‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 144 sur 225 · LE ROI DES AULNES · texte numérisé non relu

LE ROI DES AULNES

Qui voyage si tard par' la nuit et lèvent? C’est le père et son fils , petit enfant qu’il serre dans ses bras pour le garantir de 1 hnmidite et le tenir bien chaudement.

« Mon enfant, qu’as-tu à cacher ton visage avec tant d’inquiétude? — Papa, ne vois-tu pas le roi des Aulnes ?... le roi des Aulnes , avec sa couronne et sa queue ? — Rien , mon fils, qu’une ligne de brouillard. »

— « Viens, charmant enfant, viens avec moi... A quels beaux jeux nous jouerons ensemble ; il y a de bien jolies fleurs sur les bords du ruisseau, et, chez ma mère, des habits tout brodés d’or !» —

* Mon père , mon père , entends-tu ce que le roi des Aulnes me promet tout bas ? — Sois tranquille , enfant, sois tianquille; c est le vent qui murmure parmi les feuilles séchées.»

i Beau petit, viens avec moi! mes filles t’attendent déjà : ehes dansent la nuit, mes filles; elles te caresseront, joueront et chanteront avec toi. » —

K Mon père , mon père , ne vois-tu pas les filles du roi des Aulnes , la-bas où il fait sombre ? — Mon fils , je vots ce que tu veux dire.... Je vois les vieux saules , qui sont tout gris ! »

“ -Ie t aime , petit enfant; ta figure me charme; viens avec moi de bonne volonté , ou de force je t’entraîne. » —

GOETHE

jlon père ! mon père ! il me saisit, il m’a blessé, le roi des

'fe'pèrl frissonne, il précipite sa marche, serre contre lui son qui respire péniblement, atteint enfin sa demeure... L enfant était mort dans ses bras.

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