LA CHÈVRE A PRIS LE LOUP
« Une chèvre paissait, retenue au piquet, devant l'église de Papleux, quand un loup apparaît à deux pas d'elle. Saisie de terreur, la pauvre bête fait un effort suprême, arrache son piquet et se précipite dans l'église par la porte entr'ouverte. Soudain, le loup est à ses trousses et va l'atteindre au moment où, revenant au lancer après quelques cabrioles désordonnées, elle franchit le seuil de l'église. Mais, ô prodige, le piquet en rebondissant dans l'espace accroche la porte de l'église qui se referme violemment entre la chèvre et le loup.
D'où le dicton :
Et vlà comme à Papleux La cabre a pris le leu .
(La Thiérache, Vervins, 1872, p. 172.)
<i) Cf. De Oubernatis, t. 1, p. 431. —Voyez aussi la fable de La Fontaine, le Loup, la Chbne et le GheTrean.
136 GANIS LUPUS. L.
Dans une de ces parodies de l'Evangile, si chères aux paysans qui ne savent pas le latin, et dans lesquelles on fait entrer nombre de petites histoires populaires dont les mots offrent une consonnance avec les mots latins chantés, le loup engage la conversation suivante avec la chèvre :
Dame, qui êtes sur la montagne Descendez en bas Ho I non, je ne descends pas De peur que tu me manges.
Tu es bien plus ftnesse De croire que je mange de chair
Le vendredi et le samedi Jusqu^au dimanche après-midi La ehèvre descend, le loup rattrape Par ses barbinettes Il lui fit crier ba, ba, ba.
(Lozère, recueilli personneUement.)
Dans ce conte, c*est la chèvre qui est bel et bien attrapée par le loup.
50. ^ Il V a en l^^vence un conte intitulé la Chèvre de Mon' sieur Srçuin ; d'après ce conte, cette chèrpe, après s'être yaillammont dcfondue toute la nuit contre les loups finit par ètte mangée à raurow*
Voy<2 LccàS DB MûSTiGST, Récits variés^ p. 329.
{Tai cHtmJft fa m^m histoire dans TArdèehe,)
57* — Conte :