Ononi. III , 112, ~T\v i}/uyTiv àvToXXâÇo'; toC ypualou
S. .inn. U, LXiX : malejicia quia credihir animas numinibus it{fei'nis sacrari.
ans, onze et huit, el le diable interpréta le chiffre par onze, ans et huit mois.
Selon l’ancienne légende, Mephostophiles, dès sa troisième visite, donna à Faust des exemples de son savoirfaire. « Il fit le tour de la maison , comme s’il était tout en feu, et de son corps partaient des rayons de feu ; puis on entendit un bruit pareil à celui que font les moines en chantant — on entendit aussi un bruit de lances, d’épées, de chasse, de chiens et de chasseurs qui couraient un cerf... enfin, un jeu d’orgue si ravissant que Faust se crut au ciel. » Quand Mephostophiles revient sous l'habit de moine, Faust lui exprime le plaisir qu’il a ressenti et lui remet le contrat, dont Mephostophiles lui fait prendre une copie.
A partir de ce moment Mephostophiles remplit l’office d’un dévoué serviteur, tout à la manière d’un génie domestique. Faust fait autant de bons dîners qu’il veut, il boit tous les vins qu’il désire; s’il nomme un oiseau, cet oiseau entre rôti par la fenêtre'. Lui et son garçon se promènent dans de riches habits, dont le démon a acheté ou volé l’étoffe la nuit, à Nuremberg, Augsbourg ou Francfort, à l’heure où les marchands ont quitté leurs boutiques. Les corroyeurs et les cordonniers sont victimes de vols semblables. De plus le démon
1. Le démon enlève ces mets aux cuisines des princes d'alentour par un procédé analogue à celui attribué aux enchanteurs par les Romains. (Fruges traducere.) Cf. Deirio, Il , 1S. ’l iedemann, Qux J'uerit artium magic, origo, p. Sfi. Criinm, p. t04.3.
donne à Fausl vingt-cinq couronnes par semaine à litre d’appointements. Dans Widman (I, 14) Mephoslophiles travaille aux champs de Faust et récolte ses fruits. Ce trait estaussi conforme auxhabitudes des génies familiers, mais il nesembleintroduitquepourexpliquerpourquoi, malgré la mollesse et la négligence de Faust, ses concitoyens ne nourrissaient point de fâcheux soupçons contre lui.
Dans le même chapitre de l’ancienne légende, il est question de Christophe Wagner, «un effronté jouvenceau», le famulus de Fausl. «Le jeu lui plut, et son maître dit qu’il ferait de lui un homme savant et adroit.» W^idman le donne pour l’enfant naturel d’un prêtre de Wasserbourg et de sa servante, lequel avait fui, pour se soustraire aux violences de son père. Un jour de mars, à l’âge de quinze ans, il chantait devant la maison du docteur; celui-ci eut pitié de lui, car il était mal vêtu, et comme il semblait intelligent, Fausl le garda pour serviteur*. Faust «comme son le piquait
jour et nuit,» veut maintenant se marier. Mephostophiles lui rappelle alors sa promesse d’être l’ennemi de Dieu et des hommes, il ne peut donc point se marier, car le mariage est l’œuvre du Très-Haut. Faust s’obstine, soudain il s’élève un vent furieux, la maison se remplit de flammes, Faust est saisi par un honune qui
1. Luther chantait devant les maisons pour gagner son pain. «Que personne, dit-il, ne s’avise de mépriser devant moi les pauvres compagnons qui vont chantant et disant de porte en porte: Panem propter Demn! vous savez comme dit le psaume : Les princes et les rois ont chanté. »
le rejette moulu, brisé; le diable lui apparaît ensuite sous une forme hideuse et lui 'demande ce qu’il résout. Faust demande grâce et pardon, et Satan disparaît. Mephostophiles revient auprès de son maître, et pour lui faire passer ses envies de mariage, lui promet de lui procurer toute femme qu’il aura convoitée. A cette proposition Faust palpite de joie et se repent encore une fois de son premier projet, puis «il conçoit de telles ardeurs qu’il se met jour et nuit en quête des belles femmes, se livre à l’impureté aujourd’hui avec un diable, demain avec un autre. » La phrase du narrateur est ainsi faite qu’on peut également croire ou que Faust embrasse le diable sous les traits de la femme ou que l’auteur a simplement voulu associer les idées de sexe et de diablerie. En tout cas c'est le démon qui entraîne Faust dans une vie de plaisirs, et Faust n’a été attiré vers le démon que par l’ardeur de connaître, non par la soif des jouissances. Dans Widman, au contraire, Faust ne conçoit le désir de se marier que tard (II, 25), après qu’il a épuisé les jouissances charnelles.
Mephostophiles, ayant détourné Faust du mariage, prend par contre à tâche de le tourner de plus en plus vers la magie, il lui donne un livre de nécromancie dans lequel il étudie, quand les plaisirs de «son mariage diabolique 1 lui en laissent le temps. Mais bientôt la curiosité le reprend de plus belle, et il entame avec Mephostophiles des entretiens sur l’enfer, le gouverne-
ment des diables, le premier étal des anges déchus, etc. Faust est si ému de la description de l’enfer qu’il hésite à continuer la vie qu’il mène, alors le diable prend la forme d’une belle femme, l’enlace de ses bras et adieu le souvenir de « la parole divine» !
Dans Widman, Faust ne pouvant entrer dans une église, se tourne vers la lecture de la Bible. Mephostophiles lui en donne la permission, mais seulement pour une partie du livre saint: «Tu omettras les premier, deuxième et cinquième livres de Moïse, puis tous les autres à l’exception de celui de Job ; je ne te permets pas les psaumes de David. Dans le Nouveau Testament, tu pourras lire le péager, le peintre et le médecin (Matthieu, Marc et Luc), évite Jean, le bavard Paul et les autres qui ont écrit des épîtres, je ne te les permets pas non plus.» Mephostophiles conseille particulièrement à Faust, la lecture des Pères de l’Église, et il lui permet de discuter avec lui, mais non sur la Trinité et les sacrements*. Ces conseils méritent d’être rapprochés de l’opinion de Luther: «La Trinité, dit-il, se retrouve dans toute la création. Dans le soleil, il y a la substance, l’éclat et la chaleur; dans les fleuves, la substance, le cours et la puissance. De même dans les arts. Dans l’astronomie, le mouvement, la lumière et ïinfluence; dans la musique, les trois notes re, mi, fa, etc....
1. Dans une légende suisse le diable se tient près d’un berger pour l’empêcher de réciter l’Évangile de saint Jean ; le berger alors se met à le siffler. Griinm , Myth., 970.
«L’Évangile de saint Jean est le vrai et purÉvangile, l'Évangile principal, parce qn’il renferme le plus de paroles de Jésus -Christ. De même les épîtres de saint Paul et de saint Pierre sont bien au-dessus des évangiles de saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc. En somme, l’Évangile de saint Jean et sa première épître, les épîtres de saint Paul, notamment celles aux Romains, aux Galates, aux Éphésiens, et la première de saint Pierre, voilà les livres qui te montrent Jésus-Christ....
«Des Pères. On peut lire Jérôme pour l’étude de l'histoire: quant à la foi et à la bonne vraie religion et doctrine, il n’y en a pas un mol dans ses écrits. J’ai déjà proscrit Origène. Chrysostome n’a point d’autorité chez moi. Basile n'est qu’un moine, je n’en donnerais pas un cheveu...,» On le voit, le Mephostophiles de Widman est tout à fait pénétré de la doctrine luthérienne et il guide son protégé Faust en conséquence.
La deuxième partie de l’ancienne légende nous montre d'abord Faust occupé d'astronomie et d’astrologie. Il compose des calendriers, des pratiques qu’il dédie aux princes et aux grands seigneurs et qui sont fort prisés. Suivent des entretiens sur l’biver et l’été , le cours des deux , la création du monde et de l’homme , Faust ayant formé le vœu de voir quelques-uns des principaux démons , le diable Déliai lui apparaît et lui annonce que ses principaux conseillers et serviteurs attendent à la porte. Il reçoit avec empressement les augustes visiteurs, mais lorsqu’ils sont partis, il lui vient une fantaisie nou-
velle; il veut voir l’enCer, son futur séjour. En effet, voilà huit ans qu’il «creuse, apprend, questionne et dispute , il est temps qu’il connaisse la qualité, les fondements , les propriétés et la substance de quelque chose, fût- ce de l’enfen). A minuit Beelzébub se présente ayant sur le dos un siège fait d’ossements. Faust monte dessus et part. Beelzébub l’emporte dans les airs' où il s’endort comme s’il était dans l’eau chaude ou dans un bain. 11 devient alors le jouet de toutes sortes de visions, mais il ne voit pas l’enfer en réalité, «car s’il l’avait vu, il ne demanderait pas à y entrer.» Au sortir de l'enfer, Faust parcourt les constellations sur un char attelé de deux dragons. Dans la seizième année du pacte , il entreprend son voyage terrestre et ordonne à son génie de le conduire où il voudra aller. Mephostophiles se change en cheval et exécute ses ordres ’. Faust fait d’abord un voyage rapide de vingt-cinq jours et pai’court une foule de pays à vol d’oiseau. Il part une seconde fois et se rend d’abord à Trêves, où il visite les tombeaux de Siméon et de Poppo*. A Paris , le système
1. Le prêtre kimmerie Abaris traversait l’air sur une flèche , c’està-dire qu’il portait une flèche, symbole du dieu Soleil chez les Kiminéro-Keltes.
2. Folengi attribue ce cheval noir magique à Michel Scot, XIX, 189 ;
Comeerare facit frtnumcoiyforme perillos,
Cum quo frtnat e^uum nxgrum minimtque vedutum Qiiem quo vult tanq^iam tnrehesea sagiita cavaleat Sacr^catque comas ejusdem sœpe eahalli,
3. L’évêque Poppo (4016 - 1047), ayant entrepris en 1028 le pèlerinage de la Terre sainte , en ramena un anachorète, nommé Siméon , qui , à son arrivée à Trêves , s’établit au sommet de la Porte Noire et
d'études et Tuniversité lui plaisent fort. 11 visite aussi l’université de Padoue. A Rome il pénètre invisible dans le palais du pape contemple la foule des serviteurs et des courtisans et voit servir au pontife une telle surabondance de mets qu’il dit à son génie : « Fi ! pourquoi le diable n’a-t-il pas fait de moi un pape?» 11 trouve ses pareils pour l’oi^ueil, la gourmandise, la fornication, etc., de sorte qu’il se met à dire: «Je croyais être une truie, un pourceau du diable, mais le diable a besoin de me nourrir encore, tandis que ces pourceaux de Rome sont gras et tout à fait bons à rôtir et à cuire. » Faust resta chez le pape trois jours et trois nuits. Comme il venait de faire maigre chère, il se posta devant le pape, quand celui-ci se mit à table, et chaque fois que le saint-père faisait un signe de croix, il lui soufflait dans l'œil. Quand les derniers plats furent servis, Faust leva la main , alors les plats volèrent à lui et il alla les manger avec Mephosiophiles au Capitole. Cependant le pape fit sonner toutes les cloches
s’y fit une réputation de sainteté. Après sa mort , Poppo convertit en une église le bâtiment qu’avait habité son ami.
1. De temps immémorial le chapitre de Bayeux était obligé, en réparation de certain méfait , d’envoyer tous les ans un chanoine à Borne pour y chanter l’épitre de la haute messe de minuit ; s’il y manquait, il devait payer une forte somme d’argent. Le tour de Jean Patye, chanoine de la prébende de Cambremer, arriva. H fut averti, suivant l’usage , plusieurs mois avant , mais il s’en gêna si peu que la veille de Noël de 1S37 il était encore à Bayeux. Ses confrères lui reprochèrent sa négligence , il leur répondit qu’ils ne s’inquiétassent point et qu’il irait à Rome. Le chanoine se retira dans sa chambre, prit son grimoire et fit venir le diable , avec lequel il entretenait depuis long-
et prier pour l’âme en peine qu’il regardait comme la cause de l’accident. Quant à la vaisselle d’argent qui s’était envolée de la table du pape, on la retrouva chez Faust après sa mort. Faust visite ensuite Lyon, Cologne, Strasbourg, Bâle, Ratisbonne, Munich, Cracovie, enfin Constantinople. L’épisode de Faust à Constantinople est piquant comme un fabliau ou un conte des Mille et une Nuits. D’abord Mephostophiles se présente à Soliman sous un costume de pape et se fait passer pour Mahomet. Soliman tombe à genoux et glorifie Mahomet d’avoir bien voulu l’honorer d’une visite. Ensuite Faust enveloppe le sérail d’un épais brouillard , revêt la même apparence que Mephisto , et passe six jours dans le sérail en se donnant toujours pour Mahomet. Pour en sortir, il s’élève dans les airs sous le costume de pape.
Le récit des aventures de Faust à Rome et à Constantinople semble devoir édifier les moins clairvoyants sur l’origine de la légende. Cette légende est évidemment l’œuvre d’un protestant ; l’histoire de Faust n’a été écrite ni par un catholique ni par un moine, comme le pense M. F. V. Hugo , elle n’a pas davantage été gênée dans son développement par l’ardeur des querelles religieu-
tcmps des relations : a II faut que tu me portes cette nuit à Rome, ditil, et cela en pensée de femme, c’est-à-dire plus vite que le vent...» Jean Patye , monté sur le dos du diable , arriva à Rome et chanta l’épître ; en rentrant dans la sacristie , il se fit représenter le titre original qui le forçait à aller si loin , fit semblant de l’examiner et le jeta au feu. Quatre heures après , il rentrait dans la cathédrale de Bayeux. (Voy. Pluquet, Contes populaires de l’arrondissement de Bayeux, t8S5.)
ses, mais elle s’est constituée alors que ces querelles s’épuisaient par leur acharnement même et que la foi nouvelle était affermie.
On peut donc continuer à voir dans Faust la personnification de la curiosité scientifique, mais il ne faut pas ajouter : de la révolte contre Dieu et son Église, il faut remplacer ces mots par : le 'mépris de la parole de Dieu, de la grâce et de la foi , il faut substituer l’expression de la croyance luthérienne au symbole de l’orthodoxie catholique. Le premier rédacteur de la légende , celui qui en définitive lui a donné l’être et la vie, pouvait la teindre de ses sentiments particuliers; mais , pour le succès de l’œuvre , ses sentiments devaient être en harmonie avec ceux de ses contemporains, et ils l’ont été, le succès en est la preuve. Ainsi l’auteur ne s’éloignait pas de la tradition populaire en affublant le démon d’un habit de moine , en montrant Faust, qui joue des tours au pape, en couvrant du nom de Mahomet le démon et le magicien revêtus des ornements pontificaux ; il s’en faisait, au contraire, l'écho et le reflet, tout en suivant sa propre inspiration '. 11 a
1. On retrouve dans la vie et les pensées de Luther les actes et les sentiments que le narrateur prête à Faust. Luther, comme Faust , à son arrivée à Rome , est frappé de la multitude des courtisans qui baisent avec humilité la mule du pape ; comme lui , il est scandalisé de la vie des papistes : « Parmi les papistes , tout se fait sans peine ; jeûner leur donne moins de peine qu’à nous de manger. Pour un jour où l’on jeûne, il y a trois jours où l’on dévore. » Comme lui enfin il fait coopérer le pape et le Turc au règne de l’anteehrist ; « La tête de l’antechrist est à la fois le pape et le Turc, car une bête qui est pleine
tracé un tableau des erreurs de l’esprit humain au point de vue luthérien, sans pour cela faire un pamphlet contre le catholicisme , il est resté dans des termes assez généraux pour plaire au grand nombre; sa bonhomie naturelle, sa naïveté compréhensive, l’ont sauvé de l’esprit de secte, et ont ainsi, jusqu’à un certain point, mérité à son œuvre le titre d’épopée que l’histoire littéraire accorde à si peu de poèmes. Et le plus piquant de l’affaire, c'est de voir le prolestanlisme iconoclaste et raisonneur, le protestantisme ennemi des livres de légendes, que, par un jeu de mots, il appelle livres de mensonges {legenden-buch, lügenden-bnch), produire à son tour une légende caractéristique, et laisser ainsi l’instinct et l'imagination prendre leur levanche sur la volonté et le raisonnement.
Faust continue son voyage; entre autres pays, il visite nie de Bretagne, d’où il rapporte des métaux et «la pierre de Dieu*». Du haut de l’île du Caucase, il aperçoit le paradis , sur les murs enflammés duquel le chérubin se promène, une épée flamboyante à la main.
Les cinq derniers chapitres de la deuxième partie contiennent les réponses de Faust à des questions sur
de vie doit avoir à la fois un corps et une âme. L’esprit ou l'âme de l’antechrist est le pape , sa chair ou son corps est le Turc. » Dans la légende, c’est plutôt le Turc qui est Tâme et le pape le corps. Un peu plus tard, en 1604, l’Anglais Sutliwe composait tout un livre: De Turco-Papismo. Lond. in-S”.
I. Vincent de Beauvais (IX, 93) appelle le saphir gemma sacra. Le jade est appelé lapis divinvs. Cf. VVittich , Bericht von den bezoardisclien Sleinen, 1601 , p. 29.
les comètes, les astres, les esprits, les étoiles, les plantes, et le tonnerre. Faust y apparaît comme donnant des consultations scientifiques et tliéologiqucs. La plupart des récits de cette seconde partie manquent dans Widman, qui les a remplacés par d’autres.
Après dix entretiens théologiques* de Faust avec Mephostophiles , nous lisons que Faust avait un chien, dont le nom, Prœstigiar, est donné plus loin. Le comte Henri d’Isenboui^, qui étudiait à Wittemberg et connaissait bien Faust, vit ce chien, qui était grand, noir, à longs poils; comme il allait se coucher au milieu de la chambre, Faust lui dit une parole que le comte ne comprit pas; le chien alors sortit et ouvrit lui-même la porte, ce que le comte trouva fort peu naturel. Quand Faust caressait le dos de son chien, celui-ci changeait de couleur, devenait successivement brun, blanc, rouge, ses yeux flamboyaient, sou aspect était effrayant; mais c’est surtout à la promenade que Faust faisait faire à Præstigiar de curieux exercices.
Widman, II, 6, revient sur ce chien et dit que c’était un esprit. Il raconte ensuite qu’un abbé de Halberstadt, qui possédait un génie dans un cristal, demanda, sur
1. Il y a entre la légende de 4S87 et le livre de Widman un peu la même différence qu’entre le Pilgrim’s progress de Bunyan et le Sleeping Bard d’Elis Wyn (traduit du cambrien par Georges Borrow, 1861). Le philosophe le moins chrétien reconnaît dans le livre du pauvre anabaptiste ses doutes , ses désespoirs et ses tressaillements de joie ; la vision d’Elis Wyn , quoique écrite avec une singulière puissance descriptive , reste un livre de secte.
le conseil de ce génie, le chien à Faust. Faust le lui céda pour trois ans; mais l’abbé mourut avant l’expiration de ce terme, selon la prédiction du chien lui-même.
L’apparition du diable sous forme de chien procède du culte d'Hécate. Cette divinité, personnification de la lune, qui projette ses rayons mystérieux dans les ténèbres, était la patronne des sorcières. La déesse prenait successivement, disait -on, la forme d’une femme, d’une vache, d’une chienne*. On trouve une formule d’évocation d’Hécate dans les Philosophumena, attribués tour à tour à Origène et à saint Hippolyte : «Viens, infernal, terrestre et céleste Bombô, déesse des grands chemins, des carrefours; toi, qui apportes la lumière, toi, qui marches la nuit, ennemie de la lumière, amie et compagne de la nuit; toi que réjouissent V aboiement des chiens et le sang versé, etc. Déjà Porphyre, pour lequel Hécate est un mauvais démon, donne les chiens comme des symboles de méchants esprits*. Dans Philostrate, un démon qu’on lapide reste sur le terrain sous forme de chien*. En 543, sous Justinien,
Lucian , Philops., 14. Dans l’origine, le soleil et la lune furent considérés comme des êtres vivants , comme des divinités zoomorphes ou animales, parce que leur forme n’avait rien qui pût être rapporté, par l’imagination, à la figure humaine; les Scythes, par exemple, considéraient la lune au point de vue de l’influence fécondante qu’on lui attribuait et se la figuraient sous la forme de vache , de biche et de truie. Voy. Bergman n, les Scythes. Colmar, 1858.
2. Origen. Philos., éd. Miller, p. 72. Cf. Eurip. Med., v. 395. Ovid. Metam., VII, 190.