Die Faustsage
2. Les esprits ont des noms fort variés. Dans les Légendes néerlandaises de Wolf, le génie de Faust s’appelle Jost. Selon Widman (1,11 comm.) le génie du pape Paul II s’appelait Lammalëche , celui d’Alexandre VI , Loyauté. Widman cite encore Uennengetter , Hemmerlin, Mücker, Phasan, etc. Dans le Jeu de Judith, pièce écrite en 1 480 à la façon des mystères par le prêtre Théodoric Schernberg , apparaissent comme diables: Spiegelglanz , Fedderwiscb, Unversüne, Lillis, mère du diable, etc. Gast nomme Specillum (III, 94); Remigius, Verd-joli (II, 2).
lion du génie, lui, son corps, sou âme, sa chair, son sang et ses biens.
La croyance aux pactes avec le diable repose sur la démonologie de l’école néoplatonicienne. Les démons furent, dans l’origine, pour les Grecs, les âmes des morts assimilées à des divinités, ainsi qu’on le voit par Hésiode*. Bientôt ce nom s’appliqua aux divinités intermédiaires entre Dieu et l’homme , reconnues par presque tous les philosophes grecs, mais conçues d’une manière plus particulière par Pylhagorc et Platon. Platon et son école leur réservèrent le nom de Saîpiuv , attribué dans le principe à l’action divine en général, regardée comme la distributrice des biens et des maux. Les démons furent ensuite confondus avec les mânes , les lares et les génies latins; ils furent aussi divisés en deux catégories : ceux qui détournaient et éloignaient le mal, et ceux qui aimaient le sang et le meurtre. La manière dont Proclus conçoit les mauvais démons ’ est toute semblable à l’idée que les chrétiens se font du diable : ces génies troublent les sacrifices, cherchent à entraîner les humains dans les vices et l’impiété. A la nouvelle théogonie on adapta la liturgie hellénique, mêlée de rites orphiques et orientaux ; de cette façon , les purifications et les exercices prirent une place considérable dans le culte, et la religion devint de la magie.
1. Voy. Plutarque, De oracul. de/ect., '0. t. Voy. in / .llcib.
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La Iransmission de ces croyances au moyen âge eut pour effet de perpétuer l’emploi des conjurations, des évocations démoniaques par les magiciens. Vainement l'Église leur disait qu’ils perdaient leur âme, et accompagnait ses avertissements de menaces terribles que le législateur séculier sanctionnait par ses décrets; la curiosité chez les uns, la soif de la vengeance chez les autres, la convoitise effrénée chez 1e plus grand nombre, tout cela fut plus fort que les défenses canoniques et les menaces de la loi. Pollux donne déjà* une expression grecque, à laquelle répond l’idée de vendre au démon son âme pour de l’argent, et Tacite* parle de maléfices qui vouaient les âmes aux puissances infernales; mais la croyance aux pactes avec le diable se répandit surtout au quinzième et au seizième siècle ; elle n’est pas encore éteinte complètement.
La durée du pacte de Faust est de vingt-quatre ans. Dans la tradition néerlandaise , Faust conclut avec Jost son traité pour sept ans; le second pacte de Faust, dans la légende, dure aussi sept ans, puisqu’il est fait la dix-septième des vingt-quatre années.
Widman raconte que le pacte de Grégoire VII portait seize ans , celui de Paul II neuf ans et un quart , et qu’ Alexandre VI avait été trompé par le diable ; en effet, le pape avait compris que son pacte était de dix -neuf