‹ Faune rhizopodique du bassin du LémanChapitre 28 sur 41 · De côté. — 3. Coque recouverte de · texte numérisé non relu

De côté. — 3. Coque recouverte de

GENRE HELEOi'EUA 3S9

Les pseudopodes sont analogues d'apparence à ceux des espèces précédemment décrites, c'est-à-dire longs, nombreux, avec tendance à la bifurcation ou à la forme de bois de renne; mais ils offrent de plus ce trait caractéristique d'être normalement remplis de grains ou micelles très petits, qui leur donnent une apparence cendrée, et qu'on voit courir dans leur intérieur.

Très fréquemment on trouve cette espèce enkystée, et le kyste est rond, pourvu d'une membrane hyaline et rempli de Zoochlorelles; en même temps, la bouche se voit fermée d'un bouchon ou « épiphragme » caractéristique, biconvexe, et formé de filaments jaunes ou bruns soudés les uns aux autres et parallèles entre eux (fig. o).

La taille dans V Hdeopera picta varie la plupart du temps entre 100 et 1 10 ju. Elle est supérieure à celle de V Heleopera petricolu et de VHehopera rosea.

Cette espèce est probablement très rare en Europe, et peut-être est-ce là la raison pour laquelle depuis Leidy personne ne semble l'avoir rencontrée. Taranek n'en parle pas, non plus, si la mémoire ne me fait pas défaut, qu'aucun des auteurs que j'ai consultés. Moi-mêmeje ne l'ai trouvée ni à Wiesbaden, ni en Suède, ni en Russie, et ce n'est que l'année dernière que j'ai pu la récolter, à la tourbière de la Pile dans le Jura, oîi elle était assez abondante. Leidy l'indique comme fréquente dans les grands marécages à sphagnum de la Pensj'lvanie et du New-Jersey. Peut-être est-elle plus commune en Amérique que de ce côté-ci de l'Océan, bien qu'elle ne semble pas avoir été trouvée dans l'ouest des Etats-Unis.

1J Heleopera picta est une espèce très nettement caractérisée, toujours facile à recoimaitre, et qui ne présente aucune variété qui pourrait la relier aux autres représentants du genre.

Heleopera syhmtica Penard (85).

L'enveloppe a la forme caractéristique du genre, ovale-allongée, arrondie en avant, et régulière dans ses contours. Elle est transparente, rarement tout à fait hyaline, et presque toujours d'un jaune très clair, chitinoïde et recouverte tout entière de disques hyalins imbriqués sans ordre ; parfois ces disques sont remplacés par des écailles amorphes. L'extrémité aborale, toujours bien arrondie, est généralement lisse, ou bien porte

quelques écailles plantées de champ sur la coque, ou bien aussi quelques petites pierres. La bouche est grande, moins comprimée que dans VHeleopera rosea, largement et peu profondément fendue sur ses côtés, et munie de lèvres claires et étroites.

Le plasma est quelque peu jaunâtre, rempli de très petits grains brillants, et renferme une ou plusieurs vésicules contractiles, ainsi que des globules de graisse clairs et volumineux. Les pseudopodes sont nombreux, longs, très vifs, généralement droits. Le noyau, sphérique, renferme dans une masse de plasma cendré et gris, un nombre en général très restreint de nucléoles arrondis (iig. 3 et 4).

Cette espèce est la plus petite du genre; elle varie entre 50 et 75 «, mais les deux extrêmes sont rares, et la plupart des individus ont environ 60 /x de longueur.

VHdeopera sylvatica est spéciale aux mousses des bois et des haies, et ne se trouve pas dans les tourbières à sphagnum. Avant de reprendre l'année dernière mes recherches sur les Rhizopodes, je l'avais rayée de parti pris du catalogue des bonnes espèces; mais en la retrouvant je me suis vu obligé de la rétablir à sa place, convaincu qu'il y a bien là un type spécial et autonome. Elle se distingue de toutes les autres Eeleopera par sa petite taille, par sa transparence, par sa teinte jaune citron, à peine indiquée il est vrai, et quelquefois manquant, par son noyau caractéristique \ et par son apparence tout entière, difficile à décrire, mais qui la fait reconnaître avec facilité lorsqu'on a l'animal sous les yeux.

Heleopera sylvatica.

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