Naumann , Serapeum VII , p
à Tubingue, c’est le 15 avril 1588 et non 1587 que les commissaires grand -ducaux de Stuttgart vinrent inspecter l’université de Tubingue. Ils exposèrent leurs griefs au sénat académique. Un de ces griefs était l’impression du livre susdit, par Hock, et un autre la représentation de comédies qui avaient scandalisé les ennemis de ce genre de plaisir. Les commissions concluaient à l’emprisonnement de Hock pour deux jours et à une punition du directeur du théâtre. Le sénat, ayant délibéré sur les propositions des commissaires, condamna à la prison tant l’imprimeur et les auteurs de X Histoire de Faust, que l’auteur de la Commœdia nuper habita. D’où il ressort que l’ouvrage sur Faust n’était pas une comédie, de même que nous ignorons le nom de la comédie dont il est question*. Mohl a spécifié une comédie sur Faust, alors que les protocoles du sénat académique parlent de comédies en général. Dans l’année -1588, parut aussi une traduction de la première légende en bas - allemand , à Lubeck chez Ballhorn.*
X De la même légende est tirée la traduction française qui parut en 1589, sous le titre de: Histoire prodigieuse et lamentable de Jean Faust, traduite de l’alle-
1. M. Magnin, dans son Histoire des Marionnettes, V, H, a raison de dire qu’il n’est pas sdr que l’ouvrage dit Tractætlein fût une pièce dramatique , mais il a tort d’avancer que l’ouvrage parut en 1587.
a. Cf. Von der Ilagen, Germania, t. VI, p. 898.
mand. Le traducteur est Palma Cayet ou Cayer, né eu 1525, disciple de Ramus et converti par lui au protes tantisme. Il étudia la théologie à Genève, puis parcourut l’Allemagne pour y entendre ses professeurs : excellente préparation pour le traducteur de la légende. A son retour il fut nommé pasteur à Montreuil-Bonnin, près de Saumur. Attaché ensuite à la personne de Catherine de Bourbon, avec le titre de son prédicateur, il vint avec elle à Paris. En 1595 il fut déclaré incapable d’exercer le ministère sacré à la suite d’une accusation de magie et d’immoralité, portée devant un synode où il refusa de comparaître. Peu après il abjura le calvinisme. Alors les protestants se déchaînèrent contre lui avec tout l’acharnement dont les partis religieux poursuivent les transfuges et lui imputèrent tous les vices et tous les crimes. Cayet mourut à Paris en 1610, après avoir été ordonné prêtre et reçu docteur en théologie. Il est auteur d’ouvrages de polémique et d’histoire, ainsi que de traductions du latin, de l’espagnol et de l’allemand.'
, 1. Cf. Bayle; Prosper Marchaud, Dict. hht., art. Fauste- Graesse,
Bibl. mag., p.53 ; Scheibe, Freimüthige Gedanhen-, Agrippa d’Aubigné, Fœneste, éd. Mérimée, L II, cb. xii. Fœneste dit: «Est-il brai qu’il (Cayen aboit aussi bendu au diable son beilet et son mulet? • Et M. Mérimée met en note : « On fait le même conte du docteur Faust. » Il était plus exact de dire que Faust laissa à Wagner un démon , Auerhabn , qui devait le servir aux conditions auxquelles Mépbisto avait servi Faust, guant nu mulet, Faust n’en possède pas dans la légende, et il n’a d’autre cbeval que Mépbisto, qui prend cette forme avant de voyager avec lui.
La traduction de Faust suit l’original, chapitre par chapitre, à cela près que quelquefois un chapitre de la légende est divisé en deux ou trois et que quatre chapitres sont réunis en un. Nos critiques ont fait preuve de légèreté, en parlant du Faust de Cayet: «Les éditions sont recherchées, quoique l’ouvrage soit peu de chose,» a dit Weiss dans la Biographie Michaud, t. VIL «Cette histoire romanesque, fondée sur les traditions les plus absurdes, a ditM. Ch. Brunet dans le Manuel du libraire, ne trouvait plus guère de lecteuis, lorsque le Faust de Gœlhe, est venu donner une nouvelle célébrité au vieux sorcier.... La première rédaction allemande est tout à fait différente de l’ouvrage de G. B. VVidman.» M. F. V. Hugo* dit que Cayet a traduit Widman. «Cayet, dit le marquis Du Roure’ ne mérite d’éloges que pour nous avoir fait connaître ce livre curieux. Du reste il construit ses phrases d’une façon si brusque et si pénible, qu’à peine devait-il s'entendre lui-même. On l’accusa de sorcellerie dans son temps, ce fut bien à tort sans doute; .sous le rapport du talent d’écrire, du moins, nul ne fut moins sorcier.»
La légende parut, augmentée, en 1591. L’édition de 1591 fut reproduite à Francfort en 1592; dans celte reproduction on lit, sur le verso du litre, les vers suivants: