‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 36 sur 77 · Voy. De Thou , XCIX. Cf. .Sleidan , 1. .XXII · texte numérisé non relu

Voy. De Thou , XCIX. Cf. .Sleidan , 1. .XXII

3. Widman a déjà raconté (I, 5, comin.) que le recteur et le conseil de Wittemherg avaient demandé raison à Faust de ses pratiques; Faust demanda en revanche qu'on lui prouvât ce dont on l’accusait ; le recteur et le conseil restèrent muets , mais Faust devint le favori des étudiants.

humanisle; il semble représenter, si j'ose le dire, un enseignement libre et libérai en face de l’instruction officielle et routinière. Les professeurs deWittemberg étaient sans doute de ceux que l’on qualifiait A' irréfragables, de très-illuminés, A' angéliques , de séraphiques; parmi eux se trouvait peut-être ce Tartaretus, qui passait pour un dieu, tant il avait poussé loin l’art d’embarrasser les questions et de tes résoudre d’une façon stupéfiante'.

La troisième partie de l’ancienne légende s’ouvre par le récit de l’évocation d’Alexandre te Grand devant Charles-Quint. Charles-Quint était avec sa cour à Insbruck, où se trouvait aussi Faust, invité par nombre de barons et de gentilshommes, qui connaissaient son mérite et lui devaient la guérison de leurs maladies ou la cessation de leurs douleurs. L’empereur vit Faust, demanda qui il était, et lorsqu'il le sut, il garda le silence jusqu’après dîner. On était après le jour de Saint-Philippe et de Saint-.Tacques. L’empereur manda alors Faust dans sa chambre et lui exprima le désir de voir Alexandre le Grand et sa femme tels qu’ils se montraient vivants. « Je veux obtempérer au désir de Votre Majesté, répondit Faust, mais elle saura que les corps mortels de ces deux personnes ne peuvent ressusciter d’entre les morts ni apparaître en votre présence ; toutefois, les esprits antiques qui ont vu Alexandre et sa femme, peuvent revêtir leur forme et se métamor-

1. Voy. Vitus Winshemius : Discours prononcé à l’académie de Wittemberg après la mort de Mélanchlhon.

phoser en eux. Par leur secours, je vous ferai voir véritablement Alexandre.» Faust sortit pour s’entendre avec son génie, rentra, puis ouvrit la porte, « et Alexandre entra en chair et en os tel qu’on l’avait vu dans sa vie; c’était un petit homme, bien fait, gros, avec une barbe rousse ou foncée et épaisse, des joues rouges, un regard dur, comme s’il avait des yeux de basilic. Il s’avança tout armé vers l’empereur Charles et lui fit une profonde révérence. Quand il fut sorti, sa femme entra à son tour et fit aussi sa révérence. Elle avait une robe de velours bleu, ornée d’or et de perles; elle était extraordinairement belle, avait les joues roses comme du sang et du lait, la taille allongée et la figure ronde.» Pour s’assurer s’il n’est point dupe d'une illusion, l’empereur, qui avait entendu dire que la femme d'Alexandre avait un grain de beauté à la nuque, regarde si le grain y est, et le rencontre effectivement, car la femme d’Alexandre se prête à cette recherche , « en se tenant roide comme un bâton», puis elle s’vanouit'.

Des évocations analogues avaient été attribuées à des

4. « Les illusions d’optique que je produis sont destinées à remplacer la lanterne magique et tous les appareils fantasmagoriques employés jusqu’ici, car tandis qu’ils ne produisent qu’une image immobile, j’associe, moi, sur le même théâtre, un fantôme avec un acteur vivant, différant de costume et agissant tous les deux de concert... Mes illusions d’optique sont faites pour dissiper les erreurs vulgaires concernant les apparitions, croyance qui a privé plus d’une personne de la raison. C’est l’art ici qui réalise ce qui arrive ailleurs très-naturellement par des causes physiques généralement connues. • Henry Dircks, Revue Britannique de mal 4863.

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magiciens antérieurs. C’est ainsi que Jean Semeca , dit le Teutonique, chanoine de Halberstadt, au treizième siècle, fit, après un repas, apparaître à ses collègues qui lui reprochaient sa basse extraction , leurs véritables pères à tous, et en dernier lieu, le sien, qui se trouva être le plus distingué de la compagnie Trittheim fut regardé comme un nécromant : «Un abbé de Sponheim, dit Luther en ses Propos de table, fit apparaître devant l’empereur Maximilien tous les empereurs ses prédécesseurs et les héros célèbres, et ils défilèrent devant lui avec les traits et le costume qui les caractérisaient de leur vivant, et parmi eux, il y avait Alexandre le Grand, Jules-César, ainsi que la fiancée de l’empereur, que le roi de France, Charles, lui avait enlevée; mais toutes ces apparitions étaient l’œuvre du démon. » L’évocation d’Alexandre le Grand est donc un trait qui n’appartient pas à Faust en propre et qui date de plus haut. Le grain de beauté de la femme d’Alexandre n’est pas tout à fait nouveau non plus; en effet, Lercheimer raconte de Trittheim encore ce qui suit*; «L’empereur Maximilien, ne pouvant se consoler de la mort de sa première femme, Marie de Bourgogne, Trittheim, qui se trouvait à la cour de ce prince, lui offrit de lui fiiire apparaître la défunte; l’empereur accepta. L’abbé, s’étant renfermé avec Maximilien et un courtisan dans

1. Voy. Chronicon Marienthalense in: Meibomii Script, rerum germanic., III, 261. Krantz, Saxonia, VIII, 27.

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