LE SOUCI
S’il doit aller, s’il doit venir,
La résolution lui manque.
Sur le milieu d’un chemin frayé,
Il chancelle et marche à demi-pas.
Il se perd de plus en plus,
Regarde à travers toute chose,
A charge à lui-même et à autrui ;
Respirant et étouffant tour à tour.
Ni bien vivant, ni bien mort,
, Sans désespoir, sans résignation,
Dans un roulement continuel.
Regrettant ce qu’il fait, haïssant ce qu’il doit faire, Tantôt libre, tantôt prisonnier.
Sans sommeil ni consolation,
Il reste fixé à sa place Et tout préparé pour l’enfer.
FAUST
Misérables fantômes ! c’est ainsi que vous en agissez mille et mille fois avec la race humaine ; vous changez des jours indifférents en affreuses tortures. Je le sais, on se défait difficilement des esprits de ténèbres ; mais ta puissance, ô Souci! rampant ou puissant, je ne la reconnaîtrai pas.