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Lu première trnducliou hollandaise de la légende parut, comme son titre l’indique, ornée de gravures sur cuivre: met schonen kopere Figuren versierd. L’édition de 4792, sine loco, contient une gravure sur bois représentant Faust à côté d’une montagne enflammée. L’édition d’Emmerich 1592, et l’édition deDelft 1607, sont, d’après leurs titres, pareillement met
Figuren verclarl. Mais l’art hollandais devait faire plus pour la légende de Faust. Rembrandt, son représentant le plus illustre, puisa dans la légende, les sujets au moins d’un portrait et d’une scène. Une tête de Faust par Rembrandt est décrite ainsi par Burgy dans son Catalogue, n° 178 : Het portrait van doctor Faustiis, met en kaal Hoofd en een Mantel um; Ciartres en a fait une copie avec l’indication Faustus, on la trouve gravée au cahier V des Acta magica (Hauber’s Bibliothek) et au tome II du Klostcr. Disons aussi qu’on donne comme portrait de Faust une tête gravée d’après Rembrandt par Van Vliet : le personnage est couvert d’un bonnet et vêtu d’une pelisse.
La scène de Faust par Rembrandt est mentionnée par Gersaint, qui la met dans son Catalogue' sous le n° 250 avec la dénomination de Faustricus; par Yvei-, qui, dans son supplément à Gersaint (p. 75)’, lui rend le nom de Faust, parMoehsen dans sa Liste de poi'traüs
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de médecins célèbres', par Daulby’, Bartsch ’, Claussin* et Wilson'. Il y en a deux copies, l’une de W’atelet, l’autre de Lips, celle-ci diminuée.
M. Charles Blanc, jugeant les catalogues antérieurs comme de sèches nomenclatures, comme d’arides procès-verbaux, a voulu refaire l’œuvre de ses devanciers et accompagner ses descriptions de détails curieux, de commentaires intéressants; mais si nous admettons volontiers sa supériorité dans la description du sujet dont il s’agit', nous regardons son commentaire comme rempli d’erreurs vraiment trop nombreuses pour être relevées, aussi nous servirons-nous de sa description technique et nous garderons-nous de le suivre dans ses développements littéraires.
Faust, dans la scène de Bembrandt, est debout dans son laboratoire, placé vers la gauche de l’estampe et dirigé vers la droite. Son corps est vu de trois quarts et son visage de profil. Il est vêtu d’une longue robe et porte sur la tête un bonnet blanc. Ses deux mains, qui sont fermées, sont appuyées, la droite sur une table, la gauche sur le bras de son fauteuil. Il paraît absorbé dans la contemplation de caractères magiques, que lui
1. Verzeichniss einer Sammlung von Bitdnissen grôsstentheils berühmter Ærzte. Berlin, 1771 , p. 13 - 18.
,6. Œuvre complet de Rembrandt, décrit et commenté, t. I, p. 282.
montre dans un miroir une figure dont on n’aperçoit que les mains. Ces caractères brillent dans un cercle lumineux à une croisée qui est dans le fond du laboratoire, vers la droite de l’estampe. Sur le devant, au bas de la droite, il y a un gros livre à fermoirs, des papiers et un globe dont on ne voit que la moitié. Derrière le docteur, on aperçoit une tête de mort. Au bord de la fenêtre du côté opposé, on distingue un objet qui a la forme d’un cœur.
M. Ch. Blanc a distingué trois états dans la planche.
Premier état. Le gros livre à fermoirs qui est placé tout à fait sur la droite à la hauteur du bas de la fenêtre, ne présente que deux sens de tailles; l’angle gauche du bas de la fenêtre est coupé par une diagonale qui paraît être l’effet des barbes conservées en cet endroit. La même cause produit des cavités profondes dans les yeux et la bouche de la tête de mort. Les épreuves du premier état sont chargées de matière noire et très-brillantes, la robe du docteur y semble de velours. Elles sont en général tirées sur papier du Japon et fort rares.
Deuxième état. Le contour de l’épaule droite du personnage, qui était interrompu dans la première épreuve, est repris durement et continué. L’épaule est couverte de nouvelles tailles données verticalement pour remplacer l’effet disparu de la matière noire. Le livre à fermoirs présente des troisièmes tailles, la tète de mort n’a plus de noirs prononcés dans les yeux et dans la bouche.
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Troisième état. Le rayon qui frappe le visage de Faust a été divisé en deux par des travaux additionnels qui ont assombri la moitié inférieure du rayon. Hauteur, O™, 212; largeur, O"’, 162. — Rembrandt était digne d’illustrer de sa lumière étrange le récit épique du rédacteur de la légende, ses imperfections s’elFaçaienl dans un sujet pareil et ses mérites y éclataient avec tout leur prestige: «L’antique est né dans la patrie du soleil, il ne serait guère décent de l'enfermer dans le caveau d’un alchimiste. Les héros de Rome et d’Athènes, ceux qui portent le cothurne ou drapent la toge, qu’auraient-ils à faire au fond de ces souterrains où le docteur Faustus croit voir briller des lettres cabalistiques » '.
Un autre artiste hollandais a consacré à Faust deux compositions gravées sur cuivre, petit in-4*’, c’est Christophe van Sichem.
La première montre Faust et Mephisto, l’un on face de l’autre. Faust, l’air avancé en âge, le visage sérieux, porte un manteau sur les épaules, une fraise autour du cou, et sur la tête un bonnet plissé. Il s’appuie à une table où se trouve un livre de nécromancie qui sert à soutenir un globe. En face est Méphistophélès vêtu en moine, respirant la sensualité et la malice. 11 a dans la main droite un livre et une sonnette, à son bras pend un chapelet. Il lève la main gauche pour prononcer un