LE CHERCHEUR DE TRÉSORS
Pauvre d’argent, malade de cœur, je traîne ici des jours bien longs ; la misère est le plus grand des maux, la richesse le premier des biens ! Il faut que je mette fin à mes peines, que je découvre un trésor... dussé-je pour cela sacrifier mon âme et signer ma perte avec mon sang !
Et je me mis à tracer des cercles et des cercles encore: une flamme magique les parcourut bientôt ; alors, je mêlai ensemble des herbes et des ossements, et le mystère fut accompli- Je creusai la terre à la place indiquée par les flammes, sûr d ? rencontrer un vieux trésor... La nuit autour de moi était noire et orageuse.
Et je vis une lumière de loin; c’était comme une étoile qui s avançait du bout de l’horizon : minuit sonna, elle se rapproc^a
GOETHE
. !us en p,us, et je distinguai bientôt que cette clarté éblouisse était produite par une coupe enchantée que portait un
jjel enfant. ... . .
pes veux d’une douceur infinie etmcelaient sous sa couronne
. j|eurs ■ il entra dans mon cercle magique , tout resplendis- St de l’éclat du vase divin qu’il portait, et m’invita gracieusement à y boire, -et je me dis : « Cet enfant, avec sa boisson merveilleuse, ne peut être l’esprit malin.
Bois, me dit-il , bois le désir d’une vie plus pure, et tu comprendras mes avis : ne reviens plus en ces lieux, tourmenté .lune fatale avidité, n’y creuse plus la terre dans une espérance coupable; travaille le jour , réjouis-toi le soir ; passe les semâmes dans l’activité, les fêtes dans la joie, et des changements magiques s’opéreront dans ton existence. »