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11 y a cependant des exceptions, mais si rares qu'elles ne portent pas atteinte à la règle.
collaris. Cette carène est d'ailleurs très franche, se détachant des côtés de l'enveloppe comme un simple filet étroit. Comme dans l'espèce précédente, elle part du tiers antérieur ou du milieu de l'enveloppe, et fait en forme de fer à cheval le tour de la coque. En section transversale ou sagittale (fig. 2), on la voit se détacher connue une dent triangulaire.
Le corps interne et son contenu, le noyau, les pseudopodes, ne présentent rien de particulier. La nourriture semble être presque exclusivement carnassière.
La fig. 3 représente un animal enkysté; à l'extérieur le kyste est pourvu d'une membrane hyaline, puis vient une marge limpide, un plasma cendré clair, et une grosse masse distincte de plasma, d'un jaune sale, granulé. Souvent dans les individus enkystés, dans cette espèce comme dans d'autres, le col est fermé d'un diaphragme chitinoïde, à une ou plusieurs couches filamenteuses, qui devient noirâtre avec le temps, accompagné ou non de matières brunes collées soit à l'intérieur soit à l'extérieur du diaphragme.
La Nebela marginata se trouve dans les tourbières à sphagnum, en compagnie de la Nébela collaris, parfois aussi avec la Nehela carinata; mais cette dernière est plus rare, et dans la plupart des stations la Nebela marginata se rencontre seule.
Parmi les figures consacrées à la Nehela carinata, Leidy représente dans sa PI. XXIV fig. 8, un exemplaire qui doit se rapporter à cette espèce, bien que muni d'une arête un peu plus développée que d'ordinaire. Il est certain que Leidy doit avoir rencontré souvent la Nebela marginata, qu'il aura prise, tantôt pour la Nebela collaris, tantôt pour la Nebela carinata.
Nebela galeata Penard (85).
Nebela collaris Leidy i. p. (67).
Nebela collaris forma genuina? Taranek (112).
La Nebela galeata possède certaines analogies avec la Nebela collaris, avec laquelle elle a sans doute été confondue soit par Leidy (fig. 2, 4, PI. XXII), soit par Taranek (fig. 1, 2, PI. I); elle représenterait alors, au moins en partie, la forme «genuina » de ce dernier auteur. Mais elle se distingue en réalité par des caractères bien tranchés, et qui en font une espèce, non seulement autonome, mais encore facile à reconnaître.
GENRE NEBELA
La taille est beaucoup plus forte que dans la NeheJa coUaris. et par contre à peu près égale à celle de la Nebela cariiutta ; il est très rare (sauf dans la petite forme dont il sera parlé tout à l'heure) qu'elle l'este au-dessous de 160 u, et la moyenne est de 170 p. environ. De plus, l'enveloppe est relativement plus allongée, plus étirée au col, et toujours parfaitement hyaline ; sous ce rapport elle se distingue au premier coup d'œil de la Nehela collaris, et même de toutes les autres espèces du genre, sans en excepter la Nebela carinata. Elle est coinposée d'écaillés presque toujours bien rondes, grandes, de diamètre en général assez uniforme mais plus faible à la bouche (fig. 6), et très souvent imbriquées par leurs bords. Au niveau du tiers antérieur se trouvent deux pores latéraux, qui parfois semblent manquer, mais qui dans la règle se reti'ouvent
dans les exemplaires préparés au baume alors même qu'on ne les a pas distingués sur le vivant. Ces pores provoquent quelquefois un léger renflement de la membrane.
La bouche est arquée sur les faces larges, et creusée d'une encoche sur les côtés, comme dans la Nebela coUarifi; l'orifice buccal est étroit, grâce à une compression relativement forte dans cette espèce.
Mais le caractère le plus distinctif réside dans la présence, non plus d'une carène, mais d'un renflement latéral, qui part de la bouche et fait le tour de l'enveloppe toute entière '. Sur une coque vue de face, on n'aperçoit pas ce renflement d'une manière bien
Nebela galeaia. — 1. De face. — 2. Décote. — 3. Vue p.ir la face orale, de trois quarts. — 4. Petite variété. — 5. Même variété, vue d'en haut. — 6. Ecailles de recouvrement.
' Suivant une autre manière d'envisager les choses, on pourrait parler, non d'un renflemenl. mais d'une compression latérale, qui comme une gouttière ferait le tour de l'enveloppe.
décidée, mais il suffit de mouvoir peu h peu, à un fort grossissement, l'objectif du microscope en haut et en bas pour se rendre nettement compte de sa présence. Sur une vue sagittale, ou en section transversale, on distingue par contre le renflement avec la plus grande facilité. Dans aucune autre Nébélide il n'y a rien de semblable, et ici le renflement existe toujours; inutile de dire qu'il ne représente qu'une ondulation de la surface et n'a rien de commun avec la carène de la Nehela camiata.
Grâce à la transparence toute particulière de l'enveloppe, le corps interne est bien nettement visible. Il ne remplit en général qu'une partie assez faible de la coque, au fond de laquelle il est relié par des épipodes longs et minces. Il renferme toujours les globules graisseux caractéristiques, puis beaucoup d'amidon, parfois de la nourriture verte, et des petits grains d'excrétion. La vésicule contractile est presque toujours cachée par ces divers éléments, de même que le noyau, sphérique, à gros nucléoles noyés dans un suc cellulaire grisâtre, poussiéreux.
Les pseudopodes sont très vifs, longs, lai-ges et clairs.
La Nehela galeata représente peut-être la plus belle espèce du genre, sans en excepter la Nehela carinata. Elle est plutôt moins rare que cette dernière, et caractéristique également des sphagiium.
Dans des sphaignesqui m'avaient été rapportées du Simplon se trouvaient en grande abondance, en compagnie de la Nehela (/aJeata typique, des individus itlus petits, de 110 y. en moyenne, relativement plus allongés, presque tubuleux (fig. 4), munis de deux pores latéraux souvent en saillie, et d'un renflement latéral très prononcé. En même temps on trouvait des renflements moins réguliers, puis dans la règle, une compression sur les faces larges, tendant à convertir ces dernières en surfaces non plus arrondies, mais planes (fig. 5), et parfois même à les creuser.
La coquille était claire, et composée d'écaillés rondes analogues à celle de la forme type, mais plus petites ; tout le reste, plasma, vésicule contractile, globules gras, pseudopodes, etc., concordait avec la Nehela galeata.
Les transitions entre ces deux fomnes existaient à peine, mais pourtant on en trouvait, et il me paraît bien que cette petite variété doit être rattachée à la forme type; peut-être même représente-t-elle un état jeune? (Voir note 4.)
Les fig. 1 à 7 de la Planche XXIII de Leidy se rapportent certainement à cette
GENRE NEBELA
variété. Leidy les indique comme une forme particulièrement étroite, qu'il rattache à la Nehela collaris.
Nebela americana Taranek (112).
Nehela barhata ? Leidy (67).
Nehela longicollis? VEi^AUD (85).
D'après Taranek, la coquille de la Nehela americana est lagéniforme, non comprimée, c'est-à-dire ronde sur une coupe transversale, incolore, étirée en un col plus ou moins allongé. Les lèvres sont faiblement convexes en avant, et l'ouverture buccale est ronde.
Taranek regarde en même temps cette Nehela comme identique à la Nehela barhata de Leidy, dont elle différerait cependant par l'absence des aiguillons ou soies caractéristiques de cette dernière espèce.
Nous avons vu à propos de la Nehela lagemformis que les aiguillons des Nébélides ne représentent pas un
caractère spécifique certain, et qu'ils peuvent être présents ou manquer suivant les individus.
La Nehela harbata serait donc très analogue à la Nebela bohemka de Taranek, mais, comme cette identité n'est que probable, et qu'il reste une chance encore pour que les aspérités de la Nebela barhata soient réellement des éléments caractéristiques, des soies véritables produites par l'animal; connue d'autre part, si les deux espèces devaient n'en
Nehela americana. — 1. De face. — 2. De côté. — 3. Ecailles. — 4. Autre individu, de face. — 5. Coupe transversale. — 6. Ouverture buccale.
faire qu'une, le terme de «barbata^ serait malheureux et pourrait induire en erreur, c'est sous le nom de Nebela amerlcana que je traiterai ici de cette espèce.
Entre les diàgnoses des deux auteurs, il existe pourtant une différence essentielle : Taranek indique l'enveloppe comme parfaitement arrondie, « drehrund, » et l'ouverture buccale comme ronde également; Leidy la donne comme «légèrement comprimée et avec col cylindroïde » et de plus la bouche est « ovale. »
En 1890, j'avais décrit moi-même sous le nom de Nebela lonf/icoUis, une espèce que j'indiquais comme ne différant de la Nebela barlmfa que par l'absence d'aigTiillons. Or cette année j'ai fait dans une localité particulière, dans un petit lac tout entouré de sphagnum au-dessus de Morgins (lac de Conches) en Valais, une récolte abondante d'une espèce qui se rapporte avant tout à la Nebela longicolUs telle que je l'avais décrite, différant de la Nebela americana par une légère compression que d'après Taranek celleci n'a pas, et de la Nebela barbata par un col beaucoup moins distinct, moins franchement tubuleux. En réalité ce n'est que sur le côté étroit que l'on pouvait parler d'un tube buccal véritable (fig. 2), et sur les faces larges les côtés, plus ou moins creusés, ou même droits comme dans la fig. 1, n'avaient rien qui rappelât ce tube. L'ouverture de la bouche (fig. 6), comme la section transversale de la coquille (fig. 5) étaient ovales. Toute l'enveloppe était claire, formée de petites écailles (fig. 3). Cette espèce passait par des transitions insensibles à une forme extrême plus large, plus aplatie, et munie quelquefois de deux pores latéraux qui pouvaient provoquer une légère saillie de la membrane (fig. 4) '.
Comme je l'ai dit plus haut, la Nebela americana, car après tout c'est à elle que je crois devoir rapporter ma Nehela lotH/icollifi, ne s'est montrée que dans une seule localité. Taranek ne l'a récoltée également que dans les petites mares des bois des environs de
' Dans cette localité, plus de la moitié des spécimens étaient représentés par des coques vides, et alors, chose curieuse, la plupart de ces coques étaient habitées par un petit Rotil'ère, très délicat, qui tournait allègrement ses roues au dehors et, au moindre signal de danger rentrait brusquement dans la coque. A cette occasion j'ajouterai un fait d'une nature un peu différente : Dans leur beau traité général des Rotifères, Hudson et Gosse figurent sous le nom de Eirlmin cubeutes deux carapaces qui sont pour ainsi dire identiques à V Eu (jlijpha bruchiata de LEinv : Hudson observe à ce sujet qu'il a été longtemps porté à regarder celte carapace comme une coquille de Hhizopode, jusqu'au jour où M. Hoo» lui dit avoir trouvé cette carapace habitée par un véritable Rotifère. Mais le fait qui vient d'être cité d'un Rotifère s'emparant de la coque d'une Nebela montre que peut-être bien le même rotateur ou un autre, aime à s'introduire dans l'enveloppe vide d'une Eu(jlijpha.
GENRE NEBELA 365
Tetschen, et représentée par quelques individus seulement; Leidy l'indique comme se rencontrant par-ci par-là dans les environs de Philadelphie (New-Jersey), mais ne la mentionne pas ailleurs. C'est donc sans doute une espèce rare.
D'après TaraneK, la Nebela americana varie entre 90 et 130 f^; Leidy indique les mesures de 80 à 120 p. pour sa Nebela harbata; quant à la Nebela lonf/icollis de Wieshadeu, sa longueur était de 120 à 1 40 (x, et c'est cette même longueur, de 1 35 /:/ en moyenne, que j'ai trouvée au lac de Conches.
Nebela flahellulum Leidy (67).
Leidy décrit sa Nebela flabenulum comme pourvue d'une coquille pyriforme ou arrondie, généralement plus large que longue, à section transversale ovale; le col est court, ou n'existe pas; la bouche est ovale dans son contour, légèrement convexe en avant.
D'après Taranek, l'enveloppe est ovale ou ronde, comprimée, généralement plus large que longue. La bouche coupe la coquille eu une troncature droite, ou plus souvent encore est munie d'un col très court. La structure de la coquille, tout comme le plasma, sont identiques à ceux de la Nebela collans.
Taranek ajoute que les formes typiques représentées par Leidy sont extrêmement rares, mais que d'autre part on rencontre par-ci par-là différentes variétés qui se relient par de nombreuses transitions soit à la Nebela collaris, soit à la Nebela bohemica et à la Nebela flabelluîum.
J'ai récolté de temps à autre quelques individus très élargis, presque ronds, dont la structure était identique à celle de la Nebela collaris, et qui se rapprochaient encore plus, par la forme de leur bouche, de la Nebela bohemica de Taranek, concordant avec la description, ainsi qu'avec la figure que donne ce dernier auteur; cependant ces individus différaient beaucoup, en apparence au moins, des beaux spécimens à grandes écailles hyalines dont parle Leidy. Ce dernier était porté à considérer la Nebela flabelluîum comme une variété élargie de la Nebela collaris, et c'est aussi l'opinion vers laquelle
je pencherais, en ajoutant qu'à mon avis la Xebela bohemica de Taranek ne réprésente également qu'une autre variété de la Nehela coUaris.
Cette dernière espèce est en eifet très polymorphe, et suivant moi on pourrait y distinguer, parmi d'autres variétés, deux formes rondes et élargies, c'est-à-dire deux formes « flabellulmn, » dont l'une se rattacherait à la Nehela collaris type, et l'autre à la Nebela bohemica; la Nebela flabellnhim de Leit>y est alors la Nehela flabeUuhim-collaris, et celle de Taranek, comme celle aussi que j'ai examinée moi-même, serait plutôt la Nebela flahellulmn-bohemica.
En somme, il existe enti'e ces trois types, coUaris, bohemica et flabellulum, un nombre si considérable de transitions qu'il sera de longtemps bien ditïicile d'éclaircir le sujet.
Nebela bursella Vejdovsky (114).
Hyalosphenia tincta Leidy (67).
Dans cette jolie espèce la coque est ovale, fortement comprimée, à contours très réguliers (tig. .3), parfois un peu étirée au voisinage de la bouche (iig. 1), transparente,
d'un jaune chamois ti'ès pur et clair. Elle est presque lisse et composée d'écaillés siliceuses petites, ovales ou rondes, souvent presque invisibles sur le vivant, d'autres fois au contraire assez nettes, et formant en général par leur assemblage un dessin en dentelle très délicat. Parfois on y trouve des diatomées, qui peuvent même remplacer complètement les écailles et ne se reconnaissent presque plus que par les systèmes de doubles lignes qu'elles forment par leur assemblage. ,
La bouche est arquée en avant sur les faces larges et pourvue d'une encoche profonde sur les côtés ; l'ouverture buccale est elliptique, très allongée grâce à la compres-
Nebela bursella. — 1. Forme liabituelle. — 2. Enveloppe vue d'en haut. — 3. Animal enkysté.
GENRE NEBELA 367
sion assez forte de l'enveloppe ; parfois on la voit entourée d'un bourrelet ou tube très court.
Au tiers environ de la hauteur de la coque à partir de la bouche, on trouve toujours deux pores très nets.
Le plasma est parfaitement identique à celui des Nebela en général. Il renferme des boulettes de nourriture, les corps gras habituels et presque toujours un nombre considérable de grains d'amidon. La vésicule contractile y est souvent bien visible, faisant saillie sur le côté comprimé du plasma. Souvent on en voit deux, une en arrière près du noyau et l'autre à la bouche.
Les pseudopodes (tig. 1) sont en général plus nombreux et en même temps plus étroits que dans les autres espèc^es, suivant en cela la règle générale que, dans les Rhizopodes lobosa tout au moins, plus l'ellipse figurée par l'ouverture buccale est allongée, plus le nombre des pseudopodes est élevé (il peut y avoir d'ailleurs <à cette règle des exceptions, et pour des raisons particulières, comme dans HyaJosphenia cuneata etpunctafa).
La description ci-dessus s'applique à la forme habituelle des sphagnum, oîi l'espèce atteint en général la taille de 70 à 80 /ot environ, rarement plus. C'est cette forme également qui, sans aucun doute, correspond à V HyaJosphenia tincta de Leidy; cet auteur indique la membrane comme lisse et sans structure, mais il ajoute que parfois il y a reconnu une apparence indistincte d'aréolation. En réalité, et surtout dans les sphagnum des tourbières bien humides, la membrane parait le plus souvent lisse, et de fines stries sont seules à indiquer les écailles; mais de là à une aréolation bien nette, on trompe toutes les transitions possibles.
Mais si la Nebela hiirsella telle qu'elle vient d'être décrite représente la forme typique, il en existe une autre que l'on ne peut guère séparer de la première et qui, si elle n'évite pas toujours les sphagnum, est surtout caractéristique des mousses fraîches des bois ombragés, où on la trouve assez fréquemment. Elle est fortement comprimée, souvent à arête brusque sur les côtés, beaucoup plus grande que la forme typique, atteignant facilement de 110 à 120 u, et restant rarement inférieure à 90. Les dessins en sont beaucoup plus nets (fig. Ij, et les écailles qui couvrent la coque presque toujours petites, peu régulières, serrées (fig. 3); parfois on les voit remplacées par des diatomées.
La bouche est à peine arquée et souvent pas du tout, fréquemment bordée d'un col droit très court, comme dans la Nebéla hohemica. Les deux pores latéraux existent toujours. Le noyau, que dans cette variété j'ai pu examiner isolé du plasma, est rond, assez gros
(23 ix) et renferme un grand nombre de nucléoles globuleux répartis sans ordre dans une masse grisâtre, pointillée, qui doit représenter le suc nucléaire.
Cette grande forme se relie certainement à la NebeJa bursella typique par des caractères suffisamment identiques pour qu'on ne puisse l'en séparer comme espèce; mais elle se rapproche également de très près de la Nehela flahellidum-hohemica, dont sur certains individus elle ne semble plus différer que par la présence de pores latéraux. En 1890, en décrivant la Nehela flahellulum, j'y indiquais l'existence possible de pores; j'ai reconnu depuis, il est vrai, que sous le nom de NebeJa flahellulum j'avais décrit, non seulement luflabellulum vraie (dans le sens de Taranek), mais encore cette grande variété bryophile de la Nehela hursella, mais l'absence de pores dans la Neb. flahellulum n'est peut-être pas constante, et dans ce cas nous aurions de la Nehela collaris à la Nebela bursella typique, ces deux formes si différentes l'une de l'autre, tous les termes possibles de passage.
Nebela bursella, variété.
— 3. Détails de la surface