neuf : deux simples et huit, parfois sept seulement, divisés. Le premier simple très court, arqué, osseux et sans articulation; le second, rigide dans le bas, flexible dans le haut et légèrement plus court que le premier divisé. Suivant la forme plus ou moins arrondie de la nageoire, le second ou le premier divisé le plus grand de tous ; le dernier un peu plus court ou légèrement plus long que la moitié du plus fort.
* Cette Tariabilité parait avoir été méconnue par plusieurs auteurs : Heckel et Kner (Sûsawasserfische) et Gûnther (Fische des Neckars) attribaent, par exemple, aux ventrales de cette espèce une longueur : les premett, égale à la hauteur de l'anale, le second, plus forte que l'élévation de la même nageoire. Cette différence, souvent sexuelle, tient principalement aox disproportions de l'anale, car les ventrales varient ici assez peu dans les deux sexes.
PAUNE DK8 TERTCBRIS.
Pectorales passablement plus grandes que les ventrales, de forme subtriangulaire, subacuminées au sommet, à tranche presque droite en arrière, arrondies en dessous et d'une longueur à peu près égale à la hauteur de la dorsale, suivant les individus légèrement plus courte ou un peu plus forte. Ces nageoires, d'ordinaire un peu plus longues chez les mâles que chez les femelles, parvenant, rabattues, plus ou moins près de Torigine des ventrales,* suivant les siûets, le sexe, Tâge et rétat des individus. L'intervalle compris entre Textrémité des pectorales et la base des ventrales variant, par exemple, de moins de Va ^ plus des Vi de la longueur des premières; différence provenant soit des dimensions de la nageoire, soit des proportions du tronc.
Seize à dix-huit rayons : un premier grand rayon simple, flexible dans le haut, et seize à dix-sept, plus rarement quinze rayons divisés ; le premier divisé à peu près égal au grand simple, soit, selon les sujets, un peu plus court ou légèrement plus long ; le dernier, suivant les cas, égal au cinquième ou seulement au onzième du plus grand. (Les deux derniers rayons censés rameux sont souvent, comme chez beaucoup de nos Cyprinides, non divisés au sommet ; toutefois, ils ne doivent pas pour cela être comptés comme rayons simples, car la disposition de leurs articulations et la structure de leur base montrent bien que ce sont de véritables rayons divisés qui ne paraissent simples que par le fait de leur petit développement.)
Caudale profondément échancrée et plutôt forte, soit d'une longueur maximale à la longueur totale du poisson comme 1:5 — 5 '/„ et à peu près égale au grand axe de la tète, un peu plus courte ou plus longue selon l'Age et les individus. L'échancrure volontiers un peu moins profonde chez les jeunes que chez les vieux. Le lobe supérieur volontiers acuminé, tantôt égal en longueur au lobe inférieur, chez les jeunes surtout, tantôt notablement plus long, cht^z les vieux principalement '. Le lobe inférieur, selon les individus, subacuminé ou franchement arrondi.
' Vilencieones (Hist. nat., XVI) décrit, au contraire, le lobe caii4ii
BABBUS FLUVIATILIS. tÀ\
Dix-neuf principaux rayons : un grand simple dé chaque côté et dixHSppt divisés ; les médians à peine plus longs que le tiers des plus grands. ÂTec cela, conune toujours, plusieurs petits rayons décroissants plus ou moins apparents de chaque côté ; souvent quatre à cinq en haut, sur cinq ou six en bas, parfois jusqu'à dix sur huit.
Kcailles assez minces, passablement adhérentes, se recouvrant, pour la plupart, un peu plus qu'à moitié, en général plus longues que hautes et de dimensions moyennes sur la majeure partie du tronc, mais beaucoup plus petites sur la poitrine et sur le ventre jusqu'aux ventrales. Une squame latérale médiane d'une surface presque égale à celle de l'œil, chez de vieux sigets, égale au tiers seulement chez les jeunes ; cette même écaille environ de un tiers plus lon- <nie que haute, coupée carrément dans la partie cachée et arrondie avec une sorte de petit prolongement subconique dans la portion découverte. Le bord fixe présentant au milieu un double feston proéminent; le côté libre non festonné et généralement couvert de fines granulations pigmentaires. Les squames latérales antérieures un peu plus petites et plus courtes ; les postérieures à peu près de même surface que les médianes, mais par contre, plus allongées et se recouvrant un peu moins ^ Toute la surface de l'écaillé marquée de stries concentriques très déliées autour d'un nœud plus ou moins central. Le dit nœud toujours un peu plus voisin du bord fixe que du bord libre. A partir de ce point plusieurs rayons très déliés dirigés vers le bord caché, à droite et à gauche du feston médian ; d'autres rayons droits plus longs et très nombreux gagnant le bord libre depuis le même centre ; d'autres encore, très fins comme les précédents, accompagnant en haut et en bas la courbe
iopérienr comme un peu plus court que l'inférieur. Ce cas m'a paru plutôt rare dana noa eaux ; toutefois, je doute qu'il y ait aous ce rapport une diiérenoe constante entre les Barbeaux de France et ceux de Suisse.
' Par suite de cette forme plus allongée et de leur recouvrement relative»eiit moindrey les écailles postérieures panûasent sensiblement plus grandes que les médianes; toutefois, cette àUfkrence est d'ordinaire plus apparente qae rielle, qoant à la surface de l'écame.
Ht
FAUNB DES VERTEBRES.
de TécaiDe. Squames dorsales antérieures notablement plus petites que les latérales et de forme subovale. Squames pectorales beaucoup plus petites encore, soit mesurant au plus le quart ou le tiers des latérales, et ovales ou subarrondies, avec un nœud souvent médian (Voy. pi. m, fig. Il et 14). Les écailles bordant Tanale de forme allongée, avec un nœud très reculé et un léger développement latéral au côté du bord libre.
Suivant les individus, onze à quinze écailles au-dessus de la ligne latérale \ vers la hauteur maximale, et sept à dix en dessous, jusqu'aux ventrales.
Ligne latérale descendant du sommet de Topercule poursui^Te. au milieu du corps ou un peu aurdessus, une ligne à peu près droite jusqu'au centre de la caudale.
Les écailles de cette ligne, au nombre de 55 à 64 (70)'. affectant un peu la forme d'un carré long, avec un prolont^ement subconique plutôt moins accentué qu'aux squanes situées immédiatement au-dessus. La structure de ce^ écailles assez semblable à celle décrite pour les voisines: h l'exception, cependant, de la présence, sur le centre, d'un tubule mucifère horizontal assez allongé, étroit, présentant son ouverture la plus évasée en arrière du nœud, du côté du bord basilaire assez profondément festonné en gouttière dans le milieu, et demeurant toujours assez distant du bord libre, soit s'arrétant d'ordinaire au bas du prolongement subconique. La surface des squames moins variable sur cette ligne que dans le reste de l'écaillure ; les squames postérieures, toutefois, plus allongées que les médianes, avec un tubule un peu moins prolongé en arrière du nœud (Voy. pi. UI, fig. 12 et 13).
< oloration des faces supérieures d'un vert olivâtre ou duo jaune verdAtre tirant sur le fauve et plus ou moins nuancée
' J'ai trooTé lo mazîmnm 15 chez an grand individu prorenant eu lie de Zog.
' Valenciennes attriboe 70 écailles à la ligne latérale do Barbeau et Zag qu'il a distingué sous le nom de B, Magori, Cette différence ■*■ paru n'avoir pas grande importance; j'ai trouvé; en effet, sor individus du lac de Zug, 69, 60 et 64 squames latérales.
BARBUS FLUVIATILIS. 243
de gris ou de noirfttre avec des reflets, suivant les cas, dorés ou bleuâtres. Volontiers un semis de petits points noirâtres sur le dos, avec des macules plus claires et un peu plus grandes sur le haut des flancs. Les flancs plus clairs, plus jaunes ou plus dorés. Les écailles des faces latérales, comme celles du dos, finement sablées de brun ou de noir sur le bord libre. La tête verd&tre ou olivâtre en dessus, verte avec des reflets dorés sur les côtés et, parfois, plus ou moins nuancée de rougeâtre \ Les barbillons verdâtres à la base, rougeâtres et plus ou moins dorés plus près de l'extrémité. Iris d'un jaune orangé, doré ou argenté jaunâtre, et plus ou moins lavé de brun.
Faces inférieures d'un blanc jaunâtre.
Nageoire dorsale d'un gris verdâtre ou franchement verdâtre, parfois un peu bleuâtre, et semée de petites macules brunes ou noirâtres. Caudale verdâtre ou d'un jaune verdâtre près de la base, volontiers plutôt bmnâtre ou même un peu rougeâtre près des extrémités, et généralement mouchetée de noirâtre. Anale d'un jaune orangé, au moins au bout, et plus ou moins mouchetée de brun. Ventrales grisâtres et plus ou moins orangées dans la moitié extrême, mais volontiers sans taches. Pectorales plus grises et moins orangées, par contre souvent plus ou moins tachetées. Dimensions très variables, dans des conditions et des eaux différentes. Cysat raconte qu'en 1645 un pêcheur de Luceme prit dans la Reuss un Barbeau de 15 livres. Blanchard signale une capture faite à Paris, dans la Seine, d'un Barbeau de 7 kilog. et 5, soit encore de plus de 14 livres. Le même poisson atteint, dit-on, au poids de 16 livres dans le Danube et de 18 livres en Angleterre. Heckel et Kner donnent, pour cette espèce en Autriche, un poids moyen de 8 à 10 livres, et rapportent, conune exception curieuse, la prise, en 1853, dans la Salzach près de Laufen, d'un individu de 25 V, livres. Perrot et Droz, en 1811, dans leurs notes manuscrites, donnent 10 à 12 livres comme poids maximum du Barbeau, dans la Tbiele, entre les lacs de Neuchâtel et de
' Cette coloration roageâtre n'apparaît très souTent qu'après la mort.
FAUNE DBS VERTEBRES.
Bienne. St«inmaller,en 1827, attribuée cette espèce le méiur poids maximum de 12 livres, dans le lac de Wallenstadt.
Ces deux derniers cfaifires, observés eo Suisse, doiveat être, je crois, considérés comme plntAt exceptionnels; In grande majorité de nos Barbeaux parait demeurer passablement en dessous. Au dire de nos pédieurs, ce poisson atteindrait, dans la plupart de nos eaux basses, k une moyenne de 8 livres, soit 4 kilog. J'ai mi, en eSet. des individus de ce poids capturés soit dans TAar près de Beme, soit A Luceme au débouché de la Reuss. Des siyets de 9 à 10 livre> ne mesurent guère plus en longueur que ces demieiH : au\ environs de 2 '/i pieds, soit à peu près 80 à 86 centimèt^e^. L'augmentation de poids influe, en effet, toujours plus sur la largeur et k hauteur que sur la longueur de l'individu. Des sujets du poids de 2 livres mesurent déjà souvent r*\ » 55 centimètres; tandis que d'autres de 4 livres n'atteignent encore qu'à (îfi ou 68 ceotimètret».
Mfties, au moment du rut. ornés sur la tête et sur la premièrtpartie du dos. de petits tubercules granuleux di^tosés souvent eu lignes parallèles. En faitd'autres différences sexuelles plus persistaote», »n pourrait signaler, comme fréquentes chez les mftlef>, des proportions généralement un peu plu'fortes des nageoires pectorales, et souvent une moindre hauteur de l'anale que chez les femelles. (Le gonflement du premier rayon des pectorales m'a paru beaucoup moin^ accentué et moins constant qne dans plusieurs autregenres.)
■leunes relativement moins épais que les adultes, avec une tètt* plus forte, un œil proportionnellement plus grand, un front plus étroit, un museau plus ramassé, une caudale moins profondément échaucrée et une livrée souvent plus chargée de petit» points bruns ou noirs.
N'ertèbres au nombre de 46-47.
Vessie & air de moyenne dimeosioD et étranglée vers le tiers antérieur, ^a portion antérieore passabltmMDt renflée : la postérieure allongée, subconiqoe et souvent aaseï étrdfte. principalement chez les femelles pleines. Tube digestif replié quatre k cinq fois et mesurant prè>
BARBUS FLUVIATILIS. Si5
de deux fois la longueur du poisson ou un peu moins. Péritoine presque incolore. Ovaires et testicules doubles.
Une rangée de pseudobranchies pectinées et passablement développées, disposées en croissant vers le haut de la cavité branchiale, devant Tangle antéro-supérieur de Topercule.
Bien que variant moins, peut-être, que quelques autres, tette espèce se présente cependant sous divers aspects, suivant Tâge, le sexe, la saison, Tétat de Tindividu et les conditions <rexistence. Nous avons vu, dans le courant de la description, plusieurs différences, soit dans les proportions de la tête ou du tronc et dans la coloration, soit dans les dimensions des nageoires et le nombre des rayons ou des écailles. Aucune de ces dissemblances ne m'a paru assez soutenue pour motiver la formation <le races ou de variétés locales, encore moins pour établir des «listinctions spécifiques ; toutefois, je crois devoir rappeler, en passant, la variabilité de deux caractères invoqués comme distinctife par deuxichthyologistesde grand mérite. Premièrement : Cuvier et Valenciennes (Hist. nat., XVI) donnent, comme trait caractéristique de leur Barbus Jtuviatilis, le fait que celui-ci aurait le lobe supérieur de la caudale plus court que Tinférieur ; or, nous avons vu que ce cas est plutôt exceptionnel et que, très souvent, c'est plutôt le contraire qui a lieu. Secondement : Oûnther (Catal. of fishes, VU) emploie, comme caractère distinctif entre divers Barbeaux, les longueur et hauteur comparées deljanale ; il décrit, en particulier, cette nageoire, chez son Barbue vidgaris^ comme au moins deux fois aussi haute que longue à la base, tandis que nous avons constaté chez cette «"spèce, une variabilité très grande dans ces rapports, non seulement selon les sexes, mais encore d'individu à individu. La longueur de Tanale est, suivant les cas, égale à la demi-hauteur, ou plus faible que cette fraction, ou, au contraire, passablement plus forte. La même inconstance m'a paru se montrer, du reste, dans d'autres espèces du genre Barbus.
Après cela, je pourrais signaler encore : P que le museau est plus ou moins prolongé en forme de groin, qu'il présente même
us FAUHB DES VEnTÉBRÉS.
parfois, devant les narines, une sorte de bosee saillant un peu comme une corne, ainsi que je l'ai vu sur un Biyet de taille moyenne provenant de Luceme ; 2* que les dimensions de l'œil, relativement petites chez l'adulte, varient beaucoup avec l'Meainsi que chez la plupart des poissons, et que le rapport du diamètre de celui-ci à la longueur de la tête ne peut être pris comme caractère spécifique qu'autant que l'on tient compte de la taille et de l'Age du sujet.
Enfin, il me reste h parler d'une prétendue espèce suisse de Valenciennes et d'une intéressante variété orangée récemment capturée dans notre pays.
Sur l'examen d'un seul individu provenant du lac de Zucqui avait été envoyé au Muséum par le D' Mayor de Genève. Valenciennes créa, en effet, (Cuv. et Val. Hist. Nat, XVI. p. 138, pi. 461) une espèce nouvelle qu'il baptisa du nom du donateur Barbus Mayori. Bien que le D' Steindachner ' ail déjtl montré, par la comparaison de quelques Barbeaux suisses avec des Barbeaux du Danube, que les caractères invoqués par Valenciennes ne peuvent point être regardés comme spécifiques, je crois devoir revenir encore brièvement sur le dit B. Mayori. qu'en considération de l'autorité de Valenciennes, plusieur- ;'«oIogis(es s'obstinent à regarder encore comme différent du linrbiig JtHvialiUs d'Agassiz.
Valenciennes donne, comme principaux caractères du Barbue Mat/ori: L'anale est plue large et tnoins haute, la base/ait Iw 'levj- tiers di; la hauteur, l'angle est arrondi; la tautUilf a hlolte HHnértPiir moins aigu ; la tHe aitnsi eut plus petite et l'nril Moint grand ; les éraillrs plux arrondit s, sans i''trcplus^andfi>. ■ar il f/ en a soixante-dix rangées entre rouie et la caudale.
Il deMtiit me suffire de renvoyer aux détails de ma description et aux quelques remarques faites déjà ci-dessus pour montrer le pou d'importance de ces traits censés distiuctife; toatefois, je crois devoir dire encore quelques mots sur deux traits particuliers de la brève description de l'auteur de l'Histoire naturelle des Poissons.
' l'ehpr llarbui Mayori Val. uod I^ola i ■M. Wipn, IW6, p. Srt-,.
ilgarU Cav. Verh. fool. Iioi.
BARBUS FLUVIATILIS. 247
Nous avons compté des nombres d'écaillés sur la ligne latérale assez différents pour que Ton ne puisse guère fonder une distinction spécifique sur le seul fait de la présence de quelques squames en plus, sur un seul individu peut-être anormal sur ce point. Heckel et KnerS de même :que de Siebold', donnent, comme limites pour les écailles de la ligne latérale 58-60. J'en ai trouvé, pour ma part, de 55 à 64. Valenciennes lui-même en accorde 66 à son B. flimatilis. Enfin, Blanchard' attribue au Barbeau commun de la France les chiflFres extrêmes 60-70, La fonne plus arrondie ou plus acuminée de Técaille varie aussi passablement d'individu à individu.
D est un autre détail de la description du B. Mayori qui, en y réfléchissant, paraîtrait mériter plus d'attention, si l'on ne faisait entrer dans la discussion quelques nouvelles considérations; je veux parler des proportions relativement moindres de la tête et de l'œil. En effet, le sujet étudié par Valenciennes ne mesurait que onze pouces, et l'on sait que les jeunes ont généralement la tête plus forte et l'œil plus grand que les adultes. Il serait donc important de savoir si le savant ichthyologiste français a établi ce caractère sur la comparaison de cet échantillon unique avec d'autres individus de même âge. Il ne faut pas oublier, en effet, que divers poissons, le Barbeau entre autres, n'atteignent pas toujours et partout au même poids; que dans nos lacs suisses, en particulier, ils n'arrivent souvent pas à mesurer les dimensions qu'ils acquièrent dans des milieux plus riches ou plus propices; que, croissant par conséquent plus lentement, ils sont souvent notablement plus âgés, dans nos eaux, que des individus de même taille dans d'autres pays. Il est rare, en particulier, qu'un Barbeau atteigne au maximum de 7 livres dans le lac de Zug, tandis que la même espèce pèsera jusqu'à 8 ou 9 livres dans le lac de Luceiiie; voire même jusqu'à 10 à 15 livres en France ou en Allemagne.
* SUBswasserfische, p. 79.
' Sûaswasserfische, p. 109.
' PcMMons de France, p. 304. Je me demande si M. Blanchard a compté loMiiéine 70 écailles sor la ligne latérale, on s'il a peut-être donné simplenenl comme chiffre eitréme le total attribué par Valenciennes à son prétendo Barbus Mayori.
us
PACNE DES VERTEBRES.
Quant à ce qui est de la coloration, le même auteur ajoute : la couleur paraît plus grise que celle de notre Barlteau, parce que les écailles sont très finement sablées de petits points noirs. La dorsale, V anale sont mouchetées de points noirs, et il y en a quelques-uns sur la caudale. Je me bornerai à rappeler que nous avons constaté la moucheture des nageoires en question diez un grand nombre de Barbeaux et que nous avons fait remarquer déjà le sablé noir des écailles, principalement dans le jeune âge.
Enfin, j'ai consulté à Zug les pêcheurs, qui ne se font pas faute d'ordinaire de fabriquer à leur manière des espèces et de donner des noms aux moindres petites variantes. Tous ne reconnaissent qu'un seul Barbeau dans les eaux de leur canton, et ce Barbeau n'e^ pour eux que le Barbe ordinaire des autres lacs de la Suisse. Aucun d'eux n'a observé de différences appréciables chez ces poissons; c'est tout au plus s'ils distinguent, sous les noms de Flussbarbe et Seebarhe, les individus capturée dans la rivière ou dans le lac.
En somme, les Barbeaux de nos divers lacs suisses, au nord des Alpes, sont incontestablement de même espèce que le Barbus fluriatilis de YrsLUte et d'Allemagne, et ce poisson est, dans le lac de Zug, tout à fait semblable à ses congénères dans les autres bassins du pays. C'est tout à fait à tort que Bonaparte a cru pouvoir rapprocher le prétendu Barbus Mayori de Valencienues de son Barbus plebcjus d'Italie. 11 en diffère sur plusieurs points.
DeSelys* signale dans l'Ourthe, en Belgique, une variété qu'il nonmie Barbeau jaune et chez laquelle tout le dessus et les cêtés du corps seraient d'un marron clair, avec un ventre blanc et des nageoires rouges. Je n'ai pas rencontré jusqu'ici cette forme dans nos eaux; toutefois, j'ai eu, comme je l'ai dit, Toccasion de voir dernièrement une autre variété jaune dont il me reste à dire quelques mots.
Le 30 décembre 1879, M. Hein, pécheur à Berne, me présenta \ivant un curieux Barbeau qu'il avait pris, en août 1^7^. ft l'embouchure de la Sarine. dans TAar. Ce poisson, très aniai-
Fauoe belge, p. 195.
.BARBUS PLUVIATILIS. Î49
gri par une abstinence prolongée \ mesurait 323 millimètres de longueur totale et était entièrement d'un jaune orangé en dessus et sur les côtés, avec quelques très légères traces de pointillé sur le dos. H était d'un blanc jaunâtre en dessous et ses nageoires, sans taches, pétaient, les inférieures surtout, un peu lavées d'orangé rougeâtre. L'iris était d'un orangé doré, un peu mftchuré de noirfttre. A part la coloration et des proportions relativement assez réduites du barbillon antérieur (moins de la Vi du postérieur), aucun caractère ne différentiait du reste ce Barbeau (var. aurata) de notre Barhis fluviatilis ordinaire.
Le Barbeau commun ou fluviatile est très répandu dans l'Europe moyenne et septentrionale, en Allemagne, en France, en Belgique, en Hollande et en Angleterre. Il semble en grande partie remplacé dans le midi, en Italie, par une auti'e forme très voisine, le Barbeau plébéien de Valenciennes ; toutefois, Canestrini dit l'avoir reconnu encore jusque dans quelques c-onfluents de risonzo, au nord-est delà péninsule*.
Cette espèce, bien qu'assez abondante en Suisse, est cependant exclusivement confinée dans les eaux basses du bassin du Ilhin. Elle est remplacée dans le Tessin, au sud des Alpes, par la forme méridionale décrite ci-après ; elle fait défaut à l'Inn, dans l'Engadine, comme à un niveau trop élevé. Enfin, elle ne se trouve nulle part dans notre bassin du Bhône au-dessus de la perte, bien qu'elle remonte les tributaires de ce fleuve notablement plus haut, jusque dans le Doubs. par exemple'. J'ai con-
* Cette jolie rariété, qui rappelle des cas analogues observés chez d^âotres poissons, a vécu encore quelque temps dans Paquarium de M. CoTelle, à Genève, et n'est morte, paratt-il, qu*à la suite d'une indigestion bien excusable après plus de seize mois de jeûne forcé et complet.
* Prospet crit., p. 85.
' IjC Conservateur suifse^ en 1818, t. Y, attribuait au lac Léman 29 espèces de poissons, en particulier la Brème et le Barbeau. Jurine, dans son HîM. deê Painone du lac Léman, en 1825, p. 140, a déjà relevé cette errtor, en signalant qu'il n'avait trouvé nulle part ces deux espèces. Je ne pois, pour ma part, qu'appuyer le dire du célèbre Ichthyologîste genevois.
f SO rAUNK DES VKHTBBRÉS.
staté U présence du Barbus Jinviatilis aux embouchures de» principaux tributaires des lacs de Coustance, Zurich, Walleustadt, Zug, Sempach, Lucerne, Sarnen, Thun, Bienne, Xeuchàtel et Morat. Ce poisson parait plutAt rare dans le lac de Brienz: par contre, il remonte dans le Rhin au delà de Coîre, jusqu'il Ilanz et Thusis et jusque dans la rivière de la Plessure.
Notre Barbeau est assez frileux et ne s'élève guère dans le< courante trop froids de nos montagnes ; il est rare de le rencontrer plus haut que 900 mètres au-dessus de la mer. Il habite également les lacs et les rivières à fond graveleux ou caillouteux ; toutefois, amateur de l'eau courante, il se tient de préférence dans les premiers, non loin des embouchures.
L'époque de frai varie, suivant les circonstttnces, du milieu dtmai au milieu de juin, est retardée même parfois jusqu'aux premiers jours de juillet. Un voit alors les Barbeaux se promener en longues files dont les femelles occupent généralement les premiers rangs ; les vieux mâles riennent ensuite, les jeunes sont les derniers. La femelle fixe ses œufs contre les pierres du fond, d'ordinaire dans tes courants un peu forts et profonds, quelquefois dans les lacs, mais alors de préférence non loin de l'embouchure de quelque rivière. Les mâles, souvent plusieurs pour une seule femelle, viennent bientôt arroser de leur laitance le dépét confié k leurs soins. Les œufs jaunfttres, relativement petits, comme de la graine de millet, et peu nombreux, suivant linéiques auteurs 7000 à 8ÔO0 ', se transforment, selon les conditions, dans l'espace de neuf à quinze jours.
La perte du RhAoe eit pour le Barb«au, comme pour bien d'antre* etpècei, DD obMule iainraiontable. Y ft-t-il en peut-être, d'un intre c4té et anirefoii, leri Entrerorbe, ane commnDJcatioii plna facile iia'anjoard'bDi entre lea luuains du Rhin et dn RhAoe par lea maraii et lea petjta coaranta, le Nozou et la Veooge qni déversent l'un d'on cAt#, l'antre de l'autre? Rien juaqu'id ne permet de l'étkblir. D'ailleun, MM. Dn Pte*si< et Combe ne citent pu même le Barbean dans lenr Famit du Dûtrid ffOrbe, et pourquoi tant d'eipèciiv qni auraient pn alon non* armer seraient-ellei maintenant complèlemeot détrnitei. Je croiraia bien plat6t que l'ancienne citation dn Barbeau dana le Léman doit reposer nr que)loe confuaioa atec lei nom* «ulgairea de Barbot et de BarboUati, appliqué! alors à U Loche et au Cbereine.
' Selon IDoch, 8025 chez nue femelle de 3 '■ livrea.
BARBUS FLUVIATILIS. 25 1
Les jeunes, au dire de la plupart des ichthyologistes, ne seraient pas capables de reproduction avant leur quatrième ou leur cinquième année d'existence. Toutefois, je suis de Topinion du D' 6ûnther\ quand il dit que les mâles paraissent à cet égard plus précoces que les femelles. Cet auteur rapporte, en effet, qu'il a vu déjeunes mâles de 7 à 8 pouces émettre déjà d'euxmêmes de la semence et poursuivre les femelles ; tandis que j'ai ouvert au printemps plusieurs femelles, de 20 à 25 centimètres, chez lesquelles les ovaires étaient encore fort peu développés. Durant leurs deux premières années, les jeunes Barbeaux se réunissent très volontiers aux bandes de Goujons (Gobiofliiviafilis) et mènent alors la même existence que ces petits poissons, dont on les distingue cependant à première vue à leur couleur différente et à leurs quatre barbillons. Heckel et Kner attribuent à cette espèce quinze à vingt années de vie. Quelques auteurs assurent que le Barbeau émet souvent un son bien distinct. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que, avec ses grosses lèvres, ce poisson pût, en effet, produire un bruit dans le genre de celui que nous avons signalé chez la Carpe.
Bien que se tenant volontiers près du fond, les Barbeaux viennent cependant assez souvent explorer les bancs de sables à une très petite profondeur, ou fouiller le sol le long des rives au raz de la surface. Ainsi, lorsque, par une crue subite des eaux, les rivières sont gonflées et troublées, on voit souvent bon nombre de ces poissons grouiller presqu'à fleur d'eau, tâtant avec leurs barbillons et fouillant avec leur groin les berges remuées, pour y trouver leur subsistance. Ces poissons, d'humeur assez vive et vagabonde durant l'été, deviennent, comme tant d'autres, plus lents dans leurs allures et d'un naturel plus sociable avec l'abaissement de la température qui les engourdit peu à peu. Ils se réunissent alors en troupes, souvent très nombreuses, dans les profondeurs des lacs ou des larges courants, pour y passer l'hiver dans une sorte de torpeur, serrés les uns contre les autres, tantôt dans quelque trou ou sous quelque abri, tantôt plus ou moins profondément enfouis dans la vase du fond.
1 Vi
Fische der Neckara, p. 43.
lat FAUNB m TKRTÉMIÉS.
Le Barbeau a mie aUmeotation asitez mélangée, nais snrtout animale; il aralera bien au besoin des Yégétaax aquatiques, nuis il préférera totqours les vers, les mollusques, divers ioBeetcs. les cruataoéa et les œufs ou même le menu fretin d'antres potsi^ons. 11 absorbe avec délices des excréments et des débris de charognes. Beaoeonp de pécheurs assurent, qu'il se nourrit de terre; toutefois, j'ai remarqué que, s'il prend en effet souvent de graades bouchées de vase, en fouillant sur le fond ou le loag des rives, c'est principalement pour tamiser ou retenir avec ses dents les diverses particules nutritives qui s'j trouvent et cracher bientAt après la plus grande partie de la terre qn'il avait prise.
La chair du Barbeau est blanche, assez ferme et n'a rien df désagréable; toutefois, elle est assez peu prisée, à cause du Rrand nombre de ses arêtes et n'est guère recherchée que par les petites bourses, ou dans les localités où, à défaut de lacs, il maaquibien d'autres espèces plus savoureuses. Les œufs de ce poisson passent assez généralement pour vénéneux, et l'on dit qu'ils produisent quelquefois chez ceux qui en ont mangé des vomi^ sements ou des diarrhées. Gessner connaissait déjà les effets (le ces œufs et les croyait mortels. Le fait est que l'on cite quelques cas de troubles digestif plus ou moins graves, mais que l'effet ne paraît pas partout et toujours le même. Cysal a peut-être raison quand il assure que, si l'on garde quelque temps le Barbeau dans de l'eau de source bien fraîche, ses orab perdent leurs propriétés toxiques; il pense que l'eau plus ou moins pure dans laquelle ce poisson a vécu agit beaucoup sur l'influence des œufs comme aliment.
On pt'Che cette espèce, soit A la ligne amorcée a%'ec un ver, un asticot ou imo boulette de fromage, soit avec les nasses et diverse' sortes de filets. On prend aussi quelquefois les plus gros individus avec le trident.
L'exi>mple du Barbeau doré, qui vécut plus de seize moi» sans aucune nourriture, semble indiquer chez ce poisson une grande faculté d'abstinence. Mais, s'il peut résister k un jeûne aK><'/. prolongé, le Rarbeau souffre, par contre, assez facileneot du froid et compte en outre bon nombre d'ennemis tant internes qu'exiemrii. Non seulement il seri de pftture à plusieurt
BAftBUS PLfiBEJOS. S53
espèces camassîÉires, durant son bas Age surtout ; mais encore il est d'ordinaire tracassé par des parasites de diverses sortes : Crustacés S Sangsues' et Helminthes'.