‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 123 sur 225 · LE SOUCI · texte numérisé non relu

LE SOUCI

S’il doit aller, s’il doit venir,

La résolution lui manque.

Sur le milieu d’un chemin frayé,

Il chancelle et marche à demi-pas.

Il se perd de plus en plus,

Regarde à travers toute chose,

A charge à lui-même et à autrui ;

Respirant et étouffant tour à tour.

Ni bien vivant, ni bien mort,

, Sans désespoir, sans résignation,

Dans un roulement continuel.

Regrettant ce qu’il fait, haïssant ce qu’il doit faire, Tantôt libre, tantôt prisonnier.

Sans sommeil ni consolation,

Il reste fixé à sa place Et tout préparé pour l’enfer.

FAUST

Misérables fantômes ! c’est ainsi que vous en agissez mille et mille fois avec la race humaine ; vous changez des jours indifférents en affreuses tortures. Je le sais, on se défait difficilement des esprits de ténèbres ; mais ta puissance, ô Souci! rampant ou puissant, je ne la reconnaîtrai pas.

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