‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 116 sur 225 · On suppose que cette allégorie se rapporte à Byrom · texte numérisé non relu

On suppose que cette allégorie se rapporte à Byrom

IJ E L E Ji E

Enlevé dans la fleur de ta jeunesse !...

Un œil d’aigle pour contempler le monde;

Une âme sympathique à tous les mouvements du cœur, Ardemment aimé de la meilleure des femmes,

Poète aux chants incomparables!...

Rien n’a pu t’arrêter, et toi-mème.

Tu t’es pris au réseau fatal !

Ainsi, tu t’es brouillé sans crainte Avec les mœurs et avec la loi.

Pourtant, tu as, par tes rêves sublimes,

Montré ce que valait ton audace si noble;

Tu voulais remporter le plus beau des triomphes ;

Mais c’est là que tu t’es perdu !

Qui réussira mieux? Sombre question,

Que le destin tient voilée encore,

Lorsqu’à la plus fatale des journées,

■ ' Tons les peuples se taisent en perdant leur sang !

Blais de nouveaux chants retentissent,

Ne restez pas plus longtemps affligés.

Car le sol les reproduit encore Comme il les a produits toujours !

Pause complète. La musique cesse.

HÉIJÈSE, s’adressant à Faust.

Une ancienne parole s’éprouve aussi tristement en moi, c’est que la beauté et le bonheur ne se réunissent pas pour longtemps. Le lien de la' vie et de l’amour est déchiré; en le déplo rant, je te dis adieu, pénétrée de douleur. Encore une fois, je me jette dans tes bras. Perséphone, reçois-moi ! reçois mon fils!

EUe embrasse Faust; tout ce qui est matériel en elle disparaît, le vetement et le voile lui restent dans les bras.

PHORK.YAS, à Faust.

Tiens bien ce qui te reste de tout ce que tu possédais. Elle se détache du- vêtement. Déjà les démons en tirent les pointes, et voudraient l’entraîner dans leur séjour. Tiens ferme ! La déesse n’est plus. Tu l’as perdue; mais son vêtement est divin. Tse de ce présent inestimable, et lève-toi. Il te transporte) a

lfi.

dans les airs aussi longtemps que tu pourras t’y maintenir nous reverrons, mais loin, très-loin d’ici.

Les vêtements d’Hélène se changent en nuages, ils entourent et l’emportent dans les airs.

Faust> l’enlève^

PHORKYAS. Elle lève de terre le manteau et la lyre, et les montre

C’est par bonheur que je les trouve. Il est vrai que la flamme a disparu ; mais le monde n’est pas à plaindre : en voilà assa pour consacrer les poètes futurs, pour combattre l'envie et l’esprit de métier stérile. Et, si je ne puis conférer le génie je puis du moins prêter l’habit.

PAXTHALIS.

Maintenant, hâtez-vous, jeunes filles ! Enfin, nous sommes débarrassées du charme que nous imposait cette vieille sibylle de Thessalie. Ainsi nos oreilles n’entendent plus ce tintamarre de sons confus qui distrait l’ouïe, et plus encore le sens intérieur. Descendons dans le Badès ! La reine n’y est-elle point allée à pas mesurés et graves ? Que les pas des fidèles servantes suivent immédiatement les siens; nous la trouverons près du trône de ceux que nul n’approfondit.

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