‹ Faust drame fantastique en cinq actes, quatorze tableauxChapitre 41 sur 96 · FAI: ST · texte numérisé non relu

FAI: ST

Vous avez daigné tous apercevoir de mon absence? G-pondant ums aviez pour la faire oubl er le capitaine Valu nlm et ses jm rôles d’amour?

OLYMPIA

Vous avez deviné juste, le capitaine était en veine de galanterie.

NF.P1IISTOFHELÊS.

Une galanterie charmante !

PACST.

Ah !...

VALENTIN

J’aime la signora, je la dis hautement, et si vous l’aimez aussi, eh bien! déclarons-nous une guerre franche et loyale t...

FAUST

La guerre!

NÉPUtSTOPHÉLÊS.

Eh! eh! pourquoi non? Pensez-vous qne la belle Olympia ne soit pas, pour le vainqueur, un prix digue d’envie?..

OLYMPIA

Pensez vous que les grandes passions nu les grands sacrifice» ne soient offerts qu'aux vertus irréprochables, et que nous nous contentions , nous autres pécheresses d’amour, de quelques hommages passagers?... Oh', nous avons aussi nos adorations san» homes. »‘t mieux encore; maintenant, comme jadis, nous avons nos flatteurs.

ULPUISTOMIÉLES.

C'est vrai : des p«>âtes chantaient les courtisanes antiques, comme on les chaule au .ourd’lmi, et des écrivains et de» poêles les célébreront encore dans l’avenir, (on ni.) Oui, oui, je suis un peu sorcier, moi, et je vous prédis qu’un jour viendra où des écrivants de mes amis exploiteront la vie intime de ccS femmes; ils élab ront aux yeux du monde les plaies de ces Ames flétri».*; ils Imiteront de lis réliahilitcr; Ils déguiseront la honte dores créatures perdues; ils pareront leurs misères d’un touchant intérêt, et la mule viendra pleurer sur leurs douleurs, connue si ces douleurs étaient un martyre et non un châtiment I

VALENTIN

Est-ce donc un si grand mal ?

OLYMPIA

Oh! oe n’est pas nous qui nous en plaindront,

MÉPHiSToran.fcs.

Ni moi non plus.

OLYMPIA

Mais la vertu, que dira-t-cllc?

aüpai&TopuÉLts.

Oh! la vertu ! c’est Irés-ln nu... on l’admire, mais d’un œil sec et froid, cl il arrivera quelle* femmes chastes et honnêtes, voyant tant d’intérêt prodigue au vice sentimental, tant de larmes répandues sur lui, se demanderont si ce n’est pas la vertu qui est vice, et le vira qui e-4 vertu ; et pour s’attirer uii peu d<* cotte douce >ympat1iic, niaisement égarés, elles emprunteront à leurs rivales d'abord les hardiesses do leur coquetterie, puis un peu île leurs grâces lascives, puis leur luxe insolent. leur langage, et jusqu'à l'étrangeté de leur mise; si bien, que les voyant nas-er à distance, leurs honnêtes maris pourront se demander étonnés : Laquelle est ma mnitresse? et : Laquelle est ma femme ?

FAUST

Vous vous trompez.

MÉf H ISTOPtlÉLES.

Vraiment ?

FAUST-

La véritable vertu ne s’égare pas ainsi, elle n’a jamais ni te» hésitation», ni ces calculs, ni ces défaillance»; ».*llc sait que l’homme qui sc détourne d’elle un instant lui reviendra aussitôt; inaltérable et forte, elle a le respect d’d le- même et lu conscience de sa force. Celles dont vous nous partez sont des vertus

dianedaiiti'S qui clicrcht nt le danger, qui crient bit h haut qu’on *lcs entraîne à leur chute... et qui ne sont pas récitées de tomber.

VALENTIN-

f En vérité, muitre Faust, vous ne partez pas en jeune amoureux.

OLYMPIA

C'est vrai, vous parlent en vieux philosophe.

FAUST, troublé.

Moi î ... est ce l’amour d’un vieillard que je vous ai offert? OLYMPIA.

Non, vous avez fhit pour moi toutes les folie* de ht jeunesse. *

Et le capitaine Valentin?

VALENTIN

Oh ’ moi, je n'ai que mon rieur, mon épée cl ma vie, et jo le» mets a vos pieds, «ignora! in »*Af e uouiij e .}

FAUST, k Olyn.pt*.

Eh bien?

OLYMPIA, *»*c co<fu(tUrl«.

C’est moins... et c’est plu».

Mt.PHIsroFUkl.ES, k part.

Bien!...

FAUST

Je vous ai dit mille fois »|ue je donnerais ma vie pour vous...

OLYMPIA, *vee ocqueileri*.

Oui... mais il le dit mieux.

FAUST, «vrc tort*.

Olympia!... (se ranwttui.] Mieux... je ne comprends pas...

MtPMISTOPHiUS.

Ni moi... expliquez-vous?

OLYMPIA

Il y a dans son accent une sincérité juvénile que je ne trouve pas en vous; il m’aime avec toutes le» illusions d’un enfant, et votre amour est plus réfléchi, plus sévère; enfin, vous di-s tous h s deux du même â&î, mais il a lecteur plus jeune ... (a f*u«.) ou Ton dirait »|uc votre cœur, i vous, est plus vieux que vousmème.

FAUST, btt i Méphi*»i>)iLélét.

Ah!... ce l'assé maudit me poursuit donc toujours, et l’on voit donc les rides de mon âme à travers la jeunesse de mon visage ?

MtFMISTOPaELtS.

Non, oublie enfin la sagesse, et tu seras jeune.

FAUST, li iwt, tûjaju ONmpU (i*uer m mie il b ai le* cbtffut ■la V*|«itia.

Olympia! ne me désespérez pas!.. U jalousie torture mon cœur; la colère fait bouillonner mon sang.

VALENTIN, mi

Prenez garde, seigneur Faust, on pourrait croire que vous menacez.

FAUST. -

Monsieur le capitaine!

mEPHISTOPIIRLKS, b part.

Allons donc!

OLYMPIA, m l«««ot, tonl U rormilt *« lève aaiii.

Arrêtez ! arrêtez. .. je vous en supplie. J’ai à cœur de terminer ce débat... et... pour le faire oublier... tout à fait, permettezmoi de tous conter une aventure toute |>areillc à la notre, qui arriva ici même, il y a pris de quatorze cents années.

VALENTIN , t‘approrti*bi.

Ici?,..

OLYMPIA

Oh ! je ne parie pas de la riante villa qui s'élève sur le sol que nous foulons; je parle de l’antique demeure de Daphné, mon aïeule, qui dort là, sous nos pieds.

VALENTIN

Là?..

MFPWsToPHhLtS.

Oui... (Frappait du pied .) Là, est une ville tout entiêfe ; Hcreulaiium ensevelie sous la lave, die « t tous ses antiques cluffsd’muvrc, et toutes scs merveilles antiques, et Diipimé, l'antique aïeule d’Olympia.

VALENTIN

Mais qui sait...

JUtVmSTOPHÊLÈS.

Que rtésina recouvre Uerculaiitun? Moi, qui pourrais peutêtre... plus lard... Mais revenons à cette antique aJeulo. (o«i m

rapproche.) #

OLYMPIA

Elle avait, ainsi que moi, deux amoureux fut . épris de sa beauté. L’un était un savant, un philosophe, je crois... COU) mû

FAUST

vous, seigneur Faust... l'autre était... centurion.... un. militaire... comme vous, capitaine. Mon aïeule flottait incertaine entre ses deux adorateurs, celui qu'elle voyait était toujours celui qu'elle aimait le mieux... mais son embarras était grand, chaque fuis qu'elle les voyait tous les deux .i la fois. Aussi, pour en flair, comme elle ne redoutait pas, ainsi que moi, la naine, la jalousie... et le duel, un jour qu’ils étaient tous les trois réunis... (j^ U 4„{ *»ff ,on bou'Mi.) elle jeta, entre les deux rivaux, les fleurs quelle tenait à la main, et s’éloigna en disant : Que le vainqueur me les rapporte, mon cœur est a celui qui inc rendra Ce bouquet... (eu* fait qiMtquat pli ter» le fuoJ et t‘trrèl«.) C'était une... méchante femme, que Daphné, mon aïeule... (Bile labae

tomber nïgligtmiBrol VM buwq-tf rt tort suivie île tout le monde. Fiail el Valeaùa funt un pat »er» le bouquet.)

MfiPHtSTOl'HLLès, te buiiitnt en meulrint le bouquet.

I-i bonne ilme ! elle est «i indignée au souvenir de sa méchante aïeule, quelle lie s'est pas mémo aperçue que ce bouquet

s'celiuppatl de SCS mains. ( IL feiat de vouloir Miumrr le bouquet.)

Faust et valût» tt.

Arrêtez !..

MÉnusToenciJs.

Je voulais le rendre à la belle Olympia... un de vous deux se chargera de ce soin... C’est convenu, n’est-cc pas ?..

VA Lt. MIN ET FAUST.

C’est convenu.

MÏLPIIISTopHÏXfiS, an montrât d< disparaîtra.

C'est convenu.

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