HECTOR, HÉLÈNE
IlEClonv après ua E.ug aUeace. Vous dites?.. . hklê.ve. Moi? Je n’ai rien dit
Hector. Pardon, je croyais... (il te |imiiMi u «nimt m (*>t ••-
tant; i ta (la elle s'isutd » gaueh*. l a c «ut* a'auied â droits, ils ie rrgardrut tous drus a»cc te plut grand ta.ig.fivid. (a part.) Qu’osl-CC
que je pourrais bien lui dire de délicat. (Haut.) Vuus vous êtes toujours bien portée, comtesse, depuis...
LA PERDRIX ROUGE
iiÉtÊSE. Depuis cinq ans? Oui, Monsieur, el vous?
HECTOR. Comment I il y a déjà cinq ans?
hElêve. Cinq ans passes.
mector. Vraiment?
Htir.M . Vous aimez toujours la chasse, Monsieur?
HECTOR. Oui. comtesse; el vous?
hu rnk Moi? (a. 3 «r.) moi aussi, monsieur le comte, puisqu'elle me procure aujourd'hui un plaisir ...
Hector. Auquel vous avez renoncé,, avec plaisir, comtesse. ■EiKnk. Je crois nue ce plaisir a été partagé, Monsieur. HECTOR. Comtesse!
■iLfcic. Mon Dieu, Monsieur, pourquoi lutter contre l'cvideiice? D'ailleurs, quoi de plus simple? Nous nous délestions; le bonheur a voulu que nous puissions rompre un lien qui devenait une chaîne... Nous l'avons ruuipu, et nous avons bii-n fait.
Hector. Je ne vous détestais pas, comtesse; mais votre caractère ne m'allait pas beaucoup.
HiufiNE. Je sais pourquoi... c est parce que le votre ne m'allait pas du tout.
BRCTon, M i«»t Aht {a.co b*Bbd*ni«.) J'ai donc un mauvais caractère?
HuRsK. Oh! afiretts !
hector. Vraiment!., comme ça, j’ai des défauts? relève lin peu...
uexior. C'est possible... mais...
hei.enk. m Utiat. Comment?... cl moi, est-ce que j'en ai ? Hector, |»Umm'Bi. Vous, comtesse ?... (cftugeant d« ion.) Énormément.
uf.lênf.. En vénté!... Eh bien! tenez, puisque nous sommes à peu près les seules personnes qui nous connaissions bien, les seules qui puissions nous dire franchement nos vérités... si nous nous les disions tranquillement, pour passer le temps? metot. Cest une idée.
mois»:. l’.li bien! commençons... Ditcs-moi mes défauts.
HECTOR. Tous?
dklem:. Tous!
viector, Ururi u mostr*. A quelle heure renvoyez-Tons vos amis, comtesse?
reec.se. Mais à onze heures... minuit au plus tard...
HEClljR, Tfgir J»i»l luuj.ur» m m-iBlrc. MlllUÎt! Il CSt trois heUfCS..
Tenez, comtesse... j’aime mieux repasser un autre jour... i’arriverai à sic heures du malin; de cette façon, en se dépêchant un peu...
HÉLÈNE. Ah! n’importe! commençons toujours...
(Elle t'iMitd » droite.) Ça sera un à-compte pour la prochaine fois.
heltuii. A vos ordres!... mais nous serons francs, n’csl-cc pas?
hêlêne. Soyez tranquille, vous serez content de moi. hector. A la bonne heure f Eh bien! puisque nous sommes pressés, je vais me contenter d énumérer vos defauts... en bloc.. Nous les reprendrons ensuite en détail... avec des preuves à l'appui... C'est dit?
helêne. C'est dit !
Hector. D'abord, comtesse, vous êtes coquette, indiscrète. — Ça ne vous contrarie pas que je vous dise...
iiêlEne. Continuez donc, je vous en prie.
ntCToR, t’approrbant. Vous ôtes curieuse, capricieuse, soupçonneuse, ombrageuse, dédaigneuse, nebuléusc, je dirai mémo un peu houleuse, (il »Wied k drulit.) Ajoutez à cela assez précieuse et très-impérieuse), et nous aurons, je crois, épuisé vos defauts... en ruse!.. Maintenant payons à...
Hélène. Comment I ce n’est pas tout?
iiector. Tout? ah bien! oui... nous lie faisons que commencer! hei.enf, m lavant. Ma foi 1 Monsieur, je vous avoue que je ne me sens pas, aujourd'hui, la force d'en entendre davantage; vous conviendrez avec moi que, pour une première séance, cest déjà gentil.
Hector, qui »’«« w.é. Soit! la suite au prochain numéro. helêne, à p»rt. A mon tour. (tum.) Voulez-vous me permettre de vous signaler quelques légères imperfections?
Hector C'est trop juste, comtesse.
helêne. Sachez donc. Monsieur, que vous êtes fat.
Hector. Ce n’est pas ma faute, allez... On m’a gâté.
helêne. Egoïste au premier chef.
hector Orphelin des l'âge le plus tendre, je...
helêne Prodigua, libertin...
iiector. Os dames sont si jolies et si bonnes !
bei êm.. Joueur, joueur effréné^
hector. Les soirées sont si longues en hiver!
HELENE. Chasseur... enragé! •
Hector. Les journées sont si longues, en été l hëlEne. Buveur, gourmand, gourmet!
hector. Qu'importe! quand «»n a un bon estomac! bélene. Paradoxal, tranchant cl provoquant, querelleur et batailleur !
■ecto». (Test vrai, mais j'ai dix ans de salle...
Hélène. Vous m'accorderez bien, je pense, que vous étiez un détestable mari !
occToa. Oui, si vous m'accordez que vous n’étiez pas une excellente femme.
uelkne. Je ti’en sais rien...
hector. Parbleu! les femmes ont nu grand tort; c'est d'exiger de leurs maris autant que les maris exigent de leurs
femmes vous allez crier à i egoï«me, à la tyrannie... vous
aurez tort. Qu'esl-ce qu’un jeune homme? un papillon plus ou moins léger (ceci est une affaire de poids et mesure), il va, il vient, il sort, il rentre ou il ne rentre pas... ça ne regarde qun lui et son portier. Bref, il est libre, il est son maître !... Qu'estce qu'une jeune fille? un pauvre petit oiseau captif, esclave de sa mère, ne ses parents; et, fùl-elle orpln line, esclave des convenances et du uuVn i lira-t-on?.. Ce» deux êtres s'unissent! qii'airivc-t-il? La femme devient sa maîtresse, et l’homme doit naturellement renoncer à l'imprévu, au laisser-aller de sa vie d'autrefois. Il n’y a pas à dire, il faut uu'il rentre aux heures des repas.. Madame veut-elle aller au bal, au concert, il faut qu’il semelle un habit noire! une cravate blanche... sans murmurer (et c’eut de toute justice, je le reconnais).,, mats la femme ne doit pas oublier que ces choses, si simples en apparence, sont au fond des sacrifices très réels... Car enfin j'étais libre, vous étiez esclave, je vous rends libre et vous ne voulez plus que je le sois? mais c’est monstrueux ! Je conclus de tout ceci : qu’une femme «pii veut rendre son mari heureux doit lui laisser tout ce que le mariage comporte de liberié; autrement Phyménée serait l'affranchissement de la femme et l'esclavage de l'homme... et ce «Tait à en dégoûter Plnlemon et Baucis... Plnlemon surtout!
rei.e.nr II y a du vrai dans tout cela, monsieur le comte, et je m’en souviendrai; mais vous oubliez qu'un bon mari n’a pas besoin de Luit de liberté*
hector. Pourquoi donc ça? On peut très-bien aimer sa femme et...
hëlê^e. Si j’élüis homme, je ne me marierais qu’a prés m'être dit ceci : J'ai 30 ans, je suppose; jusqu'ici j'ai vécu en garçon, c'est-à-dire en parfait egoiste... Ai-je été heureux I oui... alors Testons garçon !... Si c’est non, marions-nous; mai* tranchons dans le vif ; désormais je veux vivre pour les autres, pour ma femme, pour mes enfants ; alors on abdique sa liberté; on se dit : pendant 30 ans j'ai été libre... maintenant, c’est le tour de mu femme... Chacun son tour !
hector. Il y a du vrai dans tout cela; cependant...
Hélène. Oui, c'est demander beaucoup ; mais prenons un moyen terme entre votre système et le mien, et je crois que. nous aurons une bonne femme el un boa mari...
uector. Eh! eh! vous pourriez bien avoir raison. Aussi, comtesse, recevez mes remerciements.
hElEve. Recevez les miens, monsieur le comte. hector. Il n'v a pas de quoi !
Hélène Pardon! et je vous promets de mettre vos conseils à profit.
hector, eioonr. A profit !... Bst-cc que par hasard...
Hélène. Je me marie dans trois semaines.
Hector. Ah bah! Oh! voilà qui est plaisant, par exemple!... et j’en rirai longtemps.
helêne. Je ne vois pas ce qu'il y a de risible... hector. A ce que vous preniez un mari?... Non certes; mais le plaisant est que je convole aussi.
RKLENK. l'as possible !
Hector. Ma parole d'honneur ! (il* rirai.) hci en f. Vous vous remariez?
hector. Dans un mois, j’abdique ma liberté en faveur de mademoiselle Marie de Maugaillard.
hei.f.nk. M:i rie!
hector. Vous la connaissez?
helêne. C'est ma meilleure amie... Mes compliments pour vous et pour elle, monsieur le comte; car, soit dit sans vous offenser, ou vous êtes bien changé, ou vous cachiez bien habilement vos qualités !
rfxtor. Croyez bien que de mon cité...
ht I.ENC- J'entends le baron... heureusement pour nous, monsieur le comte, car, Dieu me pardonne, nous allions nous faire des compliments.