‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 7 sur 77 · I. Wolf, Niederlætidische Sagen , W · texte numérisé non relu

I. Wolf, Niederlætidische Sagen , W

breux représentants de cette nation qui fréquentent Leipzig à l’époque de la foire.

Faust est mentionné dans le Guide de la santé du médecin Begardi, 1539'. A la page XVII on lit : «II s’est rencontré un homme assurément hardi, dont je ne veux dire le nom, bien qu’il ne tienne pas à rester caché et inconnu. Car il y a quelques années il a parcouru les provinces, les principautés et les royaumes, il a décliné son nom à qui voulait le connaître et s’est vanté de ses talents, non-seulement en médecine, mais en chiromancie, nécromancie, physionomie, cristallomancie et autres sciences semblables. Et de plus il a dit et écrit qu’il était un maître célèbre et qu’il avait acquis une expérience consommée. Il a reconnu luimême qu’il s’appelait Faust et il s’est intitulé Philosophus Philosophorum , etc. Mais de ceux qui se sont plaints à moi d’avoir été trompés par lui, le nombre est grand. Ses promesses d’ailleurs étaient magnifiques, comme celles de Thessalus’, sa renommée égalait celle de Théophraste, mais ses actes, à ma connaissance, étaient trouvés mesquins et trompeurs; pourtant il ne s’est pas fait faute de prendre, ou, pour mieux dire, d’accepter de l’argent, et finalement il

Index sanitatis. Eyn schens und vast nutzlicks Biicklein, genannt Zeyger der Gesundheit, etc. Wormbs, 1539.

2. Thessalus de Traites , médecin du temps de Galien, 100 après Jésus-Christ.

tournail les lalons. Mais que faire? ce qui est passé est passé. »

Begardi décrie Faust par jalousie de métier, comme Trittheim l’a décrié en qualité de moine et d’ecclésiastique. Pourquoi Faust se permettait-il aussi d’étre plus que Begardi? pourquoi ne se contentait-il pas de posséder des talents en médecine et se donnait-il de plus pour chiromancien, physionomiste, etc.? Rendons toutefois justice à Begardi: il a le mérite de nous révéler que Faust cultivait la médecine et avait ajouté cette branche de savoir à ses autres connaissances. «Sa renommée, ajoute l’auteur, égalait celle de Théophraste,» c’est-àdire de Paracelse. Encore un rapprochement qui vient au-devant de nous. Paracelse était charlatan, il portait un chapeau et des bas rouges, un habit et une culotte écarlates, et il prétendait pouvoir créer de petits hommes, komunculos; il n’en fut pas moins un profond naturaliste qui, avec une ardeur d’investigation tout allemande, comprit les croyances populaires antéchrétiennes, le panthéisme germanique, et devinait ce qu’il ne savait pas. Sa philosophie était une philosophie de la nature, la doctrine d’une nature animée par les idées, laquelle s’accorde intimement avec l’esprit allemand et aurait pris racine en Allemagne dès le dix-septième siècle, si, par l’influence étrangère, la physique inanimée, mécanique, des cartésiens n’eût usurpé l’empire universel.

Un double témoignage sur Faust est contenu dans

les Propos de toile' du théologien protestant Jean Gast, homme fort crédule à l’endroit de la magie.

Voici le premier chapitre relatif à notre humaniste :

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