‹ Faust dans l'histoire et dans la légendeChapitre 8 sur 77 · DU NÉCROMANT FAUST · texte numérisé non relu

DU NÉCROMANT FAUST

«Une fois il entra dans un très-riche couvent, afin d’y passer la nuit. Un frère lui sert du vin ordinaire, du vin faible et sans goût. Faust le prie de lui en donner de meilleur, d’un autre tonneau, de celui qu’il a coutume d’offrir aux grands personnages. Le frère dit: «Je n’ai pas les clefs; le prieur dort et je n’ose le réveiller.» Faust reprend: «Les clefs sont dans ce coin, prends-les et mets en perce le tonneau de gauche, puis apporte le vin.» Le frère refuse, il n’a pas la permission du prieur de donner d’autre vin aux hôtes. Faust entendant cela , dit: «D’ici à peu de temps, tu enverras de belles , frère inhospitalier. » De grand matin il partit le cœur plein de fiel sans faire d’adieux, et envoya dans le couvent un diable enragé, qui nuit et jour fit du bruit, qui mit tout sens dessus dessous dans l’église et dans les cellules des moines, de sorte qu’il leur fut

4. CoHVivalium ser/nonum liber merisjocis ac salibus refer tus, Basileæ, Baptol. Westbemerus , etc. 4S42, in-8°. La première édition parut sous le nom de Johannes Petroselanus, la seconde fut publiée en 4543 et la troisième en 4548 augmentée du second et du troisième tome. Les deux chapitres sur Paust se trouvent dans le tome II : Tomus secundus partim ex probaiissimis historiographis , partim exemplis innumeris quw nostro seculo acciderunt congestus, omnibus ver arum virtutum studiosis ulilissimus.

impossible de travailler en repos à quoi que ce fût. Ils délibérèrent à la fin s’ils quitteraient le couvent ou s’ils le démoliraient. Ils firent part de leurs infortunes au comte palatin, qui prit le couvent sous sa protection et en fit sortir les moines. Il pourvoit à leurs besoins journaliers et garde le reste pour lui. Il y en a qui disent que, maintenant encore, s’il vient des moines dans le couvent, il s’élève un tel tumulte que ceux qui l'habitent en perdent le repos. Voilà un trait du diable. ®

Faust, dans ce récit, apparaît comme un bon vivant, un joyeux compère: en effet, il n’était pas de ces docteurs dont l’austérité subsiste en face d’une bouteille bienfaisante, et sa science, comme la vertu de Caton, se ranimait à la flamme du vin. Ce qui n’est pas moins curieux, c’est la façon dont le malheureux couvent est amené à sécularisation: le comte palatin, appelé au secours des moines, leur fournit une pension alimentaire et garde les biens de la communauté! Voici le second récit de Gast:

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