PEINTURES ET GRAVURES
L’art de la peinture n’est pas resté étranger à la légende de Faust, et le burin y a trouvé des motifs intéressants; quelques détails à ce sujet compléteront le chapitre qui précède. Nous avons parlé brièvement des deux peintures du caveau d’Auerbacb, nous allons les décrire plus à l’aise. L’une représente Faust sortant de la cave à cheval sur le tonneau. Le docteur salue les assistants de la main droite et leur jette un regard sérieux. Les ouvriers qui viennent d’avoir affaire avec le tonneau, les étudiants qui ont accompagné Faust; l’hôte, le sommelier et le galopin, tous expriment leur surprise, chacun à sa manière. L’aubergiste surtout lève les bras de piteuse façon, car il a promis de laisser le tonneau à qui le fera avancer. Le sommelier, reconnaissable à sa coiffure, se cache derrière son voisin, le galopin pousse probablement un cri, et l’étudiant
qui est à côté de lui, lui intime l’ordre de se taire. Le chien du docteur marche devant lui, en se retournant vers son maître. Faust porte un petit bonnet rouge garni de fourrure, une barbe pointue, une barrette. Les étudiants sont vêtus de justaucorps, fermés au milieu par une rangée de boutons; une fraise tombe sur le justaucorps, par-dessus s’étend un large manteau; ils ont la tête couverte, les uns d’un béret, les autres d’un feutre orné d’une plume. Les garçons tonneliers sont vêtus de longs sarraux blancs, vêtement dont ils ont pris le nom* dans la Chronique alléguée par V ogel. La seconde peinture représente le docteur banquetant avec ses compagnons; les uns boivent, les autres jouent de divers instruments, le plus gai répand le contenu de son verre en guise de libation ; Faust occupe la place d’honneur, le verre dans une main, de l’autre marquant la mesure. Non loin de la table est le bienheureux tonneau, dont le garçon vient de tirer du vin, pour emplir une cruche et un verre. Le caniche, en vrai démon familier, a l’air de le gourmander pour sa lenteur à faire couler la source de la joie et des gais propos.
Les peintures furent restaurées en 1636, 1707 et 1759, les inscriptions en couleur blanche qui les accompagnaient d’abord, ont été recouvertes d’inscriptions en couleur noire.