‹ Faune des vertébrés de la SuisseChapitre 24 sur 77 · LE BARBEAU PLÉBÉIEN · texte numérisé non relu

LE BARBEAU PLÉBÉIEN

Bjlbbo ^

Babbus flebejus, Val.

Brun hrouzé en dessus, semé de points noirâtres sur le des et sur les côtés de la tête et du corps ; le bas des flancs plus jaunâtre; le ventre blanc. Dorsale et caudale ta^chetées de noirâtre. Nageoires inférieures jaiuiâtres ou roses; V anale souvent paintillée. Tronc plus ramassé que chez V espèce précédente plus élevé et plus voûté en avant. ÉcmUes plus petites, soit au moins de moitié plus petites que Vosil. Tète assez imute et coni-rxe eu dessus. Museau moins prolongé que diez le Barbeau commun^ quoique avec des barbillons à peu près semblables. Nageoire dorsale médiocrement élevée, moins acuminée et à peu près droite sur la Manche, avec un grand rayon simple finement dentdè. Anale à peu près Ae même hauteur que la dorsale, par contre plus acuminée an sommet et presque droite sur lu

' Lu/imeem qfptinmotû (BkiuT,); sur les écailles et les nafeoîres. * * OffMnwKhm Teœchéli (Dies.) ; sur les nageoires. — Lshthyobdella êêiMoÊti (Kdttar) ; à la surface da corps, «oaveat sur la tète.

* AseariséoMta (Zeder); dans l'estomac et les îatestilis. — Echdnoràynehus davaeepê (Zeder) ; dans les intestins. Echin. globuhsus (Rud.) ; dsÂa les intestins. Echin. amfutlkUns (Rud.); dans les intestlas. Eàkm. Proieus (Westr.) ; dans les intestins. — DisUnnum gîobiporum (Rud.) ; dans' les intestins. Dist,punetum (Zeder); dans le gros intestin. Dht nodutosym (Zeder); dans les ntestins. — JfbnosfoliMm toMmrifàrme {Kaà.) ; àuÊM toa iatBstJBa. — Difkmtam»m hnmoauâatHm (Nardm.) ; ^n les jmuu — IMMMmi rtekm^lwm (filock) ; dans les iatestiat* — Caryofkifitm WHiàlnlH (Bod.) ; dans les intestins.

* Si l'on derait donner un nom allemand à ce Barbeau méridional , je préféreras celui de HàJ^emsehe Barbe, qui indique le principal liabltat de Pespèee, à eéhii de gememe Baff>e quehiivttrilnieSclimz dans son Barop. Ftam. Rs effet, «e 4enier son devrsit s^pliqaer à bien plv jMte titre

1 5 4 FAUNE DES VERTiBRÉS.

tranche. Caudale de moyenne dimension, profondément érhancrée et à lobes quasi-égaux, d'ordinaire également acuminés. (Taille des adultes, entre 2ti^40 {60) centimètres.)

I^emier sous-orhitaire à peu près égal à deuxjois l'œil chez r adulte; le dernier relativement un peu plus large. Maxillaire supérieur moins prolongé au-dessus de l'articulation supérieure. Meule et dents à peu près comme chez l'espèce précédente.

HW--^— j^jYj 75 \ert 42-45

lUuBL's PLEBEJL'S, VaL in Cuv., Reg. Anim. lUust., pi. 37. — Bonapatie, Fauna italica, III, XXV, i29, 1, Gg. 1 ; Cat Met., p. 97. — Cuv et VaLy Hist. Nat., XVI, p. 139, pi. 463. — Schinz, Europ. Fauna, II, p. 305. — Heckel et Kner^ Sûsswasscrflsche, p. 83, fig. 38. '^ Steindachner, Fischfouna des Isonzo, Verh. des k. k. zool bot. Ge». Wkn, 1861, p. 143. — Dybowêky, Cyprinoïden I jvUnda, p. 78. — Canestrini, Piosp. Crit., p. 38. — Gûnther^ Catml. of Fishes, VII, p. 88. — Paveêiy Pesci et Pesca, p. 37.

» FXUVUTius, De Filippi, Cenni, p. 394. — De BeUa^ Maleriab, p. 134. — Monti, Notizie, p. 37.

)' TiBESiNrs, Bonaparte, Fauna ital, III, XXV, 139, 1, fig. 3; CaL Met., p. 37.

EQUES, Bonaparte, Fauna ital., III, XXV, 139, I, fig. 3; Cat Met, p. 37. ^ Cuv. et Vol., XVI, p. 440, pi. 463. — SrAini, Europ. Faana, II, p. 304. -~ Heckel et Kner^ Sûstwasserfltdie, p- 84, fig. 39. — Dyàowéki, Cyprinoideo Uvlands, p. 78.

No«î> vri.OAtREii : T. Barb, Barch, Bartn et Bard.

('orps un peu plus ramassé, soit relativement moins allongé et plus élevé, bien que un peu plus comprimé que dans Tespèce précédente. Le dos et le ventre subarrondis transversalement. Le profil supérieur un peu plus voûté, dans la moitié antérieure surtout, décrivant une courbe convexe assez régulière. Le profil inférieur décrivant, à son tour, de la Korge à Tanale, une courbe douce et régulière légèrement plus accentuée que chez le Barbeau commun ou fluviatile.

BARBUS PLEBEJUS. S55

Chez plusieurs individus de taille moyenne, soit de 20 à 30 centimètres ' : la hauteur maximale, devant la dorsale, à la longueur totale, comme 1:5 — 5 V<t à, la longueur sans la caudale, comme 1 : 4 Vg — 4 Va (Canestrini ", qui a eu la facilité d'observer en Italie des individus de tailles plus difiërentes, donne, pour le rapport de la hauteur à la longueur totale, comme 1 : 4Vio — 5Vio)- La hauteur minimale, devant la caudale, à T élévation la plus grande, comme 1 : 2 V^— 2 Va, soit égale à peu près à la partie de cette dernière située audessous de la ligne latérale. L'épaisseur la plus forte, souvent au tiers ou à la moitié des pectorales, parfois un peu plus près de la dorsale, à la hauteur maximale, comme 1 : 1 Va — 1 V«« Ces divers rapports donnant à une section verticale médiane la forme d'un ovale assez large, il est vrai, mais légèrement plus allongé que chez le Barbeau commun.

La position de l'ouverture anale à peu près comme chez l'espèce précédente ; la distance comprise entre l'anus et la base de la caudale étant, entre autres, à la longueur du corps, sans cette dernière, comme 1 : 3 Va — 3V4. Tète notablement plus élevée et plus convexe sur la face que chez le Barbeau commun, et, par là, plus courte en apparence, bien que, de fait, de même longueur à peu près relativement au corps, soit, à la longueur totale, comme 1 : 4 V4 —5, et, à la longueur sans la caudale, comme 1 : 3 '/lo — 4 Vio- (Ici encore Canestrini, en Italie, donne, pour le rapport de la tète à la longueur totale, des limites un peu plus étendues, soit 1 : 4 Vio — 5 Vio)- Le grand axe céphalique par conséquent un peu plus fort que la hauteur maximale du tronc, chez les jeunes, et à peu près égal à cette dernière, chez les

' Sien que j'aie vu des sujets de cette espèce mesurant les uns quinze, les Mitres jusqu'à 40 centimètres de longueur totale, je me suis trouvé, AQ moment de décrire cette espèce sur des échantillons suisses, n'avoir en 'l'Aiiu, de provenance tessinoi^e, que des individus de 20 à 30 centimètres, comne je viens de le dire. Je donnerai donc, quand cela me semblera nécessaire et entre parenthèses, les rapports de proportions constatés en Italie mr des individus de tailles supérieures ou inférieures, par quelques ^QtfQn mieux placés que moi pour collecter cette forme méridionale.

' Prospct. crit., p. 29.

adultes; avec cela, dépassant en longueur la caudale d'une quantité également variable, suivant Tâge des individus. La longueur de la tête en dessus, à la longueur par le côté, comme 1 : 1 Ve — 1 V9 (plus rarement 1 VJ. La hauteur à Tocciput égale à peu près aux Vs àe la longueur latérale. L'épaisseur sur Topercule un peu plus grande que l'espace compris entre Tœil et le bout du museau et égale à la hauteur au centre de l'œil chez les jeunes, un peu en arrière chez les adultes.

Museau un peu plus renflé, mais moins prolongé en groin en avant de la bouche que chez l'espèce précédente. La bouche, toujours inférieure et en demi-lune, peut-être un peu plus large. Lèvres, menton, narines, langue, palais, pores et membrane branchiostège à peu près comme chez le Barbeau commun.

Deux barbillons d'inégale longueur, de chaque côté: le premier ou antérieur peut être un peu plus reculé ou latéral que chez le Barbeau commun et atteignant, rabattu, jusqu'aux narines ou un peu au delà ; le second, d'un cinquième à un tiers plus long, arrivant, suivant les individus, à peine au bord postérieur de l'orbite ou légèrement plus loin. Oeil, chez des sujets de taille moyenne, entrant de 6 à 6 Va fois dans la longueur céphalique latérale; cet organe notablement plus grand chez les jeunes et plus petit chez les vieux. (D'après Canestrini : l'œil à la tête, comme 1:4 — 8 Va, selon les sujets petits ou grands). Pavesi ^ donne le rapport 1 : 7 Vs pour un individu tessinois de 35 centimètres. L'espace préorbitaire mesurant, chez des individus de taille moyenne, de 2 Vi^^^Va diamètres de l'œil (selon Canestrini: de iVa à 4 diamètres oculaires environ, d'après des sujets, entre 58 et 346 millimètres de longueur totale) et, selon les individus jeunes ou adultes, notablement plus court que la moitié de la longueur céphalique ou égal à cette fraction, ou encore légèrement plus grand. L'espace postorbitaire, selon les sujets petits ou grands, légèrement plus long que le préorbitaire ou, au contraire, passablement plus court.

' Pesci e Pesca, p. 2b'.

BARBUS PLEBEJU8. S57

L* espace interorbitaire mesurant, chez des sujets moyens, de 2— 2 Va diamètres de l'œil (d'après les mesures de Canestrini de 1 V4--2 V4 à peu près, selon les sujets très jeunes ou adultes), et égal à Va de la longueur céphalique ou légèrement plus, selon la taille plus petite ou plus grande des indiTidus.

Arcade sous-orbitaire composée de ô os juxtaposés \ disposés comme chez le Barbeau commun et de formes à peu près semblables. La première de ces pièces, toutefois, un peu plus courte et plus large, soit d'ordinaire au plus deux fois aussi longue que l'œil chez l'adulte ; la seconde, par contre, quelquefois un peu plus grande et de forme triangulaire plus allongée, soit s'avançant un peu davantage au-dessous de la précédente; la cinquième enfin sensiblement plus large.

La voûte susorbitaire un peu proéminente au-dessus de l'œil en avant.

MaxiUaire supérieur de même forme que celui du Barbus fltmatiliê, mais généralement un peu plus court ou plus ramassé dans la partie supérieure, soit moins prolongé audessus de l'articulation.

Opercule à peu près semblable à la pièce correspondante chez le Barbeau commun, bien que souvent un peu plus large et généralement moins creusé ou presque droit sur le bord postérieur.

Les autres pièces operculaires d'ordinaire comme chez Tespèce précédente.

(>s pharyngiens très semblables à ceux de l'espèce précédente; l'aile, toujours petite et arrondie, un peu plus développée seulement ou peut-être légèrement plus anguleuse au niveau de la seconde grande dent supérieure.

iH'nts pharyngiennes, au nombre de dix de ch^ue côté, disposées sur trois rangs (2, 3 et 5), et assez hautes, avec une couronne subconique un peu recourbée et creusée, comme chez le Barbtis JluviaHlis. (Voy. PL IV, fig. 9).

Meule très semblable à ceUe du Barbeau commun.

I>orsaIe naissant à distances égales du bout du museau et de la

* Parfois le quatrième diviBé en deax.

T. nr. 17

caudale, à peu près en faee des ventrales ou très légèrement en avant, et occupant par la base un espace, suivant les individus, sensiblement plus petit ou plus grand que la moitié de la tète, soit vis-à-vis de celle-ci, comme 1 : 1 */• *- 2 '/«. (selon Canestrini de 1 Vio **** 2 Vit)* Cette môme longueur basilaire légèrement plus forte que la moitié de Télévation du tronc ou seulement égale à cette fraction, selon les Bojet» petits ou grands, et mesurant, suivant les individus, des Vj aux Vb de la hauteur du plus grand rayon. Cette dite hauteur de la dorsale toifjours beaucoup moindre que la Ion* gueur de la caudale, légèrement plus courte que la nageoire pectorale, d'ordinaire à peu près égale à la hauteur de Tanale ou très faiblement plus grande et relativement moindre que chez le Barbus fluviatilis^ par rapport à l'élévation du corps, soit mesurant, suivant le sexe et Page plus ou moins avancé, des '/• &uxVt de cette dernière \ Cette nageoire moins pointue au sommet, moins rapidement décroissante en arrière et presque droite, soit moins creusée sur la tranche que chez le Barbeau commun.

Onze à treize rayons : trois à quatre non divisés et huit à neuf divisés. Le quatrième, soit le plus grand simple, rigide dans la moitié inférieure, plus franchement articulé et plus souple dans la partie supérieure et égal au premier divisé ou très faiblement plus long; avec cela, garni de chaque côté, sur les */• ou les Vs du bord postérieur, de petits denticules, moins allongés, moins recourbés vers le bas et moins pointus, souvent môme bifides, que chez l'espèce précédente. Le dernier divisé, souvent formé de deux branches ramease^ très distinctes, égal aux V» ou à peu près à la Vt du pltt^ grand.

Anale naissant à peu près au-dessous de l'extrémité de la dorsale couchée, ou légèrement en arrière, arrivant rabattue plus ou moins près de la caudale, suivant l'flge et le sexe, plus acuminée au sommet que chez le Barbus fluriatilis. bien qu'un peu moins décroissante en arrière, par le fait de

* Selon Caaattrinl, ces deux hanteun sertiant égales ches un jeune de de longaeiir totale.

BARDUS PLEBEJCS. tti9

la ligne moins convexe ou presque droite de sa tranche, soit de sa forme moins arrondie. Cette nageoire, suivant les sexes et les individus, un peu moins haute que la dorsale, de même élévation ou très légèrement plus haute. La base soit la longueur, suivant les individus femelles ou mflles, un peu plus courte ou notablement plus grande que les V» de la hauteur, rarement égale à la moitié du plus grand rayon.

Généralement huit rayons : trois non divisés et cinq divisés (six, si Ton compte pour deux le dernier largement partagé jusqu'au bas). Le grand simple d'ordinaire légèrement plus court que le premier divisé.

Ventrales implantées très légèrement en arrière de l'origine de la dorsale, ou directement au-dessous, avec une foime un peu plus anguleuse et un peu moins décroissante en arrière que chez le Barbeau commun. Ces nageoires rabattues demeurant à une distance de l'anus susceptible de varier le plus souvent, selon le sexe et les individus, de Vs ^ 'A de leur longueur. La dite longueur du plus grand rayon ventral à peu près égale à la hauteur de l'anale, ou plus souvent notablement plus courte, par suite des différences tant sexuelles qu'individuelles dans les proportions de ces deux nageoires.

Dix rayons : deux simples soit non divisés et huit divisés. Le premier rameux très légèrement plus long que le grand simple; le dernier divisé d'ordinaire notablement plus long que la moitié du plus grand.

Pectorales toigours sensiblement plus longues que la hauteur de la dorsale et volontiers légèrement plus fortes chez les mftles que chez les femelles. De forme subtriangulaire, subairondies au sommet, un peu convexes sur la tranche et demeurant, rabattues, à une distance des ventrales variant de Vi ^ Ift V% de leur longueur.

DiX'Sept à dix-huit rayons: un simple, légèrement plus court que le premier rameux, et seize à dix-sept divisés parmi lesquels le second le plus grand.

Taudale un peu plus petite que chez le Barbeau commun^ par rapport à l'élévation du corps et à la longueur de la tête, soit généralement un peu plus courte que cette dernière,

t60 FAUNE DES VEHTÉBRÉS.

profondément échancrée et à lobes à peu près égaux, ainsi qu'également acuminés. La plus grande longueur de cette nageoire à la longueur totale du poisson, comme 1 : ôVi — 5 Vs9 chez des individus de 20 à 30 centimètres.

Encore ici, dix*neufs rayons majeurs, dont dix-sept divisés; les médians mesurant environ '/» ou V« des plus longs.

Écailles en général plus petites que celles du Barbus flumatilU, mais de structure assez semblable et, comme chez ce dernier de formes et proportions différentes sur les diverses parties du corps. Le prolongement subconique du bord libre, toutefois, d'ordinaire un peu plus découpé ou plus pincé latéralement. Une écaille médiane, chez des individus de taille moyenne, égale à peu près à Vs ou '/s de la surface de rœil; les antérieures un peu plus petites , les postérieures par contre un peu plus grandes et plus allongées. Les squames dorsales antérieures petites et souvent plus arrondies que chez le Barbeau commun ; les écailles pectorales plus petite^ encore, mais relativement un peu plus grandes que chez et* dernier.

Quatorze à dix-huit écailles au-dessus de la ligne latérale, vers la plus grande hauteur, et neuf à douze (except. quatorze) en-dessous*.

Ligne latérale d'abord légèrement descendante, puis presque droite et passant d'ordinaire un peu au-dessous du milieu de la hauteur maximale du corps.

Les écailles de cette ligne, au nombre de 66-75' ; les médianes assez semblables à leurs voisines, les antérieures un peu plus courtes que les médianes, les postérieures un peu plus allongées. Le tubule subcylindrique volontiers un peu plus court, soit moins prolongé en arrière du nœud vers le bord fixe, que chez le Barbeau conunun.

Coloration des faces dorsales et latérales supérieures d'un brun

> Les deux mmimm, 14 en dessoi et 9 en deaaooi, aont foornit par Cum»trini (Proepet. 28); j*ai tronvé nne squame de plot en denos qoe cet aa- Unr. Otatber (CaUl.YII, 88) donne Joaqn'à qoatone en danoot.

* Le nazimnm 75 est donné par Canealrini; je n'ai paa tronté soi* plot de 73.

BARBUS PLBBEJUS. 261

de bronze plus ou moins sombre ou tirant plus ou moins sur Tolivàtre, et parfois un peu nuancée de noirâtre, jusque sur le devant et les côtés de la tète. Des points noirâtres assez serrés, sur toutes les faces supérieures et latérales. Le bas des flancs blanchâtre ou jaunâtre. Le ventre d'un blanc argenté. Les barbillons roses ou rougeâtres ; l'antérieur souvent noirâtre à la base.

Nageoires dorsale et caudale brunâtres ou verdâtres et pointillées de noirâtre ; la seconde volontiers un peu nuancée de roussâtre vers le bout. Anales, ventrales et pectorales généralement rosâtres ou jaunâtres ; la première souvent un peu maculée, les deux dernières volontiers sans taches, parfois seulement légèrement mâchurées vers le bout.

Dimensions assez variables suivant les divers auteurs: Yalentiennes, qui a décrit l'espèce, donne une longueur de neuf pouces, soit 24 centimètres, en ajoutant que ce poisson peut atteindre à une taille plus forte. Bien que je me souvienne parfaitement avoir vu des sujets mesurant jusqu'à 40 centimètres à peu près, je n'ai cependant pas pu me procurer, dans le Tessin, au moment de décrire cette espèce, des individus plus grands que 30 centimètres, soit un peu plus de onze pouces. J'ai oui dire aux pécheurs de ce canton que l'espèce arrive avec l'âge à une taille beaucoup supérieure. Heckel et Kner disent que leurs plus gros exemplaires mesuraient un peu plus qu'un pied. Le plus grand des dix-sept individus mesurés par Ganestrini égale 346 millimètres ^ Monti dit que l'espèce atteint au poids de quatre livres ; De Betta lui accorde jusqu'à cinq ou six livres. Enfin, Pavesi attribue à ce Barbeau des dimensions plus fortes encore; il a vu à Lugano un individu de trois kilog. (six livres) et assure que cette espèce peut peser quelquefois jusqu'à six kilogrammes. Il n'y aurait donc pas, dans nos eaux, quant aux dimensions, une bien grande différence entre le Barbus fliiviatilis, au nord des Alpes, et le B. plebejîis, au sud.

Mâles se différentiant des femelles, comme chez l'espèce précé-

^ Cet auteur m'a affimié encore tout récemment que des sujets plus gnnds sont relativement très rares dans la plupart des riTÎères de PltaUe.

26t FAUNE DES YERTÉBIIÉS.

dente, par des pectorales valontiers un peu plus fortes et une anale souvent, par contre, un peu moins haute. Je n'ai pas en Toccasion de constater, s'ils sont oméis, comme l^irs congé* nëres, de petits tubercules à Tépoque du rut;

Jeunes de forme un peu moins élevée que les adultes, avec une tête relativement plus forte et un œil plus grand , le front plus étroit et le museau, soit l'espace préorbital , plus ramassé, tant par rapport à Torbite que vis-à-vis du reste de la tête.

Vertèbres au nombre de 42 à 45.

La vessie à air et le tube digestif à peu près comme chez le Barbeau commun.

Également, une rangée de pseudobranchies pectinées passablement développées.

J'ai longtemps penché vers Topinion de De Filippi, de De Betta et de Monti qui n'ont pas distingué spécifiquement ce Barbeau du précédent, et ce n'est qu'après de nombreuses hésitations que je me suis rangé à l'avis de Valenciennes, de Bonaparte, de Canestrini et de GUnther, pour séparer franchement ces deux espèces. Des différences constantes dans les formes et les proportions du corps, de la tête, des nageoires et des écailles, m'ont enfin décidé à voir dans notre Barbeau du Tessin et de l'Italie plus qu'une simple race méridionale de l'espèce qui habite nos eaux au nord des Alpes. Je conserve donc le Barbeau plébéien à titre d'espèce méridionale, tout en faisant remarquer cependant que les dimensions de ce poisson semblent crottre plus on marche du centre de l'Italie vers les Alpes, et surtout que les denticules du premier grand rayon dorsal paraissent généralement plus petits chez les représentants de l'espèce dans le premier de ces pays que dans le Tessin '.

Le Barbus tyberinus de Bonaparte ressemble tellement au B. plebejus de Valenciennes que l'on ne peut guère mettre en doute l'identité de ces deux Barbeaux. La décision me paraît

* Le prof. CanestriDi m*a montré à Padoue an B» pleh^us, adulte de taUle moyenne, chez lequel les denticules du grand rayon dorsal étaient à peine perceptibles.

moiDAÙLdieqamt êJA JBarbm ^i^tMs ; doit^QU, avec Çanestrioi ' et Gûnthet ^ faire.mitrer.ce nouveau wm dans la^ynonymie du Barbus^lébcfuêf ou bien, doit-on con^eorver la distinctioi^i spécifique établie par Bonaparte *. et Valaneieones et soutenuo plus récemmoit par HeckeL et iCner? L'examen des figures ^t la comparaison des descriptions^ des trois . derniers ichtiiyologistes ont fidt naftire tout d!aboi:ci quelques doutes dans mon esprit. On voit, en effet, que ces auteurs. ont étudié chacun des individus d'ftges passablement différents et que les descriptions ont été le plus souvent prises sur im nombre d'échantillons très réduit. Les caractères successivement mis en relief sont rarement les mèmea : tantfrt c'est la forme du corps et le nombre des écailles, tantôt ce sont les dimensions comparées de la tête, de Tœil et des écailles, une autre fois c'est l'extension des barbillons et les proportions de la nageoire dorsale. Pour Yalenciennes ^ le grand rayon simple de la dorsale porte seul^nent des traces de dentelures; pour Heckel et Kner'^ le même rayon est finement dentelé sur toute sa longueur. C'est à se demander si le Barbus eques de l'un est bien de même espèce que celui de l'autre.

La plupart dos caractères invoqués comme distinctiâ tombent devant l'examen de la variabilité du B. plebejus. Nous avons vu, en effet, que la forme plus ou moins élancée du corps, ainsi que le degré d'accentuation des denticules du premier rayon dorsal et les proportions relatives de la tête, de Toeil et des écailles diffèrent constanunent et beaucoup avec l'âge, la taille et l'habitat des individus. Le nombre même des écailles varie à tel point, chez le Barbeau plébéien, que l'on ne peut guère attribuer une importance spécifique à de petites différences dans les chiffires, surtout quand l'on considère que les divers auteiurs sont en désaccord sur ce point particulier. (Barbtiê plebejus, lig. lat., 66-75 — B. eques, sec. Val. 60-65, — B. eques, sec. Heckel et Kner, 66-68). L'égalité des deux paires de barbillons, chez le B. eques, et les dimensions, chez celui-ci, un peu plus grandes

* Protpet. p. 90.

* Calai, of Fishes, VU, p. 88.

' Faooa italica.

* Hist. Nat. XVI, p. 140.

* Sflsswatserfische, p. 84.

du barbillon antérieur, devant arriver jusqu'au-dessous de Tœil suivant Heckel et Kner, me paraissent encore le caractère le plus tranché ; toutefois, n'ayant pas eu entre les mains un nombre suffisant d'individus très jeunes du B. plebejus, et sachant que, dans le bas âge, Toeil est relativement bien plus près du ))Out du museau que chez l'adulte, je n'oserai admettre une distinction spécifique sur cette seule différence. Les plus grands individus du Barbus eques examinés par Heckel et Kner dépassaient à peine 5 pouces en longueur totale; d'après V^enciennes l'espèce atteindrait à la taille de 8 pouces.

Enfin, le trait différentiel le plus saillant résiderait, selon Heckel et Kner, dans les proportions comparées de la dorsale et de la tête. Je fais abstraction de la dentelure plus ou moins accentuée du grand rayon simple de cette nageoire, soit l)Rrce que l'on trouve à cet égard des différences individuelles assez accentuées, soit surtout parce que les descriptions ne sont pas d'accord sur ce point. Suivant les auteurs des SUsswasser- Jischv *, et selon Dybowsky * après ceux-ci, la longueur ou la base de la nageoire dorsale serait, chez le Barbus eques, notablement plus grande que la moitié de la tête, tandis que cette même longueur basilaire serait, chez le B. plebejus, égale seulement à la dite moitié du grand axe céphalique. Canestrini a déjà montré comment la base de la dorsale est à la longueur latérale de la tête, chez le Barbus plehtj us, comme 1 : IVio — 2Vio- Je ne puis moi-même, sur ce point encore, que joindre mon opinion à celle de l'illustre ichthyologiste italien, pour refuser toute importance spécifique à ce dernier caractère, car, comme on peut le voir dans ma description, j*ai constaté aussi une assez irrande variabilité sous ce rapport, chez mes échantillons du Ikurbeau plébéien (comme 1 : 1^ ^ — 2'/«), bien qu'ils fussent de taillis assez peu différentes (20 — 30 centimètres).

Le Barbeau plébéien habite T Italie et la Dalmatie, mais >euible jusqu'ici faire défaut au midi de la France. Cette espèce rt^mplace, comme je Tai dit, la précédente au sud des Alpes. On la trouve dans le canton du Tessin, non seulement dans les

* Hecki^l et Kner, Sùsswiisserfiscbe, pc S5. ' rypnnoideii LîtUnds, p. 78.

BARBUS CANINUS. 265

lacs de Lugano et Majeur ; mais encore et surtout dans les rivières dites Tessin, Laveggio, Tresa et quelques autres. Les mœurs et Talimentation de ce Barbeau paraissent les mêmes que celles du Barbeau commun. On pèche le Barbo {Barh.) de la même manière que notre espèce septentrionale. La chair de ce poisson est du reste assez peu appréciée ; les œufs passent également pour vénéneux*.

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