Voy. la Légende dorée de J. de Voragine, trad. par G. B
Le pacte formé entre l’homme et le démon a été rompu sans peine, et le diable s’est montré d’une naïveté qui empêche véritablement de l’honorer cette fois du titre de tn^lin.
Caldéron a choisi la légende de Cyprien pour en faire un drame. MM. Koberstein Rosenkranz Ph. Chasles ’ ont montré l’affinité du drame avec la légende de Faust. Un Espagnol, qui a publié un choix des drames de Caldéron, don Ochoa, prétend que le Magico prodigioso ne ressemble nullement au docteur Faust. Non, certes, pas plus 'que l'Espagne ne ressemble à l’Allemagne, une paysanne de Knittlingen à une Andalouse, un étudiant de Wittemberç à un estudiante de Tolède Ce qui domine Faust, c’est le besoin de connaître; ce qui entraîne Cypriano, c’est la soif d’aimer. Tous deux, voulant dépasser les forces humaines et sensuelles, rencontrent le vide et les ténèbres. Prenons une idée de la pièce espagnole, d’après M. Chasles: Un étranger égaré dans la forêt qui sert d’asile aux méditations philosophiques de Cypriano, se présente tout à coup au jeune homme, qui, enseveli dans la rêverie et méditant les paroles de Pline sur le Dieu suprême, vient d’at-
1. L'eber das wahrscheinliche Aller etc. des Cedichtes vom IVartburgerkriege y ^aumbu^g, 1823, p. 53 - 58.
2. L'eber Caldéron’ s Tragiidie vom wunderthdtigen Magus , 1829; Geschichle der deutschen Poesie im Mittelalter, 1830; Zur Gescliickte der deutschen Lileratur, 1836; Gcethe and seine fVerke (Die f'austsage , p. 323 - 329).