Nous adoucissons la pensée du texte
2. Cf. Struve, Bibliotheca antiquaria , t706, 233. .Schaller, Predigt (VIP) ron Zauberhandeln.
3. Disquisit. magic, libri sex, auctore Martino Delrio, lib. II, quæst. XII. Traduit et abrégé par André Duchesne, Paris, 1611. ^vol.
4. Cf Griinni, Deutsche. Mythologie , p. 1023. .Soldan. Geschichte der Hexenprocesse , p. 22S.
avec l’enfei'. Dans aucun siècle on ne s’élève au-dessus de la foule impunément; il faut payer sa rançon à la crédulité ou à l’envie.
Le second auteur que nous avons à citer est Philippe Camerarius , juriste protestant, fils de Joachim Camerarius, l’ami de Mélanchthon , qui publia en 1602 la première centurie de ses Heures de loisir' et dit: «Nous savons que, parmi les enchanteurs et les magiciens du temps de nos pères, Jean Faust s’est acquis un grand renom , de telle sorte qu'il n’y avait presque personne dans le peuple qui ne sût raconter un tour de sa part... Un jour qu’il .se rencontra à table avec des personnes qui avaient beaucoup entendu parler de ses prestiges et tours magiques, elles le prièrent de leur en faire voir quelque chose. Il se fit fort presser, enfin cédant à l’importunité de ses banqueteurs qui avaient la tète échauffée, il promit de leur montrer ce qu’ils voudraient. D’un commun consentement ils demandèrent qu’il leur fit voir une vigne chargée de raisins mûrs et prêts à être cueillis. Ils pensaient que, comme on était alors au mois de décembre, il ne pour-
1. Horarum subsicivarum centuria prima, c. 70. L’ouvrage ^ connu aussi sous le nom de Méditations historiques, fut traduit en français parGoulard et Rosset, Paris, 1608, 3 vol. in-8”.
Le récit de Camerarius se trouve aussi dans : Dies caniculares , etc., per Maiolum, t. II, coll. 3. 1602. Le tome II est de Georges Draud. L’ouvrage de Maïolo a été traduit par Rosset, Paris, 1610. Le même récit se retrouve dans: Aurifodina artium et scientiarum.... a Drexeiio , Anfuerp., 16.'i8, p. Il, c. 8:i
rail faire ce prodige. Il consentit à leur demande et promit que tout à l’heure, sans sortir de table, ils verraient une vigne telle qu'ils la souhaitaient ; mais à condition que tous resteraient à leurs places et attendraient qu’il leur commandât de couper et cueillir les raisins; sinon ils seraient voués à la mort. Tous ayant promis de lui obéir exactement, tout à coup Faust, par ses enchantements , charma de telle sorte les yeux et l’imagination des banqueteurs, qu’il leur semblait voir une très-belle vigne chaînée d’autant de longues et grosses grappes de raisin qu’ils étaient d'hommes assis à table. Excités par la nouveauté de la chose, altérés d’ailleurs par l’ivresse , ils prirent leurs couteaux , attendant que Faust leur commandât de couper les raisins. Faust se fit un plaisir de les tenir quelque temps dans cette posture, puis tout â coup la vigne et les raisins s’en allèrent en fumée et ils reconnurent que chacun avait pris le nez de son voisin pour une grappe et tenait un couteau pour le couper, de sorte que s’ils eussent coupé leurs grappes sans l’ordre de Faust , ils se seraient coupé le nez les uns aux autres » Ce récit est effleuré au chapitre 65 de la première légende où « les hôtes du docteur Faust veulent se couper le nez, » et Goethe s’en est .souvenu dans la scène du caveau d’Auerbach.
S’il nous plaisait de voir dans le récit, au lieu d’une fable, un tour de prestidigitation, nous renverrions au compte rendu que fit le Court-Journal de Londres,
d’une séance do Robert Hoiidin : « L’expérience qui sembla frapper le plus la reine Victoria , dit le journal anglais, fut le Bouquet de la Reine, surprise très-gracieuse et d’un charmant à-propos. Sa Majesté ayant prêté son gant à M. Robert Houdin , celui-ci en fit immédiatement sortir un petit bouquet qui devint bientôt assez gros pour être difficilement contenu dans les deux mains. Enfin ce bouquet, posé dans un vase et arrosé d’une eau magique, se transforma en une guirlande, dont les fleurs formèrent le nom de Victoria.' y>
R faut terminer notre revue de témoignages par la mention d’une Chronique iErfurt que cite Motschmann’. Motschmann raconte qu’il a trouvé dans cette chronique que ce fut le docteur Kling’ qu’on chargea d’aller convertir Faust, alors que celui-ci mettait en émoi toute la ville et la campagne environnante, puis il extrait le passage où les deux docteurs disputent ensemble sans résultat.
D’après la Chronique, Faust logeait chez un gentilhomme «papiste» dans la maison de la Schlôssergasse dite à V Ancre, maison que l’on montre encore aujourd’hui*. R y a aussi, dans Erfurt, une ruelle du docteur